LE TREPORT   (Seine-Maritime)

Région de Normandie

Arrondissement de Dieppe  - Canton d'Eu.
 Population : 4.895 Tréportais en 2016.

 

D'une superficie de 677 hectares, et d'une altitude de 0 à 110 mètres,

la ville est située sur la Côte d'Albâtre, à l'embouchure du fleuve côtier, la Bresle,

à la limite de la Seine-Maritime et de la Somme.
 

Etymologie : vient du celte "traez" (rivage qui se découvre quand la mer se retire) et du latin "portus".

 

Robert 1er, comte d'Eu, y fonda en 1036 une abbaye bénédictine dédiée à Saint Michel (détruite) en pendant à celle du mont du même nom. L'expansion portuaire du Tréport commença au début du XII° siècle quand Henri 1er, comte d'Eu, provoqua le détournement de la branche principale de la Bresle vers le Tréport.

 

Vue générale sur la ville : église Saint Jacques, le port et la plage.

Port de pêche et port de commerce,

sa vocation balnéaire s'est développée grâce à sa relative proximité de Paris (172 km).

Sa plage de sable fin et de galets est encadrée de falaises de craie blanche lardée de silex noir.

 

C'est grâce à Henri II, au XIII° siècle que la prospérité s'accrut avec la liberté de commerce accordée à tous les navires venant au Tréport et à Eu. En 1475, Charles d'Artois, comte d'Eu, entreprit la construction d'un canal qui porte son nom, destiné à rectifier le cours sinueux de la Bresle entre Eu et Le Tréport.

 

 

Le port et la ville
 

 

Les falaises.

 

La Côte d’Albâtre s’étend sur 130 km de la baie de Seine à la baie de Somme.

Ce littoral haut normand est caractérisé par ses falaises de craie et ses plages de galets.

 

Vieilles de plus de 100 millions d’années, les falaises crayeuses vivent au rythme des marées.

Elles résultent du dépôt de milliers de cocolithes, des coquilles de micro-organismes.

 

En 1545, les Anglais incendient la ville. C’est à cette époque que François 1er de Clèves, comte d’Eu, fit construire une grosse tour en grès pour défendre la ville. Il n’en reste plus que la porte voûtée de l’ancien Hôtel de ville. En 1563, il améliore le port en faisant creuser un bassin et bâtir des jetées qui furent envahies rapidement par les galets.

 

Les falaises et la plage de galets.

 

Les falaises, composées de couches de craie et de lits de silex (les lignes noires que l’on remarque sur la falaise), soumises à l’action de l’érosion, finissent par s’ébouler. Les éboulements que l’on retrouve en pied de falaise sont composés de blocs de craie et de blocs de silex. La craie est rapidement érodée. Par contre, les morceaux de silex, très résistants, vont s’éroder plus lentement pour devenir des galets.

 

Le port.

 

Jusqu’à la fin du XIX° siècle, la pêche constituait l’essentiel de l’activité portuaire Tréportaise.

Aujourd'hui, avec l’ensablement de la Baie de Somme, les pêcheurs du Crotoy, de Saint-Valery

ou encore du Hourdel ont déplacé leur bateau au Tréport.

 

Le funiculaire (ou funiculaire des Terrasses) est aujourd'hui une ligne de quatre ascenseurs inclinés.

 

Le funiculaire a été mis en service en 2006, sur les bases d’un ancien funiculaire de 1908 et abandonné à la fin de la deuxième guerre mondiale. L'installation actuelle permet de relier les quartiers haut et bas de la ville en reprenant une partie des infrastructures de l'ancien funiculaire exploité entre 1908 et 1941 dont le tracé traverse la falaise sur une longueur de 55 mètres.

 

L'avant-port, où s'alignent bateaux de pêche et de plaisance,

communique avec l'arrière-port par une écluse de 14 mètres.

 

Le phare est situé au bout de la jetée. Sa hauteur est de 14 mètres.
Il a été construit en 1844, et sa portée est de 18 miles.

 

Vue aérienne, avant 2010. Vauban, commissaire des fortifications en 1690,

puis le général Bonaparte en 1802 firent réparer les jetées et aménager le port.

 

Le quartier des Cordiers a été gagné, sur la mer il y a deux siècles, bâti au pied des falaises sur un lit de galets. Les premiers habitants étaient des familles de pêcheurs trop pauvres pour pêcher au filet. Ils pratiquaient la pêche au moyen de longues cordes garnies d'hameçons, amorcés avec des vers de mer. De nombreux petits commerces animaient ce secteur : saurisseries, cidrerie, cafés, épiceries...

 

Le port du Tréport est le troisième port de commerce de Seine-Maritime

pour le tonnage manutentionné, après Le Havre et Rouen.
 

Le port de plaisance dispose de 120 anneaux, dont 5 réservés aux bateaux en escale ; à cela s’ajoutent une centaine de mouillages dans l’avant-port et des places de stockage en port à sec.

 

Dès 1380, la pêche se développa fortement. Les premières barques montées pour pêcher à une certaine distance des côtes étaient d'un faible tonnage, allaient à la voile et à la rame et étaient surnommées les hirondelles. Puis François Ier accorda au Tréport son autonomie communale et la gestion des affaires publiques devint indépendante de celle d'Eu.

 

La jetée et les falaises.

 

François de Clèves entreprit dans le port dès 1545 des travaux qui furent activement poussés neuf ans plus tard : des jetées furent élevées pour opposer un obstacle à l'envahissement toujours croissant des galets et l'entrée fut creusée pour permettre un accès aux navires d'une capacité de deux à trois cents tonneaux. Un siècle plus tard, Henri II de Guise, comte d'Eu, fit construire une jetée avec des quais en bois et protégée par une haute palissade. Á la même époque, dom Benoist Coquelin, élu prieur de l'abbaye, vint en prendre possession au milieu de l'allégresse populaire. Cependant, l'édifice était presque en ruines et les religieux menaient une vie de débauche ; le saint lieu s'était transformé en une espèce de cabaret. En 1774, le port était devenu impraticable et l'extrémité de la jetée de l'ouest avait été emportée. Les habitants ne faisant pas d'autre commerce que celui de la pêche, la municipalité dut prendre les décisions qui s'imposaient, sous peine de voir la population déserter la ville.

 

L'écluse et la porte à marée de deux vantaux.

 

Le bassin de commerce, est un bassin à flot rectangulaire d’environ 350 m sur 120 m, dont l’accès est régi par une écluse équipée d’une porte à marée à 2 vantaux. Le port de commerce peut accueillir des navires allant jusqu’à 120 m de long et jusqu’à 17 m 50 de large, avec un tirant d’eau maximum de 7 m (marées de grands coefficients).

 

 

Le port de plaisance dispose de 120 anneaux, dont 5 réservés aux bateaux en escale ; à cela s’ajoutent

une centaine de mouillages dans l’avant-port et des places de stockage en port à sec.

 

Au Tréport, la pêche fait travailler 200 à 250 personnes et accueille 49 bateaux.

Chaque année, 6 000 tonnes de poissons sont pêchées au large des côtes.

 

Les poissons sont vendus dans les poissonneries du Tréport ou dans les ports de Boulogne-sur-Mer et Dieppe. Dans les filets des pêcheurs on trouve le plus souvent des coquilles et des poissons plats, ronds et bleus. Le port est géré par la chambre de commerce et d'industrie Nord-Picardie.

 

La poissonnerie municipale.

 

La Poissonnerie Municipale, installée tout au bout du quai, dans une halle datant de 1934,

est la dernière du genre en Seine-Maritime après la démolition de celle de Dieppe.

 

Ses six étals proposent tout au long de l’année de la tombe, du carrelet, des maquereaux, du tacaud, du lieu, des turbots, des coquilles Saint-Jacques, des moules, des langoustines, de la sole, de la lotte, entre autres, qui sont pour la grande majorité livrés tous les matins par les mareyeurs ou pêcheurs du Tréport (60 bateaux qui exercent leur activité entre Boulogne et Dieppe).

 

La ville.

 

Vue aérienne avant 1970 : la ville, église Saint Jacques et le port.

En 2019, le quai François 1er et l'église Saint Jacques.

 

François 1er de Clèves fait réaliser des travaux d'aménagement du port, et notamment l'édification de quais pour améliorer l'accostage des bateaux. C'est en 1872 qu'il voit réellement le jour. Le Musoir (Museau du port) avec ses deux rampes de part et d'autre, et ses petites boutiques au-dessous, se dresse au milieu du quai François 1er, et confère au Tréport, cette caractéristique si particulière.

 

Une vingtaine de restaurants sont installés sur le quai ou dans les ruelles du quartier des Cordiers.

Les spécialités des restaurants sont les fruits de mer, les moules frites, les harengs, la choucroute de la mer.

 

Au XIX° siècle, avec la vogue des bains de mer et la présence du Roi Louis Philippe, d'élégantes villas sont construites. Le Tréport est la place chic de la bourgeoisie parisienne, devenue locataire pour les vacances de ces somptueuses maisons. Avec les congés payés de 1936, les propriétaires seront obligés de partager ces villas, devenues trop grandes et trop chères en entretien, en appartements. La clientèle sera alors constituées de familles ouvrières du Nord et de la Picardie. Pendant les 3 mois des vacances estivales, les propriétaires passeront leurs vacances en sous-sol, afin de louer leur maison aux vacanciers.

 

La croix de pierre a servi d'ex-voto lors de l'épidémie de peste survenue en 1618.

Restaurée par les soins de Louis Philippe, elle est ornée des emblèmes de la maison de France.

Plusieurs fois détériorée par des véhicules, elle fut placée en bas du musoir,

puis en haut de la rue de la Commune de Paris.

 

▪ Pendant la guerre 1914-18, un hôpital militaire anglais fut ouvert dans l’Hôtel du Trianon, et sur le vaste camp du Tréport-Terrasses l’on compta jusqu’à 10.000 lits pour soigner les soldats blessés.

▪ Du 10 juin 1940 au 1er septembre 1944, Le Tréport subit l’occupation allemande, tout le front de mer fut détruit et la ville se vit décerner la Croix de guerre.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.ville-le-treport.fr/

"Le Tréport, Mers, Eu et leurs environs"

J. Perin et P. Cage, Editions Livre d'Histoire, 2004

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée du site site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 8 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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