EU  (Seine-Maritime)

Région Normandie

Arrondissement de Dieppe  - Canton d'Eu.
 Population : 6.995 Eudois en 2016.

 

D'une superficie de 1.793 hectares, et d'une altitude de 2 à 140 mètres,

la ville est traversée par le fleuve côtier la Bresle, et bordée par la forêt d'Eu.
 

Etymologie : le nom procède d’un transfert de celui du fleuve à celui du village.
Avant de s'appeler la Bresle, ce petit cours d'eau était connu au Moyen Âge sous le nom Ou, puis Eu.

 

Vue aérienne avant 1970 : la ville, le château et la collégiale.

 

Ancienne tribu gauloise, Eu, l'Auga, ou Agum des Romains, fut le port fluvial de la cité d'Augusta Ambionorum (environs de Bois-l'Abbé). La ville devint avec les Normands, la capitale du comté d'Eu, créé en 996. Guillaume le Conquérant épousa Mathilde de Flandres en son château. En 1475, Louis XI, voulant empêcher Edouard IV d'Angleterre de s'emparer de la cité, donna ordre d'incendier la ville, seules les églises furent épargnées. Assiégée par les protestants de Dieppe en 1565, la ville fut prise par Henri IV le 6 septembre 1589 et 8 jours plus tard, reprise par le duc de Mayenne.

 
 

Collégiale gothique Notre-Dame et Saint Laurent
 

 

Ancienne collégiale, c'est une des plus belles églises de Normandie.

Elle est dédiée à la Vierge et à Laurent O'Tool, archevêque de Dublin, mort au monastère d'Eu en 1181.

Elle était à l’origine l’église de l’abbaye des chanoines de Saint Victor,

dont les bâtiments monastiques s’appuyaient contre l’église, et détruits à la Révolution française.

 

Avant 1970, vues aériennes de la collégiale et de la ville.

Le centre d'Eu est la Place Carnot, où se trouvent l'église et hôtel de ville.

 

Après tous ces malheurs, le comté d'Eu fut vendu au XVII° siècle à Melle de Montpensier, puis il échut au comte de Toulouse et ensuite au duc de Penthièvre dont la fille épousa le duc d'Orléans, Philippe-Egalité. Résidence préférée de Louis Philippe, le château resta aux mains des Orléans jusqu'en 1954.

 

Bâtie de 1186 à 1280, en pierre calcaire des carrières de l’Oise,

la collégiale présente un des premiers types de l'art gothique normand au XIII° siècle.

Les collatéraux et le déambulatoire sont entourés de chapelles rayonnantes.

 

L'église est de plan cruciforme, avec clocher à la croisée du transept.

Le portail se compose de trois travées correspondant aux trois nefs de l'intérieur.

 

 

Les tours manquent et on refit les fenestrages, arcs-boutants, pinacles, balustrades de l'abside :

on ajouta des chapelles rayonnantes au déambulatoire. Viollet-le-Duc procéda à des restaurations au XIX° siècle.

 

 

Chevet de la collégiale.

 

La tribune, et le grand orgue réalisé par le maître-facteur, Louis Isoré, en 1614.

Dans la travée centrale, au-dessus de la porte, une immense fenêtre ajoure le pignon.

 

La nef mesure 80 m de long sur 17 m de large, et les voûtes s'élèvent à 21 m.

Suivant un usage en Normandie, une galerie de service court au pied des fenêtres hautes.

Elle comprend onze arcades en tiers-points,

avec chapiteaux ornés de feuilles rondes et plates et tailloir rectangulaire.

 

La nef, et vue sur le choeur. Les voûtes ont été refaites en 1839.

Les bas-côtés sont éclairés par des lancettes, la nef par des lancettes géminées.

Les fenêtres sont garnies de vitraux exécutés par la Manufacture de Sèvres

et offerts par le roi Louis Philippe en 1840.

La nef se prolonge par le chœur qui, surélevé, est accessible par sept marches.

 

L'église est ornée de vitraux dont l'exécution, par l'atelier de peinture sur verre de la manufacture de Sèvres, se déroula de 1833 à 1847. Le programme iconographique élaboré avec l'accord du roi Louis-Philippe fit intervenir de nombreux artistes (Aimé Chenavard, Achille Déveria, Delacroix, Wattier, Ziegler). La grande verrière occidentale comporte un grand nombre de panneaux dont les cartons sont de Wattier et de Ziegler. Les verrières des bas-côtés représentent saint Jean l'Evangéliste et sainte Victoire (cartons d'après des dessins de Delacroix), sainte Adelaïde et saint Ferdinand (cartons de Déveria).

 

La chaire à prêcher en bois sculpté par Grimper en 1752,

et le banc d'oeuvre, en bois du XVIII° siècle, sculpté par Adrien le Jeune d'Abbeville.

Il se trouve en général en face de la chaire et était réservé aux marguilliers (membres du Conseil de la fabrique).

Il a été posé dans la collégiale le 12 mai 1731.

 

 Deux cariatides supportent un baldaquin en forme ovale orné de lambrequins dans les oves desquels étaient inscrites des fleurs de lys qui ont été arrachées. En haut, la statue de la religion surplombe des canons qui rappellent un des donateurs du banc d'oeuvre. Il s'agit de Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, comte d'Eu de 1693 à 1736, Grand Maître de l'artillerie. (Il ne vint jamais à Eu).

 

Bas-relief en épitaphe de 1462.

(Une inscription gothique sur une dalle rappelle une fondation faite par Charles d'Artois, comte d'Eu).

 

Bas-relief-pietà de Nicolas de Saint Ouen, seigneur de Melleville, du XV° siècle.

 

Les chapelles :

 

Comme dans toutes les églises, les dédicaces des chapelles pouvaient changer.

Cela permettait ainsi d'honorer différents Saints en fonction de l'histoire, des corporations ou des confréries.

 

La chapelle Saint Laurent.

Dans le croisillon droit, colonne torse du XV° siècle, portant la tribune du XIII° siècle.

Au-dessus de l'autel, le tableau du XVII° siècle représente la ville d'Eu.

 

Fonts baptismaux en pierre du XV° siècle.

Buste reliquaire de Saint Laurent O'Toole, archevêque de Dublin, (1132, Irlande - 1180, Eu)

en argent du XIX° siècle. Il contient le crâne du Saint.

Il allait, une fois de plus, défendre son pays auprès du roi d’Angleterre (Henri II Plantagenêt) installé à Rouen,

lorsqu’il tomba malade à Eu au cours de l’automne 1180.

 

Saint Laurent O'Toole fut recueilli par les chanoines de l’abbaye de Eu où il mourut en odeur de sainteté. Les miracles se multipliant sur son tombeau, l’archevêque fut canonisé par le pape en 1225. La foule de pèlerins venant se prosterner devant ses reliques obligea à la reconstruction d’une nouvelle église.

 

Les croisillons du transept ont leur base du XII° siècle, et leur partie supérieure du XVI° siècle.

La croisée est marquée par quatre piliers prévus pour supporter une tour-lanterne.

 

Chapelles du Sacré Coeur et Sainte Jeanne d'Arc.

 

 

Chapelles Notre-Dame de Lourdes.

 

Chapelle du Saint Sépulcre et tête de Christ du XV° siècle, en calcaire.

 

La mise au tombeau du XVI° siècle : une des plus belles de Normandie

et une des rares en France à avoir conservé son emplacement d’origine (la chapelle du Sépulcre).

La sculpture monumentale qui représente l’ensevelissement du Christ, polychrome, est mise en valeur par une chapelle richement sculptée, illustrant une étroite complémentarité du groupe statuaire et de son cadre.

 

Chapelle Notre-Dame des Sept douleurs.

 

Chapelle Sainte Catherine.

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur. Les balustrades du choeur sont des additions modernes.

Le choeur et les croisillons sont pourvus de tribunes.

 

Dans le dallage du choeur, des plaques funéraires indiquent l'emplacement des tombeaux

dont les gisants ont été transportés dans la crypte.

A l'entrée, statues de Saint François de Paul et de Saint François d'Assise,

provenant des Capucins d'Eu, en bois du XVII° siècle.

 

Chapelle de la Vierge.

 

Le rond-point du choeur est formé de six colonnes monocylindriques couronnées de chapiteaux

reliées entre elles par des balustrades construites en 1540 et 1580.

 

La crypte du XII° siècle.

 

La crypte est une véritable église souterraine, longue de 31 mètres et large de 6,40 mètres.

C'est un vaisseau unique, à cinq travées.

 

Au temps des religieux et jusqu'en 1828, on pénétrait dans la crypte par l'abbaye. Une porte en haut du bas-côté nord donnait accès dans le cloître, on pénétrait sous le transept par un couloir étroit, assez long, débouchant au centre de la crypte. Louis Philippe fait restaurer et nettoyer la crypte, il convenait aussi de rendre l'accès plus facile et un escalier fut percé dans l'épaisseur du mur. Un projet d'entrée fut prévu par Viollet-le-Duc, la porte existe, mais les travaux n'ont pas été entrepris.

 

Gisant de St-Laurent O'Toole (1128-1180) et St-Laurent d'Eu
Gisant de Charles d'Artois (1359-1368) - Fils de Jean d'Artois et d'Isabelle de Melun.

 

St-Laurent O'Toole : archevêque de Dublin décédé à Eu. Ce gisant est un des plus anciens de France. Les miracles se multipliant sur son tombeau, l’archevêque est canonisé par le pape Honorius III en 1225. La collégiale est ensuite reconstruite pour accueillir ses reliques et les nombreux pèlerins.

 

Gisant de Philippe d'Artois (fils de Jean), mort en bas-âge en 1397.

Hélène de Melun, seconde femme de Charles d'Artois † en 1472, sans enfant, et inhumée dans le croisillon sud.

 

▪ Plaque tombale du duc d'Aumale, mort en bas-âge et du duc de Dombes.

Ils étaient les fils du Duc du Maine, lui-même fils de Louis XIV et de Madame de Montespan.

▪ Charles d'Artois, fils de Jean, frère de Philippe, mort en bas-âge en 1368.

Statue d'enfant, tête nue, les mains jointes, les pieds sur des levrettes.

 

Gisant de Jean d'Artois, fils de Robert, † en 1386.

Gisant d'Hélène de Melun, 2° femme de Charles d'Artois, † en 1472 - La travée absidiale de 7 pans.

 

En 1794, l'église est transformée en Temple de la Raison et subit de nombreuses mutilations.

Elle sera vendue et détruite en 1800.

 

La croix irlandaise.

 

La croix celtique ou croix nimbée est une croix dans laquelle s'inscrit un anneau. Elle est le symbole caractéristique du christianisme celtique. Les branches de la croix dépassent toujours de l'anneau,

et sur les représentations les plus détaillées, le cercle est en retrait par rapport à la croix.

 

L'utilisation chrétienne combine une croix latine (croix à jambe inférieure plus longue que les autres) avec le cercle, tandis que les autres utilisations (symboliques, politiques, etc.) sont basées sur une croix régulière (chaque branche de la croix a une longueur identique).

Le nom de croix celtique appliqué au dessin symbolique composé d'un cercle et d'une croix (les branches de la croix dépassant les bords du cercle) tient au fait que l'on trouve couramment des monuments de la sorte dans les cimetières d'Irlande et partout dans la campagne irlandaise. Elle est aussi appelée croix eucharistique dans les milieux catholiques, le cercle symbolisant la Sainte Hostie.

Cette représentation de croix est utilisée pour les hautes croix, populaires en Irlande et dont quelques exemplaires existent en France (Normandie, Limousin, etc.). L'utilisation du cercle semblait initialement destiné à consolider les branches de la croix, avant de devenir un motif décoratif en lui-même. (Sources Wikipédia).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.patrimoine-religieux.fr/
Dictionnaires des églises de France "Normandie", Volume IVb

Editions Robert Laffont, 1968

Brochure 16 pages, "Crypte de la collégiale d'Eu

Plan de visite de la collégiale d'Eu, Association de sauvegarde

de la collégiale, 16 pages

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 8 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville