EU  (Seine-Maritime)

Région Normandie

Arrondissement de Dieppe  - Canton d'Eu.
 Population : 6.995 Eudois en 2016.

 

D'une superficie de 1.793 hectares, et d'une altitude de 2 à 140 mètres,

la ville est traversée par le fleuve côtier la Bresle, et bordée par la forêt d'Eu.
 

Etymologie : le nom procède d’un transfert de celui du fleuve à celui du village.
Avant de s'appeler la Bresle, ce petit cours d'eau était connu au Moyen Âge sous le nom Ou, puis Eu.

 

 

Le château Renaissance du XVI° siècle
 

 

Propriété de la Grande Mademoiselle (cousine du roi Louis XIV)

le château fut la résidence d'été du Roi Louis Philippe au XIX° siècle.

Depuis 1973, le château accueille la mairie et le musée Louis Philippe.

 

Grilles d'entrée du château par la cour d'honneur : à gauche, le château et à droite, les dépendances.

 

Façade du château, côté cour d'honneur.

 

Bâti à l'emplacement d'un ancien château fort élevé pour arrêter les incursions des Normands. Rollon, premier duc de Normandie, y mourut en 932. Guillaume le Conquérant s'en empara en 1049, s'y maria et y eut une entrevue avec Harold. Selon la tradition, Jeanne d'Arc y aurait été enfermée dans une prison de Fosse-aux-Lions.

 

Le château a été commencé en 1578 suivant les plans des frères Leroy de Beauvais,

pour Henri de Guise, le Balafré, et Catherine de Clèves

et terminé par la Grande Mademoiselle, en 1665.

Lorsqu'elle en prit possession en 1661, seules l'aile droite et la moitié du corps de logis,

donnant sur la Bresle, étaient construites. Elle fit bâtir les terrasses du parc.

 

Le château se compose d'un vaste bâtiment de brique à pilastres de pierre,

au centre alternent colonnes engagées et pilastres aux trois ordres superposés.

 

Les communs, et à droite, façade de la collégiale.

 

Les communs, bâtis au XIX° siècle étaient animés d'une vie intense et variée. De vastes cuisines et logements étaient réservés aux ministres et aux invités du roi. Pavillons de bains et salle de musique (milieu du XIX° siècle) complétaient les équipements. Les poneys avaient leurs écuries et les stalles des chevaux étaient ventilées.

 

L'escalier d'honneur du rez-de-chaussée.

 

L'escalier d'honneur comprend une large rampe d'escalier.

Pendule des Trois Grâces, de Ferdinand Barbedienne, en marbre et bronze doré, vers 1864.

Buste du Roi Louis Philippe, par John Edward Jones, 1745.

La pendule est un cadeau de mariage du duc d'Aumale à son neveu Gaston d'Orléans, comte d'Eu,

qui épouse à Rio de Janeiro, en 1864, Isabelle de Bragance, princesse héritière de l'Empire du Brésil.

 

Le portique.

 

 

Cette galerie étroite reliait les deux escaliers, éclairée par portes, fenêtres et oculi,

ornée de vitraux, fut l'oeuvre de Viollet-le-Duc, et le maître verrier Eugène-Stanislas Oudinot.

 

Le portique est construit sur l'emplacement de la grande salle à manger d'apparat,

à la demande de Louis Philippe. Il devait donner sur un jardin d'hiver qui ne verra jamais le jour.

 

Le musée Louis Philippe

et les appartements du rez-de-chaussée.

 

Lorsque Louis Philippe hérite du château en 1821, il a subi de nombreux dommages : tout le service des cuisines se faisait dans les pièces du rez-de-chaussée et seront transférées dans les bâtiments de dépendances, construits à côté du château. Les pièces seront entièrement réaménagées pour compléter le nouvel appartement. La décoration est un mélange de différentes époques. Entre 1821 et 1822 de nombreux achats et commandes transforment le château.

 

Le petit salon.

 

Le petit salon, comme les pièces qui le suivent, connaît de grandes modifications à travers les époques.

C’est Louis-Philippe qui va demander que cette partie du château devienne un appartement.

 

Louis-Philippe fait entièrement décorer les intérieurs par son architecte Pierre-Léonard Fontaine,

en utilisant notamment les portraits ramenés par la Grande Mademoiselle au XVII° siècle.

 

Le petit salon fait partie d’une suite qui sera habitée par le duc et la duchesse d’Orléans. Fils aîné de Louis-Philippe et de Marie-Amélie, Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans, était destiné à succéder à son père sur le trône de France, mais il trouve la mort, à Neuilly, près de Paris, en 1842, en chutant de sa voiture dont les chevaux s’étaient emballés.

 

La décoration de ces appartements est actuellement un mélange de différentes époques :

▪ Le plafond et les murs sont issus de l’imagination de Viollet-le-Duc

et s’inspirent de l’architecture française du XVI° siècle, époque de création du château.
▪ Le parquet est dû à l’ingénieur anglais Georges Packham,

dont Louis-Philippe a soutenu l’installation à Eu en lui louant des moulins dans le parc du château.

 

Dans le médaillon, Louis-Philippe-Albert d'Orléans, comte de Paris, par Richard Lauchert, 1856.

 

▪ Toile présentant une vue de la ville d'Eu, de François-Edme Ricois, 1823.

(Le château a longtemps été la tête de pont d'un vaste domaine, comprenant le parc du château,

mais également la forêt d'Eu, comptant plus de 9.000 hectares).

▪ Tableau représentant Louis XIII, roi de France et de Navarre, enfant,

entouré de ses frères Gaston, duc d'Anjou puis Orléans, et N... (dit Nicolas), duc d'Orléans.

 

Le grand salon.

 

Sur les socles, les bustes en plâtre de Victoria et de son époux, le prince Albert, commandés par Louis Philippe.

Ils ont été placés au centre de l'appartement qu'ils occupèrent à Eu entre 1843 et 1845.

 

Le 28 février 1848, Louis Philippe signe son acte d'abdication après 18 ans de règne. La fuite du Palais des Tuileries est précipitée et si le Roi peut dans un premier temps, se réfugier au château d'Eu, la famille royale prend le chemin de Saint Cloud, près du Trianon, jusqu'à Dreux afin de rejoindre la côte et se réfugier en Angleterre. D'abord prévu à Honfleur, l'embarquement de Louis Philippe de déroule finalement au Havre.

 

Après l’abdication de Louis-Philippe en 1848, les tableaux qui ornaient le château sont enlevés.

Le chantier mené plus tard par l’architecte Viollet-le-Duc aboutit à la décoration que nous voyons aujourd’hui.

Cette pièce devient dans le dernier tiers du XIX° siècle un study, en quelque sorte un bureau,

un lieu de travail indispensable pour le comte de Paris, homme d’études, solidement instruit.

 

L'appartement est ensuite occupé par le duc de Penthièvre, grand-père maternel de Louis-Philippe, puis par la sœur de ce dernier, Madame Adélaïde. Le comte de Paris demande, dans les années 1870, à son architecte Viollet-le-Duc de dessiner le mobilier en palissandre, qui occupe encore aujourd’hui la chambre et qui, depuis sa création, n’a quasiment jamais bougé de place.

 

L'escalier de service et l’ascenseur, à traction manuelle, trouve très probablement son origine

dans un monte-charge commandé dans les années 1870 et transformé par la suite.

 

Le salon de Bragance.

 

Pendant tout le XIX° siècle, cette pièce est la chambre à coucher de l’appartement.

On peut y remarquer aux murs les motifs de fleurs créés par Viollet-le-Duc.

 

Le monde végétal est d’une grande inspiration de Viollet-le-Duc. Il lui permet d’éviter les motifs décoratifs trop traditionnels en trouvant dans les plantes la source d’ornements nouveaux. Les dessins pour certaines toiles du rez-de-chaussée peintes au pochoir d’après les projets de l’architecte, et fabriquées par la maison Bertrand Boulla de Nîmes.

 

La chambre dorée.

 

La Grande Mademoiselle est l’une des princesses les plus riches d’Europe. Elle achète le comté d’Eu en 1660.

Celui-ci lui servira de refuge, notamment quand son cousin, le roi Louis XIV,

lui demandera de partir en exil. Elle écrira une partie de ses mémoires ici.

 

Le mobilier en palissandre est l'oeuvre de Viollet-le-Duc et réalisé par l'ébéniste Ternisien.

 

Cette chambre est la seule à conserver ses boiseries peintes au XIX° siècle.

Le parquet de marqueterie date de cette même époque.

Le chiffre de la Grande Mademoiselle (Anne Marie Louise), fille de Gaston d'Orléans,

frère de Louis XIII, est répété sur les murs et le plafond.

 

La salle de bain.

 

En 1843, on transforme des chambres de suite pour doter de salles de bain les quatre grands appartements

que renferme le château. Avant cette date, tous les hôtes du château disposaient d'une table de toilette

garnie dans leur chambre et pouvaient utiliser les baignoires du pavillon des bains, à l'Est de la cour d'honneur.

 

Les salles de bain sont généralement petites. Au château, elles ont été conçues vers 1843.

Pour le comte de Paris, Viollet-le-Duc crée le carrelage mural malicieusement décoré d'animaux marins.

 

L’apparition des salles de bain révèle un grand luxe, car pour que de telles pièces existent, il faut de manière générale l’eau courante et un moyen de la chauffer, deux avancées techniques rares en France jusqu’au début du XX° siècle.

 

L'office.

 

L’office servait de transition entre les cuisines et la salle à manger de famille.

 

Photo de droite : coffret à bijou en porcelaine, bronze laiton, (Manufacture de Sèvres, 1846).

Cette ancienne galerie fut cloisonnée et transformée en office pour le comte de Paris dans le 3° quart

du XIX° siècle. Relié à la cuisine du sous-sol par l’escalier de service et un monte-plat, l’office permettait

de dresser les plats, de servir la salle à manger

tout comme de laver et ranger de la vaisselle dans les armoires vitrées.

 

Les objets présentés ici datent pour la plupart du règne du roi Louis-Philippe, entre 1830 et 1848. D'une soucoupe, une cafetière en cuivre et de deux verres monogrammés qui étaient les seuls rescapés de ce qui faisait la table du roi, la collection du musée s'est considérablement agrandie, depuis sa création en 1973, grâce à de nombreux donateurs.

 

La salle à manger de famille.

 

La salle à manger remplace un ancien salon jusqu'à l'époque de Louis Philippe, un grand appartement occupait les quatre grandes pièces situées au Nord de l'escalier d'honneur, au 1° étage.

 

Lustre en bronze doré probablement dessiné par Viollet-le-Duc.

 

Sur les murs, la suite de la tapisserie Du Berger Bidèle,

issues des manufactures d'Oudenaarde (Flandres) et datant du XVIII° siècle.

Bustes : le roi Louis Philippe, plâtre 18363, de Karl Elshoecht,

et de la reine Marie Amélie, marbre de Jacques-Augustin Dieudonné, 1873.

 

Sur le chevalet, le portrait d’Auguste-Marie-Jeanne de Baden-Baden, duchesse d’Orléans. Il est l’un des quatre dessus-de-porte de cette salle, mis en place à la demande de Louis-Philippe. La toile reprend une peinture du XVIII° siècle. La copie de tableaux anciens est très pratiquée à la demande de Louis-Philippe pour enrichir la décoration de ses demeures.

 

Cette salle abrite du mobilier en chêne, décoré de colonnes et d’incrustations de cuivre.

Ce style est spécifique au château d’Eu et a été créé pour cette seule résidence.

Il est l’œuvre de grands ébénistes de la première moitié du XIX° siècle,

Jacob-Desmalter et Jeanselme, à qui d’importantes commandes pour le château sont faites par Louis-Philippe.

 

A cette époque, cette pièce est utilisée quasi exclusivement par la famille et ses proches. On l’occupe donc davantage pour le déjeuner. Pour les dîners, où les invités sont plus fréquents, une grande salle à manger avait été construite à l’emplacement actuel du portique. Elle est détruite lors du chantier mené par Viollet-le-Duc

 

Le salon de famille.

 

Le mobilier n'est plus de style Louis Philippe, mais Napoléon III :

il prolonge les attentes de confort et de convivialité déjà présentes dans le style Louis Philippe.

 

Les chaises sont plus légères, plus faciles à déplacer au sein de la pièce.

Les fauteuils sont plus moelleux.

Le salon doit la décoration de ses murs et de son plafond à l’architecte Viollet-le-Duc.

Son parquet est issu des travaux entrepris à la demande de Louis-Philippe à partir des années 1820.

 

Son ameublement, est celui qui était en grande partie disposé dans cette pièce vers 1905. Il évoque donc une ambiance qui est celle qu’ont connu le comte et la comtesse d’Eu. Le comte d’Eu est un petit-fils de Louis-Philippe parti en Amérique du Sud se marier en 1864 avec la fille de l’Empereur du Brésil. Le couple vit près de 25 ans dans ce pays, avant d’être obligé de partir en exil en 1889. Après avoir habité près de Paris, ils achètent le château en 1905 et en financent la restauration, suite à l’incendie de 1902.

Aujourd’hui comme hier, le salon abrite plusieurs portraits de Pedro II, le père de la comtesse d’Eu. Il a régné sur le Brésil pendant près de 50 ans. Homme intelligent et cultivé, il connaissait près de 14 langues et il introduisit le chemin de fer, le téléphone et le timbre-poste dans son pays. Mort en exil à Paris en 1891, la France lui offrit des obsèques nationales.

 

Le grand escalier.

 

L’escalier d’honneur ne court que jusqu’au premier étage, dit l’étage noble, qui comprenait la salle de réception,

les appartements du roi et de la reine et ceux de Madame Adélaïde, la sœur de Louis-Philippe.

 

Les bustes exposés sont des moulages d'après les gisants des comtes et comtesses d'Eu.

Le plafond est entouré des blasons de tous les comtes et comtesses d'Eu.

Louis-Philippe commande pour l’étage de l’escalier d’honneur deux grands tableaux en 1835 :

 

▪ Le premier est de Nicolas Gosse et célèbre le duc de Penthièvre, grand-père de Louis-Philippe et propriétaire du château d’Eu au XVIIIe siècle. Il s’intitule "Le duc de Penthièvre présentant les cercueils des princes de sa famille à l’église collégiale de Dreux en novembre 1783".

▪ La seconde toile est d’Alfred Johannot et s’intitule "François de Lorraine, deuxième duc de Guise, présente au roi Charles IX les guerriers qui se sont distingués dans la bataille de Dreux le 19 décembre 1562".

 

Galerie de Guise.

 

Les origines de la galerie de Guise remontent au XVII° siècle. A cette époque, la Grande Mademoiselle dote le château d’une vaste collection de portraits de famille. L’ensemble est complété et réorganisé par Louis-Philippe au XIX° siècle, avec pour point d’orgue cette grande salle de réception.

 

Cette galerie est l'espace le plus luxueux du château,

souvent utilisée pour des soirées familiales ou de grandes réceptions.

 

Les murs sont couverts des portraits peints des membres les plus illustres de cette famille lorraine,

l’une des plus puissantes de France au XVI° siècle.

Henri, le troisième duc de Guise est  à l’origine de la construction du château d’Eu.
Le décor disparaît lors de l'incendie du château en 1902. A cette époque,

les tableaux avaient probablement déjà été retirés après le départ en Angleterre du comte de Paris en 1886.

 

En 2001, la ville d'Eu, aidée par le Fonds National du Patrimoine, l'Etat, le Conseil Régional de Haute-Normandie

et le Conseil Départemental de la Seine-Maritime, a pu racheter 141 portraits issus des anciennes collections

du château d’Eu, dont la totalité de ceux de la Galerie de Guise.

 

 

Les boiseries murales et les parquets de marqueterie ont été mis en place à partir de juin 2010

grâce à un partenariat liant la ville d’Eu, l’Etat, le Conseil Régional de Haute-Normandie

et le Conseil Départemental de Seine-Maritime. Le chantier de restitution des décors a suivi.

 

Portrait de Marie-Thérèse de Savoie Carignan, princesse de Lamballe, (copie réalisée par Joseph Ducreux, XX° s).

Le plafond de plus de 100 m²  et 27 caissons a été réalisé en 2001-2002

grâce à la générosité du Conseil Départemental de la Seine-Maritime.

Vases représentant le château d'Eu,  achetés en 1848 par Louis Philippe.

(En porcelaine dure, Manufacture de Sèvres).

 

Coiffes et coiffures au XVIII° siècle.

 

La coiffure est l'un des éléments les plus emblématiques de la mode féminine

et aussi celui qui va connaître le plus de transformations.

 

Portrait de Maire Antoinette, d'après Elisabeth Vigée-Lebrun, XIX° siècle.

 

▪ Le début du XVIII° siècle voit l'apparition de coiffures basses qui forment les "petites têtes" et l'usage de la poudre se généralise.

▪ A la dernière partie du XVIII° siècle apparaissent la coiffure haute, dont Rose Bertin et le coiffeur Léonard sont les chefs. Chaque pièce de théâtre en vogue donne lieu à une nouvelle coiffure.

 

Les chapeaux, rubans, bonnets ne sont pas en reste. C'est sous l'influence anglaise

que les femmes portent des chapeaux, signes pour elles d'une certaine émancipation.

 

Carrosserie parisienne du XVIII° siècle.

 

Construite entre 1725 et 1729 à Paris, cette berline a été commandée par le roi Jean V du Portugal,

protecteur des arts et des sciences.

 

La berline traversa l’océan vers le Brésil avec la famille royale portugaise en 1808 et y devînt, par la suite,

le premier carrosse de Sa Majesté l’Empereur. Cette nouvelle fonction amena à en modifier la décoration.

 

Cette tâche fut confiée à Francisco Pedro de Amaral. Il créa un ensemble allégorique célébrant l’Empire brésilien. Sur les portes, c’est le Génie du Brésil qui se dresse entouré des 19 provinces qui composent le pays. Sur le devant de la caisse, l’artiste a peint la Gloire des princes qui soutient le sceptre et la couronne, accompagnée de la Magnificence qui tient à la fois un plan de palais et une corne d’abondance emplie de distinctions honorifiques. Le panneau arrière figure la Fidélité et la Fermeté de l’Amour. La berline revient en Europe après la chute de l’empire brésilien, le 17 novembre 1889. Elle rejoint la Normandie vers 1905, à la suite de l’achat du château d’Eu par le comte et la comtesse d’Eu.

 

Les jardins et le parc.

 

Vues aériennes avant 1970 : le château et ses dépendances, les jardins et le parc.

 

 

Façade du château, côté jardin.

 

 

 

La façade s'ouvre sur le jardin à la française.

 

La table de Guise, en pierre octogonale, placée en 1828 par Louis Philippe.

Le pied a été restauré par Viollet-le-Duc.

Dans le parc où, d'après la tradition locale, les Guises aimaient à se rassembler,

les vieux hêtres ont été surnommés les "Guisards".

 

Monument à Ferdinand-Philippe, prince royal (fils aîné du roi Louis-Philippe) et duc d'Orléans,

par Carlo Marochetti, érigé devant la grille de la cour.

 

1830-1848 : Monarchie de Juillet

 

Louis-Philippe devient roi des Français et le château d'Eu devient résidence royale. La famille royale séjourne régulièrement et on construit «l'aile de la Bresle» ou «aile des vingt-deux chambres», capable d'accueillir salle du Conseil, logements des ministres, ambassadeurs, médecins et généraux pour le Gouvernement. Les collections exposées, acquises par Louis-Philippe pour le château, décrivent précisément le cadre de vie de la famille : mobilier de Jacob-Desmalter, services de porcelaine issus des ateliers de Paris et de Sèvres...

 

1843 et 1845 : Visites de la Reine Victoria au château.
L' «Entente cordiale» est scellée entre la France et l’Angleterre

 

L’Entente cordiale est le succès diplomatique par laquelle la France et le Royaume-Uni tentent de régler

leurs antagonismes, d'abord sous la monarchie de Juillet, sous le Second Empire,

et plus tard sous la Troisième République.

Pendant cette dernière, l'entente franco-britannique concerne en premier lieu le partage de l'Afrique.

 

Projet décoratif pour l’Entente Cordiale, Hyppolite-Demetrius Pruvost-Dumarchais.
(Huile sur toile, 1846 -Dépôt du département des peintures du Louvre, D 2008).

 

La visite de la reine Victoria est un évènement international de première grandeur. En effet,

depuis l’entrevue du camp du Drap d’or en 1520, aucun souverain britannique n’avait foulé le sol français.

Louis-Philippe, anglophile, reçoit la reine Victoria suite à la médiation de sa fille aînée Louise, reine des Belges.

Cette Entente Cordiale a lieu au château d’Eu,

ville dont les liens avec l’Angleterre remontent à l’époque de Guillaume le Conquérant.

 

L'entente cordiale, c'est le nom donné par Guizot au rapprochement franco-britannique ébauché sous la monarchie de Juillet. Louis Philippe participa au développement de cette amitié. En 1843, il invita au château d'Eu, la reine Victoria et le prince consort. Les invités royaux débarquèrent au Tréport à bord du yacht "Victoria and Albert". Durant leur séjour, des artistes vinrent de Paris pour jouer la comédie, des musiciens donnèrent des concerts et une fête champêtre fut organisée en forêt d'Eu, au Rond d'Orléans. La reine et le prince occupèrent pendant leur séjour, les anciens appartements de Melle de Montpensier. Cette visite de courtoisie se renouvela deux ans plus tard, en 1845. La première Entente Cordiale se perpétuera avec Napoléon III et la seconde sera signée en 1904.

 

1848-1852 : Seconde République, le gouvernement ordonne la dispersion du mobilier du château. 1852-1870 : Second Empire, Mise sous séquestre du château par l'Etat. Vide, il est surveillé par un intendant. 1872 : Restitution du château d'Eu au comte de Paris, petit-fils du Roi Louis-Philippe.

 

Entre 1874 et 1879 : le comte entreprend des travaux avec l'architecte Viollet-le-Duc. L'habitation est équipée de l'éclairage au gaz et du chauffage central. Représentatif des chantiers conduits par Viollet-le-Duc, le château est décoré d'ornements d'inspiration végétale richement colorés, ainsi que de vitraux. L'architecte participe à l'ameublement du château en concevant un mobilier original en palissandre. Il conçoit également un vaste programme utilitaire, reflet des évolutions techniques, en dessinant pour les communs du château, une usine à gaz, un « fourneau économique » pour les pauvres, une fontaine publique…

1902 : Incendie du château. Il ravage l'essentiel de la partie sud du château. Le comte d'Eu et le prince Pierre d'Orléans-Bragance mènent les restaurations nécessaires. 1964 : la ville d'Eu acquiert le domaine. 1973 : ouverture du Musée Louis-Philippe.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"visite de la Reine Victoria au Roi Louis-Philippe au château d'Eu"

François Terrade, Association des Amis du Musée Louis-Philippe, 2013
 "Histoire et description du château d'Eu", Jean Vatout

Editions La Vague verte, Woignarue, 2002

Panneaux explicatifs présentés présentés sur site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 8 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville