DIEPPE  (Seine-Maritime)
Arrondissement et canton de Dieppe.
Région : Normandie
 Population : 29.606 Dieppois en 2016.

 

D'une superficie de 1.167 hectares, et d'une altitude de 0 à 94 mètres,

la ville est surnommée "La ville aux quatre ports".

Elle est située à l'embouchure du fleuve côtier l'Arques.

 

 

Le château médiéval,

transformé en musée municipal.
 

 

Ce château fort, construit à partir du XV° siècle, destiné à surveiller le littoral,

a longtemps gardé une vocation militaire. L’évolution des techniques de défense,

avec l’apparition de l’artillerie a justifié de grandes modifications autour de l'année 1520.

 

Vues aériennes, avant 1970.

Le Château est perché sur la falaise, à 30 m au-dessus du niveau de la mer,

et fait partie intégrante du paysage de la ville.

Il est à l'origine une des principales places fortes médiévales des côtes de la Manche.

 

Depuis la plage, vue sur le château.

Le château est composé de constructions successives qui s’étalent du XIV° siècle à l'époque contemporaine.

Au fil des années, il change plusieurs fois d'affectation : caserne, logis des gouverneurs de la ville,

prison pendant la révolution et enfin, depuis 1923, Musée de la Ville.

 

Au XII° siècle, Dieppe était une cité anglaise lorsqu’elle fut attaquée vers 1193 par le Roi de France, Philippe Auguste. N'étant pas fortifiée la ville fut pillée et saccagée sans offrir la moindre résistance. C’est seulement après une attaque dirigée contre la ville au tout début de la Guerre de Cent Ans (en 1339) que celle-ci voit se dresser des murs d’enceinte, dans une politique globale de renforcement des défenses en Normandie entre 1340 et 1360. En 1362, elle est qualifiée de « ville fermée ». Un impôt est levé auprès des bourgeois pour la garde des fortifications.

 

 

Vues sur le château depuis le Square du Canada, inauguré en 1924.

 

L'édification du donjon est contemporaine des murs d’enceinte de la ville. Il marquait la limite nord ouest de celle-ci avec une courtine courant sur toute la façade ouest vers le sud, d’une part, et d’autre part un autre mur, perpendiculaire qui fait face à la mer. La tour ferme cet angle. Ce donjon mesure 11 mètres de diamètre et 18 mètres de haut, il est surmonté de créneaux dont la trace est encore visible. Le toit en poivrière ayant été rajouté ultérieurement. Il se compose d’une alternance de couches de silex taillé et de strates de grès.

 

Route d'accès à l'enceinte du château.

 

A l’époque de Jehan d'Ango, la construction de la nouvelle église paroissiale Saint-Rémy dans la ville

s’achève en 1545. L'ancienne église se trouvant à la pointe sud du château,

à l'intérieur de la muraille de ville, fut délaissée, ce qui a permis de faire une défense avancée du château.

 

Huile sur toile, vers 1815, de la Tour du vieux Saint Rémy,

par Alexandre de Saint Martin (Collection du Musée de Dieppe).

 

Les remaniements successifs depuis le XIV° siècle et notamment le rajout d'une terrasse au début du XVI° siècle, permettent d'intégrer le clocher carré de l'ancienne église Saint Rémy à l'enceinte du château.

Une nouvelle fonction militaire est donnée à la tour comme magasin à poudre dans sa partie inférieure.

Les trois étages supérieurs servent de logements militaires.

 

Cet endroit fut fortifié en réutilisant la tour porche et l’on traça un chemin partant de la barbacane jusqu’à celle-ci. Seconde moitié du XVI° siècle : Henri II, en visite à Dieppe le 12 octobre 1550, "alla voir le château et ayant reconnu la nécessité d’y bâtir une citadelle du côté de la campagne dont il est dominé, sa majesté ordonna d’entreprendre cet ouvrage" (Guibert, historien dieppois). Le grand architecte Philibert de l’Orme, nommé ingénieur militaire au service du Roi, avait passé marché avec deux maîtres maçons chargés de travailler aux fortifications de Dieppe, en particulier, le tronçon entre la barbacane et la tour Saint Rémy à l’Ouest. Un premier pont-levis est érigé entre le la citadelle et le château.

 

Barbacane devant l’entrée du château.

 

Exposition présentée dans l'une des dépendances de la cour intérieure.

 

Le château royal est construit un siècle plus tard après le donjon, sous Charles VII,

à la fin de la Guerre de Cent Ans. Prenant appui sur le donjon préexistant,

il s’adosse aux deux murs d’enceinte fermant la ville à l’ouest.

La cour intérieure conserve des murailles de silex du XV° siècle.  Les porte et poterne du château primitif

ainsi qu'une façade à pans de bois du XVII° siècle,

les autres ayant été reconstruites en briques sur l'ordre de Vauban, en 1702.

 

Grosse tour XIV° siècle , courtine et tour nord XV° siècle.

 

De forme trapézoïdale, la citadelle du XVI° siècle était un ouvrage fortifié qui s’étendait à l’Ouest du château , à l’endroit où la falaise surplombe celui-ci. Flanquée de deux bastions, elle s’avançait d’environ 180 mètres devant la porte des champs et mesurait environ 300 mètres de large. La première entrée (et au départ la seule) se faisait sous le pont entre escarpe et contrescarpe, par un passage fortifié sous le pont : la caponnière. À cette même époque s’effectua le terrassement Sud-Est du château.

 

Les fonctions premières de défense ont été reprises lors du second conflit mondial,

comme en témoignent ces vestiges situés à l'extrémité du château.

 

Mur bouclier à l’ouest.

 

L'ancien rempart du XIV° siècle est reconstruit plus à l'Est au XVI° siècle pour fermer la grande terrasse Sud-ouest du château édifiée entre 1570 et 1586 et qui ouvrait en direction de la ville, en la surplombant par une porterie fermée dotée d'un pont-levis. Les deux segments principaux :
▪ Au Nord (à droite vers le château), une partie en silex taillé constitue le mur de courtine de la cour en terrasse (fin XVI° siècle).
▪ Au Sud, (à gauche vers la tour), les trois ouvertures tardives, remaniées au XIX° siècle, montrant que le terrain descendait le long du mur pour rejoindre les accès à la Tour Saint Rémy et à la terrasse défensive située en contrebas du fossé et qui termine au Sud la fortification du château.

 

La porte à herse devient "la Porte des Champs". Cette porte à pont–levis à double accès, piéton et cavalier,

devait être flanquée de deux tours.

La tour Est (côté ville) fut remplacée par un ouvrage rectangulaire au XVI° siècle.

 

L'accès au château depuis sa face occidentale se fait encore aujourd'hui depuis la "Porte des champs". Percé à l'origine de la construction du rempart dès le XIV° siècle, ce pont construit en charpente, permet de franchir le fossé sec séparant le château du niveau supérieur de la falaise.

 

Le Musée de Dieppe, installé dans le château fort.

 

Le musée présente l'histoire de la ville à travers ses objets et ses représentations. Il possède une collection pluridisciplinaire de 25000 objets, dont 2000 environ sont exposés dans une quinzaine de salles. Elle illustre au sens le plus large la richesse de l'histoire maritime de la ville et de son port. Le musée se distingue également par une exceptionnelle collection ancienne d’ivoires, une des plus riches collections d'objets et sculptures en ivoire de France, et 1500 objets religieux et civils, oeuvres des artisans de la région.

 

L'histoire du commerce de l'ivoire.

 

Pendant plus de trois siècles, Dieppe a été le principal centre du travail de l'ivoire en France. Plus d'un millier d'objets datant du XVI° au XXI° siècle sont aujourd'hui conservés au musée : statuettes, maquettes de bateau, éventails, râpes à tabac, … La reconstitution d'un atelier d'ivoirier permet également de découvrir les outils et les techniques utilisés pour façonner ce précieux matériau. Les artisans travaillaient les défenses ramenées d'Afrique par les navires.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.musees-haute-normandie.fr/

"Histoire de Dieppe et ses environs", Ludovic Vitet

Editions des Régionalismes, 2011

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 11 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville