CAUDEBEC-EN-CAUX  (Seine-Maritime)
Arrondissement de Rouen - Canton de Notre-Dame de Gravenchon.
Région : Normandie.
 Population : 2.231 Caudebecquais en 2016.

 

D'une superficie de 493 hectares, et d'une altitude de 1 à 116 mètres,

la ville est traversée par les rivières Sainte Gertrude et l'Ambion.

Elle est située sur la rive droite de la Seine, et dans le Parc naturel et régional des boucles de la Seine.

 

Etymologie : Caudebec vient du mot scandinave "Kald" = froid, et "belk" = ruisseau.

 

Vues aériennes avant 1970 : la ville, l'église gothique Notre-Dame, la Seine et le pont de Brotonne.

Entourée de forêts, directement reliée au Parc naturel régional de Brotonne par un superbe pont moderne, Caudebec-en-Caux s'étire sur la terrasse qui borde la Seine.

Son cadre boisé en a fait un lieu de villégiature apprécié.

 

 

La ville et son patrimoine
 

 

La reconstruction de l'après guerre a respecté le tracé des rues de la ville ancienne

qui était jadis entourée de remparts.

 

Les anciens remparts.

 

Tour des Fascines

 

Tour de Honfleur des XIV° et XV° siècles.

 

La tour des Fascines et celle de Saint Thomas, dite aussi tour d'Harfleur, sont les vestiges les plus importants de ces remparts élevés en 1364, au moment de l'avènement de Charles V. Les douves étaient alimentées par l'eau des deux petites rivières, la Sainte Gertrude et l'Ambion, qui continuent d'égayer la ville.

 

La maison des Templiers.

 

Cette belle demeure est l'un des rares spécimens de l'architecture civile au XIII° siècle

et est sans doute la plus ancienne de la ville.

L'origine de son nom reste énigmatique. On ne peut affirmer qu'elle ait été la propriété des Templiers,

mais elle a été utilisée comme lieu de prêche par les protestants.

 

La maison fut très endommagée par l'incendie qui ravagea le vieux Caudebec en 1940.

Seuls la façade et les chapiteaux intérieurs sont d'origine.

 

La façade à deux étages, possédant un double pignon et une double rangée d'ouvertures,

devait correspondre à deux habitations distinctes.

Cette maison aurait servi de grenier à grain à l'abbaye de Saint Wandrille

qui exerçait sa tutelle sur la petite ville.

 

A l'intérieur la très belle charpente .

 

Fondé à la fin du XIX° siècle par des bénévoles, un musée est installé en 1926 dans la Maison des templiers, achetée et restaurée par l’association des Amis du Vieux Caudebec, en 1918, pour empêcher sa vente à l’étranger. La maison est à nouveau restaurée après la guerre et les collections reconstituées à partir des décombres de la ville. Le musée Biochet-Bréchot est consacré à l’histoire et l’archéologie de Caudebec et la vallée de la Basse-Seine et présente, en autres, une collection de plaques de cheminée ainsi que des poteries celtes et gallo-romaines.

 

Maison à pans de bois et la Grande Rue.

 

La Grande rue symbolise le quartier typique de l'ancien Caudebec.

Cet axe a toujours été privilégié puisque la voie romaine qui allait de Lillebonne à Rouen

pavait en partie le sol de cette grande rue.

 

Au sein des remparts, l'espace se faisait de plus en plus étroit,

les maisons à pans de bois devaient se serrer les unes contre les autres.

La maison du Lieutenant du roi a conservé sa cour d'époque,

son porche en pierre, sa porte en bois sculpté et ses graffitis marins datant du XVI° siècle.

 

En 1940, destruction de la quasi-totalité des maisons à pans de bois.

Les maisons visibles aujourd'hui ont échappé aux nombreux incendies qui ont ravagé la ville.

L'église toute proche a fait office de protection.

 

L'hôtel de ville, ancien château de Caumont, de la fin XVIII° siècle, début du XIX° siècle.

 

La brique prédomine dans ce bâtiment à deux étages carrés surmontés d'un comble et d'une toiture à croupe,

mais la pierre calcaire est omniprésente : soubassements, chaînes d'angle à bossage,

encadrement des baies, corniches soulignant les niveaux et travée centrale.

La façade s'ordonne suivant cinq travées régulières.

 

 La travée centrale est accostée de deux pilastres cannelés ornés d'un modillon à volute,

sa partie supérieure s'ouvrant sur la haute baie en plein cintre à claveau sculpté de feuillages

et d'une tête de chérubin, surmontée d'un fronton mouluré et brisé portant un aigle de profil

et des instruments de musiques (trompettes, flûtes et hautbois) sur un fond de nuages.

Les baies du rez-de-chaussée disposées disposent d'une imposte moulurée,

sous un arc en plein cintre à claveau passant sculpté en voute.

 

Appartenant aux Busquet de Caumont, puis jusqu'en 1921 à la famille Chandoisel, et ensuite aux consorts de Carrière de Béarn, avant de devenir propriété de la Société immobilière et commerciale du château de Caudebec-en-Caux qui l'exploite comme hôtel. Rachetée en 1936 par la société des Émissions de Radio Normandie, elle devient studio d'enregistrement avant d'être réquisitionnée en 1941 par la municipalité qui l'érige en mairie. En raison de l'échec des transactions engagés, la Radio y reprend ses droits en 1946, mais la commune l'achète enfin en 1953.

 

Le musée de Seine.

 

Installé derrière la mairie, le musée a ouvert ses portes en 1987

et fait partie des sept musées vivants de l'écomusée de la Basse-Seine.

 

Une exposition permanente retrace l'histoire du fleuve et de ses activités (pêche, pilotage, construction de navires, commerce et industrie) et celle de sa domestication par les hommes. Un hangar abrite une dizaine d'embarcations de travail et de loisirs provenant de la Basse-Seine dont la dernière gribane, le joble, bateau de transport en bois, à fond plat, lancé en 1886, à Quevilly.

 

L'ancien bailliage et ancienne prison.

 

Les prisons de Caudebec, construites au XIV° siècle le long des remparts de la ville,

comprenaient deux bâtiments :

 

▪ L'ancienne prison proprement dite, consistant en un bâtiment rectangulaire en pierre de taille, à étage, divisé en cachots, avec salle de garde et culs de basse-fosse,

▪ et un bâtiment sur rue dit ancien bailliage, en retour sud-ouest de la prison, détruit par les bombardements de 1940 et 1944. (Le corps de bâtiment de l'ancien bailliage anciennement sur cour est situé maintenant au fond d'un jardin).

 

Les rivières.

 

Deux rivières traversent Caudebec-en-Caux : la Sainte Gertrude et l'Ambion.

Ces rivières ont joué un rôle prépondérant dans le développement de la tannerie au Moyen Age.

 

 

Au fil de l'Ambion, douze moulins étaient utilisés pour le tannage des peaux.

 

Ces moulins rejetaient les eaux de teinture dans la rivière qui dégageait alors de fortes odeurs. En 1685, avec la révocation de l'Edit de Nantes, les ouvriers calvinistes des tanneries se réfugient à l'étranger. La ville était alors renommée pour ses chapeaux de feutre "le caudebec" et ses gants de chevreau, si fins qu'on disait qu'ils tenaient dans une coquille de noix.

 

Les bords de Seine.

 

Les quais de Seine constituent une agréable promenade.

C'est ici que depuis 1985, on peut voir la relève des pilotes chargés de la navigation sur le fleuve.

 

La Seine est accessible jusqu'à Rouen aux navires d'un tonnage maximum de 35.000 tonnes.

Ils remontent le fleuve avec la pleine mer et au retour doivent passer l'estuaire à marée haute.

Le guidage des bateaux est généralement confié à des pilotes qui se relayent à la hauteur de Caudebec.

Les "perroquets" sont chargés du trajet entre l'estuaire et Caudebec,

et les "margats" en amont jusqu'à Rouen.

 

Le bac et le pont de Brotonne.

 

À l’origine, les passages d’eau sont équipés de manière hétérogène d’embarcations manœuvrées à la rame ou à la voile. C’est à partir de la fin du XIX° siècle que les passages d’eau les plus importants se voient équipés de bacs propulsés par une machine à vapeur. Ainsi celui de Caudebec-en-Caux est le premier à être converti à la vapeur en 1868.

 

Les bacs ont longtemps été le seul moyen de franchir la Seine entre Rouen et l'estuaire. L'absence de pont sur le fleuve jusqu'en 1959 avec l'ouverture du Pont de Tancarville est due au fait que la Seine doit être navigable par les navires de haute mer se rendant jusqu'au port de Rouen. Une hauteur libre sous les ponts d'au moins 50 mètres devant être disponible

 

C'est en juillet 1978 que fut inauguré le pont de Brotonne, le second pont après celui de Tancarville (1959). Long de 1278 mètres, d'une portée de 320 mètres, s'élevant à 56 mètres au-dessus du fleuve, il doit laisser passer les navires de haute mer qui remontent vers le port de Rouen. Il réduit la coupure régionale de la Seine en établissant une liaison directe entre la Haute et la Basse Normandie.

 

Le mascaret.

 

Tableau d'Auguste Jugelet (1805-1874), Mascaret à Caudebec-en-Caux, vers 1860,

(huile sur toile, Collection du MuséoSeine).

 

Le mascaret est né de la rencontre de la marée montante et du courant de la Seine. L'aménagement de l'estuaire de la Seine a considérablement réduit ce phénomène, jadis particulièrement spectaculaire et destructeur (105 navires détruits entre 1830 et 1852).

 

"Autrefois, quand on faisait la promotion touristique de Caudebec, on évoquait son bac, son mascaret, son église", rappelle Alain Huon, photographe professionnel et conférencier, passionné par l'histoire de cette commune touristique. "Quatre fois par an, aux marées d'équinoxe de mars et septembre, on l'entendait, de loin, venir de Villequier, à quelques kilomètres en aval. C'était un grondement impressionnant. Puis on l'apercevait arrivant à la vitesse d'un cheval au galop et il s'éclatait sur un mur de la rive droite", raconte-t-il.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.patrimoine-religieux.fr/
Dictionnaire des églises de France, "Normandie"

Volume IV b, Editions Robert Laffont, 1968

"Caudebec-en-Caux", R. Maulde, Editeur Gérard Monfort, 130 pages

Panneaux explicatifs présentés sur le lieu

C.P.A. collection privée en prêt

Photo mascaret et témoignage : https://www.lepoint.fr/
Visite et photos, Chantal Guyon, le 13 mai 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville