BOOS  (Seine-Maritime)
Arrondissement de Rouen - Canton de Le Mesnil-Esnard.
Région : Normandie.
 Population : 3.754 Boésiens en 2016.

 

D'une superficie de 1403 hectares, et d'une altitude de 67 à 161 mètres,

L'origine de Boos remonte à l'époque de Rollon.

Jusqu'à la Révolution, c'est une paroisse de l'abbaye Saint-Amand de Rouen,

simple village avec plein fief de haubert et cure appartenant.

 

Toponymie : au XII° siècle, Boes, dérivé de Boels, signifie maison ou masure, mais les étymologistes

ne sont pas bien fixés sur la signification du nom de Boos, qui serait une corruption du mot Bois.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

 

 

Ancien manoir de l'abbaye bénédictine de femmes

de Saint Amand de Boos
 

 

Ce manoir a été construit par les abbesses de Saint-Amand de Rouen au milieu du XIII° siècle.

 

L’abbaye de Saint-Amand était située près de la Porte-du-Robec, dans l’angle nord-est

de l’enceinte gallo-romaine. Outre les traces toponymiques, il ne reste à l’heure actuelle quasiment rien

du bâtiment conventuel dans la ville de Rouen. On peut toutefois observer rue du Gros Horloge,

la façade dite "du logis des abbesses " et dans un immeuble de la rue Bouquet,

une chambre avec boiserie et cheminée dite "chambre de Guillemette d’Assy".

 

L’abbaye royale de Saint-Amand de Rouen, fondée vers 1030 par Goscelin, vicomte d’Arques et par sa femme Emma, était un monastère de femmes de l’Ordre de Saint-Benoît établi dans la ville de Rouen intra-muros entre le XI° et le XVIII° siècles.

 

Le manoir, avant 1920.

 

L’abbaye était le plus important établissement de femmes de Rouen, tant du fait du nombre de ses religieuses que de la haute situation sociale de ses abbesses, toutes apparentées à de nobles familles normandes. Ceci n’est sans doute pas étranger aux importants revenus qu’elle tenait de nombreux bienfaiteurs qui rivalisèrent de générosité et au rang desquels on pouvait compter Jean d’Avranches, Hugues de Bayeux, Guillaume fils d’Osberne,… des nobles de l’entourage du duc de Normandie et des bourgeois rouennais. Ainsi malgré la petite donation accordée par Goscelin, déjà appauvri par la fondation de la Trinité-du-Mont, l’abbaye put s’assurer d’une dotation qui lui fournit notoriété et revenus du XI° siècle jusqu’à la Révolution.

 

Le logis primitif à charpente à chevrons formant fermes,

complété au XVIII° siècle par des extensions latérales au sud.

 

Lieu de pouvoir du fait de la protection royale des rois de France, des rapports qu’elle entretenait avec les archevêques de Rouen, elle devint également au cours du XIII° siècle l’un des centres paroissiaux de la ville autour de son église qui avait été consacrée en 1068. Malgré deux incendies qui pour le premier ravagea l’abbaye en 1068 et pour le second l’endommagea lourdement en 1136, la famine de 1174, les sièges de 1193 et 1204, l’abbaye crut en puissance et en richesse jusqu’à la première moitié du XIV° siècle.

 

Les murs d'enclos du XVIII° siècle, quelques bâtiments agricoles en briques, et une grange dîmière du XV° siècle.

 

Comme les autres établissements rouennais, la prospérité prit fin avec la guerre de Cent Ans et l’abbaye due subir l’émiettement progressif de ses revenus au point de sombrer dans une profonde misère. Aux pillages incessants succédèrent la grande peste de 1348, la famine de 1349, les impôts de plus en plus lourds, l’émeute fiscale de la Harelle de 1382, le siège de la ville par les Anglais en 1419, … qui atteignirent l’abbaye dans tous ses biens. Malgré les sauvegardes et mandements d’Henri V et d’Henri VI en faveur de l’abbaye et quelques aumônes, l’abbaye périclita un temps. Au point que, ne pouvant percevoir les revenus des domaines fieffés, les religieuses furent contraintes de vendre leurs biens et de louer leurs meubles aux anglais.

 

Corps de bâtiment en pierre, percé de baies en arc brisé à remplages.

Le logis est particulièrement représentatif d'un habitat seigneurial des XIII° et XIV° siècles.

 

Ce n’est qu’à l’extrême fin du XV° siècle et au début du XVI° siècle, que l’abbaye commença à améliorer son état financier comme l’atteste la construction d’un bâtiment sur cour, d’un pavillon et de deux portails entreprise par les religieuses entre 1539 et 1540. Ce répit fut toutefois de courte durée puisqu’en 1562, l’abbaye, victime des guerres de religion fut pillée par les protestants et livrée en partie aux flammes. Ces épisodes entraînèrent une lente décadence de l’abbaye qui ne devait s’interrompre qu’en 1620, avec l’élection d’Anne de Souvré. Elle reprit l’abbaye en main et entreprit de la relever. Son œuvre fut telle qu’elle est d’ailleurs considérée par les historiens de l’abbaye comme la seconde fondatrice de l’abbaye de Saint-Amand et comme la première d’une grande lignée d’abbesses du XVII° siècle qui rendirent à l’abbaye son faste des premiers temps. Faste et prospérité qui, malgré un effritement des revenus de l’abbaye dès la première moitié du XVIII° siècle, lui permirent de se maintenir à sa place de grande abbaye rouennaise jusqu’à la Révolution.

 

Le colombier du XVI° siècle.

 

En 1520 l’abbesse Guillemette d’Assy commande la décoration de ce colombier à Masséot Abaquesne.
Ce dernier originaire de Cherbourg est alors très peu connu. Par la suite il effectuera des travaux pour le roi

de France à Fontainebleau, et pour le connétable de Montmorency à Ecouen.

 

 

De forme octogonale (mais à corniche circulaire), en brique et pierre.

Il est décoré de beaux carreaux de céramique, qui créent des pavements et des décorations murales

 

Eglise Saint Sauveur.

 

La paroisse était dans le ressort de l'abbaye de Saint-Amand de Rouen.

C'étaient les abbesses qui nommaient à la cure.

 

La construction peut remonter au XIII° siècle d'après quelques détails de son architecture.

Elle a été reconstruite aux XVI° et XVII° siècles.

D'autres modifications sont intervenues au XIX° siècle.

L'édifice est orienté et construit selon un plan en croix latine. Il comprend une nef à vaisseau unique

de deux travées qui se termine par un chevet à trois pans coupés. Le transept est saillant.

 Le chevet est couvert d'un cul-de-four.

 

Le portail occidental a été refait au XVIII° siècle (1734)

par le curé Langlois aux frais de l'abbesse de Saint-Amand.

Le beffroi des cloches dut être réparé en 1791 pour en recevoir une troisième. Le clocher lui-même a été réparé

en 1874, en 1921 et en 1953 (il avait été endommagé par les bombardements).

La croix menaçant de tomber, elle dut être réparée en 1939.

 

Le cimetière entoure l'église Saint-Sauveur. Au XVIII° siècle, il était planté d'arbres dont les fruits était une des ressources du curé. Ce fut l'origine d'un conflit avec l'abbaye de Saint-Amand. Les arbres, plantés trop près de l'église étaient à l'origine de dégradations de l'édifice. Les pommiers furent sacrifiés en 1739, ainsi que le vieil if. La croix avait été offerte par Jean-Baptiste des Roches en 1730. A la fin du XVIII° siècle , on enterrait encore dans l'église. Les droits étaient de 3 livres par corps. Une année, 8 sépultures s'y firent. Vers 1860, on décida de rétablir les murs du cimetière.

 

Depuis le sanctuaire, vue sur le portail occidental. Un seul vaisseau s'élève sur un niveau de grandes baies.

Il est couvert d'une voûte en berceau scandée d'arcs doubleaux.

 

Tableau donné par l'Empereur en 1861.

En-dessous du tableau, épitaphe à la mémoire de Messire Etienne Athanase Pajot, curé doyen de Boos,

décédé dans sa 49° année, le 6 mars 1864, nommé curé de Bolbec et inhumé à Flocques.

 

 

La chaire à prêcher présente une disposition particulière : on y accède par le derrière du pilier.

Elle est décorée de bas-reliefs représentant saint Jean-Baptiste, le repas d'Emmaüs et la Résurrection.

 

Le patron de l'église, Saint Sauveur, est représenté par une statue en pierre polychrome de XVII° siècle.

Les vitraux sont du XIX° siècle. On rencontre la Transfiguration, la Sainte famille, sainte Cécile, un Calvaire,

le Bon Pasteur, saint Augustin, saint Exupère, saint Louis. (Un vitrail est signé G. Moïse, 1899).

 

 

Le chœur contient six stalles de style Renaissance du XVI° siècle.

Elles proviendrait de l'ancienne église de Franquevillette, détruite en 1825.

Les miséricordes sont sculptées des scènes de la vie quotidienne ou tirées des Evangiles.

 

Le maître-autel provient du monastère des Carmélites de Rouen.

 

Le maitre autel était dans le premier monastère près de la rue Beauvoisine, il avait été transféré dans le nouvel établissement de la rue Pinchon à Bois-Guillaume. Au moment du transfert de ce dernier à Mont-Saint-Aignan, en 1984, il fut offert à la paroisse de Boos. Cette autel renferme une relique de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://monumentum.fr/

http://www.archivesdepartementales76.net/

http://www.rouen-histoire.com/
http://www.patrimoine-religieux.fr/

Fiche Mérimée : PA00100574
Dictionnaire des églises de France "Normandie"

Volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le  2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville