BLAINVILLE-CREVON  (Seine-Maritime)
Arrondissement de Rouen - Canton de Le Mesnil-Esnard.
Région : Normandie
 Population : 1.212 Blainvillais en 2016.

 

D'une superficie de 148 hectares, et d'une altitude de 83 à 166 mètres,

la ville est traversée par la rivière le Crevon.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

 

Blainville-Crevon et son patrimoine
 

 

Nichée au coeur de la forêt domaniale de Lyons qui dresse un imposant rempart végétal,

la ville déroule ses maisons anciennes à pans de bois et torchis ou briques autour de son ancienne motte féodale.

 

 

Le château de Blainville.

 

Au siècle de Flaubert, les ruines du château dormaient encore sous un amas d'éboulis.

Elles ne sortent de l'oubli qu'à partir de 1967 grâce aux fouilles menées par des bénévoles.

Leurs travaux ont permis d'établir que plusieurs châteaux furent

construits entre le XI° et le XVIII° siècles par de grands seigneurs.

 

La motte féodale.

Probablement édifiée avant la fin du XI° siècle, le premier ouvrage se composait d'une motte tronconique

flanquée d'une basse cour, d'un ensemble de fossés et de fortifications hérissées de palissades en bois.

 

La forteresse du XIV° siècle.

Du XII° au XIV° siècle, différentes constructions en pierre viendront se jucher sur la motte féodale.

 

La construction la plus importante fut l'oeuvre de Jean de Mauquenchy, dit Mouton de Blainville,

fait maréchal de France en 1368.

 

Elevé sur l'emplacement de la "domus" de son aïeul, Geoffroy de Mauquenchy, l'édifice s'ordonnait autour d'un grand bâtiment rectangulaire aux murs épais construits en silex dès le XII° siècle. Un escalier guide-main du XVI° siècle dessert encore les couloirs enterrés au coeur de la motte.

 

 

Le château du XV° siècle : endommagé par la guerre de Cent Ans et un incendie survenu peu avant 1404.

Le château fut entièrement remanié par Jean d'Estouteville, maître des arbalétriers de Louis XI

et fondateur de la collégiale de Blainville, qui lui donna son aspect presque défensif.

Ce puissant ouvrage de plan trapézoïdal était organisé autour de quatre tours d'angles cylindriques.

 

Gravure de 1696 (BnF, fonds Gaignières).

 

Le château du XVI° siècle.

 

En 1696, Gabriel d'Alègre hérita du château par sa femme, Marie d'Estouteville. C'est au XVI° siècle que les logis se développèrent et que la cour de ferme fut rehaussée, dotée de remparts en pierre de deux tourelles d'angles. Le château échappa de peu à la démolition à l'époque où Henri IV était en guerre contre les Ligueurs dans la région et échut par alliance en 1675 à Jean Baptiste Colbert de Seignelay, fils du grand Colbert.

 

 

La demeure du XVIII° siècle.

Mentionné en 1703 comme "beau et grand château de guerre, bien logeable et très bien bâti",

l'édifice devenu en 1724 propriété de Charles François de Montmorency-Luxembourg,

va faire l'objet de lentes dégradations jusqu'en 1781.

 

Le château fut alors rasé par le dernier seigneur de Blainville, à nouveau un Colbert de Seignelay, pour être remplacé par une grande demeure en brique. Ce seigneur ayant été forcé à l'exil à la Révolution, le nouveau château fut détruit à son tour alors que son gros oeuvre était à peine achevé.

 

La collégiale dédiée à la Trinité et à Saint Michel, du XV° siècle.

 

De style gothique flamboyant, la collégiale a été commencée en 1488, et terminée en 1492.

Elle est devenue église paroissiale en 1805.

 

L'édifice est de plan en croix latine et orienté vers l'est.
Le porche monumental est percé d'une grande baie en arc brisé et encadré aux angles par deux contreforts.
Ce porche protège la double entrée de la collégiale située sur la façade occidentale. Cette dernière, d'une grande sobriété, est ouverte d'une rose de petite dimension, en partie cachée par le haut du porche et sa balustrade.

 

La collégiale est dédiée par l’archevêque Robert de Croixmare. Elle réunit un collège composé d'un trésorier, un chantre et six chanoines. Son patronage relevait du seigneur de Blainville. En 1783, le service paroissial y est transféré par décision de Dominique de La Rochefoucauld, archevêque de Rouen, l’église paroissiale Saint-Germain étant en mauvais état.

 

Maison natale du peintre Marcel Duchamp et la collégiale.

 

 

La collégiale a été édifiée par Jean d'Estouteville, seigneur du château de Bainville, pour le repos de son âme,

de celle de sa femme, Françoise de La Rochefoucauld et des rois qu'il a servis.

Il a été Conseiller de Charles VII, maître des arbalétriers sous Louis XI,

et Lieutenant Général entre la Somme et la Seine sous Charles VIII.

 

Le clocher a été refait en 1988. Sa couronne de plomb a retrouvé son état initial, et est à nouveau ajourée.

La pointe de la croix culmine à 44,22 m du sol.

L'horloge a été supprimée mais le mécanisme est toujours présent.

 

L'école communale et l'hôtel Lecompte.

Les filles occupaient ce bâtiment, et les garçons, étaient placés à la mairie.

 

L'hôtel Lecompte appartenait au peintre Eugène Tirvert (1881-1948). Il utilisait les vitrines pour y exposer ses toiles. Avec Ferdinand Berthelot, Maurice Louvrier, Jacques Villon (frère de Marcel Duchamp), Francis Yard et quelques autres, Tirvert et ses artistes ont constitué l'Ecole de Blainville.

 

Deux foires avaient lieu chaque année à Blainville : au printemps et en septembre, à la Saint Michel.

Un marché aux bestiaux se tenaient en haut de la place.

 

Le pont et ses superbes arches de pierre. Initialement, la chaussée était moins large.

 

Le moulin.

 

 

Déjà présent sur une gravure du village en 1696, le moulin est resté en activité jusqu'en 1966.

On y produisait de la farine.

 

Depuis le jardin du moulin, vue sur les ruines du château de Blainville.

 

Le musicien chansonnier Frédéric Bérat (1801-1855) dont le frère aîné Charles-Antoine

habitait Maillonnnet, a composé la célèbre "J'irai revoir ma Normandie", et a écrit un couplet pour les Blainvillais.

 

Aujourd'hui, d'impressionnants vestiges dominent le village de Blainville et accueillent chaque année

divers événements culturels, notamment le festival "Archéo Jazz".

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant "Lyons-Andelle 2019", O.T. Lyons

Circuit découverte piétonnier, O.T. Lyons

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 7 avril 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville