PARIS  (Seine)

Région Île-de-France

1er et 5° arrondissements de Paris.

 

 

Le pont au Change
 

 

Situé dans le prolongement du Pont Saint Michel, de l'autre côté de l'île de la Cité.

Il permet de parachever la création du grand axe de communication Nord-Sud,

permettant d'accéder au coeur économique de la ville.

 

Le pont donne accès de la Cité des Capétiens à la Place du Châtelet et sur la monumentale fontaine du Palmier,

commandée par Napoléon 1er pour commémorer ses victoires.

 

La première construction de ce pont, maintes fois reconstruit,

date du Moyen Age.

Il était alors en bois

et s'appelait le pont du Roy.

Un 1141, un décret de Louis VII le Jeune obligea les orfèvres, et surtout les changeurs à s'y établir.

C'est ainsi qu'il prit le nom qui lui est resté jusqu'à nos jours.

Le pont au change sur le Plan de Truschet et Hoyau (1550).
 

La démolition des maisons sur le pont au Change.

 

À travers cette œuvre, Hubert Robert (1733-1808) décrit une ville qui se modernise

et opère une véritable mue architecturale.

Au cours de la seconde moitié du XVIII° siècle,

Paris est un chantier permanent et différents travaux concernent les ponts.

 

Les hautes maisons figurées trois décennies plus tôt sur les tableaux de Jean-Baptiste-Nicolas Raguenet (photo de gauche) fragilisent les structures porteuses des ponts, en particulier les voûtes, avec des écroulements à répétition. En quelques années, les habitations présentes sur deux des trois ponts du bras nord de la Seine sont détruites. Au même moment, le pont Louis-XVI (futur pont de la Concorde) est en cours de construction, alors que le pont de Neuilly, également peint par Hubert Robert, est décintré en 1772 en présence de Louis XV, ce qui permet d’ouvrir l’urbanisme vers l’ouest de la capitale.

Au-delà de l’approche sécuritaire, ces chantiers contribuent à la diffusion des théories hygiénistes. Celles-ci recommandent l’ouverture de l’espace afin d’améliorer la circulation et de lutter contre la propagation des maladies épidémiques. Ces opérations ouvrent aussi le paysage, avec de nouvelles perspectives sur les principaux monuments de la capitale ainsi mis en scène.

 

Gravure sur acier aquarellée à la main, 1836. Dessinée et gravée par Rouargue frères.

Le pont était aussi un lieu d'élégance où se tenait un marché aux fleurs et aux oiseaux

et que les cortèges royaux empruntaient pour aller à Notre-Dame.

 

Vulnérable aux incendies et fréquemment endommagé par les crues, ce pont fut reconstruit en pierre au XVII° siècle sur les plans de J. Androuet du Cerceau. Il était bordé de maisons, selon la coutume, et s'élargissait en V du côté de la rive droite, ouvrant ainsi deux accès séparés au carrefour desquels se trouvait un groupe sculpté par F. Guillain (aujourd'hui au Louvre), représentant Louis XIII, Anne d'Autriche et le jeune Louis XIV.

 

A gauche, l'île de la Cité et la Conciergerie, et à droite, la place du Châtelet, sa fontaine

et au-dessus dépasse la Tour Saint Jacques.

Comme le pont Saint Michel, il a été édifié par les architectes Romany et Vaudrey, en 1860,

époque des grands travaux d'Haussmann.

Il est long de 103 mètres et large trente, et comporte trois arches.

 

Le seul signe explicite permettant de dater la construction du pont est le "N" impérial de Napoléon III.

 

"Le pont au Change" peint par Corot en 1830, (Musée Carnavalet, Paris).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Les 37 ponts de Paris", Claude Agnelli

Editions Magellan et Cie, 2010

"Les Ponts de Paris", Catherine Comiti

Mairie de Paris, 1997

"Les Ponts de Paris", Sébastien Recouvrance

Editions Jean-Paul Gisserot, 2007

"Paris et ses ponts", Pauline Bayle, Editions Atlas, 2012

"Dictionnaire des Monuments de Paris", Gilles Marchand

Editions Jean-Paul Gisserot, 2003

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 20 juin 2019

 

 

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