PARIS 7° arrondissement  (Seine)
Région Île-de-France
 Population : 57.786 Parisiens en 2011.

 

D'une superficie de 409 hectares, et d'une altitude de 27 à 110 mètres.

Quartiers administratifs : Saint Thomas d'Aquin, Invalides, Ecole militaire et Gros Caillou.

 

Les limites actuelles du 7ème arrondissement datent de 1860, à la suite de la loi du 16 juin 1859,

donnant lieu à un nouveau découpage de Paris en 20 arrondissements.

Elles comprennent la plus grande partie de l'ancien 10ème arrondissement.

 

 

Le musée  Auguste Rodin,

installé dans l'ancien hôtel Biron.
 

 

Cette magnifique demeure aurait dû porter le nom plus flatteur d'hôtel Abraham Peyrenc de Moras,

l'ex-perruquier enrichi qui le fit bâtir en 1727, par l'architecte Jean Aubert.

Après avoir été tour à tour un parc d'attractions et un strict pensionnat religieux,

il est désormais devenu le plus prisé musée Rodin.

 

Entrée du musée Rodin.

A droite de l'entrée, la chapelle pseudo-gothique de l'ancien couvent du Sacré Coeur,

bâtie en 1875 et transformée en 1967 en une salle destinée aux expositions temporaires et conférences.

 

Le musée Auguste Rodin.

 

Ce musée est le seul musée national qui, en France,

autofinance l'ensemble de ses activités et de ses dépenses de fonctionnement.

 

Auguste Rodin offrit à l'Etat, et par la même à tous les visiteurs du futur musée,

six mille sculptures, autant de dessins et quinze mille photographies.

 

La lumineuse façade Sud de l'hôtel Biron donne sur les parterres du jardin.

 

Ce petit château parisien, dont les quatre façades sont savamment décorées,

largement ouvertes sur la lumière, permet de capter le moindre rayon de soleil.

 

Le futur maréchal Biron, qui lui laissera son nom, le rachète en 1753. Il y organise d'élégantes fêtes, et a la belle idée d'ouvrir ses jardins à tous. Agréablement situé, sur 3 hectares de verdure, à deux pas de l'hôtel des Invalides, l'hôtel changera plusieurs fois de propriétaires, tous aristocrates, jusqu'en 1793.

 

 

Sous le Consulat, l'hôtel abrite une légation pontificale, et en 1820, la Société du Sacré-Coeur-de-Jésus, une sévère institution d'éducation des jeunes filles de la haute société. En 1905, avec la séparation de l'église et de l'Etat, l'hôtel est délabré, divisé en appartements et promis à la démolition. Des artistes viennent s'y installer, nourrissant leur imagination, leur inspiration de ce jardin d'Eden : Rilke, Cocteau, Matisse, Isadora Duncan et bien sûr, Auguste Rodin.

 

C'est sur les conseils de son secrétaire, Rainer Maria Rilke, qu'Auguste Rodin s'installe en 1908,

au rez-de-chaussée de cet hôtel rocaille, et qu'il y reçoit ses visiteurs et expose ses oeuvres.

 

Quand l'Etat acquiert l'hôtel en 1911 et que Rodin est menacé d'expulsion, le sculpteur décide de léguer ses oeuvres, archives et collections à l'Etat, à condition qu'un musée soit installé dans l'hôtel. Le projet, pourtant soutenu par Georges Clémenceau et Claude Monet, a du mal à aboutir, tant l'oeuvre de Rodin est incomprise : les milieux académiques et conservateurs l'accusent "d'obscénité". Disparu le 17 novembre 1917, Rodin ne verra pas l'ouverture de son musée deux ans plus tard, qui a nécessité de grands travaux.

 

Le hall et l'escalier monumental.

 

La main de Dieu, groupe en marbre (1916-1918) - La terre et la lune, groupe en marbre (1900-1901).

Auguste Rodin, buste en bronze (1920) - Jeune femme au chapeau fleuri, buste en terre cuite (1870-1875).

L'homme au nez écrasé, buste en marbre (1875).

 

Piédestal les Titans (1878), faïence avec décor émaillé éditée par la manufacture de Choisy-le-Roi.

(Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Auguste Rodin).

La jardinière les Titans (1878), ensemble en terre cuite.

 

Dessus de portes peints par François Lemoyne (1729).

Les religieuses firent retirer la plupart des peintures décoratives insérées dans les boiseries des pièces d'apparat,

symboles des vanités du siècle; en 1731, pour le cabinet ovale, Lemoyne avait peint huit panneaux ovales

en camaïeu représentant des jeux d'enfants et deux dessus-de-porte tirés de l'histoire d'Ulysse.

 

L'éternel printemps, groupe en bronze (1884).

 

Le baiser, groupe en marbre (1888-1889).

Pleureuses et centaures (1884), bas-relief en plâtre, conçu pour la Porte de l'Enfer, et retiré vers 1889.

 

Monument à Claude Lorrain, groupe en bronze (1889) - Général Margueritte, en bronze (1884).

 

Dessus de porte "Vénus et les grâces" (1729), et "Les ouvrages de Pénélope",

 huiles sur toile d'origine, peints par François Lemoyne.

 

Jean d'Aire, (Bourgeois de Calais), statue en grès émaillé (Rodin et Paul Jeanneney (1903-1904).

 

 

La cour d'honneur.

 

 

"Les trois ombres", sculpture en bronze (1886).

(Rodin en fit plusieurs études, dont ce groupe monumental autonome).

Dans la divine comédie de Dante, les ombres, c'est-à-dire les âmes des trois damnés

se tiennent à l'entrée de l'Enfer.

 

 

Les bourgeois de Calais, groupe sculpté en bronze (1889).

En 1884, la ville de Calais commande un monument commémorant un épisode

de la guerre de Cent Ans (1337-1453) : six bourgeois se sacrifient pour leurs concitoyens

en remettant leur vie au roi d'Angleterre.

 

Les bourgeois sont représentés la corde au cou, en chemise de condamnés, les postures individualisées. Ils sont groupés au sol afin que la monumentalité et l'expression des figures fassent mieux entrer le public "dans l'espace de la misère et du sacrifice".

 

 

Le penseur, en bronze (1903) : il est créé en 1880 pour la porte de l'Enfer.

Installé devant le Panthéon en 1906, cet exemplaire fut transféré au musée en 1922.

 

Le penseur représente Dante, l'auteur de la Divine Comédie qui a inspiré la Porte, mais aussi Chronos, le Dieu grec des Enfers, ou encore le créateur perché sur son oeuvre. Par son alliance entre calme et force, l'oeuvre devient un symbole d'espoir et de foi en l'homme et connait une célébrité mondiale.

 

Honoré de Balzac, bronze (1898).

Commandé en 1891 par la Société des gens de lettres, le monument au romancier Honoré de Balzac (1799-1850)

suscita un violet rejet. Conservé par Rodin, il n'est fondu qu'après sa mort.

 

L'évocation symboliste du créateur domine enveloppé dans sa robe de moine qu'il revêtait pour écrire. Rodin utilise le drapé pour magnifier la tête, animée par l'accentuation de la chevelure qui contemple l'humanité et sa comédie humaine.

 

 

La porte de l'Enfer, en bronze, 1880, vers 1890  De chaque côté, statues d'Adam et Eve.

Commandée par l'Etat en 1880 pour l'entrée d'un musée des arts décoratifs (abandonné en 1889),

la Porte de l'Enfer est inspirée par la Divine Comédie du poète italien Dante Alighieri (1265-1321).

 

Plus de 200 figures expriment la tragédie des passions humaines, désespoir, malédiction et horreur. Les formes envahissent la structure au point de bousculer les éléments architecturaux. Rodin dit de lui-même avoir voulu jouer de cette diversité des motifs sculpturaux dans un espace immatériel modulé par la lumière.

 

La galerie des marbres.

 

Cette galerie a été conçue en 1971 comme une réserve ouverte,

afin de présenter un plus grand nombre d'oeuvres sur le site du musée.

Certaines oeuvres ne sont pas achevées, d'autres présentes du non finito cher à l'artiste.

 

Le jardin des sculptures.

 

Le jardin des sculptures, d'une superficie de 3 ha, se partage entre une roseraie, au Nord de l'hôtel Biron,

et un grand parterre, au Sud, tandis qu'au fond du jardin, terminant la perspective,

une terrasse et une charmille adossée à un treillage dissimulent un espace de repos.

 

Aphrodite, bronze (1914).

 

En 1913, une effigie de la Déesse grecque de l'amour, Aphrodite, est commandée à Rodin pour le théâtre de la Renaissance à Paris. Elément central du décor d'une pièce du même nom, la statue est créée à partir d'une figure 4 fois plus petite conçue dès 1889-1900. Le procédé d'agrandissement, qui simplifie les volumes et le modelage, accentue la monumentalité de la figure en gommant ses détails. Reste la perception de la figure d'un corps menu, tendu dans une position instable, presque dansant.

 

Cariatide à la pierre - Cariatide à l'urne.

 

▪ Cariatide à la pierre, grand modèle, bronze (1918) : conçue pour la porte de l'Enfer, à l'angle gauche du tympan, la cariatide personnifie l'accablement profond et la désillusion, la tristesse et la désespérance. Rodin agrandit le petit modèle de 1886 et l'expose au salon d'automne de 1909, sous le titre "La destinée". A l'origine, elle portait des vers de Charles Baudelaire "Mainte fleur épanche à regret / son parfum doux comme un secret / dans la solitude profonde".

▪ Cariatide à l'urne, grand modèle, bronze (1911-1918) : conçue également pour la porte de l'Enfer. Accolée sous le poids du destin et du châtiment, la figure ploie sous la pierre, image de la force vaincue où la résistance est morte, de l'être dont la force n'est pas à la mesure de la volonté ou de l'ambition.

 

Cybèle et la muse de Whistler.

 

▪ Cybèle, grand modèle, bronze (1905) : Elaboré dans les années 1890 sous la forme d'un petit modèle issu de la Porte de l'Enfer, le plâtre alors intitulé "Femme assise", est agrandie. Rodin met en valeur l'immensité de la vie par son état fragmentaire. Ce caractère monumental et incomplet, la posture calme qui évoque l'Antiquité, comme la simplification des volumes frappent les contemporains. La 1° fonte, présentée en 1914 à Londres, est intitulée lors de son exposition Cybèle, en référence à la mère des Dieux dans l'Antiquité au Proche-Orient.

▪ La muse de Whistler, grand modèle nu, bras coupés, bronze (1908) : en 1905, le projet d'un monument au peintre James McNeill Whistler (1834-1903) est confié à Rodin. Le génie du peintre est évoqué par une figure allégorique, nouvelle conception du monument public. A la mort de Rodin, le monument n'est pas prêt et le Comité londonien refuse la statue. La simplification des volumes et l'originalité de la pose invitent aujourd'hui à considérer l'oeuvre comme  une des plus belles pièces de la fin de carrière, mêlant plénitude de la Grèce et simplicité moderne du modelé.

 

Le café - Le jardin des sources - Statue dédiée au peintre "Claude Gelée, dit Le Lorrain".

 

 

La charmille percée de trois ouvertures, fait écho au rythme ternaire

et aux proportions des baies de l'avant corps de la façade Sud de l'hôtel Biron.

 

Au centre du jardin, ce superbe bassin.

 

Monument à Victor Hugo - Andrieu d'Andres - Jean d'Aire - Jacques de Wissant

 

▪ Monument à Victor Hugo, Bronze (1890) : Après la mort de Victor Hugo en 1885, il fut question de lui élever un monument au Panthéon faisant pendant à celui dédié à Mirabeau et réalisé par Injalbert. C’est à Rodin que revint la commande en 1889. Il choisit de représenter le Victor Hugo de l’exil, assis au bord des rochers de Guernesey, le bras tendu comme pour calmer les flots, image du poète méditant, mais aussi du défenseur des libertés républicaines. Le premier projet "qui manque de clarté et dont la silhouette est confuse" fut refusé à l’unanimité. En 1891, le directeur des Beaux-arts le destina alors à un autre emplacement. Il prit finalement place dans les jardins du Palais Royal. Victor Hugo assis fut exposé en plâtre au Salon de la Société nationale des Beaux-arts de 1897.

▪ Andrieu d'Andres, bronze (1888), Jean d'Aire, bronze (1887) et Jacques de Wissant, bronze (1888), monuments aux bourgeois de Calais : Andrieu d'Andres, montré la tête entre les mains, incarne le désespoir alors que son visage dissimulé accentue encore le caractère déchirant du drame. Le visage et la posture de Jean d'Aire, chargé d'offrir les clefs de la ville, affichent une résolution farouche et invincible, presque provocateurs dans leur radicalité. Le corps de Jacques de Wissant semble s'arracher douloureusement au sol et le visage, libéré par la main, exprime toute la tension de la volonté.

 

Jean Fiennes et Eustache Saint Pierre - L'Ombre.

 

▪ Jean de Fiennes et Eustache Saint Pierre, bronze (1887), monument aux bourgeois de Calais : Jean de Fiennes est l'un des plus émouvants, par sa pose et son regard bouleversant, tandis que ses mains ouvertes expriment une sorte d'acceptation du destin. Eustache de St Pierre est considéré comme l'âme du groupe, le plus âgé et aussi le premier qui se proposa, au péril de sa vie, de rejoindre le roi d'Angleterre et lui remettre les clefs de la ville.

▪ L'Ombre, bronze (1904) : est liée à un sujet antérieur de Rodin, Adam, très marqué par l'art de Michel Ange. Des trois Ombres placées au sommet de la Porte de l'Enfer, Rodin a tiré la figure isolée et agrandie de l'Ombre. La couleur de la damnation est rendue par la pose contrainte de l'inclinaison, exagérée de la tête qui dessine une seule ligne avec le cou et les épaules. Par de telle déformation anatomique, Rodin atteint une puissance expressive sans égale à son époque.

 

La méditation et le Génie du repos.

 

▪ Méditation, dite voix intérieure avec bras, bronze (1900) : conçue à l'origine pour la Porte de l'Enfer, concentrée à l'écoute d'elle-même en une merveilleuse arabesque, la figure allie douceur et mélancolie, grâce et puissance.

▪ Le génie du repos éternel, bronze (1899-1902) : en 1899, Rodin reçoit la commande d'un monument au peintre Pierre Puvis de Chavannes (1814-1898) qui ne fut jamais achevée. Il fait de ce génie inspiré de l'antiquité, le motif central. Les jambes croisées, le bras allongé, l'ensemble du corps s'incline sur le côté, à la limite de la rupture d'équilibre.

 

Jacques de Wissant, Bourgeois de Calais et (Photo de droite) Jules Bastien-Lepage, bronze (1889).

Commandé en 1889 pour honorer le peintre naturaliste (1848-1884).

L'artiste est présenté en action, en chef de file du mouvement du "pleinairisme" désignant le principe général

de peindre des scènes d'extérieur, des jeux de lumière solaire dans la seconde moitié du XIX° siècle.

 Il offre l'image de l'artiste en "guetteur inspiré", animé par la tension du corps et du regard.

 

Ugonin et ses enfants, grand modèle, bronze (1902-1909).

Issu d'un des épisodes les plus noirs de la Divine Comédie de Dante, le comte Ugolin prisonnier,

rendu fou par la faim, dévore ses enfants morts, ce qui lui vaut la damnation.

Conçu pour la porte de l'Enfer, ce groupe évoque le moment qui précède le paroxysme.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant 3 volets, guide du visiteur, remis à l'accueil

"Paris ses Musées et ses Palais", Editions Atlas, 2013

Panneaux explicatifs présentés tout au long de la visite

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 octobre 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville