PARIS  (18ème arrondissement)

Région Île-de-France
 Population : 32.875 Parisiens en 2015.

 

D'une superficie de 601 hectares, et d'une altitude de 130,53 mètres.

Quartiers administratifs : Les Grandes Carrières, Clignancourt, la Goutte d'Or et la Chapelle.

 

Le 18ème arrondissement est créé par la loi du 16 juin 1859, qui a porté le nombre d'arrondissements

de douze à vingt dans le cadre de l'annexion des faubourgs situés entre les fortifications

de l'enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux.

 

Situé sur la rive droite de la Seine, il comprend une partie de l'ancienne commune de Montmartre

et de l'ancienne commune de la Chapelle, rattachées à Paris en 1860.

Il est le deuxième arrondissement de la ville par sa population, après le 15° arrondissement.

 

 

Le moulin à vent de la Galette
 

 

Des quatorze moulins situés sur la Butte de Montmartre qui servaient à moudre le blé et les fleurs,

presser les vendanges, ou concasser les matériaux, seuls deux subsistent encore aujourd’hui :

le Blute-Fin et le Radet, datant de 1717, juste au-dessus du restaurant.

Ces deux moulins formaient le célèbre ensemble du « Moulin de la Galette ».

Après avoir servi de music-hall, on y vit un studio de télévision avec l’ORTF, puis enfin un restaurant.

 

Le moulin de la Galette, vers 1840, d'après un dessin.

Le moulin de la Galette, appelé aussi Blute-Fin, fut construit en 1622.

 

Le moulin de la Galette, avant 1905.

L'histoire commence en 1812 lorsque le meunier Nicolas Charles Debray décide de réunir les deux moulins

et d'ouvrir, en-dessous une guinguette qui fera la renommée de ce lieu mythique.

 

La tour dite du Philosophe, l'ancienne ferme De Bray et le moulin de la Galette.

La famille Debray en était propriétaire au début du XIX° siècle,

et la légende raconte que quatre frères furent tués en 1814 en défendant leur moulin contre les Prussiens.

 

Le moulin avant 1910 et en 2019.

 

A partir de 1960, un restaurant italien s'installe sous le moulin Radet.

Le succès est immédiat et les personnalités y accourent. Dalida, qui habitait à deux pas, en fait sa "cantine".

 

Les peintres et le moulin de la Galette.

 

De nombreuses oeuvres, parmi lesquelles des peintures célèbres de Toulouse-Lautrec, Van Gogh ou Picasso,

ont fait du moulin de la Galette, un nom mythique dans l'histoire de l'art.

 

Toile d'Eugène Cicéri (1813-1890), Musée Carnavalet, Paris.

Vincent Van Gogh (1853-1890), Carnegie Museum of Art, Pittsburgh
Eugène Atget (1857-1968), photo 1899 (BnF).

 

▪ Eugène Cicéri : peintre et aquarelliste, il sacrifie à la mode des « artistes voyageurs » et publie des recueils de lithographies d'après ses dessins, qui témoignent d'un souci de réalisme plus marqué que ses prédécesseurs romantiques, en ayant recours au nouveau médium de la photographie comme documentation. Il reçoit son premier enseignement de son père, ainsi que de son oncle Eugène Isabey. Eugène Cicéri subit ensuite l'influence de l'École de Barbizon. Il travaille le paysage à Fontainebleau et ses environs.
 

▪ Vincent Van Gogh : le Moulin de la Galette est le sujet et titre de plusieurs tableaux réalisés par Vincent van Gogh en 1886 sur un moulin qui était proche de l'appartement qu'il occupait à Montmartre avec son frère Théo. Cette période sera décisive pour son évolution : le peintre réaliste, habitué des scènes paysannes, deviendra un artiste moderne dans le sillage des impressionnistes. Il a dessiné et peint Montmartre avec enthousiasme et un sens aigu du détail. Il se liera également d’amitié avec d’autres artistes et fera pour la première fois de sérieux efforts pour vendre et exposer ses œuvres.

 

▪ Eugène Atget : il est principalement connu pour ses photographies documentaires sur le Paris de la fin du XIX° et du début du XX° siècle. Atget comprend vite que les peintres, architectes et artisans ont besoin de documentation, c'est alors qu'il se tourne vers la photographie. Il commence à photographier des paysages, des arbres et des plantes, avec l'intention de réunir une collection documentaire à destination des peintres.

 

Auguste Renoir (1841-1919), le Moulin de la Galette, 1876 (Musée d'Orsay)

Cette oeuvre est sans doute la plus importante de Renoir

et elle fut exposée à l’exposition du groupe impressionniste de 1877.
Le tableau de grande taille a été peint entièrement sur place.
Si le peintre choisit de représenter quelques uns de ses amis, il s’attache avant tout

à rendre l’atmosphère égrillarde et festive de cet établissement populaire de la Butte Montmartre.

 

Henri Toulouse-Lautrec, (1864-1901), Coin du Moulin de la galette, 1892,(Chicago, Art institute).

Ramon Casas (1866-1932), Bal du moulin de la Galette,1890 ( Musée Cau Ferrat à Sitges).

Kees Van Dongen (1877-1968), le moulin en 1922.

 

Toulouse-Lautrec était considéré comme « l’âme de Montmartre », le quartier parisien où il habitait. Ses peintures dépeignent la vie des cabarets et théâtres montmartrois ou parisiens. Trois des femmes bien connues qu’il a représentées étaient Jane Avril, la chanteuse Yvette Guilbert, et Louise Weber plus connue comme La Goulue, danseuse excentrique qui créa le « cancan ». Toulouse-Lautrec donnait des cours de peinture, et il encouragea les efforts de Suzanne Valadon, un de ses modèles qui fut probablement sa maîtresse.

 ▪ Ramon Casas : le tableau est réalisé à l'occasion du troisième séjour de Ramon Casas à Paris, à partir de l'hiver 1890. Ce peintre et affichiste espagnol, est le promoteur du modernisme catalan. Il est surtout connu pour ses portraits. En 1881, il publie son premier dessin nommé Records d’altre temps dans le magazine moderniste l’Avenç. La même année, il part à Paris où il suit un cours à l’académie de Carolus-Duran. En 1883, il expose la peinture institué Autoretrato en traje de flamenco au Salon des Champs-Élysées à Paris, et il est admis au Salon de la Société des artistes français. Pendant l'été, il part à Madrid chez le peintre Mauricie Lobre avec lequel il découvre les œuvres d’art du musée du Prado.

 

▪ Kees Van Dongen trouve à Paris la reconnaissance artistique dans les années 20. La ville lumière restera toujours le sujet principal de sa peinture. Au début du siècle c’est Montmartre qui le séduit par sa verve populaire et sa vie de bohème. Il fut par la suite l’un des principaux animateurs à Montparnasse.

 

Maurice Utrillo (1883-1955) - Moulin de la Galette, 1922

Gen Paul (1895-1975) - Moulin de la Galette,1965

Paul Signac 1863-1935) - Le moulin de la Galette, 1884 (Musée Carnavalet).

 

▪ Maurice Utrillo est un des rares peintres célèbres de Montmartre qui y soit né. Il est le fils du peintre Suzanne Valandon. Il fut reconnu en 1891 par le peintre catalan Miguel Utrillo qui lui donna son nom. La mère de Maurice fut modèle de Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, Vincent Van Gogh et de bien autres peintres. C’est en les observant qu’elle apprit à peindre, avec l’aide également d'Edgar Degas.

 

▪ Gen Paul : sa première peinture à l'huile, un Moulin de la Galette vu de sa fenêtre, date de 1916. Ses débuts sont incertains et il peint surtout des vues de Paris à la manière des grands peintres pour satisfaire des commandes. Un grand nombre de ses œuvres appartient à des collections privées, mais un nombre significatif se trouve dans les musées de France et d'autres pays d'Europe, tels les musées de Berne et de Granville (Manche). Le musée d'Art moderne de la ville de Paris conserve dans ses réserves deux grands tableaux de la fin des années 1930.

 

▪ Paul Signac : il est un artiste peintre paysagiste qui donna naissance au pointillisme avec le peintre Seurat. Il a mis au point aussi la technique du divisionnisme, une technique picturale qui consiste à appliquer sur un support de petites taches de couleur pure juxtaposées. Dans Le Moulin de la galette peint par Signac en 1884, un décor urbain encore discret - trottoir, bec de gaz - souligne la solitude des terrains vagues. Le vieux moulin a été transformé en guinguette.

 

Pablo Picasso, Le Moulin de la Galette, 1900 (New York, Guggenheim).

Dans Le Moulin de la Galette, Picasso a adopté la position d'un observateur compatissant et intrigué

du spectacle de divertissement, suggérant son attrait provocateur et artificiel.

Dans des couleurs richement vibrantes, beaucoup plus brillantes que celles précédemment employées,

il a capturé la scène enivrante de figures à la mode.

 

Pablo Picasso vivait toujours à Barcelone quand la Foire internationale de 1900 l'a attiré à Paris pour la première fois. Pendant son séjour de deux mois il s'est immergé dans des galeries d'art aussi bien que dans les cafés, les boîtes de nuit et les dancings de Montmartre. Le Moulin de la Galette, sa première peinture de Parisien, reflète sa fascination avec une décadence vigoureuse et une fascination pour le mauvais goût de ce dancing célèbre, où les clients bourgeois se frottent aux prostituées.

 

Montmartre : un foyer de la bohême.

 

Lorsque le baron Haussmann fait percer les boulevards St Michel et St Germain dans le Quartier latin,

la population d'artistes qui peuplent la rive gauche est contrainte de se replier vers le nord.

Elle accourt alors à Montmartre, où les loyers sont encore bon marché

et où l'atmosphère festive se prête bien au rythme de vie de la bohème parisienne.

Entre 1892 et la fin de la 1° Guerre mondiale, une foule de peintres et de sculpteurs

venus de l'Europe entière emménagent à Montmartre, et notamment, au Bateau-Lavoir.

 

Les guinguettes.

 

Tableau "La guinguette", Vincent Van Gogh, 1886 (Musée d'Orsay).

(L'établissement peint par Van Gogh existe toujours et s'appelle désormais "A la bonne Franquette").

 

Après l'épisode de la Commune, Montmartre recouvra son atmosphère délurée. Si les Parisiens aisés préféraient partir en villégiature à Auteuil, les milieux populaires affectionnaient particulièrement le Montmartre du bas, à quelques pas du mur des Fermiers-Généraux, et ses nombreuses guinguettes. En 1844, on dénombrait ainsi 350 marchands de vin traiteurs près des barrières Pigalle, Blanche et de Clichy. Le choix de cet emplacement s'explique par les taxes exorbitantes qui étaient perçues sur toutes les marchandises qui entraient dans Paris.

 

Les bals populaires.

 

Bal de cour, bal de carnaval, bal des débutantes, bal musette, bal du 14 juillet :

cénacle des élites ou rendez-vous populaire,

le bal et ses multiples déclinaisons attirent toutes les couches de la population.

 

Dans les années 1860, le Moulin de la Galette quitte ses habits de guinguette pour devenir un bal régulier, qui se tient en plein air. La clientèle reste populaire, et l'atmosphère, décontractée et bon enfant. Emile Zola et ses amis impressionnistes, séduits par son charme informel, s'y rendent régulièrement. Auguste Renoir est l'un des clients les plus assidus du Moulin. Le bal, de plus en plus célèbre, attire une clientèle éclectique, ainsi que les plus grandes chahuteuses de Montmartre, la Goulue en tête.

 

Cependant, à la fin du XIX° siècle, certains déplorent la mauvaise tournure que prend l'établissement. Le Moulin perd son côté bon enfant pour devenir le repaire des fripouilles et de la prostitution. Cette époque ne dure pas, et, entre les deux-guerres, le bal retrouve ses couleurs innocentes.

 

A partir de 1870, Montmartre s'impose comme le centre des plaisirs et de la fête, et c'est désormais au Moulin de la Galette, à l'Elysée Montmartre et au Moulin rouge que les Parisiens viennent se déhancher. Plus tard, quand viendra la grande époque du musette, ils se porteront vers la Bastille et sa ribambelle de bals auvergnats.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.sacre-coeur-montmartre.com/
https://www.cineclubdecaen.com/

"Paris canaille", Editions Atlas, 2012

"Paris et ses villages", Editions Atlas, 2013

Panneau explicatif présenté près du site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 2 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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