PARIS  (18ème arrondissement)

Région Île-de-France
 Population : 32.875 Parisiens en 2015.

 

D'une superficie de 601 hectares, et d'une altitude de 130,53 mètres.

Quartiers administratifs : Les Grandes Carrières, Clignancourt, la Goutte d'Or et la Chapelle.

 

Le 18ème arrondissement est créé par la loi du 16 juin 1859, qui a porté le nombre d'arrondissements

de douze à vingt dans le cadre de l'annexion des faubourgs situés entre les fortifications

de l'enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux.

 

Situé sur la rive droite de la Seine, il comprend une partie de l'ancienne commune de Montmartre

et de l'ancienne commune de la Chapelle, rattachées à Paris en 1860.

Il est le deuxième arrondissement de la ville par sa population, après le 15° arrondissement.

 

L'ancienne abbaye royale bénédictine de Montmartre.

 

Abbaye de Montmartre, le 19 mars 1625. (Dessin d'Étienne Martellange, Collection BnF).
L'abbaye royale de Montmartre est une abbaye de moniales bénédictines fondée par le roi Louis VI le Gros

en 1133-1134 à la place d’un prieuré clunisien relevant de Saint-Martin-des-Champs.

 

Le monument semble avoir été élevé à la place d'un très ancien sanctuaire dédié à Saint Denis et qui remplaçait déjà un temple gallo-romain. Les moines de la riche abbaye de Saint-Martin-des-Champs s'étaient établis à l'emplacement de l'oratoire Saint Denis, détruit en 944. Vers 1133, ils furent remplacés par les bénédictines pour lesquelles Louis VI le Gros et sa femme Adélaïde de Savoie fondèrent l'abbaye royale de Montmartre, et où Adélaïde finit ses jours. Les souverains firent reconstruite l'église, qui fut consacrée en 1147 par le pape Eugène III.

 

Le vin des abbesses.

 

A la fin du XV° siècle, ruinée par les guerres, l'abbaye est contrainte de vendre des terrains,

mais elle impose que vignerons et laboureurs s'y installent pour poursuivre la plantation de vignes.

Grâce à son droit de pressoir, elle perçoit une redevance qui lui assure une partie de ses revenus.

 

Si la culture de la vigne à Paris date de l'époque gallo-romaine, celle de la butte Montmartre

doit sa renommée aux abbesses de l'abbaye, dès le XII° siècle.

Ce sont les dames de l'Abbaye de Montmartre

qui plantèrent les premières vignes et développèrent la production des vins de la Butte.

Aujourd'hui sur la butte Montmartre : quelque 1900 pieds de vigne sur 1.556 m² de terrain en pente.

 

Aux XVII° et XVIII° siècles, la Butte était alors une colline recouverte aux 3/4 de vignes. Les parisiens se rendaient à Montmartre pour y déguster ce vin réputé pour ses qualités diurétiques qui coulait à flots dans les guinguettes locales. Lorsque Montmartre fût annexée à Paris à la fin du XIX° siècle, les habitations prirent le pas sur la vigne. Il fallut attendre 1933 pour voir la vigne s'étaler à nouveau sur l'un des flancs de la butte. Les cépages gamay et pinot noir, cohabitent aujourd'hui avec quelques plants hybrides et les vignes évoluent sur un sol de sables de Fontainebleau.

 

 

Église Saint Pierre-de-Montmartre, du XII° siècle
 

 

C'est l'une des plus vieilles églises de Paris

et elle représente la pérennité de la foi depuis l'aube du christianisme.

Saint Pierre de Montmartre est l'unique vestige et l'unique témoin de la puissance de l'abbaye de Montmartre.

 

L'église de l'abbaye a une vocation paroissiale et conventuelle : la partie orientale, dédiée à la Vierge et à Saint Denis, est réservée aux moniales. Le reste, dédié à Saint Pierre, est affecté aux paroissiens. En 1622, la chapelle du Saint Martyr est transformée en prieuré désigné abbaye "d'en-bas", alors qu'en 1686 les religieuses abandonnent définitivement l'abbaye d'en-haut", devenue trop vétuste. Seule l'église Saint Pierre est conservée, les moniales se réservant "le choeur des Dames" destiné aux sépultures des abbesses. A la Révolution, l'abbaye de Montmartre et les cryptes légendaires sont détruites.

 

 

 Vue aérienne avant 1970 : à gauche du sacré Coeur, église Saint Pierre.

En 2019, vue de l'église Saint Pierre-de-Montmartre depuis l'abside de la basilique du Sacré Coeur.

 

Saccagée et désacralisée, l'église Saint Pierre devient "Temple de la Raison". En 1814, elle est envahie par les troupes russes, puis abandonnée. Dans un état de délabrement, elle échappe à la démolition. Ce sont les artistes de Montmartre qui, malgré la vague anticléricale du moment, lanceront en 1899 une grande campagne de restauration. Willette, le célèbre humoriste de la butte, proposera de "jouer un bon tour au Sacré Coeur." La restauration sera entreprise par l'architecte Ernest-Claude Sauvageot (1858-1905), entre 1899 et 1905, puis, l'édifice est rendu au culte, en 1908, après la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

 

Le chevet de l'église repose sur de puissants contreforts à glacis (XII° siècle).

 

Tableau "Eglise Saint-Pierre de Montmartre", de Maurice Utrillo (1883-1955)

Huile sur carton parqueté, 1914. (Musée de l'Orangerie, Paris).

 

L'édifice se dissimule derrière une petite cour ombragée.

La façade (1775) contient trois portes en bronze posées en 1980, don de l'artiste italien Tommaso Gismondi.

Elles sont sculptées en bas-reliefs, de scènes historiées de la vie des titulaires de l'église :

Notre-Dame, Saint Pierre et Saint Denis.

 

Le buffet d'orgues du XVIII° siècle, placé au-dessus d'un portique à l'antique, provient

de l'église Saint Pierre-des-Arcis, autrefois située sur l'île de la Cité. Orgues de Cavaillé-Coll (1868).

La nef est soutenue par des murs massifs du XII° siècle.

Le long des parois des deux collatéraux court le Chemin de croix en bronze dû à Gismondi.

 

Les trois premières travées de la nef datent de la fin du XII°siècle et la quatrième travée, probablement de 1134.

Les arcades en tiers-points sont surmontées de baies, donnant l'aspect d'un triforium, et de vitraux abstraits.

Les points d'intersection des nervures de la voûte d'ogives fin XV° siècle

s'ornent de clefs décorées de rosettes et d'un écusson à armoiries.

 

Les piliers cruciformes , cantonnés d'une multitude de colonnettes, sont couronnées d'une variété

de chapiteaux romans et gothiques primitifs ornés de crochets, de feuilles d'acanthe et de nénuphars stylisés.

 

La chapelle des baptêmes abrite une cuve baptismale de forme ovale (1537).

Elle est embellie d'une décoration de style Renaissance (rinceaux, figures de génies, etc...).

 

Les vitraux modernes ont été exécutés par le maître verrier Maurice Max-Ingrand (1909-1969).

 

La chapelle du Saint Sacrement conserve une pierre tombale de Catherine de la Rochefoucauld, morte en 1760,

abbesse de Montmartre et oeuvre de l'atelier Giovanni-Francesco Barbieri, dit Le Guerchin (1591-1666).

Dans le croisillon et le bas-côté gauche, sont placés une pierre tombale de la reine Adélaïde de Savoie,

morte en 1154, et un Christ en croix en tulipier, vers 1960, oeuvre de René Sourzac,

ainsi qu'un Christ sculpté en chêne par Henri Gréber (1855-1941).

 

L'arc doubleau qui sépare le choeur de l'abside repose sur deux colonnes antiques (II°-III° siècles)

coiffées de chapiteaux mérovingiens en marbre.

Deux autres colonnes antiques se trouvent au revers de la façade.

 

L'unique travée a été couverte, en 1147, d'une voûte sur croisée d'ogives moulurées de trois épais boudins. L'abside a l'origine, voûtée en cul-de-four, a été transformée à la fin du XII° siècle en une abside pentagonale. Sa voûte repose sur six élégantes branches d'ogives.

 

L'autel est en cuivre émaillé, l'ambon et la croix (1977) sont l'oeuvre de Jean-Paul Froidevaux.

Sur le devant d'autel sont dessinés une vigne et d'anciens moulins de Montmartre.

 

Cimetière du Calvaire de Montmartre, situé au sommet de la butte Montmartre.

 

Le cimetière, réputé le plus ancien de Paris, est officiellement créé en 1688

sur un terrain cédé par Marie-Anne d'Harcourt, abbesse bénédictine de Montmartre,

à l'emplacement supposé d'une ancienne nécropole mérovingienne.

 

Le cimetière du Calvaire tire son nom d’un calvaire érigé dans le jardin qui le prolonge. Il est un des plus anciens encore existant dans Paris, le plus petit avec moins de 600 m², et le seul, avec celui de Charonne, entourant encore une église paroissiale.

 

On entre dans le cimetière, clos de hauts murs, par la lourde porte de bronze dite de la Résurrection,

œuvre datant de 1980 du sculpteur italien Tommaso Gismondi (1906-2003).

 

Agrandi en 1697, il est fermé lors de la Révolution car il faisait partie de l'ensemble monastique de l'abbaye royale de Montmartre (lors de la Révolution, les cimetières étaient considérés comme des biens du clergé) et fut totalement démantelé. Ainsi par la loi du 15 mai 1791, ils furent considérés comme biens Nationaux et par l'effet de cette loi, le cimetière du Calvaire, qui était le cimetière paroissial de Montmartre, devint la propriété de la commune. Après la Révolution, il fut rouvert en 1801, et un nouveau lieu d'inhumation fut créé sous le nom de cimetière de la Barrière Blanche. Toutes les tombes ont alors disparu, dont la sépulture du sculpteur Pigalle, mort en 1785.

 

Une fois rouvert, le cimetière du Calvaire accueille alors les sépultures des habitants du quartier :

principalement, des membres des familles aristocratiques du "Montmartre d'en bas"  de retour d'émigration,

mais aussi de quelques habitants du "Montmartre d'en haut" (la butte), dont des meuniers.

 

Une fosse commune réunit les restes des soldats tués lors de la prise de Paris par les coalisés, en mars 1814. En 1823, le cimetière ferme pour cause de saturation. Quelques concessions nouvelles sont encore accordées jusqu'en 1831, année de l'ouverture du cimetière Saint-Vincent par la commune de Montmartre. Depuis lors, les tombes, concédées à perpétuité, ne sont plus utilisées que pour l'enterrement des descendants des familles qui ont acquis les droits.

 

Square Claude Charpentier, et le château d'eau,

 

Le château d'eau,  construit en 1927 et haut de 43 mètres, culmine à 175 mètres d'altitude.
Il reçoit l’eau des réservoirs de Montmartre, situés près du square Nadar,

qui peut accueillir 700m³ d’eau de source.

 

Ce square rend hommage à l’architecte urbaniste et musicien Claude Charpentier (1909-1995). Son action fut déterminante dans l’élaboration de la Loi Malraux (1962) et la protection des secteurs sauvegardés à Paris : Montmartre, les Halles, le Marais, les rives de Seine, le quartier Maubert. Il restaura le « Bateau lavoir » et construisit le conservatoire de Musique. Il repose à Montmartre au cimetière Saint-Vincent.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Paris, d'église en église", Editions Massin, 2008

"Dictionnaire des églises de France", Paris et ses environs

Volume IVc, Editions Robert Laffont, 1968

"Paris et ses églises, Editions Atlas, 2012

"Le Sacré Coeur de Montmartre, de 1870 à nos jours"

Jacques Benoist, Editons de l'Atelier, 1992

C.P.A. collection privée en prêt

Photo Vignes Montmartre/https://avis-vin.lefigaro.fr/magazine-vin/

Visite et photos, Chantal Guyon, le 2 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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