PARIS  (75006)
Arrondissement de Paris - Canton de Paris
Région Ile-de-France.
 Population : 2 206 488 Parisiens en 2015.

 

D'une superficie de 1.054 hectares, et d'une altitude de 28 à 131 mètres,

la ville est située sur une boucle du fleuve la Seine, traversée par la rivière Bièvre,

devenue entièrement souterraine,

et le canal St Martin, qui constitue la partie terminale du canal de l'Ourcq et du canal St Denis.

 

 

Eglise romane Saint Germain-des-Prés
 

 

L'église de Saint Germain-des-prés est indissociable de celle de la grandiose abbaye

dont elle dépend depuis l'origine.

Tout le quartier de Saint-Germain-des-Prés trouve d'ailleurs sa quintessence dans l'abbaye,

qui fut le foyer de pensée, de culture et de création sur la rive gauche de Paris.

 

L'église Saint Germain-des-Prés et son quartier, avant 1970.

 

C'est la plus ancienne des grandes églises parisiennes, élevée depuis l'aube de l'histoire de Paris, en un lieu voué aux dieux. En 52, l'Aulerque Camulogène avait ici établi son camp, face à celui de Labienus, lieutenant de César, aux abords de Saint Germain-l'Auxerrois.

 

La tour-porche du XI° siècle, est l'une des plus anciennes d'Ile-de-France.

Elle a été construite entre 990 et 1014 et restaurée au XIX° siècle.

L'architecte Godde restaura l'édifice de 1821 à 1823 et supprima les trois étages supérieurs des clochers.

 

Depuis l'époque mérovingienne, Saint Germain-des-Prés est devenu terre chrétienne : sur les conseils de Saint Germain qui sera évêque de Paris en 555, Childebert, fils de Clovis, fit bâtir vers 543, au bord du chemin, une basilique et un monastère dédiés à Saint Vincent et à la Sainte Croix. L'abbaye devint le Saint Denis des rois mérovingiens, de la reine Frédégonde et de Saint Germain lui-même († en 576).

 

Les décorations du portail Sainte Marguerite du XVII° siècle tranchent avec la rigueur du clocher-porte.

 

Dès le VIII° siècle, le vocable de Saint Germain prenait droit de cité, tandis que les religieux se rattachaient à l'ordre de Saint Benoît. Ils ne cessèrent de régner sur Paris jusqu'à la Révolution, étendant largement leur rayonnement intellectuel et posant les fondements de l'archéologie et la paléographie.

 

Les arcs-boutants et chevet ont été construits au XII° siècle.

Ces arcs-boutants sont classés comme étant les plus anciens d'Ile-de-France.

Le chevet était autrefois dominé par deux tours du XI° siècle qui ont été détruites au XIX°.

Au XVII° siècle, les portails sud et ouest furent ajoutés.

 

Vers l'an 1000, l'abbaye entreprit la construction d'un nouveau sanctuaire pour remplacer celui qui avait été détruit en 861 et au cours du X° siècle. Cette construction fut longue, mais architecturalement, elle apportait des solutions nouvelles : celles de l'art roman.

 

 

Grâce à l'action active d'une campagne de sauvegarde menée par Victor Hugo,

l'église fut restaurée au XIX° siècle.

 

 

Dans le petit square jouxtant l'église (ancien cimetière), vestiges du cloître.

Le monument à Guillaume apollinaire (1880-1918) a été inauguré en juin 1959 : il s'agit d'un visage féminin

en bronze exécuté par Picasso et que celui-ci à offert à la ville en souvenir de son ami.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef de style roman.

Orgue de tribune de style néo-classique, exécuté par les facteurs Haerpfer-Erman (1973) et Fossaert (2004-2005).

 

Les petites fenêtres et arcades en plein cintre sont supportées par des piliers à colonnes engagées.

Au-dessus des arcades, des fresques du XIX° siècle reprenant des épisodes de l'Ancien Testament.

Le mur du bas-côté sud est nu, et celui du bas-côté nord présente également des tableaux du XIX° siècle.

La chaire à prêcher est en marbre blanc, de style néo-classique, et sculptée par Jacquot (1829)

 

Voûte quadripartite du XVII° siècle de la nef et les chapiteaux dorés des colonnes

ont été exécutés pour la plupart au XIX° siècle.

Les chapiteaux sont des copies des originaux conservés au musée national du Moyen Age (Cluny).

 

Le transept nord avec son ouverture vers le déambulatoire.
Autel Saint-François-Xavier avec statue du saint.
Les fresques au-dessus ont été peintes par Sébastien Cornu (XIX° siècle).

 

 

Vue du chœur et de l'abside de Saint-Germain-des-Prés.
Le chœur et l'abside ont été construits au XII° siècle et sont de style gothique primitif.

Les vitraux de l'abside ont été exécutés, au XIX° siècle, par Alfred Gérente sur des dessins d'Hippolyte Flandrin.

 

 Dans le transept sud, l'autel Sainte-Marguerite.
Statue de Sainte Marguerite (1705) réalisée par le frère Jacques Bourlet (1663-1740), religieux de l'abbaye.

 

Tombeau d'Olivier et de Louis Castellan par François Girardon (1628-1715),
orné d'allégories de la Piété et de la Fidélité.

 

A l'étage supérieur, dans les niches, sont placées des statues représentant des personnages de l'abbaye

ou des figures symbolisant les vertus théologales ou cardinales. Le choeur est à quatre travées.

Les colonnes en marbre du triforium proviennent de la basilique mérovingienne du VI° siècle.

 

Statues de Sainte Geneviève et Sainte Théodosie.

 

Le déambulatoire est bordé par cinq chapelles rayonnantes, voûtées d'ogives et consacrées en 1163.

 

La chapelle axiale, ou chapelle de la Vierge, construite par l'architecte Godde en 1819.
(A droite et à gauche), fresques de François-Joseph Heim : l'Adoration des Mages

et la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple - Grilles en fer forgé de R. Subes.

 

La chapelle Saint Pierre-Saint Paul

 

La chapelle Saint Joseph et le mausolée de Guillaume Douglas † en 1645, par Michel Bourdin.

Ce gentilhomme écossais était au service de Louis XIII, et converti au catholicisme.

Il se réfugia en France pour fuir les persécutions.

 

L'autel Saint-François-Xavier (transept Nord) et le mausolée en marbre de Jean II Casimir (1609-1672),

roi de Pologne en 1648 et abbé commendataire de Saint-Germain en 1669.

(œuvre de Gaspard Marsy (1624-1681) et de son frère Balthazar Marsy (1628-1674).

 

La croisée du transept et ses médaillons peints.

 

L'ancienne abbaye Saint Germain-des-Prés.

 

L'abbaye et le palais abbatial (au fond à droite) au XVII° siècle.

 

Fondée en 558 par Childebert 1er et, dès 845, les invasions normandes mettent fin à la prospérité, pillent, incendies l'édifice, utilisent les charpentes pour réparer leurs navires. Abbé de Saint Germain entre 990 et 1014, l'abbé Morard la relève de ses cendres en faisant rénover le clocher-porche vers l'an mille. Mais ce n'est qu'au XIII° siècle, entre 1239 et 1244, que les bâtiments monastiques qui accueillent les bénédictins sont reconstruits. L'architecte Pierre de Montreuil édifie le cloître, le dortoir, la bibliothèque, le réfectoire et la chapelle de la Vierge.

 

L'abbaye a son propre atelier d'enluminure de manuscrits et, quand l'Université de Paris naît au XII° siècle, elle reste un foyer de culture et de spiritualité autonome. Derrière les murailles qu'elle élève en 1239 et qu'elle renforce en 1368, elle prospère... Un palais abbatial (celui de la Place Füstenberg) sera édifié en 1586. En 1630, l'abbé Henri de Bourbon adoptera la réforme de saint Maur. Les mauristes érudits se consacreront  aux prières et à l'étude dans la bibliothèque. A la Révolution, cette bibliothèque contiendra 49.387 volumes et 7072 manuscrits, dont un millier sont antérieurs au X° siècle : ce sera alors le centre intellectuel du royaume.

 

En 1792, l'abbaye est saccagée : les statues du portail occidental sont brisées, les pièces du trésor, dont la châsse reliquaire de St Germain sont fondues et l'abbaye perd deux de ses trois tours.

 

En 1794, l'église est convertie en raffinerie de salpêtre, et l'humidité pénètre lentement les pierres mérovingiennes. Cette même année 1794, des tonnes de poudre entreposées dans le réfectoire explosent, ravageant la chapelle de la Vierge et la bibliothèque, dont les livres sont dispersés. Une fonderie de canons de l'armée s'installera ensuite dans l'église achevant de la détériorer. Il ne subsiste aujourd'hui de l'abbaye que l'église qui a perdu ses tombeaux royaux, le palais abbatial, quelques brides de la chapelle de la Vierge, le vestige d'une des tours d'enceinte de l'abbaye.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"St Germain-des-Prés, An Mil" d'Alain Erlande-Brandebourg

Editions A. & J. Picard, 2011

"Paris et ses églises", Editions Atlas, 2012

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 26 septembre 2018

 

 

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