PARIS  (75009)
Arrondissement de Paris - Canton de Paris
Région Ile-de-France.
 Population : 59.408 habitants en 2015.

 

D'une superficie de 218 hectares, et d'une altitude de 13 à 69 mètres.

Situé sur la rive droite de la Seine, l'arrondissement actuel a été essentiellement bâti au XIX° siècle,

en particulier à la Belle Époque.
Les limites actuelles du 9° arrondissement ont été fixées en 1860, à la suite de la loi du 16 juin 1859

donnant lieu à un nouveau découpage de Paris en 20 arrondissements.

Elles comprennent une grande partie de l'ancien 2° arrondissement et une petite partie du 1er.
Quartiers administratifs : Saint-Georges, la Chaussée d'Antin, Faubourg-Montmartre et Rochechouart.

 

 

Eglise Notre-Dame de Lorette,

de style néo-classique
 

 

L'église a donné son nom aux "lorettes", courtisanes ou demi-mondaines logeant derrière l'église au XIX° siècle.

L'église est la plus prestigieuse des églises édifiées sous la Restauration.

 

Implantée au coeur d'un quartier naissant répondant au joli nom de la "nouvelle Athènes", l'église bénéficie d'une situation urbaine privilégiée. De nombreux artistes (Delacroix, Renoir, Dubuffet, etc... y installent leurs ateliers. Des écrivains (George Sand, Alexandre Dumas...)  résident dans des hôtels particuliers et contribuent à la renommée du quartier.

 

L'église est construite sur pilotis entre 1782 et 1836 par l'architecte Hippolyte Lebas (1782-1867)

en remplacement d'une chapelle du XVII° siècle dédiée à Notre-Dame de Lorette, détruite à la Révolution.

L'architecte synthétise l'antique et le moderne.

 

La façade est composée d'un portique orné de quatre imposantes colonnes corinthiennes,

un entablement saillant et un fronton. A ses angles trônent les statues symbolisant les vertus théologales :

la Foi, (sculptée par Denis Foyatier), la charité (par Charles-René Laitié),

et l'Espérance (par Philippe-Joseph Lemaire). Au tympan, un hommage à la Vierge,

bas-relief sculpté de six anges en adoration devant la Vierge et l'enfant,

(oeuvre de Charles-François Leboeuf-Nanteuil (172-1865).

 

Orgue de tribune de Cavaillé-Coll (1838, Stoltz (1881) et Haerpfer-Erman (1975).

Relativement sombre, l'église a reçu un riche décor polychrome, exécuté par divers talents,

ce qui donne un témoignage de l'éclectisme propre au XIX° siècle,

qui cherche les formules d'un art religieux renouvelé.

 

La nef, rythmée par d'imposantes colonnettes à chapiteaux ioniques,

est couverte d'un plafond à caissons bleu et or, de formes géométriques diverses.

 

Chaire à prêcher en chêne créée par Jean-Jacques Elshoëcht : deux grands séraphins soutiennent l'abat-voix.

L'intérieur, long de 69 m, comprend une nef de neuf travées.

 

Depuis le portail occidental, vue sur la nef et le choeur. Arc triomphal séparant la nef du choeur.

De chaque côté, et au-dessus des colonnes, huit peintures murales dédiées à la vie de Marie :

les scènes de sa naissance à son Assomption.

La plupart des artistes participants sont primés au concours de Rome.

 

Chapelle d'angle du baptistère, conçue par Adolphe Roger (1800-1880).

Les fonts baptismaux, coulés dans le bronze sont décorés de guirlandes et de têtes d'agneaux.

Ils sont surmontés d'une statue de Saint Jean-Baptiste due à Francisque-Joseph Duret (1804-1865).

 

Habituellement les artistes utilisent pour les décors religieux de cette ampleur la peinture à l'huile ou la fresque. Les peintres Orsel et Roger considèrent ces procédés inadaptés à un climat humide : ils élaborent une technique spécifique capable de résister aux conditions climatiques de l'église, la peinture à la "cire froide". Cette dernière se veut comparable à la fresque par la matitée et la fraîcheur de ses tons tout en conservant de la peinture à l'encaustique (ou cire chaude) le caractère hydrofuge propre à préserver leurs oeuvres contre une éventuelle humidité des murs.

 

Elève du baron Gros, Adolphe Roger séjourna en Italie où il étudie les Primitifs italiens qu'il admire et auxquels il se réfère en employant, entre autres, les fonds d'or. Il est également marqué par l'influence des Nazaréens allemands, mouvement artistique naissant au début du XIX° siècle.

 

Porte de la cellule où fut enfermé l'abbé Sabatier au cours des éléments tragiques de la Commune,

où il fut arrêté le 11 avril 1871 dans cette église dont il était le vicaire, depuis 1850.

Avant d'être fusillé le 26 mai 1871, il fut enfermé à la prison de la Roquette.

 

Entrée latérale droite.

 

Quatre chapelles, correspondant aux quatre sacrements importants de la vie du chrétien, encadrent la nef. La chapelle du baptême à droite en entrant, la chapelle de l'eucharistie au nord-est, la chapelle du mariage par Victor Orsel au nord-ouest et enfin, au sud-ouest, la chapelle du sacrement des malades par Blondel.

 

 

Les chapelles latérales sont dédiées pour partie aux saints patrons des promoteurs de l'église.

 

Deux chapelles flanquent le choeur : la chapelle de l'Eucharistie et du Sacré Coeur,

décorée par Alphonse-Henri Périn (1798-1874).

La chapelle de la Vierge et du Mariage est entièrement vouée au culte mariale,

Peintures murales à la cire, aux couleurs douces et fraîches, oeuvre de Victor Orsel (1795-1850),

chef de file des peintres Nazaréens français.

 

Le choeur, précédé d'un arc triomphal, est embelli d'immenses peintures à la cire :

"Jésus au milieu des Docteurs" de Michel-Martin-Drölling (1786-1851),

et "La présentation de Jésus au Temple", de François-Joseph Heim (1787-1865).

 

A la coupole, Pierre-François Delorme (1783-1859) peint "Le triomphe de la Vierge"

ou "La Translation de la maison de Lorette".

Le cul-de-four illustre "le couronnement de la Vierge" par François-Edouard Picot (1786-1868).

(cette oeuvre sur fond or est d'inspiration byzantine).

 

Terminé en hémicycle et doté d'un cul-de-four, le choeur est formé d'une travée carrée que couronne

une coupole sur pendentifs. L'avant choeur est voûté en berceau, et de part et d'autre,

les croisillons du faux transept sont couverts de coupolettes, que l'on retrouve aux extrémités du vestibule.

 

Statue en chêne d'une Vierge à l'enfant, oeuvre de Jean-Jacques Elshoëcht.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Reconnaître, Paris d'église en église", Editions Pierre Massin, 2007

Panneaux explicatifs présentés à l'intérieur de l'édifice

"Dictionnaire des églises de France, Paris et ses environs"

Volume IVc, Editions Robert Laffont,1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 6 juin 2019

 

 

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