PARIS  (1° Arrondissement)

Région Île-de-France
 Population : 32.875 Parisiens en 2015.

 

D'une superficie de 183 hectares, et d'une altitude de 29 à 37 mètres,

c'est l'un des arrondissements les plus centraux du coeur historique de Paris.

Quartiers administratifs : Saint Germain l'Auxerrois, Les Halles, Palais Royal et Place Vendôme.

 

Le 1er arrondissement est créé par la loi du 16 juin 1859, qui a porté le nombre d'arrondissements

de douze à vingt dans le cadre de l'annexion des faubourgs situés entre les fortifications

de l'enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux.

 

Les limites comprennent la partie Est de l'ancien 1er arrondissement, la partie Sud des anciens

2° et 3° arrondissements, la totalité de l'ancien 4°, la partie sud de l'ancien 5° arrondissement,

et la partie nord de l'ancien 11° arrondissement.

 

 

La conciergerie
 

 

La Conciergerie est l'important vestige du palais des Capétiens,

qui occupe l'étage inférieur de l'aile Nord du Palais.

C'est la première prison de Paris, liée aux souvenirs révolutionnaires.

 

Gravure vers 1900 - Le pont au Change et la Conciergerie en 2019

 

Les tours jumelles de la Conciergerie, en bord de Seine,

figurent parmi les tableaux qui véhiculent l'image de Paris à travers le monde.

Mais sait-on toujours que le palais de la Cité fut la première résidence parisienne des rois de France.

 

(De gauche à droite) Tour de l'Horloge, Tour César et Tour d'Argent, et Tour de Bonbec.

Le quai de pierre, comme ceux de l’ensemble de l’île, est l’œuvre de Louis XIII.

Le remblaiement des quais entraîne l’encavement de la Conciergerie en 1611.

 

La façade elle-même est construite entre 1820 et 1828, dans des styles néo-gothique et néo-classique : elle relie les quatre tours édifiées lors des expansions successives du palais royal capétien : soit d’ouest en est : la tour Bonbec, construite au XIII° siècle sous Louis IX, les tours d’Argent et de César ajoutées au XIV° siècle par Philippe le Bel, et la tour carrée édifiée par Jean II le Bon et dotée par Charles V vers 1371, de la première horloge publique de Paris. C’est lors de la construction de la façade sur le quai que l’entrée de la prison de la Conciergerie est transférée de la cour du Mai au quai de l’Horloge.

 

Avant de devenir une prison, qualifiée d'antichambre de la mort pendant la Révolution,

la Conciergerie faisait partie en effet, avec la Sainte-Chapelle voisine, du somptueux palais édifié

par Philippe le Bel. Outre de splendides salles médiévales, classées parmi les chefs-d'œuvre du XIV° siècle,

elle conserve, juxtaposés, les vestiges des grandes époques de son histoire.

 

La salle des gens d'armes.

 

Improprement appelée "Salle Saint Louis", l'ensemble étant en effet dû à son petit fils Philippe le Bel.

 

Cette salle est une magnifique composition (1301-1315) que les archéologues comparent

seulement à celles du Mont Saint Michel ou du Palais des Papes à Avignon.

 

En incluant la Rue de Paris qui en fait partie, la salle mesure 69,30 m de longueur,

27,40 m de largeur et 8,55 m de hauteur sous voûte.

Deux cheminées s'adossent au mur Sud et deux au mu Nord.

 

Trois rangées de colonnes (69 en tout) ou piliers de formes diverses la divisent en quatre nefs,

dont une compte treize travées et les trois autres, toutes voûtées d'ogives.

 

C'est l'étage inférieur de l'ancienne Grande salle (salle des Pas Perdus)

avec laquelle on communiquait par un escalier à vis qui existe encore.

 

Incendiée en 1618, la salle a été restaurée par Duc, puis Daumet, de 1868 à 1880.  Une porte ouverte en 1966 sur le Boulevard du Palais permet d'y accéder directement par un escalier. Des concerts et des expositions y sont maintenant organisés.

 

La Rue de Paris.

 

Table de marbre : (fragment du XIV° siècle) destinée aux festins royaux, tribunaux ou juridictions.

Escalier à vis d'accès aux cuisines.

 

Les quatre travées Ouest de la salle des gens d'armes, séparées par des grilles du reste de la salle, forment un couloir appelé "Rue de Paris" du nom du bourreau, Monsieur de Paris, qui officiait à la Révolution. On y entassait les "pailleux" (prisonniers n'ayant pas les moyens de se loger "à la pistole") et qui couchaient pêle-mêle sur la paille. La rue de Paris aboutit à la galerie des Prisonniers, dont les fenêtres donnent sur la cour des femmes.

 

Les cuisines de Saint Louis.

 

Cette salle, située au Nord, à un nom erroné car elle a été construite vers 1650 sous Jean le Bon.

 

Cette salle est voûtée sur un quinconce de vingt et une colonnes, dont neuf isolées et douze engagées.

Aux angles, quatre grandes cheminées, en pans coupés, sont épaulées par de curieux arcs-boutants.

 

La salle des gardes.

 

Cette belle construction du 1° quart du XIV° siècle,

mesure 22,80 m, 11,80 m de large et 6,90 m de hauteur.

 

Trois massifs piliers la divisent en deux nefs de quatre travées d'ogives.

A droite, côté de la fenêtre, deux petits escaliers extérieurs.

Celui de droite mène à la tour de César (qui ne se visite pas), où furent enfermés,

au rez-de-chaussée, Ravaillac et Lacenaire, et au premier étage, le prince Pierre Bonaparte, en 1870

et le prince Jérôme Bonaparte en 1883.

 

L'escalier de gauche donne accès à la Tour d'Argent où furent emprisonnés, au rez-de-chaussée, Damiens,

et au 1° étage, le jeune duc d'Orléans en 1890.

A droite, en contrebas de quelques marches, une porte ouvre sur l'escalier de Marie-Antoinette.

Au fond, autre porte ouvrant sur la salle des Gens d'Armes.

 

Le palais de la cité sous la Révolution.

 

C'est ici, à la conciergerie, qu'eurent lieu les massacres de septembre 1792.

 

La rue de Paris, menant à la galerie des prisonniers, occupée de nos jours, par la boutique de la Conciergerie.

 

Maquette du Palais pendant la Révolution.

 

Les salles accueillent une exposition permanente

sur la conciergerie, la justice révolutionnaire, la vie quotidienne.

 

La Galerie des Prisonniers.

 

Cette galerie est la partie de la Conciergerie qui fut prison révolutionnaire, celle qu'ont habitée la Reine,

Danton, Desmoulins, Hoche, les Girondins, Marat, Saint-Just, Chaumette, Hébert et bien d'autres.

Plus qu'une prison, c'était un lieu de passage, d'aspect sordide, où s'entassaient les condamnés et où,

dans une animation extraordinaire et factice, se mêlaient l'angoisse, l'élégance, la gaieté, l'intrigue.

 

 

Dans le corridor central, reconstitution du bureau du greffier, et du concierge chargé de la sécurité,

de la salubrité et de l'approvisionnement de la prison.

 

Un peu plus loin, la salle de la toilette dans laquelle les aides du bourreau préparaient les condamnés

à l'exécution. Ils étaient ensuite dirigés vers la cour du Mai où attendaient les charrettes pour l'échafaud.

 

Au premier étage, on trouve la liste des guillotinés et la Révolution : 2.780 condamnés à mort à Paris.

 

Gravure d'Hermann, reconstituant le cachot de la reine Marie Antoinette.

 

Exécution de Marie Antoinette le 16 octobre 1793. Un tapis qui serait celui se trouvant dans la véritable cellule ainsi que des objets ayant appartenu à la souveraine : bénitier en porcelaine qui aurait été donné par la duchesse d'Angoulême, reliquaire de la vraie croix.

 

L'étroitesse et l'obscurité de ces cellules évoquent les difficultés des conditions de détention de cette époque.

 

La chapelle des Girondins.

 

 

Oratoire dédié à la Vierge par Louis VII, cette ancienne chapelle de la conciergerie

et de nouveau sous la Restauration, a conservé son ancien aspect avec son autel,

la tribune grillée réservée aux prisonniers, a été établie sur ordre de l'Impératrice en 1869.

C'est là que les Girondins passèrent leur dernière nuit.

 

La chapelle expiatoire.

 

C'est en réalité l'ancienne cellule de Marie Antoinette transformée en chapelle sous la Restauration

conformément aux voeux de Louis XVIII

et selon les directives du duc Decazes alors ministre de la police générale.

 

Le décor peint qui subsistait sous les badigeons a été restauré en 1989.

Dans le vestibule, deux stèles à la mémoire de Louis XVI et de Mme Elisabeth.

 

L'oratoire avec un cénotaphe de marbre où sont gravés une dédicace latine (composée par Louis XVIII)

et un extrait du testament de Marie-Antoinette.

Au fond de la cellule face à la fenêtre, un autel entouré de trois tableaux datant de 1817 :

"Marie-Antoinette séparée de sa famille pour être conduite à la Conciergerie", par J.A. Padou,

"La Reine à la Conciergerie après avoir reçu les secours de la religion", par G. Simon,

et enfin, "La dernière communion de la Reine", par MM. Drolling.

 

"Marie-Antoinette séparée de sa famille pour être conduite à la Conciergerie", par J.A. Padou.

Le mercredi 16 octobre à 11 heures, Marie-Antoinette franchit la grille de la Conciergerie emmenée

par le bourreau, Henri Sanson (fils de Charles-Henri Sanson qui guillotina son époux Louis XVI),

et se dirige vers la cour de Mai où l'attend une charrette.

 

La cour des femmes et la cour des hommes.

 

Contrairement à l'intérieur de la prison, qui a subi de nombreuses transformations

depuis la Révolution, la cour des femmes est, avec la chapelle, le lieu qui a le moins changé.

 

Cette cour était réservée à la promenade des prisonnières.

C'est là que les détenues passaient l'essentiel de la journée, qu'elles trompaient l'ennui et l'angoisse.

Tout autour, les fenêtres des cellules.

Au rez-de-chaussée, les détenues les plus modestes, au 1° étage, les plus aisées.

 

La fontaine où pouvaient se désaltérer les femmes.

Photo de droite, dans un coin de la petite cour entourée de grilles, la cour des hommes.

C'est le côté des "douze" qui faisait partie de la prison des hommes.

 

Avec ses herses, sa fontaine où tant d'illustres prisonnières lavèrent leur linge, sa table de pierre, la cour triste et recluse n'a guère changé. Mme Roland, Marie Antoinette, André Chénier, Cadoudal, Mme Récamier, Melle de Sombreuil, Labédoyère, Ney, La Valette, Proudhon, Orsini l'ont connue telle que nous la voyons.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"La conciergerie, Palais de la cité", Monique Delon,

2000, Editions du Patrimoine

"La conciergerie, Palais de la cité", Monique Delon

Editions du patrimoine, 2000

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 20 juin 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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