PARIS  (18ème arrondissement)

Région Île-de-France
 Population : 32.875 Parisiens en 2015.

 

D'une superficie de 601 hectares, et d'une altitude de 130,53 mètres.

Quartiers administratifs : Les Grandes Carrières, Clignancourt, la Goutte d'Or et la Chapelle.

 

Le 18ème arrondissement est créé par la loi du 16 juin 1859, qui a porté le nombre d'arrondissements

de douze à vingt dans le cadre de l'annexion des faubourgs situés entre les fortifications

de l'enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux.

 

Situé sur la rive droite de la Seine, il comprend une partie de l'ancienne commune de Montmartre

et de l'ancienne commune de la Chapelle, rattachées à Paris en 1860.

Il est le deuxième arrondissement de la ville par sa population, après le 15° arrondissement.

 

 

Basilique du Sacré Coeur de Montmartre,

de style éclectique :

néo-roman et Renaissance, avec une forte influence byzantine.

 

 

La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, dite du Vœu national,

est située au sommet de la butte Montmartre, dans le quartier de Clignancourt.

"sanctuaire de l'adoration eucharistique et de la miséricorde divine" et propriété de l'archidiocèse de Paris.

 

Vues aériennes avant 1970.

Juchée sur la butte de Montmartre à 130 mètres d’altitude, la basilique offre une vue imprenable sur la capitale.

 

Le style éclectique architectural de l'édifice choisi par Abadie s'inspire de l'architecture romane, de l'architecture byzantine, et particulièrement de la cathédrale Saint-Front de Périgueux, des basiliques Sainte-Sophie de Constantinople et de Saint-Marc de Venise. Il a influencé plusieurs autres édifices religieux du XX° siècle (basilique Sainte-Thérèse de Lisieux (14) ou l'église Saint-Rémi d'Amfreville-la-Mi-Voie (76).

 

La façade du Sacré Cœur vue de face avec sa foule de visiteurs quotidiens.
La pierre utilisée pour les parties extérieures provient de Seine-et-Marne. Appelée "Château-Landon",

cette pierre très dure, au grain très fin, a la particularité de blanchir au contact de l'eau.

 

Le 23 juillet 1873, l'Assemblée Nationale adoptait une loi qui déclarait d'utilité publique "la construction de l'église que, par souscription nationale, l'archevêque de Paris propose d'élever, sur la colline de Montmartre, en l'honneur du Sacré Coeur de Jésus-Christ, pour appeler sur la France, et en particulier sur la capitale, la miséricorde et la protection divine".

 

Statues équestres de Jeanne d'Arc et Saint Louis, dues à Hippolyte Lefèbvre et installées en 1927.

(Saint Louis tient la couronne d'épines dans sa main gauche).

Statue du Sacré-Cœur dans la niche centrale de la façade principale, sculpture de Pierre Séguin.

 

Ainsi, les Pouvoirs publics prenait-ils officiellement en considération le voeu qui, durant la guerre de 1870, avait été formulé par deux laïcs : Alexandre Legentil et son beau-frère Rohault de Fleury. 78 architectes soumirent au jury d'un concours des projets d'églises conçus dans les styles les plus divers. Restaurateur impétueux de la cathédrale d'Angoulême, Paul Abadie l'emporta.

 

Porche d'entrée percé de trois arcades en plein cintre en façade.

 

La première pierre de la basilique fut posée par le cardinal Guilbert, archevêque de Paris, le 16 juin 1875, mais l'édifice, repris en main par Daumet et Rauline, ne fut complètement achevé qu'en 1914 et consacré le 16 octobre 1919. Entre 1905 et 1910, l'architecte Lucien Magne avait élevé, au Nord, un campanile qui abrita une énorme cloche de 18.000 kg : la Savoyarde, offerte par les quatre diocèses de Savoie.

 

Portes centrales en bronze ornées chacune de deux panneaux sculptés en bas-relief,

œuvre d'Hippolyte Lefèbvre.

 

La statue de Saint-Michel et un lanternon, au Nord de la basilique du Sacré-Coeur.

 

La basilique n'est pas construite selon le plan basilical traditionnel. Elle est en forme de croix grecque,

ornée de quatre coupoles. La coupole centrale a une hauteur sous clef de voûte de 54,94 m

et un diamètre de 16 mètres ; son dôme central, haut de 83 m (c'était le point le plus élevé de Paris

avant la construction de la tour Eiffel qui se veut le pendant républicain de la basilique),

est surmonté d'un lanterneau formé d'une colonnade.

 

La basilique est élevée sur deux niveaux et coiffée d'un fronton triangulaire.
Grand dôme surmonté d'un lanternon au centre de l'édifice, et quatre dômes plus petits autour de ce grand dôme.

 

L'entrée de la crypte se situe sur le bas-côté Ouest de la basilique, ainsi que l'accès au dôme.

Haute de 9 mètres, on y retrouve de nombreux ornements offerts à la Basilique ainsi que des ex-votos.

 

Le clocher-campanile situé à l'arrière de l'édifice, culmine à 91 mètres.

Accrochée depuis 1891, la cloche du Sacré Cœur est la plus grosse de France avec ses 19 tonnes d’acier,

ses 3 mètres de hauteur et son diamètre de 9 mètres.

Elle fut fondue à Annecy-Le-Vieux en Haute Savoie. A l’époque, il fallut 28 chevaux pour tirer la cloche

jusqu’à Montmartre. Monter au clocher, qu’il est possible de visiter, offre une vue à 360° sur la capitale.

 

La tour du campanile percée de baies tripartites, coiffée d'un dôme dont le tambour abrite une galerie à arcades et qui est surmonté d’un toit conique à lanternon. Au-dessus de la loggia, quatre figures ailées, sculptées par Henri Bouchard, surmontent chaque angle.

 

Longue de 85 m et large de 35, la basilique est dépourvue de nef proprement dite,

et se compose d'une rotonde centrale inscrite dans un carré dont les angles sont surmontés de petites coupoles.

A ce vaste carré, s'ajoute un choeur semi-circulaire, couvert d'un cul-de-four

et entouré d'un déambulatoire sur lequel donnent sept chapelles rayonnantes.

 

L'intérieur de l'église est de style romano-Byzantin.

 

Au cours de son achèvement, la basilique a été décorée avec une abondante générosité,

comme en témoigne son mobilier, ses statues, ses vitraux et les mosaïques du cul-de-four de l'abside,

qui symbolise le culte de la France et de ses saints au Sacré Coeur de Jésus.

 

Orgue de Cavaillé-Coll (1868).  Buffet d'orgue dessiné par Lucien Magne.

 

La nef est couverte d'une vaste coupole symbolisant le monde céleste, reposant sur un plan carré illustrant le monde terrestre. Des piliers massifs assurent le passage entre les deux mondes. Sur les pendentifs, des anges colossaux portent les instruments de la Passion, exécutés par des sculpteurs de renom : Louis Barrias (1841-1905) réalise l'ange portant la Croix, Gustave Michel (1851-1924), l'ange portant les clous et la lance, Fagel, l'ange portant le fouet, et enfin, Noël, l'ange portant la couronne d'épines.

 

Malgré les rayons de lumière diffusés grâce aux verrières de la coupole, la basilique reste sombre.

La surélévation du dôme éloigne et atténue les sources lumineuses.

 

La chapelle des baptêmes abrite une cuve baptismale de forme ovale (1537) qui rappelle le berceau de Moïse :

elle est embellie d'une décoration de style Renaissance (rinceaux, figures de génies, etc...).

 

 

La chapelle Saint Michel ornée d'ex-votos militaires, placée aussi sous le patronage de Jeanne d'Arc.

Statues de l'archange par Noël et de Sainte Jeanne d'Arc en prière par Fagel.

Sur les parois, Sainte Jeanne d'Arc à cheval, exécutée dans le style Art nouveau par Pinta,

et Saint Michel apparaissant à Saint Aubert

lui demandant de construire une abbaye sur le Mont-Tombe, par Magne.

 

Chapelle Saint Louis : Saint Louis rendant la justice sous son arbre, par Pinta,

et Saint Louis rapportant la Couronne d'épines par Blanchard.

 

 

La chapelle ou tribune du Commerce et de l'Industrie, terminant le transept Est, est due aux souscriptions

des habitants de Lyon et de Tourcoing. Dans la grande verrière de la Vierge d'après Marcel Magne,

des anges lui présentent la basilique de Fourvières et les armes de Lyon

tandis que sur les vitraux latéraux, des anges portent les armes et la devise de Tourcoing.

Les vitraux modernes ont été réalisés par le maître verrier Max-Ingrand (1908-1969).

 

 

Chapelle Sainte Marguerite-Marie-Alacoque : religieuse de la visitation de Paray-le-Monial

et confidente des révélations du Sacré Coeur.

Mosaïque illustrant Léon XIII consacrant le genre humain au Sacré Coeur, exécutée par Lionel Royer (1852-1926)

et le Christ apparaissant à Sainte Marguerite par Pinta.

Sacré-Cœur-du-Christ, statue en argent qui montre son cœur ouvert, d'Eugène Bénet (1912).

 

 

A gauche, détail d'une mosaïque d'une des onze arcades composant l'abside de la basilique.

Certaines congrégations, ordres religieux ou corps de métiers ont offert une chapelle.

Leurs décors se distinguent principalement par :

 

▪ Des balustrades en marbre ajoutées et décorées de mosaïques,

▪ Des mosaïques évoquant des passages des évangiles ou des épisodes de la vie des saints et saintes titulaires des chapelles réalisées par différents artistes,

▪ Des autels richement ciselés, des hauts reliefs et des statues,

▪ Des corbeaux de pierre sculptés de coquillages, d'animaux, de motifs floraux et de figures humaines. Gravés dans la pierre, les noms des donateurs ayant contribué au financement de la construction de la basilique.

 

Chapelle de la Bienheureuse Marguerite Marie.

 

 

Dans le déambulatoire, adossé au choeur, statue de Saint Pierre.

 

 

Chapelle de la Vierge ou chapelle du Saint et Immaculé Coeur de Marie.

Statue de la Vierge de la Paix due à Georges Serraz (1883-1964).

 

Sur les pendentifs figurent des Docteurs de la théologie mariale : Saint Bernard, Saint Dominique, Saint Jean Eudes et Saint Louis Grignon de Montfort. Au sommet, une belle mosaïque dorée illustrant l'Assomption de la Vierge entourée de saints et d'anges, oeuvre de Magne.

 

Entre les arcatures trilobées, réalisées en mosaïque, les Vierges des sanctuaires de France.

 

 

 

 

 

Le choeur est entouré de sept chapelles et surplombé de la vaste coupole.

(Chapelles de Saint François d'Assise, de Saint Jean-Baptiste offerte par le Canada et l'Ordre de Malte, de Saint Joseph, de la Vierge, des Saints Luc, Côme et Damien ou des Médecins, d'Ignace de Loyola, de Sainte Ursule).

 

Le transept Ouest.

Les symboles des quatre évangélistes du campanile ont été sculptés par Henri Bouchard (1875-1960), en 1911.

La tribune de l'Agriculture termine le transept Ouest.

 

Le choeur : surélevé, est ceinturé de onze baies en plein cintre rythmées de colonnettes coiffée de chapiteaux.

 

Le maître-autel en marbre de Sienne dans le chœur est de Rauline. Le retable de Lucien Magne est orné d'une représentation du Christ en croix, entouré de chaque côté des apôtres. Le tabernacle est surmonté d'un ciborium en argent doré : conçu en 1902, il est orné de deux anges supportant l'ostensoir qui renferme le corps divin. Devant ce maître-autel, l'autel doré provient de la crypte de la basilique.

 

 

A l'entrée du choeur, une statue du Sacré Coeur en argent par Eugène Paul Benet

et de la Vierge à l'enfant en argent par Gustave Michel.

 

Vue sur le choeur, qui est fermé par onze arcades romanes, étrangement prolongées vers le haut.

Le chœur est haut de 83 mètres. Ses dimensions sont impressionnantes avec sa longueur de 85 mètres

et sa largeur de 35. La coupole, quant à elle mesure 16 mètres de diamètre et 55 mètres de hauteur.

 

Le cul-de-four est couvert d'une mosaïque due à Olivier Merson.

Elle représente "Le Triomphe du Sacré-Cœur de Jésus"
Avec une surface totale de 475m², c'est l'une des plus grandes du monde. S'inspirant des mosaïques byzantines,

elle résume symboliquement la Trinité et la dévotion de la France au Sacré de Jésus.

 

Retable du chœur en marbre de Carrare
Au premier plan, le maître-autel, reproduction en bronze d'un autel de Cluny

 

La crypte qui a la même disposition que l'église possède un saut-de-loup, large de quatre mètres,

qui l'entoure et l'éclaire, grâce aux fenêtres et oculi percés dans le mur.

Les promenoirs du déambulatoire desservent sept chapelles latérales à l’est, et sept chapelles latérales à l’ouest

correspondant aux bas-côtés de la basilique.

 

La chapelle absidiale, dédiée à la Sainte Famille, est surmontée d’une statue du Sacré-Cœur.

Œuvre de Robert Falcucci réalisée en 1960, elle représente le Christ, bras grand ouvert et cœur en avant.

Une chapelle dédiée à saint Pierre, élevée sur plusieurs gradins, entourée de colonnes,

domine la crypte et correspond au chœur de la basilique.

 

L'espace central est occupé par la chapelle de la Pietà qui contient, outre une statue monumentale de la Vierge au pied de la Croix (œuvre dominant l'autel, de Jules Coutan en 1895), des tombeaux liés aux personnages importants qui ont marqué ce lieu sacré (des caveaux creusés sous cette chapelle des morts contiennent les sépultures des cardinaux Guibert et Richard) et la première pierre de la basilique.

 

 

Les bâtiments de l'archidiocèse de Montmartre.

 

Le carmel de Montmartre.

Situé au pied du campanile de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre,

le carmel a été fondé en 1928 pour assurer tout près de la Basilique une présence de prière.

C'est aujourd’hui un oasis de silence et de paix au sein de Paris,
et une vingtaine de sœurs y vivent et nous invitent à venir partager leur prière.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.sacre-coeur-montmartre.com/
"Paris, d'église en église", Editions Massin, 2008

"Dictionnaire des églises de France", Paris et ses environs

Volume IVc, Editions Robert Laffont, 1968

"Paris et ses églises, Editions Atlas, 2012

"Le Sacré Coeur de Montmartre, de 1870 à nos jours"

Jacques Benoist, Editons de l'Atelier, 1992

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 2 août 2019

 

 

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