YVRÉ L'ÉVÊQUE  (Sarthe)
Arrondissement du Mans - Canton de Changé.

Région Pays de la Loire.
 Population : 4.254 Yvréens en 2016.

 

D'une superficie de 2.761 hectares, et d'une altitude de 44 à 118 mètres,

la ville est traversée par la rivière l'Huisne, un affluent de la Sarthe, en rive gauche.

 

Etymologie : le nom viendrait d'Evracius ou Yvriacus, du nom du propriétaire d'une villa (grand domaine)

de l'époque gallo-romaine. Les évêques du Mans y possédaient une habitation, d'où le surnom.

Durant la Révolution, la commune porte le nom d'Yvré-sur-l'Huisne.

 

Avant 1970 : vue aérienne et l'église Saint Germain, du XIII° siècle, et le pont romain sur l'Huisne.

 

 

Abbaye royale cistercienne de l'Épau,

appelée aussi

Abbaye de la Pitié Dieu.

 

 

Elle constitue l’un des plus beaux exemples de l’architecture cistercienne en France,

et c'est également l'une des dernières fondations cisterciennes implantées en France.

Demeure des moines jusqu'à la Révolution, puis exploitation agricole et orphelinat,

l'abbaye devient propriété du département de la Sarthe en 1958.

 

Vue aérienne, vers 2010.

L’église abbatiale se présente sous la forme d’une grande croix au tracé régulier.

La distance chœur nef fait 70 m, son transept 47 m.

Les travaux démarrent en 1252 par le pignon sud directement relié avec la sacristie et le dortoir.

L'abbaye de l'Épau a été fondée par la reine Bérangère en 1229. Elle est située aux portes de la ville du Mans,

sur la rive gauche de l'Huisne, jouxtant la commune d'Yvré-l'Évêque.

 

 

L'allée longeant les parkings et entrée de l'abbaye.

L'abbaye, qui a préservé la quasi intégralité de ses bâtiments,

est insérée dans un parc de 13 ha clos délimité par un mur d'enceinte.

 

Au début du XII° siècle, l’évêque Hildebert fait construire une maison de campagne qui a été progressivement agrandie pour devenir la résidence des Évêques du Mans, et donner ainsi le nom d’Yvré l’Évêque. En 1589, le roi Henri IV séjourne au château des Évêques lors d’un passage au Mans. Plus tard, le château des Évêques est vendu, puis détruit en 1840.

 

 

Les bâtiments conventuels.

 

Il ne reste rien du cloître originel dont on peut penser qu’il n’a pas été reconstruit après l’incendie de 1365 ou,

à défaut, démoli après le remaniement des bâtiments claustraux au XVIII° siècle.
Toutefois, les doubles corbeaux de pierre sur lesquels s’appuyait la charpente du toit en appentis,

ont résisté au temps.

 

De gauche à droite : transept de l'abbatiale, la sacristie, salle capitulaire,

passage charretier, accès au 1er étage, scriptorium. Dans le bâtiment en équerre : le chauffoir et le réfectoire.

 

L’abbaye est brûlée en 1365 par les habitants du Mans pour éviter que le bien ne soit saisi par les malfaiteurs réunis en bande organisée qui rôdent dans les campagnes, les religieux ayant abandonné le monastère peu avant en demandant asile à la population.

 

Du XIV° siècle, la porte faisant communiquer le cloître au bas-côté de la nef surplombée par un superbe tympan

sculpté de l’agneau mystique, et complétée par une grande niche ou armarium dans laquelle les moines

posaient leur livre et dotée d’une cuve creusée en partie basse construite vraisemblablement pour les ablutions.

 

Chevet plat de l'abbatiale.

 

 

Dans l'aile du XVll° siècle, cet élégant pavillon en L, est le logis abbatial construit au XVI° siècle

comme en témoigne l’inscription que l’on devine sur le linteau d’une fenêtre du premier étage

où l’on lit la date de 1528. Il aurait succédé au bâtiment des novices

et fut profondément remanié au XVIII° siècle. Le logis est indépendant des bâtiments claustraux.

 

 

Les bas-côtés et la magnifique rosace.

A la Renaissance, l’abbatiale est réédifiée et son chantier constitue une reconstruction spectaculaire

et notamment le remplacement des ouvertures du chevet du chœur par une immense fenêtre.

 

Intérieur de l'église abbatiale.

 

Le chœur profond de deux travées se termine par un chevet plat.

 

Un autel dédié à Saint-Louis est construit dans la chapelle de la Vierge. Une large niche était occupée par une statue de la Vierge, la niche sommitale par une statue de Saint Louis. Colonnes de marbre, chutes de fleurs, têtes d’anges joufflus, guirlandes et coquilles constituent tous les attributs du répertoire ornemental surchargé du style Louis XIV.

 

C'est par cet escalier que les moines se rendaient directement du dortoir à l'église pour les offices des Vigiles.

Celui-ci, suivant les saisons, débutait vers 3 heures du matin.

Les moines cisterciens ne se recouchaient pas après l'office.

Une sieste ou "méridienne" leur était accordée en été après le repas de midi.

 

Dans la chapelle centrale du transept nord, un retable du XVII° siècle

Il est l’œuvre d’un célèbre sculpteur manceau de renom de l’époque, Gervais de la Barre,

dont l’ouvrage est terminé en 1639.

 

Le décor intérieur de l’abbatiale est complété au XVII° siècle par la réalisation d’un vaste retable construit en l’honneur de Saint Sébastien, l’un des saints les plus populaires du Moyen Âge, protecteur des épidémies et de la peste en particulier.  Le retable est réalisé en tuffeau composé dans sa partie centrale d’une demie-coupole supportée par 4 colonnes de marbres gris et rouge. Elle abrite un saint martyr en terre cuite, le corps percé de flèches. Sur les côtés, deux scènes encadrées représentent Saint Sébastien.

 

Les décors sculptés du réseau de moulures s’inspirent d’ornements végétaux

faits de feuilles de nénuphar, de vignes, de lierres et de grosses fougères

parfois interrompus de façon fantaisiste par quelques animaux ou personnages.

L'emploi du calcaire de Bernay est prédominant dans les colonnes, chapiteaux, ogives et fenêtres.

 

Fenêtre à 8 lancettes supportant une rosace à 14 rayons.

La totalité des verrières a été remise en état pour l’essentiel autour de grisailles à dessins géométriques.

 

Le portail occidental.

 

 

Onze clefs de voûtes aux figures sculptées des chapiteaux remplacés au milieu du XV° siècle.

Les clefs peintes immortalisent par la force du symbole les armes des grandes familles (armes de l’abbaye,

du royaume de France et des comtes du Maine, l’églantine des York ou la rose des Lancastre)

et les visages sculptés, non sans humour,

inscrivent dans l’éternité de la pierre les figures des religieux de l’époque.

 

La sacristie.

 

Bien que légèrement antérieure, la sacristie rappelle la salle capitulaire.

 

On versait dans la piscine les eaux de purification. Cette piscine est reconnaissable par sa vasque et le trou permettait d'évacuer en terre les eaux de purification des vases sacrés. Ces mêmes piscines existent à côté des autels dans les chapelles latérales de l'église.

 

 

Sur les murs subsistent des peintures datées du XIV° siècle.

 

La salle capitulaire.

 

Sur les murs de la salle capitulaire existent encore la trace des corbeaux supportant l'ancien cloître.

 

Dans la travée centrale, à l'intersection des arcs diagonaux,

une clef de voûte sculptée représente l'agneau mystique.

La salle est composée de 9 travées, arcs doubleaux et diagonaux.

 

Gisant de Bérengère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion.

Bérengère de Navarre tint à sa mort, à se faire inhumer au sein même de l'abbaye.

Le doute demeure quant à l'endroit exact où elle s'est fait inhumer, car si son gisant est bien là aujourd'hui,

on ne sait avec certitude où son corps fut déposé.

 

La reine est couchée sur le dos, vêtue d'une longue robe resserrée à la taille par une ceinture. La couronne royale est posée sur sa tête, elle-même reposant sur un coussin. À ses pieds est représenté un lion terrassant un lévrier. La couronne et le lion sont les symboles de la royauté alors que l'escarcelle se situant près de sa ceinture, représente la générosité. Entre ses mains, repliées sur sa poitrine, la reine tient un livre dont la couverture représente son propre gisant.

 

Le scriptorium ou salle des moines.

 

Cette pièce carrée est située entre le scriptorium et le réfectoire.

Il est relié au scriptorium par un petit guichet utilisé par les moines copistes pour réchauffer leur encre.

Le chauffoir était la seule pièce chauffée.

 

Le réfectoire.

 

 

L’ancien réfectoire qui suit dans l’enfilade reste soumis à bon nombre d’interrogations

sur ses évolutions architecturales tant les transformations du XVIII° siècle

qui ont fait complètement disparaître l’ordonnancement médiéval ont été importantes.

 

Au 1er étage se trouve le dortoir des moines.

 

Aujourd'hui, la salle accueille des manifestations culturelles, comme des concerts.

 

Escalier d'accès au dortoir des moines.

Le dortoir s’étend au-dessus des bâtiments conventuels. Lambrissé de lattes de châtaignier fixées en arrondi

sous la charpente restituée comme à l’origine, il est éclairé à l’est, côté jardin par onze fenêtres

et à l’ouest côté cloître par quatorze petites ouvertures.

 

Le plafond est en bois, en forme de coque de bateau inversée.

Le dortoir est une très vaste salle de 43,70 mètres de long sur 11,80 mètres de large. À son extrémité nord,

la porte des matines permet l’accès direct à l’église abbatiale.

Dans cette grande pièce les moines dormaient sur de modestes paillasses.

 

Tout près, se trouve la chambre de l’abbé, cellule voûtée en berceau.

On peut apercevoir sur les murs de cette cellule les détails d’une fresque figurant « l’Annonciation ».

 

Une porte blindée de fer munie d’un grand verrou la fermait car elle était aussi utilisée comme « coffre fort » et abritait les précieuses archives du monastère. À l’extrémité sud, on accède par quelques marches au logis de l’abbé construit au XVI° siècle par les premiers abbés commendataires, une autre porte percée sur le mur ouest permet d’accéder à l’aile XVIII°.

 

Le logis de l'abbé.

 

 

 

L'intégralité de l'ancien logis de l'abbé est utilisé de nos jours à la présentation

d'expositions temporaires.

Le projet d’affectation du lieu connaît un revirement inattendu

en devenant le lieu de réunion de l’Assemblée départementale

pour palier la menace de l’effondrement de la salle plénière qui l’accueille jusque-là à la Préfecture.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://epau.sarthe.fr/
http://www.ville-yvreleveque.fr/

Livre "Abbaye de l'Epau", Jules Bréau, Editions Ouest-France

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 11 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville