VAAS  (Sarthe)
Arrondissement de La Flèche - Canton du Lude.
Région Pays de la Loire
 Population : 1.518 Védaquais en 2016.

 

D'une superficie de 3.014 ha, et d'une altitude de 38 à 119 mètres,

la ville est située dans le Haut-Anjou Sarthois, surnommé le Maine Angevin,

et implantée sur la rivière le Loir, qui fut navigable jusqu'au début du XX° siècle.

 

Ce petit village a plus de deux mille ans d’histoire.

Dès l’âge du bronze, des hommes y ont érigé un dolmen et ont commencé à s’établir.

 

C’est avec l’arrivée des légions romaines que le village se développe et devient une condita (sorte de sous-préfecture). La voie romaine Le Mans-Tours et la rivière permettent le développement économique du village. A l’ère mérovingienne, on y bat monnaie. L’arrivée du christianisme permettra la construction d’une église, dédiée à Saint Georges, puis l’édification de l’abbaye Notre Dame de Vaas. La guerre de cent ans ruinera la région et Vaas ne sera pas épargnée.

 
 

L'ancienne abbaye royale Notre-Dame de Vaas

 

 

A l'origine, monastère de chanoines réguliers :

XII° siècle, ordre de Saint Augustin et  XVIII° siècle, ordre des Prémontrés.

 

Le monastère primitif a des fondations remontant à l'époque carolingienne (an 790)

selon le cartulaire de l'abbaye de Cormery.

Les chanoines suivaient la règle de saint Augustin. Ses origines ne nous sont que partiellement connues.

On sait toutefois que ce monastère assurait le franchissement du Loir.

 

L'abbaye qui a fait suite, selon une légende fabuleuse qui perdure encore, aurait bénéficié d'une dotation des biens confisqués au traître Ganelon, le félon de Roland à Roncevaux. Des actes d'échanges sont mentionnés au cours du X° siècle avec l'abbaye Saint-Martin de Tours.

 

Plan du couvent et des abords de l'abbaye, vers 1760.

(Panneau placé à l'entrée de l'hôtel de ville).

De la terrasse sur le Loir, la vue se porte sur l'arrière des moulins banaux de la mense abbatiale,

aujourd'hui désaffectés et propriété privée.

À proximité, se trouvaient le four banal et la goularderie (lieu d'accueil des pèlerins).

 

L'abbaye connut une période florissante en 1160 avec son premier abbé et verra une riche dotation sous les Plantagenêts, ce qui fera oublier les dévastations par les Normands-Vikings au IX° siècle. Douze missions lui seront confiées par le Saint-Siège jusqu'à la veille de la guerre de Cent Ans, époque à laquelle elle sera en partie ruinée et le village brûlé en 1370 ; seules l'église et la tour monastique ont été en partie épargnées. Après restauration, ce sont les seigneurs-abbés de l'abbaye qui seront hauts justiciers sur la paroisse du village.

 

Les bâtiments conventuels.

 

Des bâtiments conventuels démolis en mars 1981,

il ne reste de visibles actuellement que le logis de l'abbé, aujourd'hui hôtel de ville de Vaas,

la tour monastique, les jardins au bord du Loir et l'église devenue paroissiale

après la destruction de l'église Saint-Georges vendue comme bien national et détruite.

 

Entrée actuelle de l'ancienne abbaye, devenue l'hôtel de ville de Vaas.

 

 

Façade arrière de l'ancienne abbaye.

 

Un manque de rigueur dans la discipline verra l'abbaye mise en commende au début du XVII° siècle. Selon les archives retrouvées, c'est à cette même époque qu'on connaîtra son titre d'abbaye royale. Les prémontrés en prendront possession en 1726 jusqu'à la Révolution et ses bâtiments seront vendus comme biens nationaux, sauf l'église.

 

L'église abbatiale Notre-Dame, de style gothique angevin,

restaurée aux XIII° et XV° siècles.

 

L'église fut sérieusement endommagée en 1370 lors de la guerre de Cent Ans.

Une source mentionne qu'elle fut détruite par les Anglais

durant le combat qui eut lieu lorsque du Guesclin prit la ville après sa victoire de Pontvallain.

 

L'église est accolée à une tour monastique plus ancienne.

 Elle est en forme de croix latine avec deux tranchets se terminant par des absidioles.

La tour carrée supportant le clocher est surmontée d'une flèche de 45 mètres.

La base semi-circulaire du chœur est romane, ainsi que les deux chapelles absidales du transept.

Cinq fenêtres fines, supportées par des colonnes élancées surmontent la base romane.

 

Sous la corniche, des modillons romans sculptés.

La nef est unique, ce qui est typiquement augustinien et est éclairée par des fenêtres gothiques

à entrelacements. Les voûtes datent de la reconstruction du XIII° siècle.

Le transept est court et couvert de voûtes des XIV°et XV° siècles.

L'abside nord, qui vient de l'église originelle, est en mauvais état

et contient une fresque murale du XIII° siècle représentant le Christ en majesté.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.patrimoine-religieux.fr/
http://www.vaas.fr/
(Eglise abbatiale fermée lors de mon passage)

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 août 2018

 

 

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