VAAS  (Sarthe)
Arrondissement de La Flèche - Canton du Lude.
Région Pays de la Loire
 Population : 1.518 Védaquais en 2016.

 

D'une superficie de 3.014 ha, et d'une altitude de 38 à 119 mètres,

la ville est située dans le Haut-Anjou Sarthois, surnommé le Maine Angevin,

et implantée sur la rivière le Loir, qui fut navigable jusqu'au début du XX° siècle.

 

La ville et le Loir, avant 1970.

 
 

Moulin à eau de Rotrou, du XVI° siècle.
 

 

Cet ancien moulin hydraulique encore en état de produire de la farine

sur ses machines à cylindres est alimenté seulement par la force du Loir.     

 

La maison du meunier et le moulin.

 

Dès que les hommes primitifs ont commencé à cultiver la terre, aux époques obscures de la Préhistoire, ils se sont nourris de céréales. Les hommes de l'âge de la Pierre Polie, possédaient des outils rudimentaires pour écraser le grain, procédé pratiqué simultanément dans tous les points du globe.

 

 

La roue et le bief.

Cette roue n'a pas d'âge puisque remise chaque année dans un état de fonctionnement parfait

(remplacement des aubes ou pales endommagées ou usées)

elle assure, seule, l'entraînement de toutes les machines.

Le moulin de Rotrou produit jusqu'à 7,5 kWh, grâce à sa roue, avec un système d'axes

permettant de redistribuer l'énergie à l'aide d'une génératrice, installée en 2015.

 

Le moulin de Rotrou est situé sur un bras du Loir et nécessitait une surveillance de tous les instants :

débit de la  rivière (grilles et vanne), nettoyage du bief...

 

 

Les meules de pierre, la machine à cylindre, les engrenages et les poulies.

 

Le moulin à meules et son système d'engrenages :

 

Le mouvement part de la plus grande couronne, avec les dents de bois de cormier, il est transmis à une plus petite couronne entièrement en fonte, et donc s'accélère. Le moulin à meules est constitué d'une meule dormante fixe (au-dessus) et d'une meule courante qui tourne (au-dessus). Le grain versé dans le distributeur tombe au centre de la meule courante. Il est d'abord grossièrement écrasé, puis de plus en plus finement au fur et à mesure qu'il se rapproche du bord des meules.

 

Dans le coffre en bois, un racloir dirige la farine et l'entraîne vers "la goulotte" permettant l'ensachage. (Cette alternance de bois et de fonte apporte de la souplesse au mouvement et diminue le bruit. Elle garantit la faculté de réparation en cas de casse : remplacement d'une dent de cormier au lieu d'une couronne de fonte).

 

Le premier étage et les courroies.

 

Installé dans les dépendances, le Musée du blé au pain.

 

Le musée présente les outils utilisés par le meunier, le fonctionnement du moulin,

avec la projection d'un film.

 

Des journées pédagogiques sont organisées, permettant ainsi de

pétrir, façonner, moudre, tamiser, construire : c'est la découverte et l'apprentissage !

 

La galérienne ou la pleurésie.

 

La batteuse est une machine inventée pour mécaniser l'étape du battage,

jusque là réalisée à l'aide du fléau. Elle est constituée de plusieurs parties :

 

▪ Un cylindre à dents, que l'on fait tourner rapidement, au-dessus duquel se trouve une plaque de fonte, elle-même munie de dents ;

▪ Un plateau, sur lequel on dépose les gerbes de blé afin d'enfourner les épis pour qu'ils soient égrainés entre les dents du cylindre et de la plaque. On sépare ensuite les grains des balles à l'aide du van, grand panier en osier.

 

Les premières batteuses sont à manivelle : les hommes travaillent à la force de leurs bras. C'est un travail éreintant qui demande beaucoup d'effort, une galère, d'où le nom de galérienne. Du fait de l'effort, les hommes étaient rapidement en transpiration. Voulant se rafraîchir, beaucoup se plaçaient dans des courants d'air d'où ils tombaient malades. Une maladie courante était la pleurésie (inflammation de la plèvre). De ce fait, on nommait parfois cette maladie du même nom. Plus tard, la machine est mécanisée : elle fonctionne grâce à un petit moteur.

 

Photo de droite, le tribulum : une planche à égrainer.

Trois panneaux de bois associés, rectangulaires, incrustés de silex au-dessous,

trainé sur une aire de battage, par traction animale, de manière à faire sortir les grains de l'épi.

 

 

Le rhabillage des meules :

 

La meule est constituée de pierres meulières (silex) assemblées et cerclées, venant de La Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne). Lorsque l'on entretient la meule, on dit qu'on la rhabille. Il s'agit de travailler les stries, usées par le blé, pour qu'elles retrouvent leur fonction de guidage et de broyage du grain.

 

Les meules étaient rhabillées environ tous les deux mois et l'opération durait en moyenne deux jours. (Les meuniers qui n'avaient pas les moyens de payer un rhabilleur de meules, entrenaient eux-mêmes leurs meules tout en continuant à fabriquer de la farine avec leur seconde paire de meules.

 

La coche du boulanger.

 

Baguette de coudrier (en noisetier) fendue en deux,

utilisée pour la comptabilité des pains,

entre le client, qui en possède une moitié, et le boulanger, qui détient l'autre.

 

Le paysan amène 100 kg de blé au moulin. Le meunier porte 65 kg de farine chez le boulanger et garde le reste de la marchandise pour se rémunérer. A partir des 65 Kg de farine, le boulanger fabrique 100 kg de pain. Il en cède 65 kg au paysan et garde le reste pour payer son travail. Lorsque le paysan vient chercher son pain, le boulanger coche 1 entaille pour un pain de 3 livres ou 2 entailles pour 1 pain de 6 livres (1 livre = 500 g). Lorsque la coche est terminée, le paysan retourne livrer du blé au moulin et une nouvelle coche redémarre. Dans la vallée du Loir, la coche était utilisée jusqu'en 1950 avant de laisser la place au carnet.

 

Avant 1950, le barrage et le moulin sur le Loir.

 

Au XI° siècle, les hommes édifient des barrages tous les 2 ou 5 km, que ce soit sur le Loir ou ses affluents. Sur le Loir, on crée un barrage avec des pieux et des pierres qu'on appelle chaussée et qui permet d'avoir une chute de 0,80 m à 1 mètre. Il y a : 1 moulin à Rotrou, 3 moulins sur le grand barrage de Vaas  (tous trois propriétés de l'abbaye) et 3 barrages de Bruant.

 

Le moulin Bruant.

 

Chaque barrage a sa spécificité. Les roues sont utilisées pour différentes fonctions, broyer les céréales avec les meules, fouler le drap, écraser l'écorce de chêne ou battre le trèfle avec des marteaux, scier le bois, ou, dès 1893, produire de l'électricité (moulin de l'île). Avec les barrages, le Loir devient navigable, avec des quais d'embarquement, notamment pour les bois de la forêt de Bercé, bois transportés à flot. Les moulins s'arrêtent de fonctionner pour le passage des bateaux ou du bois. Sur les ruisseaux on utilise la pente et on crée un canal d'amenée à un bief. (7 petits moulins sont installés sur les ruisseaux et ils appartiennent aux nobles ou au clergé).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.lemoulinderotrou.com/

Dépliant 3 volets "Moulin de Rotrou"

Livre de 24 pages "Rotrou raconte... les moulins d'autrefois"

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 12 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville