SOLESMES  (Sarthe)
Arrondissement de La Flèche - Canton de Sablé-sur-Sarthe.
Région : Pays de la Loire.
 Population : 1.190 Solesmiens en 2016.

 

D'une superficie de 1153 hectares, et d'une altitude de 22 à 76 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Sarthe, et située aux confins du Haut-Maine et du Maine Angevin.

 

Toponymie : l’origine du nom viendrait de Saint Solemnus, Evêque de Chartres, mort en 507.

 

Vues aériennes avant 1970 : le bourg, le pont enjambant la Sarthe et l'abbaye bénédictine Saint Pierre.

En 1904, le pont sur la Sarthe remplace le "bac passe-cheval"

qui permettait auparavant de faire traverser la rivière aux gens et aux animaux.

 

 

Le carré militaire
 

 

Durant la Première Guerre mondiale, des militaires blessés et malades donnent à la mobilisation

un demi million de lits dans près de 10.000 hôpitaux et annexes, répartis sur 3.200 communes.

 

A Solesmes, l'abbaye bénédictine Saint Pierre accueille deux hôpitaux complémentaires :

▪ Le premier ouvre le 25 décembre 1914, et fonctionne jusqu'en février 1920 : il comporte 200 lits réservés au traitement des tuberculeux.

▪ Le second fonctionne du 13 mars 1915 au 28 février 1919 et comprend 392 lits réservés à la chirurgie osseuse et au traitement chirurgical des tuberculoses osseuses.

 

Le carré militaire de Solesmes a été créé le 14 février 1915 pour inhumer les soldats décédés

dans ces hôpitaux complémentaires et dont les corps n'ont pas été restitués aux familles à l'issue de la guerre.

 

Le carré militaire rassemble 105 tombes (dont 73 inhumés en sépultures perpétuelles),

principalement des soldats, mais aussi la sépulture d'un prêtre, d'une religieuse infirmière

et de deux soldats tombés pendant la deuxième Guerre Mondiale.

Les soldats décédés sont des fantassins, des indochinois, deux tirailleurs sénégalais, et un Malgache.

Les décès s'échelonnent de mars 1915 à février 1921.

 

La croix de chemin du XIV° siècle,  et le monument aux morts.

 

Dans le cimetière : la chapelle Saint Aquilin.

 

La chapelle se trouve depuis le milieu du XIX° siècle au cœur du cimetière communal de Solesmes,

clos par de belles grilles de fer forgé.

 

La chapelle a été construite au XII° siècle dans un style roman angevin. Très remaniée au cours des siècles,

elle a été restaurée dans le dernier quart du XIX° siècle et perdra son clocher près d'un siècle plus tard.

 

L’édifice se compose d’une nef de 7,65 mètres de longueur, prolongée vers l’est par une petite abside en cul de four. Ce bâtiment, à l’abandon au début du XVII° siècle, fut réparé en 1659. Le culte y fut alors rétabli : la chapelle servait à l’occasion de but ou de point de départ des processions mais aussi de lieu de sépulture pour les curés de la paroisse.

 

Au XI° ou XII° siècle fut édifié dans un enclos, à proximité du prieuré de Solesmes, un oratoire dédié à Saint Aquilin. Celui-ci, natif de Bayeux, aurait été évêque d’Evreux au cours de la seconde moitié du VII° siècle.

 

Un moine de l’abbaye Saint Pierre réalisa, avant sa destruction, un relevé à l’aquarelle d’une fresque

de 1,25 m de hauteur sur 1,45 m de largeur, représentant une scène de martyre à quatre personnages.

 

Deux fresques du XIII° siècle ornaient les murs de l’abside et de la nef. Datant des environs de l’an 1200, ces peintures murales  seraient contemporaines des fresques de l’église d’Asnières-sur-Vègre. Elles représentaient une scène maritime et le martyre de saint Jacques et furent mises au jour en 1922. Visibles durant soixante ans, les fresques disparaissent au cours des travaux de restauration en 1882 : elles furent détruites ou recouvertes d’un enduit de ciment ou de plâtre.

 

Le bourg.

 

Cette très belle maison jouxte les bâtiments conventuels de l'abbaye bénédictine Saint Pierre,

et elle devait sans doute appartenir à cette dernière, avant sa transformation en résidence privée.

 

Eglise paroissiale romane Notre-Dame de l'Assomption.

 

L'église paroissiale est desservie par les moines de l'abbaye.

 

L'église, datant du X° siècle, est située dans le centre historique de Solesmes, place Dom Guéranger,

a proximité de l'entrée de l'abbaye bénédictine Saint Pierre.

Entre l'entrée de l'église et le bassin est placée une Vierge dominant la fontaine.

(Oeuvre de Claude et Marie Madeleine Gruet, artistes Solesmiens).

En forme de croix latine, l'église Notre Dame a été édifiée en moellons calcaires

et pierres de taille, dont du grès.

 

Le clocher abrite trois cloches anciennes. Sa toiture est faite de toits à longs pans et pignons découverts,

mettant largement en valeur une flèche polygonale recouverte de tuiles d'ardoise plate.

L'église a été remaniée aux XIII° siècle et XV° siècle (choeur, clocher), et au XIX° siècle (nef).

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et le portail occidental.

 

Christ en croix, bois du XVI° siècle.

Chemin de croix, oeuvre du peintre Jean-Paul Maillot.

 

Les vitraux de l'église ont été conçus par la comtesse Marie-Carmen de Pontavice,

et exécutés par M. Cot-Dezande, maître verrier à Maintenon (28), en mai 1976.

Dans la nef, vestiges d'opus spicatum, dit aussi "appareil en épi" (du latin spica, épi) ou en chevron.

 

Cet appareil est réalisé avec des briques ou des pierres plates posées inclinées sur la tranche et disposées alternativement en épi : le joint entre les lits successifs n'est pas horizontal et rectiligne comme dans l'appareil en arête-de-poisson, mais en zigzag car tous les éléments d'une rangée sont emboîtés dans ceux des rangées immédiatement au-dessus et en dessous.

 

Sainte Catherine en calcaire du XV° siècle,

et un groupe en terre cuite du XVII° siècle, Saint Marcoul et un jeune homme en pierre.

Dans le choeur, une Vierge à l'enfant du XV° siècle.

 

Le chœur est mis en valeur par des voûtes en forme d'ogives,

dominant un magnifique maître-autel et un remarquable retable ancien.

 

Très belles clefs de voutes dans la nef et le transept,

ainsi que les décors végétaux sculptés sur certains chapiteaux.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.guidigo.com/
https://www.solesmes72.fr/

Article paru dans le bulletin communal n° 2 de l'année 1991

et dans le bulletin n°11 de l'année 2000
C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 4 août 2018

 

 

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