SOLESMES  (Sarthe)
Arrondissement de La Flèche - Canton de Sablé-sur-Sarthe.
Région : Pays de la Loire.
 Population : 1.190 Solesmiens en 2016.

 

D'une superficie de 1153 hectares, et d'une altitude de 22 à 76 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Sarthe, et située aux confins du Haut-Maine et du Maine Angevin.

 

Le pont enjambant la Sarthe et l'abbaye Saint Pierre.

 

 

Abbaye bénédictine Saint-Pierre
 

 

Dominant les bords de la Sarthe, avec sa communauté de 55 moines,

l’abbaye Bénédictine Saint Pierre est le haut lieu du chant grégorien.
Cet ancien prieuré a été fondé en 1010, par Geoffroy le Vieux,

Seigneur de Sablé, qui y installa des moines de Marmoutiers.

 

Vues aériennes avant 1970 :  la Sarthe et l'abbaye Saint Pierre.

 

 

L'aile surplombant la Sarthe conçue par Dom Jules Mellet, édifiée en 1896,

abritait le réfectoire et les cellules des moines.

 

L'aile  en retour parallèle au pont, fut construite entre 1955 et 1958, dans le même style.

 

L'entrée principale de l'abbaye se trouve à quelques pas de la façade de l'église paroissiale.

On accède à la cour d'honneur par ce beau portail monumental du XVIII° siècle.

 

La porterie et l'hôtellerie.

 

 

La cour d'honneur permettant l'accès à l'abbatiale.

 

La nef de l'abbatiale fut agrandie pour constituer une véritable église de près de 44 m de long,

avec transept et bas-côtés, terminée par une abside

et un sanctuaire, fortement surélevé au-dessus d'une crypte à reliques.

 

Le nouveau choeur a été élevé en 1865 par Dom Béranger, pour répondre à l'accroissement de la communauté des moines. Le campanile primitif, situé alors aux deux tiers de la nef, sera transformé au siècle suivant en véritable clocher, encore reconnaissable à l'extérieur. Ces constructions reflètent la période de grande prospérité que connut le prieuré à ses débuts.

 

L'église abbatiale Saint Pierre.

 

Étroite et longue, l'église est composée de deux volumes qui se font suite : la nef des fidèles,

qui correspond à l'église ancienne, datant principalement des XI° et XV° siècles,

et le choeur des moines, construit par dom Guéranger en 1865.

 

(Seule l'église est ouverte à la visite).
Le reste des bâtiments de l'abbaye, cloître, salle capitulaire, réfectoire, bibliothèque, est soumis

aux règles de la clôture monastique qui garantit le silence et la solitude en vue de la recherche de Dieu.

 

La porte Ouest date du XV° siècle.

 

En 1425, au cours d'un assaut des troupes anglaises, pendant la guerre de Cent Ans, l'église perdit ses bas-côtés et sa façade avec la première travée de la nef. Les arcades de la nef sont alors murées et, devant la nef raccourcie d'une travée, est élevée une nouvelle façade. Plus tard, l'église sera voûtée, le clocher de nouveau agrandi. Mails il ne s'agit plus désormais que d'un édifice tronqué qui ne retrouvera jamais l'harmonie de son plan et de ses proportions initiales.

 

La nef conserve encore les arcades du petit édifice construit à l'arrivée des moines (début du XI° siècle).

La plus ancienne voûte fut élevée aux environs de 1475. Le culot d'une nervure,

qui semble parmi les plus récents, porte la date de 1532.

 

Les deux premières arcades sont masquées par la tribune de l'orgue.

Celui-ci, refait en 1967 est un instrument classique de 4 claviers et 38 jeux,

à commandes entièrement mécaniques, réalisé par Schwenkedel, de Strasbourg.

 

Les chapelles du côté gauche donnent sur le cloître et sont donc aveugles. En revanche, celles du côté droit ont été ornées de vitraux, qui datent tous des années 1930. La chapelle du Sacré-Coeur, la plus grande des chapelles latérales, est ornée de trois vitraux réalisés sur des dessins originaux de Maurice Denis. Les vitraux des quatre autres chapelles sont des créations de Pauline Peugniez, qui fut l'élève de Maurice Denis.

 

 

Dans la nef, la plupart des chapelles latérales ont été remaniées aux XIX° et XX° siècles.

 

Les stalles du chœur sont au nombre de soixante-quatre. Leur disposition actuelle date de 1865, lorsque le chœur fut construit. Vingt-quatre d'entre elles datent de la seconde moitié du XVI° siècle. À l'origine, elles étaient placées dans la nef, en avant du transept, dix de chaque côté et quatre en retour, face à l'autel. Les personnages apparaissant en buste étaient alors disposés sur deux rangées, l'un au-dessus de l'autre.

 

Sous la seconde travée, statue de Saint Pierre, qui se trouvait autrefois dans le transept droit,

près du groupe sculpté de la Mise au tombeau.

 

Dom Béranger a fait graver sur son socle, en latin, en grec et en français, l'inscription qu'on lisait sur la célèbre statue de bronze de la basilique Saint Pierre de Rome : "Contemplez le Dieu Verbe, la pierre divinement taillée dans l'or. Etabli sur elle, je suis inébranlable".

 

Les ensembles sculptés du transept.

 

Au niveau du transept apparaissent les célèbres ensembles sculptés,

depuis longtemps appelés “Saints de Solesmes”.

Ces ensembles témoignent du renouveau qui suivit la Guerre de Cent Ans.

A droite, la Mise au tombeau du Christ de 1496, et à gauche,

la "Belle-Chapelle" ou Notre-Dame la Belle, de 1553.

 

La mise au tombeau de la Vierge.

 

 

Dans le bras droit du transept, groupe en calcaire et le tombeau du Christ, 1496.

Au-dessus de la scène, figurent les anges aux instruments de la Passion, au centre de la composition,

l'un d'eux porte une croix monumentale entourée de celles des deux larrons, crucifiés.

Sur le mur Est, une pietà du XV° siècle.

C'est une monumentale monstrance, destinée à recevoir en son centre une insigne relique

de la Couronne du Christ apportée à Solesmes au Moyen Age.

 

 

La belle Chapelle du XVI° siècle, commandée par le prieur dom Jean Bougler (1481-1556).

La triple colonnade sur le même mur fermait à l'origine le quatrième côté de la "Belle Chapelle"

de la Vierge dans le bras gauche.

Là sont figurées, également en calcaire, diverses scènes consacrées à Marie : la Pâmoison,

son Triomphe (à l'est), la Mise au tombeau, l'Assomption (au Nord) le Recouvrement au Temple (à l'ouest).

 

 

Le triomphe de l'Immaculée, du XVI° siècle.

 

Les bâtiments conventuels.

 

L'abbaye est entourée de jardins qui favorisent la paix et le recueillement. Le jardin de l'hôtellerie, en terrasse,

entoure une petite maison de crépi rose. Le petit coteau qui sépare le monastère du chemin qui longe la Sarthe,

appelé la vallée, est également accessible aux hôtes. Mais les jardins les plus vastes sont en clôture.

C'est le jardin français, avec ses pelouses en bowling-green et ses ifs taillés en cube et en cône.

Il symbolise l'ordre de la vie conventuelle. Au-delà se trouve le parc, avec au fond la vaste pelouse de la poulie.

 

Les bâtiments du Prieuré, reconstruits dans les années 1720 par les Bénédictins

de la congrégation de Saint Maur, côté jardin à la française.

Le scriptorium (1896) et buste de Dom Guéranger.

 

À l'intérieur du prieuré, le cloître mauriste favorise le recueillement par l'ordonnance de ses arcades.

Son préau est planté d'une broderie de buis.

À l'angle sud-est se trouve une vierge à l'enfant, réalisée par Henri Charlier en 1935.

 

De style classique, le prieuré abrite au rez-de-chaussée la salle capitulaire. C'est dans cette pièce, qui était autrefois le réfectoire des moines, que les moines se réunissent tous les soirs avant l'office de complies. Le père abbé y commente la règle de saint Benoît. C'est également ici qu'ont lieu les votes pour l'admission des novices ou, plus rarement, l'élection du père abbé. Au rez-de-chaussée de ce bâtiment, on trouve encore l'atelier de paléographie musicale, ainsi que la cellérerie, où sont gérées les affaires temporelles du monastère. Toutes ces pièces sont voûtées en berceau. Les étages supérieurs sont occupés par des cellules de moines. Des portraits de moines ornent le couloir du premier étage. Le noviciat est installé au deuxième étage.

 

A gauche, le nouveau bâtiment et la tour Nord-Est.

L'enclos du monastère renferme un ensemble de jardins propices à la détente et à la prière.

 

Le grand cloître a été bâti par dom Paul Bellot en 1937. Il est entouré par les trois ailes principales du monastère : à l'ouest, la bibliothèque, également construite par dom Bellot ; au nord, le grand bâtiment édifié par dom Mellet en 1896 ; à l'est, l'aile ajoutée en 1955. Ces deux derniers bâtiments sont occupés par des cellules. Au rez-de-chaussée du bâtiment Mellet, on trouve le vaste réfectoire, divisé en deux nefs par de puissantes colonnes de granit.

 

Le grand escalier et le réfectoire.

 

La salle capitulaire.

 

En 1883, dom Prosper Guéranger (1805-1875), avec quelques compagnons, y reprit la vie monastique, disparue à la Révolution. En 1837, le monastère restauré fut érigé en abbaye et en chef d'une nouvelle congrégation. La congrégation de Solesmes compte aujourd'hui plusieurs monastères en France et à l'étranger.

 

 

Abbaye bénédictine Sainte-Cécile
 

 

Située à environ 400 mètres de l'abbaye Saint Pierre,

l'abbaye Sainte-Cécile de Solesmes, fondée en 1866 par Dom Prosper Guéranger et Mère Cécile Bruyère,

appartient à la congrégation bénédictine de Solesmes.

 

Dom Guéranger tint à placer le premier monastère de moniales de sa congrégation

sous le patronage d’une noble vierge romaine martyrisée aux premiers siècles de l’Église, sainte Cécile.

Pourquoi ce titre de Sainte-Cécile ? "Pour que l’Église ait des orantes qui prient pour le Pape,

comme sainte Cécile pour saint Urbain dans les catacombes".  (Lettre du cardinal Pitra, 18 mars 1878).

 

Les moniales y mènent une vie analogue à celle des moines. Comme leurs frères de Saint-Pierre, les sœurs de Sainte-Cécile expriment leur amour exclusif pour le Christ dans une vie communautaire centrée sur la célébration de la prière de l’Église. Elles vivent au sein d’une clôture plus stricte, ainsi que l’Église le propose aux moniales. Par le don radical de toute leur personne, elles expriment ainsi leur charisme féminin : être le signe de l’Église, Épouse du Christ. L’hôtellerie se compose de deux maisons de trois chambres chacune.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.abbayedesolesmes.fr/

"L'abbaye St Pierre de Solesmes", 52 pages, en vente à la boutique

Dictionnaire des églises de France "Normandie"

Volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

Dépliant 3 volets "Abbaye St Pierre", disponible à l'accueil

(On ne visite pas les bâtiments conventuels. Les photos présentées

ont été scannées à partir de cartes postales anciennes en prêt

et modernes achetées à la boutique de l'abbaye)

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 4 août 2018

 

 

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