SABLÉ-SUR-SARTHE  (Sarthe)
Arrondissement de La Flèche - Canton de Sablé-sur-Sarthe.
Région Pays de la Loire.
 Population : 12.496 Saboliens en 2015.

 

D'une superficie de 6.692 hectares, et d'une altitude de 22 à 70 mètres,

la ville est arrosée par les rivières la Sarthe, l'Erve et la Vaige.

Elle est située au carrefour du Bassin Parisien, de la Normandie, de la Bretagne,

du Centre Val de Loire et des Pays de la Loire.

 

 

La ville : son patrimoine et le port
 

 

Avant 1970, la rivière Sarthe, les deux ponts, et l'église Notre-Dame.

 

L'ancien château.

 

C'est dans ce château que sera signé, en août 1488,

le traité de Sablé entre Charles VIII et le duc de Bretagne François II,

engageant le processus du rattachement de la Bretagne à la couronne royale.

 

Porte du XIII°-XIV° siècles de l'ancienne basse-cour du château-fort.

 

Plus avant, la tour du trésor, qui marquait le départ sud de la courtine séparant autrefois la cour du baile.

 

La cité a été d'emblée associée au système défensif du château fort : prolongeant ce dernier,

une enceinte dont il ne reste aujourd'hui que quelques vestiges, la protégeait complètement.

 

 

Les anciennes écuries du XVII° siècle.

 

Théâtre de nombreux coups de main lors de la guerre de Cent Ans, la ville à la fin du XIV° siècle est laissée en piteux état. Elle ne s'en relèvera vraiment que dans la seconde moitié du siècle suivant. De cette période subsistent de nombreuses maisons.

 

Bâtiments plus récents construits face aux anciennes écuries.

 

La ville n'échappe pas aux faits divers sanglants qui marqueront les guerres du XVI° siècle : en 1590, de violents assauts sont menés par les Ligueurs, désireux d'emporter la place fraîchement ralliée à Henri IV, qui y était venu en personne recevoir soumission, peu auparavant.

 

Le parc du château.

 

En 1711, le marquisat de Sablé est racheté par Jean-Baptiste Colbert de Torcy, neveu du grand Colbert, diplomate et ministre à la fin du règne de Louis XIV. Il construit un château neuf sur les fondations de la vieille forteresse, qui est alors en grande partie démolie. Ce début du XVIII° siècle marque pour la ville le point de départ d'un nouvel essor : les maisons anciennes voient leurs façades remaniées et la cité s'agrandit principalement vers les faubourgs.

 

L'hôtel de ville.

 

L'hôtel de ville et le square de Jouvencel : Place Raphaël Elizé.

La mairie a été édifiée sur les plans de l'architecte Delarue, et organisée sur deux niveaux.

La place actuelle est le résultat de la réunion des anciennes places des halles et du marché au blé.

 

"Jouvencel" est un roman d'art militaire de Jean de Bueil.

 

Jean de Bueil (1406-1477).

 

Nommé gouverneur de Sablé (1406-1477), par Yolande d'Aragon, ville qu'il reprend à Gil de Raiz le 29.12.1429, puis comte de Sancerre, Amiral de France, surnommé le "fléau des Anglais".

 

Fils de Jean IV de Bueil, lieutenant général de Touraine, mort en 1415 à Azincourt et de Marguerite, dauphine d'Auvergne, comtesse de Sancerre.

 

Il est nommé Amiral de France en avril 1450 devant Cherbourg, combat qu'il remporte et qui repousse les Anglais hors de Normandie, trois ans avant la fin de la guerre de Cent Ans qui s'achève le 17 juillet 1453 avec la bataille de Castillon.

 

 

C'est au XIX° siècle que la ville connait de grandes modifications, sous l'impulsion de la croissance économique,

associée à l'exploitation de la chaux, du marbre et de l'anthracite sur le territoire.

 

Trois maires au destin remarquable ont marqué de leur empreinte

la croissance de la ville :

 

Raphaël Elizé (1891-1945).

 

Il fut l'un des premiers maires  de couleur en France métropolitaine.

 

Elu maire en 1929, il pilota l'aménagement de nombreux équipements publics, dont la piscine. Résistant, déporté dans le camp de Buchenwald en Allemagne où il meurt en 1945.

 

▪ Joël Le Theule (1930-1980), ministre à quatre reprises (dont la Défense) et Maire de Sablé de 1959 à 1980, il conduisit une action résolue de développement sur le plan de l'urbanisme, de l'éducation, de l'économie, de l'aide sociale et de la culture.

 

▪ François Fillon, ministre, puis Premier ministre, maire de 1983 à 2001, a poursuivi la politique de développement de la ville et de la communauté de communes.

 

Le Centre de conservation Joël Le Theule  :

une antenne de la bibliothèque Nationale de France en région.

 

Façades côté parc, avant 1970.

Construit dans la 1° moitié du XVIII° siècle, sur les plans de l'architecte et jardinier Claude Desgotz,

ce vaste édifice de plan en U est coiffé de toits à comble brisé.

 

Le château est racheté par la famille Williot qui y installe, en 1918 (et jusqu'en 1962), une fabrique de chicorée : les dépendances et une partie du château lui-même sont consacrés à cette activité. Il était prévu qu'une ligne de chemin de fer aboutisse à la porte du logis.

 

Au XIX° siècle, le château devient la propriété du duc de Chaulnes, qui en entreprend la restauration,

en 1870, sous la direction de l'architecte Georges Lafenestre.

Le château a été donné à la BnF en 1980. La ville l'avait acquis en 1964 et a conservé la propriété du jardin.

 

En 1979, la Bibliothèque Nationale y établit un atelier de réparation du livre, et un centre de micro-filmage. Ses ateliers qui emploient une soixantaine de personnes, sont chargés de la conservation et de la numérisation "sur mesure" des livres, estampes, cartes, documents de presse...

 

A l'intérieur on entreprend le grand salon orné de stucs Renaissance,

un escalier monumental menant à un autre salon à l'étage, au décor néo-Louis XIII.

 

▪ La numérisation a remplacé dès 2007-2008 la reproduction argentique des collections d'imprimés, tandis qu'une autre forme de numérisation plus fine reproduit des documents spécialisés tels que les manuscrits, les cartes, les affiches anciennes, les daguerréotypes, les autochromes, les papiers peints anciens.

▪ Le catalogage consiste à décrire précisément un document pour rédiger sa notice bibliographique (carte d'identité). C'est une étape indispensable pour retrouver les documents dans la bibliothèque numérique Gallica.

▪ La désacidification, avec le concours du Centre de recherche sur la conservation des collections, la BnF a adapté un processus existant qui permet de neutraliser les acides contenus dans le papier. Une station de désacidification utilisant ce procédé a ainsi été installée au centre de Sablé : un autoclave traite sous vide des séries de 100 à 200 volumes qui sont d'abord desséchés puis immergés dans une solution liquide sous pression. La capacité annuelle de l'installation est de 25.000 à 30.000 volumes.

 

Au pied du château, vestiges des anciens remparts - L'entrée du château, située face au parc.

 

Le château a été le théâtre d'essais pour inventeurs :

 

▪ Au XVII° siècle, le serrurier Besnier se confectionnait des ailes en taffetas, dont il s'affublait afin de pouvoir voler. Prudent, il effectua ses premiers essais du haut d'un escabeau, puis il s'enhardit jusqu'à sauter du haut d'une tour du château. Emporté par son élan, il vola par-dessus la Sarthe pour atterrir en douceur dans une prairie sur l'autre rive.

▪ Au XIX° siècle, le duc de Chaulnes, alors propriétaire du château, projetait d'illustrer le cartulaire de Solesmes en photographie. Il engagea pour ce faire le poète-savant Charles Cros (1842-1888) à venir travailler avec lui à Sablé. C'est dans l'atelier photographique que le duc avait aménagé dans son château que le chercheur a effectué ses premières expériences de photographie en couleur. Malheureusement les activités de Cros à Sablé tournèrent court, du fait de la mort prématurée du duc.

 

Le port et la rivière Sarthe.

 

L'église Notre-Dame et le port de plaisance.

 

A la période médiévale, le port de Sablé était le 1° en Sarthe, grâce à un double atout : sa situation sur la rivière Sarthe, navigable une grande partie de l'année, et sa position sur le courant commercial entre le Maine, la Normandie et la Loire.

 

Le port servait avant tout d'entrepôt et au transbordement de marchandises.

De nombreux matériaux et denrées y transitaient, tels que le bois, le marbre,

le grain, l'anthracite, les poteries et les faïences.

 

Au XIX° siècle, la Compagnie Fluviale de l'Ouest met en place un service de bateaux à vapeur assurant la liaison régulière entre Le Mans et Angers, passant par Sablé. L'arrivée du chemin de fer, en 1863, entraîne le déclin de l'activité portuaire, jusqu'à la naissance d'un port de plaisance actif, première base fluviale du département.

 

Plusieurs moulins, à grain, à tan et à foulon, relayés au XIX° siècle par une marbrerie hydraulique,

en ont également exploité le cours de la Sarthe.

 

Le "Petit Sablé" de Sablé

 

c'est un gâteau sec pur beurre, rond, doré et craquant, créé en 1924 par M. Étienne, pâtissier. Ce petit sablé semble avoir une origine beaucoup plus ancienne. On raconte en effet, qu'en 1670, la marquise de Sablé, Madeleine de Souvré, en offrit à Monsieur, frère de Louis XIV, qui les trouva fort à sa convenance. Deux pâtissiers locaux perpétuent cette tradition.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

"Sablé-sur-Sarthe", Y. Marc, Le Livre d'Histoire, 1989

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 4 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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