LUCHÉ-PRINGÉ  (Sarthe)
Arrondissement de La Flèche -  Canton du Lude.

Région Pays-de-la-Loire.
 Population : 1.568 Luchois en 2016.

 

D'une superficie de 4.939 hectares, et d'une altitude de 28 à 109 mètres,

la ville est située sur la rive droite de la rivière le Loir,

et est labellisée "Petite cité de caractère".

 

Etymologie : le nom de Luché provient du latin lucus, qui veut dire, Bois sacré.

Luché (Luciacum) est citée dans les Actes des évêques du Mans parmi les dix-sept paroisses fondées

au IV° siècle par saint Aldric, évêque du Mans, ce qui en fait l'une des plus anciennes paroisses du Maine.

 

Vue aérienne, avant 1970.

 

Les rives du Loir et la ville, avant 1970.

 

L'ancien prieuré.

 

Fondé par les moines de l'abbaye Saint Aubin d'Angers au XI° siècle, le logis du prieuré est dévasté en 1474.

Il conserve néanmoins des vestiges importants de ses différentes étapes de mutations.

Devenu propriété privée, c'est sans doute l'une des plus anciennes demeures du bourg.

 

Le pignon sur la place est orné de deux grandes baies qui révèlent encore deux états successifs du bâtiment.

 

La tourelle d'escalier sur cour, construite au début du XVI° siècle

rend compte de la dernière étape de modernisation.

Statue de Sainte Anne retrouvée enfouie en 1960.

 

 

Eglise gothique Saint Martin de Luché,

des XIII° et XVI° siècles.

 

 

L'église primitive étant sans doute trop petite, les moines, installés depuis 1057,

entreprirent la construction d'un édifice plus vaste.

 

Les travaux du choeur et de la tour semblent se placer entre 1166 et 1225. C'était la période de transition entre le Roman et le Gothique. Aux XIV° et XV° siècles, l'église s'enrichit des deux modestes transepts, et ce n'est qu'au XVI° siècle en ses tout débuts, qu'on édifia la nef actuelle. Les quatre siècles de l'ère gothique sont donc représentés dans cette construction.

 

Le clocher a été reconstruit en pierre de taille de tuffeau au XVI° siècle sur ses bases du XII° et XIII° siècles.

De forme carrée, il est couronné d'une vaste corniche moulurée ornée, de bas en haut,

d'oves et de dards, puis de feuilles d'acanthe et enfin de petits balustres symétriques.

 

Le toit d'ardoises, les gargouilles sculptées et les statuettes en pierre.

Au-dessus du portail, un bas relief très mutilé représente la Charité de Saint Martin.

 

La solidité de l'édifice est assurée par des contreforts plats qui rythment les façades extérieures,

en alternant avec les baies.

 

Le chevet plat, achevé en 1225, est rectangulaire.

 

La nef, incendiée en 1921, a été restaurée, mais écourtée de deux travées.

 

Les chapiteaux et les bases des colonnes ont été restaurés en 1876.

 

La nef conserve quelques piliers du XVI° siècle.

Le Christ de Pringé contre le mur face à l'entrée. Il a été sculpté dans le noyer au XVI° ou au XVII° siècle.

 

A droite de la nef, cette très belle pietà en noyer du XVI° siècle.

 

Les vitraux du choeur et du transept ont été réalisés en 1876 par l'atelier Fialeix au XIX° siècle. Les petites verrières du chevet représentent les épisodes de la vie du Christ, depuis la Visitation de la Vierge jusqu'à la Résurrection. Le grand vitrail du bras sud du transept relate la légende locale de Saint Martin et six médaillons disposés dans un treillage bleu et rouge, caractéristique du XIII° siècle. Les autres vitraux du choeur et du transept sont des grandes figures de la Vierge et du Christ, Saint Jean et Saint Joseph.

 

Les deux statues mutilées, ainsi que Sainte Anne qui se trouve dans la cour,

ont été retrouvées dans les années 1960, enfouies dans la nature ou dans les murs.

Buste de l'archange Saint Michel, du XVI° siècle et un ange aux ailes légèrement déployées.

 

Ces statues avaient été victimes des huguenots iconoclastes au XVI° siècle. Il ne reste plus hélas que ces rares vestiges défigurés d'un ensemble sculptural qui devait être assez important. Il était l'oeuvre des artistes de l'école de Michel Colombe qui a la fin du XV° siècle avaient réalisé les admirables tombeaux de Solesmes universellement connus.

 

A partir du XIV° siècle, le nouveau transept est mis en chantier. Les troubles de la Guerre de Cent Ans

retardent les travaux qui ne s'achèveront qu'à l'aube de la Renaissance, sous l'impulsion de généreux donateurs :

les armoiries de Geoffroy II de Chemens et de Marthe le Baïf,

soeur du poète de la Pléiade ornent la clef de voûte du bras gauche du transept.

 

Le chevet plat se compose de six voûtes d'ogives bombées dites de type Plantagenêt qui reposent,

au centre, sur deux fines colonnes. Les clefs de voûtes sont ornées de rosaces,

d'une Vierge à l'enfant, de l'agneau pascal et d'armoiries.

Derrière l'autel, des terres cuites du XVII° siècle provenant de l'église de Pringé :

les quatre évangélistes, Sainte Anne et la Vierge.

 

Le choeur possède une étonnante collection de statues en terre cuite datant des XVI° et XVII° siècles. Cet art s'est épanoui dans le Maine durant presque trois siècles, du milieu du XVI° siècle jusqu'à la fin du XVIII° siècle, répond à la commande qui s'inscrit dans le grand mouvement de la Contre Réforme qui réaffirme la légitimité de l'image religieuse mise en cause par les protestants. Les nombreux ateliers actifs à cette époque modèlent dans l'argile des figures de l'Histoire sainte.

 

Vierge à l'enfant, et dans l'embrasure de la fenêtre Sud du choeur,

Saint Jean Baptiste, en calcaire polychrome du XVI° siècle.

Statue de Saint Joseph portant ses outils de charpentier dans sa besace.

 

La retombée des liernes le long des murs est masquée par une série de masques grimaçants.

 

Statue représentant l'Education de la Vierge.

 

Adossée à un pilier, une Vierge à la colombe, en cèdre, datée 1950. Baptistère du XX° siècle.

 

Au cours des siècles, l'église eut beaucoup à souffrir des aléas de la guerre. Le prieuré attenant au sanctuaire fut en grande partie détruit par les Anglais durant la guerre de Cent Ans et aussi, des affrontements entre Catholiques et Protestants. Les seigneurs de la région étaient tous acquis à la religion réformée et ils s'acharnèrent à détruire tout ce qui rappelait le "papisme".

 

Sous la Révolution, l'église fut mise en vente. Elle aurait été la proie des démolisseurs sans l'intervention de deux généreux Luchois, M. Lépine, un fermier et M. Martin, maréchal au bourg, qui en firent l'acquisition pour la rendre au culte la paix retrouvée.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant 6 volets "Laissez-vous conter l'église St Martin de Luché"

Pays d'art et d'Histoire, Pays de la Vallée du Loir

Dépliant 4 pages "Eglise de Luché", disponible à l'entrée de l'édifice

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 8 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville