LE MANS  (Sarthe)
Arrondissement et canton du Mans.
Région : Pays de la Loire.
 Population : 142.991 Manceaux en 2016.

 

D'une superficie de 5.281 hectares et d'une altitude de 38 à 134 mètres,

la ville est située à la confluence des rivières Sarthe et d'Huisne.

Capitale provinciale du Maine et du Perche.

 

Toponymie :  fondée à l'époque d'Auguste, vers 20 av. J.-C., sous le nom de Vindinum.

Mais, comme la majorité des chefs-lieux français,

elle tire son nom actuel de la tribu gauloise du département, en l'occurrence les Cénomans.

 

Vue aérienne avant 1970.

Lorsque l'on évoque "Le Mans", nous pensons aussitôt aux "24 heures" d'une course un peu folle,

puis aux fameux petits pots de rillettes.

Pourtant, c'est une ville d'Art, avec sa cathédrale et son vieux quartier serré dans son enceinte gallo-romaine,

églises et musées évoquent un riche passé que la ville s'efforce de sauvegarder et mettre en valeur,

par d'importantes opérations d'urbanisme.

 

 

La ville, labellisée "Ville d'Art et d'Histoire"

et son patrimoine
 

 

Quatre mille ans avant notre ère, une peuplade vivait sur la colline dominant la Sarthe.

Elle laissa plusieurs monuments de sa civilisation dont un menhir qui est toujours debout, adossé à la cathédrale.

 

L'enceinte gallo-romaine : un monument unique en France.

 

Le territoire des Cénomans a été envahi en 57 avant notre ère par des légions romaines.

La ville romaine fondée sous Auguste vers 20 avant Jésus Christ, a pris le nom de Vindinum

et s'est progressivement étendue sur près de 100 hectares.

 

Aujourd'hui, cette enceinte est la mieux conservée de tout l'Empire romain,

avec celles des deux capitales impériales : Rome et Byzance.

 

Photo de gauche, la poterne de Gourdaine.

Poterne du Tunnel, III° siècle. La capitale des Aulerques Cénomans prit le nom de Suindunum

Sous l'occupation romaine la ville se développa largement aux I° et II° siècles après Jésus Christ.

Les invasions du III° siècle contraignirent les habitants à se réfugier à l'abri de l'enceinte d'un castrum.

 

 

Depuis les rives de la Sarthe, vues sur les remparts, et les jardins de Gourdaine.

Construite dans les années 280,

l'enceinte romaine dessine un quadrilatère irrégulier de 450 mètres de long sur 200 mètres de large.

Elle a protégé et enfermé pendant plus de quinze siècles le noyau historique de la ville.

 

La tour des pans de Gorron.

 

 

La tour des pans de Gorron - La tour Madeleine et le parement de cette tour

et emplacement de la tour de Saint Joseph.

Les gros blocs de pierre servant d'assises aux fortifications sont ici gravés de motifs en éventail.

 

Bâtie sans véritables fondations, cette muraille avait, outre son rôle militaire, vocation a affirmer le renouveau de la puissance impériale. Entre 260 et 274, l'Empire avait en effet traversé une grave crise politique, militaire et économique, qui avait failli le faire disparaître. L'exceptionnelle richesse des parements de l'enceinte, où se succèdent encore aujourd'hui, sur plus de 8 m de hauteur des frises à décors géométriques, est la meilleure preuve de cette puissance réaffirmée.

 

Les murs, constitués de briques et de pierres de roussard, liées par un mortier rose,

ont donné sa couleur dominante à la ville : le rouge carmin.

Le décor à dessins géométriques changent de formes à chaque tour.

 

Emplacement de la tour Fayau.

Chacune des tours est située à une trentaine de mètres des tours voisines afin que les défenseurs

puissent mutuellement se protéger par le jet de leurs flèches sur les assaillants.

 

La tour du Vivier et la poterne du Tunnel, du III° siècle.

 

Douze tours, une porte et trois poternes sont encore visibles, en particulier le long de la Sarthe. Ce n'est qu'aux XIV°-XV° siècles que de nouvelles enceintes ont été construites pour renforcer certains points faibles des défenses de la ville (évêché et château) et protéger ses faubourgs (Saint Benoît et Tanneries).

 

 

Sur les rives de la Sarthe, ruines d'une ancienne construction,

et le pont routier Gambetta, en arc, ou pont Napoléon (1809-1811).

 

 

Les thermes romains.

 

Ces thermes romains ont été découverts par hasard, à l'occasion d'un chantier, en 1980.

 

Aujourd'hui, seule la partie technique des thermes est visible, au sein d'une crypte archéologique,

située sous l'école supérieure des Beaux-arts.

Il s'agit des installations liées au chauffage et à la gestion de l'eau.

Haut lieu de sociabilité pour les citoyens, alliant détente et culture,

les thermes ont été utilisés en continu pendant plus de deux cents ans.

Ils ont été détruits vers 270-280 pour les besoins de la construction de l'enceinte.

 

Le palais des comtes du Maine.

 

Aujourd'hui, le Palais des Comtes du Maine est le siège de l'Hôtel de Ville du Mans.

Le bureau du maire est l'ancienne pièce où naquit Henri II, le futur roi d'Angleterre.

 

L'ancien Palais et la cathédrale Saint Julien.

Composé de bâtiments de différentes époques, il fut commencé au X° siècle par le comte Hugues.

L'édifice est reconstruit entre 1757 et 1764 en s'appuyant sur les anciens murs du palais Plantagenêt,

gravement endommagé suite à un incendie le 26 juillet 1720. C'est entre 1757 et 1764

que fut construit l'Hôtel de Ville actuel sur les ruines du palais des comtes du Maine.

 

Ce bâtiment romain est réutilisé et réaménagé à partir du X° siècle par les comtes du Maine.

C'est à cette époque que se met en place l'organisation de cet ensemble palatial :

▪ la partie laïque qui comprend à la fois les salles dédiées à l'administration et les appartements privés du comte

▪ et la partie religieuse avec la chapelle palatine (actuelle collégiale Saint-Pierre-la-Cour).

 

Les façades de l'Hôtel de Ville furent remaniées et transformées à la fin du XVIII° siècle, puis durant l'entre-deux-guerres. Ces façades restent médiévales, sauf la façade avec un pan en la place Saint-Pierre, d'architecture classique, se décomposant en trois niveaux mansardés.

 

Héritier des comtés mis en place par Charlemagne, convoités par ses puissants voisins normands et angevins,

le Maine entre, au XII° siècle, dans la mouvance angevine.

 

L'empreinte de la dynastie Plantagenêt :

 

Le lien des Plantagenêt et du Mans s'établit le 17 juin 1128 avec le mariage dans la cathédrale de Geoffroy Plantagenêt, comte d'Anjou et du Maine et de Mathilde, veuve de l'Empereur d'Allemagne. Petite fille de Guillaume le Conquérant, l'Emperesse est l'héritière du royaume d'Angleterre et du duché de Normandie. Leur fils Henry est né en 1133 dans le palais comtal du Mans (actuel Hôtel de Ville) et fût baptisé dans la cathédrale Saint-Julien.

 

Ü Mort en 1151, Geoffroy est enterré dans la cathédrale : la plaque en émail le représentant ornait autrefois son tombeau. Elle est exposée au Carré Plantagenêt, le musée d'archéologie et d'histoire du Mans.

 

En 1152, Henri épouse Aliénor d'Aquitaine qui lui apporte en dot tout le sud-ouest de la France. Il est couronné roi d'Angleterre en 1154. Le Maine est alors pris dans les conflits entre royaumes d'Angleterre et de France. Leur fils Richard Coeur de Lion partant en Terre Sainte, épouse en 1191 à Chypre, Bérengère de Navarre. Devenue veuve, la reine Bérengère obtient, en 1204, la gestion de la cité mancelle et du territoire alentour. Elle vivra 25 ans dans le palais comtal et royal. La souveraine repose au Mans, à l'abbaye royale de l'Epau qu'elle a fondée.

 

La cité Plantagenêt.

 

Le vieux Mans forme un monde à part de maisons à pans de bois aux façades abondamment sculptées,

d'hôtels particuliers aux balcons de fer forgé, de ruelles pavées au charme ancien.

 

La Grand'Rue et ses maisons à pans de bois.

 

La cité intra-muros conserve plus d'une centaine de maisons en pan de bois.

Elles datent en majorité des XV° et XVI° siècles. Depuis quelques années

elles retrouvent leurs couleurs vives médiévales : bleues, vertes ou rouges.

Neuf sont ornées d'un pilier d'angle ou pilier cornier. A l'époque, enseignes commerciales, ces piliers

étaient aussi un moyen de se repérer en l'absence de tout nom donné aux rues ou de numérotation des maisons.

 

A droite, la maison du poète Scarron, bâtie au XII° siècle et remaniée au XVI° siècle,

et habitée en 1646 par le célèbre poète, qui fut chanoine de Saint Julien.

 

De tout l'Ouest de la France, Le Mans a été le foyer le plus actif de la Renaissance (XV°-XVI° siècles) avec ses nombreux hôtels en pierre et tuffeau, grâce à de grands mécènes, ses cardinaux-évêques, Philippe de Luxembourg et Jean du Bellay. La Pléiade est née au Mans, de la rencontre entre Pierre de Ronsard, qui a été chanoine au Mans, Joachim du Bellay, Jacques Pelletier, Jacques Tahureau et Nicolas Debizot.

 

La maison du Pilier-Rouge a été construite au XVI° siècle.
Cette bâtisse d’angle a l’une de ses façades située sur l’axe majeur de la vieille ville, la Grand’Rue,

et est l’archétype des constructions à pans de bois Renaissance.

 

La maison présente sur les trois faces du chapiteau sept "cuisnes" ou crosses du jeu de la soule. De face, un crucifix encadré de deux crosses, dont une crosse sortant de la mâchoire d'une tête de mort. Elle devait être la maison d'un fabricant de cuisnes au XVI° siècle. Le jeu de la soule se jouant en deux camps, était fort populaire dans le Maine. Des compétitions publiques avaient lieu le mardi gras, opposant les hommes mariés dans l'année aux célibataires.

 

La maison d'Adam et Eve.

Sa construction fut achevée vers 1525 pour Jean de l'Epine, médecin de la reine de Navarre.

La façade, abondamment sculptée, fut décorée suivant les directives de ce médecin astrologue.

 

Les deux personnages au centre du trumeau surmontant la porte ne seraient pas nos premiers parents, mais Ariane et Bacchus, celui-ci touchant de son thyrse renversé l'Univers, représenté sous la forme d'une boule suspendue dans l'espace. La Lune, les Poissons du Zodiaque, le Soleil, rappellent la position des astres. Dans les pilastres fourmillent de petits grotesques, cinq musiciens jouent de divers instruments.

 

La maison des Deux Amis. C'est une des maisons de bois les plus anciennes du Vieux Mans.

Cette vaste construction bâtie vers 1425 abritait les boutiques de deux commerçants amis,

représentés au centre sur la même enseigne se tenant la main.

 

Ancienne collégiale royale Saint-Pierre-la-Cour.

(Ancienne chapelle du Palais des Comtes du Maine).

 

Elle doit son nom à la présence, à cet endroit, au VII° siècle, d'un oratoire dédié à saint Pierre.

Et, bien que les reliques de sainte Scolastique (soeur de saint Benoît) y aient été transférées dès cette époque,

on continuera pendant plusieurs siècles

à parler du Grand Saint-Pierre ou Saint-Pierre-le-Retiré, en raison de sa situation en bout de la cité.

 

Appuyé contre l'enceinte gallo-romaine,

l'édifice se signale par sa hauteur et les puissants contreforts qui étaient sa partie inférieure.

 

La chapelle seigneuriale fut érigée en collégiale au X° siècle

et disparut dans le grand incendie qui ravagea la ville en 1134.

 

Ses élévations austères cachent une salle basse gothique aux voûtes élancées,

dont les travées sont ponctuées par de fins piliers.

Elle se compose de deux nefs superposées reliées par un escalier.

 

Dès 1746, l'église inférieure est réquisitionnée comme prison pour y enfermer 450 Suisses. La Révolution la reconvertit en arsenal, puis en dépôt où l'on entasse les biens saisis auprès du clergé et des émigrés. Au XIX° siècle, le bâtiment est racheté par la Ville et démantelé, son clocher est abattu en 1812. En 1830, la collégiale sert de salle d'asile, et l'année suivante, on y donne des spectacles équestres. En 1834, on l'ampute de 3 travées et, on attribue la partie supérieure à l'école des Beaux-arts, et la partie inférieure à l'école mutuelle en 1880. 1903, voit l'installation du Musée archéologique créé en 1846, puis en 1939, il est transformé en abri anti-aérien. 1979, après de nombreux travaux, la collégiale restaurée, ouvre ses portes comme lieu de manifestations culturelles.

 

L'enceinte romaine, côté collégiale

 

Le Grabatoire.

 

Ce bel hôtel Renaissance doit son nom à l'édifice qui l'a précédé et qui servait à héberger les clers malades.

 

Sa construction débuta en 1528, et fut financée par l'architecte Jean de Courthardy.

Il la destinait au chapitre de la cathédrale. Le constructeur décédé l'année même du début des travaux,

le chantier ne reprit qu'en 1542, lorsque l'héritier,

Anselme Taron se déchargea de cette tâche moyennant une somme d'argent.

 

Ce beau bâtiment fut, de 1600 à 1663, la résidence des gouverneurs de la province,

puis l'hôtel redevint maison canoniale jusqu'à sa vente en 1791.

Restauré au début du XX° siècle (les lucarnes furent ajoutées), il devint évêché en 1906.

(C'est ici que Marie de Médicis logea en 1614 lorsqu'elle vint au Mans avec son jeune fils Louis XIII).

 

Ruelles pavées du vieux Mans et escalier menant à la Grande Poterne.

L'escalier de la Grande Poterne passe sous une porte romaine du mur de fortification (le mur à sa base

a 4,25 mètres d'épaisseur). La voûte de cette porte a été reprise en sous-œuvre au XIV° siècle.

 

Eglise Saint Benoît.

 

 

L'ancienne église fut agrandie en 1904 par l'architecte Pascal Vérité,

et devint une basilique pseudo-Renaissance.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et le portail occidental.

L'intérieur de l'église a été très restauré au XIX° siècle.

 

Fonts baptismaux du XIX° siècle, en marbre noir - Grand Christ en bois du XVIII° siècle.

Dans le bas-côté Sud, Vierge de pitié d'après Annibal Carrache,

toile peinte à Rome par Pierre Lemaire en 1644.

 

Dans la chapelle Nord de la Charité, clefs de voûte ornées de sculptures représentant Dieu le Père,

les symboles des évangélistes et les armes de la famille Dugué, 1523.

 

Dans la chapelle fondée en 1523 par le chanoine Jean Dugué et donnée ensuite à la Confrérie de la Charité, construite dans un style de transition entre le gothique (voûte d'ogives avec des clés sculptées), et la Renaissance (arcade en plein cintre carrée ornée de délicates sculptures).

 

Chaire à prêcher du XVIII° siècle, en bois. Statue du Sacré Coeur, en plâtre peint.

 

Dans la chapelle Sud, bas-relief en bois du XVI° siècle "Miracle de Saint Julien".

Autel et tabernacle en tuffeau du XIX° siècle,

Statue de Sainte Scolastique en plâtre du XIX° siècle et reliquaire en bois doré du XIX° siècle.

 

Dans le choeur, retable en tuffeau de la 2° moitié du XVI° siècle, remanié aux XVII°, XVIII° et XIX° siècles.

Natalité en terre cuite de la fin du XVI° siècle, et tabernacle en bois du XVIII° siècle.

Deux toiles peintes par Lionel Royer, 1920.

 

L'ensemble des vitraux figuratifs réalisés par le peintre verrier parisien

Charles Champigneule, au début du XX° siècle.

 

Les bougies du Mans pour la cour des Rois.

 

Ü Figure iconique de la royauté et de l’art à la française, Louis XIV règne toujours dans la collection de bustes de Cire de l'Entreprise Trudon en 2019.

 

La transformation de la cire fut au Mans une industrie prospère depuis le début du XVII° siècle jusqu'à la fin du XVIII° siècle. Les bougies du Mans étaient réputées pour leur blancheur et leur qualité : leur renommée s'étendait non seulement eu Europe, mais aux Amériques et en Orient. Les Leprince furent les fournisseurs en titre des palais royaux de France, des cours d'Espagne et du Portugal.

 

La matière première de qualité, insuffisante en France, était en partie importée d'Orient, d'Allemagne et de Pologne. La cire fut aussi utilisée pour réaliser des motifs de sainteté, à l'usage des églises, tout comme des particuliers, et également pour composer des "ambigus", motifs décoratifs imitant à la perfection les viandes, les poissons et les fruits destinés à garnir les tables.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.vpah.culture.fr/
https://www.lemans-tourisme.com/fr/

Dictionnaire des églises de France, "Normandie"

Volume IV b, Editions Robert Laffont, 1968

"Laissez-vous conter l’ensemble palatial comtal et royal"
Villes et Pays d’art et d’histoire Le Mans

"Le Mans, l'enceinte romaine" Joseph Guilleux, Editions Bordessoules
Brochure "Guide patrimonial et Touristique, O.T. Le Mans

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 août 2018

 

 

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