LE MANS  (Sarthe)
Arrondissement et canton du Mans.
Région : Pays de la Loire.
 Population : 142.991 Manceaux en 2016.

 

D'une superficie de 5.281 hectares et d'une altitude de 38 à 134 mètres,

la ville est située à la confluence des rivières Sarthe et d'Huisne.

Capitale provinciale du Maine et du Perche.

 

 

Cathédrale Saint Julien
 

 

La cathédrale, mi-romane (nef) et mi-gothique (choeur et transept) est dédiée à Saint Julien,

évangélisateur de la région au IV° siècle. De l'édifice primitif, il n'en reste plus rien.

 

Vue aérienne avant 1970.

Une nouvelle construction fut entreprise sur de vastes bases par l'évêque Arnaud.

On construisit le choeur et on mit en chantier le transept avec ses tours.

 

Les dimensions : longueur extérieure 134 mètres - Longueur de la nef 57 mètres
Longueur du transept 52 mètres - Hauteur de la nef romane, sous voûte 24 mètres
Hauteur du transept et du chœur, sous voûte 34 mètres - Hauteur du double déambulatoire 11 mètres, 22 mètres

 

On construisit le choeur et on mit en chantier le transept avec ses tours. Son successeur, Hoël, acheva ces constructions ainsi que celle des bas-côtés de la nef (1085). L'évêque Hildebert de Lavardin termina la nef qu'il consacra en 1120. L'édifice roman étant à peine achevé que deux terribles incendies, en 1134 et 1137, brûlèrent une partie de la ville et la cathédrale fut sérieusement endommagée.

 

Le chevet gothique du XIII° siècle, un des plus beaux de France.

Des architectes et des artisans venant des régions de Soissons, de Normandie (Coutances, Bayeux),

puis de Paris, élèvent ce choeur gothique avec un double déambulatoire

et treize chapelles rayonnantes séparées par des fenêtres.

Il est complété au XIV° siècle et au XV° par le rehaussement du transept,

le tout rattaché à la nef d'origine romane reprise en gothique dans sa partie haute au XII° siècle.

 

Lorsque l'évêque Guillaume de Passavant (1145-1187), secondé par les bourgeois, voulut réparer le désastre, la voûte sur croisée d'ogives venait d'être expérimentée en Ile-de-France. Elle fut aussitôt adoptée et se superposa au style primitif. Une consécration de l'église, ainsi remaniée, eut lieu en 1158.

 

Chevet gothique du XIII° siècle de la cathédrale et la ville, avant 1970.

 

A la vue des merveilles de l'art gothique exécutées sur la cathédrale de Chartres en pleine construction, les chanoines et l'évêque du Mans entreprirent de prolonger leur cathédrale, en 1217, après destruction d'une partie des remparts, par un vaste choeur gothique, qui remplaça l'ancien choeur roman et fut terminé en 1254. Le transept ne fut reconstruit qu'au cours du XIV° siècle (croisillon Sud et tour) et dans la première moitié du XV° siècle (croisillon Nord et grande rose). La réalisation de la seconde partie a pu se faire grâce à la générosité du roi Charles VI. Les travaux s'achevèrent vers 1430.

 

L'architecte chercha à éclairer le choeur en perçant de nombreuses fenêtres qui,

à chacun des trois niveaux, se touchent. Il renforça, six arcs-boutants de l'abside en les multipliant à mi-parcours,

chaque pile venant reposer entre les treize chapelles du déambulatoire.

Accolé à la cathédrale, le menhir est le plus vieux témoin de l’histoire mancelle

et a été dressé sur ce site entre 4000 et 5000 ans avant notre ère.

 

Les bas-côtés (XI° siècle) de la nef ont conservé leur aspect roman et ses modillons sculptés.

La corniche est gothique, ainsi que les contreforts.

 

La tour, élevée au XIV° siècle conserve, à sa base l'ancienne porte romane, dite du cavalier

pour la figuration de Samson maîtrisant un lion (XI° siècle).

La fenêtre percée au-dessus du portail avait un rôle de défense.

 

La façade ouest a été terminée vers 1110-1115. Les deux gros contreforts construits vers 1160

pour contrebuter les voûtes de la nef qui n'existaient pas à l'origine.
La grande fenêtre possède des archivoltes décorées retombant sur des colonnettes.

 

Porche du portail Sud, voûté d'ogives. Statues colonnes de Saint Pierre, Saint Paul,

et les rois et reines de Juda, ancêtres du Christ. Au linteau, les apôtres.

Au tympan, le Christ entouré des quatre évangélistes. En voussures, anges thuriféraires

et scènes de la vie de Jésus, de sa naissance aux Noces de Cana.

 

Les dix travées de la nef comportent une élévation à trois niveaux.

Chaque travée comprend deux grandes arcades brisées.

 

Les piliers sont composés de demi-colonnes engagées sur un noyau quadrangulaire avec des colonnettes. L'élévation comporte trois niveaux : les grandes arcades, le triforium avec des arcatures alternativement ouvertes et aveugles, les fenêtres hautes. Les grandes arcades sont en arc brisé mais on distingue l'archivolte en plein cintre de la nef romane du début du XII° siècle.

 

Le grand orgue Renaissance et son buffet en chêne massif du XVI° siècle,

érigé par l'architecte sculpteur Symon de Hayebeufvre.

A l'appui de la tribune sont sculptées six représentations des vertus théologales et cardinales.

 

 

Les chapiteaux du XI° siècle constituent un des plus importants ensembles de la sculpture romane

du Nord de la France dont l'influence principale semble normande.

Un des motifs de prédilection est la "tête engoulant des rinceaux".

 

Le bas-côté Sud.

 

Les bas-côtés Nord romans du XI° siècle.

 

Les ogives quadripartites de la voûte retombent sur des faisceaux de colonnes. Les collatéraux, qui datent de l'époque romane, ne sont pas bordés de chapelles latérales, à l'exception de la sixième travée sud. Leurs baies, au-dessus d'arcades aveugles, sont entourées de pierres alternativement noires et blanches.

 

 

Chapelle du Grand Sépulcre, groupe sculpté du christ de la Résurrection.

Cette sculpture est peut-être l'œuvre d'un atelier manceau actif dans la seconde moitié du XVI° siècle.

 

Statue de Sainte Cécile par Charles Hoyau (1633).

 

 

La sacristie du XIII° siècle, avec pile centrale. Aux murs, suite de 29 panneaux de la vie du Christ,

destinés à l'origine à garnir les stalles (1575-1576). Fontaine en marbre, bas-relief de Saint Julien (1631).

 

A l'entrée de la sacristie, un ensemble architectural en pierre et marbre appartenant au jubé de 1610 édifié par l'architecte parisien Jacques Bugier et démonté en 1738. Sur les rampants du fronton, statues en terres cuites de Gervais / Delabarre, Saint Jean l'Evangéliste et Saint Matthieu. Au couronnement, Vierge de douleur, en terre cuite, signée par Charles Hoyau.

 

 

Le double déambulatoire, avec ses chapiteaux du XI° siècle, ouvre sur sept chapelles rayonnantes.

 

 

Les chapelles au nombre de 12, abritent, pour la plupart, les tombeaux des illustres hommes de la région.

 

 

La chapelle de la Vierge et les anges musiciens : les peintures, dissimulées par un enduit

furent découvertes en 1842. Quarante-sept anges musiciens décorent les voutes.

Elles datent de la fin du IV° siècle et sont l'œuvre d'un peintre de la Cour des rois de France Charles V et VI,

peut-être Jean de Bruges, auteur des cartons de la tapisserie de l'Apocalypse à Angers.

La chapelle axiale est plus profonde que les autres. Dans le premier déambulatoire, l'élévation est à trois niveaux

(de larges grandes arcades, un triforium à mur de fond plein et de petites fenêtres hautes).

 

 

Chapelle Saint Julien.

Le trésor, très rarement présenté, contient une Vierge en bois du XIV° siècle,

des reliquaires (XV° et XVI° siècles), une croix en cristal de roche (1626),

des ornements  (XVII° siècle), des calices et ciboires (XVII°-XVIII° siècles).

 

Depuis le portail occidental, vue sur le choeur. En remplacement des jubés, nous trouvons

depuis la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II (1962-1965) :

l'autel, l'ambon, réalisé en 2006 avec les mêmes matériaux que l'autel : pierre, verre et bronze,

et la cathèdre, composée d'un ancien dossier de stalle en bois.

 

À la fin du Moyen Age, pas moins d'une quarantaine d'autels meublaient le chœur et les transepts.

Au cours du XVII° siècle et jusqu'au milieu du XVIII° , les aménagements dus à la Réforme catholique bouleversent l'intérieur de la cathédrale. Les chapelles latérales, de part et d'autre du chœur,

abritent une série de petits autels émaillés,

fabriqués dans le goût médiéval en vogue au XIX° siècle, par un atelier parisien.

 

Depuis le sanctuaire, vue sur le choeur et la nef.

 

Le sanctuaire, partie centrale du choeur, était autrefois fermé par trois jubés successifs qui séparaient le clergé des fidèles : le 1°, construit par le cardinal Philippe de Luxembourg à la fin du XV° siècle et au début du XVI° siècle fut détruit lors des guerres de religion et remplacé par celui de l'architecte Jacques Bagier en 1610. Supprimé en 1768, Mgr de Grimaldi conçut une nouvelle clôture fermée par des grilles en fer forgé qui laissaient voir le maître autel. Il sera supprimé par Mgr Nanquette en 1857.

 

 

Les 28 stalles des chanoines sont du XVI° siècle.

A l'origine, 96 stalles étaient réparties en deux ensembles de 48 de chaque coté du chœur

tandis que les bancs des enfants de chœur étaient placés au fond, contre le jubé, aujourd'hui détruit.

Les dossiers représentent 50 scènes la vie du Christ de l'annonciation au jugement dernier.

 

Les premières stalles situées dans le choeur au XIII° siècle ont été endommagées lors des guerres de religion en 1562. L'ensemble a été reconstruit en 1575 et 1576 et démonté en 1854, restauré au début du XX° siècle, et de nos jours, réparti en trois endroits : choeur, déambulatoire et sacristie.

 

Le choeur comporte trois travées droites qui s'achèvent en un rond-point à sept pans.

108 baies éclairent le choeur. Toutes ces fenêtres reçurent au milieu du XIII° siècle des vitraux qui,

pour la plupart d'entre eux, sont encore en place.

Restaurés après la Seconde Guerre mondiale par l'atelier des frères Paul et André Rault,

maîtres verriers à Rennes, et véritable musée de l'art du vitrail,

la cathédrale abrite notamment le plus ancien vitrail sur site, le vitrail de l'Ascension.

 

Chapelle Saint Julien et statue du 1er évêque, en terre cuite peinte, du XVII° siècle.

 

▪ Tombeau du cardinal Grente, élevé en 1965, originaire de Percy (Manche),

le cardinal Grente (1875-1959) fut évêque du Mans de 1918 à 1959.

▪ Tombeau de Charles IV d'Anjou, comte du Maine, décédé en 1472,

dans la première abside au Nord, sculpture attribuée à Francesco Laurana.

 

L'usage d'inhumer dans la cathédrale évêques et grands personnages s'établit au IX° siècle. Geoffroy Plantagenêt, les princes de Luxembourg et de Bourbon, les Du Bellay, y ont été inhumés. Seules deux sépultures, aujourd'hui dans la chapelle des fonts baptismaux, ont été épargnées par les Protestants en 1562.

 

Dans la chapelle Saint Pierre et Saint Paul, une déploration, groupe en terre cuite

constitué de gauche à droite par Joseph d'Arimathie, Marie Madeleine, deux saintes femmes,

le Christ, la Vierge Saint Jean et Nicodème.

 

Depuis la nef, les transepts et le choeur.

 

Bénitiers, surmontés d'un bas-relief - Bas-relief polychrome de Saint Georges et le dragon.

 

Dans le croisillon Nord, les vitraux qui garnissent la grande rose furent composés vers 1425 :

Couronnement de la Vierge, les symboles des évangélistes, le Jugement dernier. Dans les lancettes :

les Patriarches, les Apôtres, les donateurs, dont les princes gouvernant l'Anjou et le Maine.

 

Chaque croisillon du transept comporte deux travées et une chapelle. L'élévation y est à trois niveaux. Au-dessus des grandes arcades, on trouve un triforium à deux niveaux. Dans chaque travée, le premier niveau est composé de quatre couples de petites baies tréflées. Le second niveau comporte deux ensembles de larges baies, elles aussi tréflées, surmontées d'un oculus. D'immenses verrières à quatre lancettes surplombent le tout. Le mur de fond comporte quatre niveaux : un mur plein, auquel succède un triforium à quatre baies géminées ; puis deux grandes baies à quatre lancettes et, enfin, une belle rose rayonnante.

 

La croix "Le Christ aux bras ouverts" , réalisée par l'artiste Goudji à la demande du diocèse du Mans.

Cette croix a été bénite et élevée dans ce chœur le dimanche 20 octobre 2013.

L'élévation est à deux niveaux. Au-dessus de grandes arcades très élancées s'élèvent de larges baies rayonnantes à quatre lancettes (deux dans le rond-point) surmontées de roses. Une galerie court devant les fenêtres. Les piliers du chœur sont composés de deux colonnes dos à dos, complétées par de minces colonnettes.

 

Le troisième millénaire commençant est marqué par l'ambitieux projet d'achever la cathédrale, en couronnant sa tour d'une flèche et de 4 pyramidions, éléments disparus depuis près de quatre-vingts ans. Le Mans est avec Barcelone, la seule ville européenne à se lancer dans cette aventure d'achever son grand chantier cathédral. Ce projet fait l'objet d'une souscription nationale et internationale, soutenue par la Fondation du Patrimoine.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, "Normandie"

Volume IV b, Editions Robert Laffont, 1968

"La cathédrale du Mans", Christian Marquet, Edition Vilaire

Brochure "Cathédrale du Mans", 32 pages, Paroisse St Julien, Le Mans

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 août 2018

 

 

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