LE GRAND LUCÉ  (Sarthe)
Arrondissement de La Flèche  - Canton de Château-du-Loir
Région : Pays de la Loire
 Population : 1.920 Lucéens en 2016.

 

D'une superficie de 2.726 hectares, et d'une altitude de 73 à 153 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Veuve, un affluent du Loir en rive droite.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

 

La ville et son patrimoine,
 labellisée "Petite Cité de Caractère".

 

 

Le bourg de Lucé s'est développé sur le plateau qui domine le bassin de la Veuve.

Lucé était le chef-lieu d'une importante seigneurie que François 1er érigea en baronnie en 1539.

 

L'ancien hôtel de Bléteau construit au début du XX° siècle,

et devenu l'hôtel de ville en mars 1949. Il est alors appelé par les habitants le "Neufmesnil".

 

Façade côté rue.

L'hôtel a été construit en pierre calcaire de Lavoux et orné de terres cuites ou vernissées de Sarreguemines.

 

Façade côté jardin et parc.

Cet hôtel particulier édifié de 1900 à 1905 par l'architecte manceau Henri Aumusse

pour Auguste Bléteau, docteur en droit de Paris.

 

Le gros oeuvre est exécuté par l'entreprise de Charles et Hippolyte Derré du Mans. Les décors (salon, billard, jardin d'hiver, salle à manger, bureau et grand escalier) sont intacts, avec des panneaux de faïence vernissée dus à Ch. Schuller.

 

 

Depuis le jardin, vue sur la verrière du jardin d'hiver.

 

Le vestibule, aux riches boiseries. Très belle poignée de porte sculptée.

 

L'ancienne salle à manger, occupée aujourd'hui, par le secrétariat de mairie.

 

Sculptures en bois représentant des musiciens.

 

 

Le salon ou salle de billard.

 

 

La faïencerie de Sarreguemines reproduisait à l'occasion

les oeuvres d'affichistes comme Jules Chéret et Théophile Steinlen.

Cet atelier travaillait à la commande et adaptait la composition des motifs à l'architecture des lieux.

 

Ces panneaux de carreaux de faïence étaient destinés à la décoration des intérieurs de demeure. Les sujets sont généralement des paysages, des décors floraux, des décors animés d'oiseaux (paons, perroquets, hérons). L'ensemble des revêtements muraux représentent un feuillage de glycine.

 

 

Le jardin d'hiver.

Grands panneaux à sujet floral, comme celui-ci habillent fréquemment les murs de jardins d'hiver.

 

Dans le vestibule, escalier en bois sculpté donnant accès à l'étage.

Le palier est éclairé par une verrière, et fenêtre avec vue sur la terrasse et le jardin d'hiver.

 

La salle du Conseil municipal, donnant sur le jardin, est installée dans cette vaste chambre.

 

Superbe lavabo en faïence de Delf.

 

L'émail stannifère blanc utilisé permit aux faïenciers hollandais d'approcher l'aspect de la porcelaine chinoise, largement diffusée dans le pays grâce à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les décors sont souvent des motifs de végétaux, mais ils représentent aussi des scènes de vie à la campagne, les armes et devises d'une famille, des marines, ou des scènes galantes. On connaît aussi de rares pièces de faïences aux magnifiques décors de trompe-l'œil.

 

Le jardin et le parc.

 

Le pigeonnier, avec tuiles vernissées de couleur et l'entrée principale.

 

 

Les communs.

Les panneaux céramiques ont été réalisés à la fin du XIX° siècle

par la manufacture Utzschneider de Sarreguemines.

Cette faïencerie possédait un bureau d'études à Paris et s'adressait pour la création

de ses décors à des artistes de renom comme Simas, Sandier, Schuller.

 

L'église Saint Facile, de style néo-gothique flamboyant.

 

Son nom provient probablement d'un culte gallo-romain en l'honneur de Diane d'Aricie,

dont le surnom Facelis, serait l'étymologie du st Lucéen.

Le sanctuaire païen a donc été transformé en édifice chrétien.

 

Vues aériennes avant 1970 : le bourg et l'église Saint Facile.

Cette église avait été construite au XI° siècle, sur l'emplacement de la motte de Lucé.

 

Façade occidentale. Edifice du XV° siècle, comportant une nef avec bas-côtés, transept et choeur.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental.

 

Le choeur, bas-côtés nord et la nef ont été modifiés en 1520, sous l'impulsion de Charles de Coesmes.

 

Chevet polygonal communiquant avec deux chapelles de plan carré élevées sur les bras du transept.

Deux chapelles de bas-côté, avec voûtes bombées sur croisées d'ogives à profil prismatique

et doubleaux plats à mouluration latérale.

Les nervures des voûtes retombent directement au sol en s'unissant dans les piles carrées

dont les angles sont profilés en forme de colonnettes.

 

Plaque funéraire datant de 1764 de Jacques Pineau de Viennay en marbre noir veiné de blanc.

 

Retables en pierre peinte et dorée des chapelles latérales, du XIX° siècle.

 

Christ en croix, du XVII° siècle, offert par le prince Bourbon de Conti, baron de Lucé.

Vitraux du XIX° siècle (ni signés ni datés).

L'incendie du bourg en 1781 détruisit le clocher, les cloches, le grand portail et les fonts baptismaux.

L'église subit ses dernières modifications au XIX° siècle.

 

Le château de Lucé, de style classique, du XVIII° siècle.

 

Le château du Grand-Lucé a été construit en 1760 par l'architecte M. de Bayeux, entre le bourg et un grand parc.

 

Édifié en 1096 par les comtes du Maine pour protéger leurs domaines convoités par les provinces normandes et angevines, le château du Grand-Lucé était, à l’origine, un fort auprès duquel se blottissait un petit village. Bientôt clos de murs, agrémenté de tours et d’un pont-levis, le bastion défensif passe de main en main et se transforme au fil des siècles en une résidence plus agréable, notamment à la Renaissance.

 

Vues aériennes : le château et les jardins, avant 1970.

 

En 1718, les Pineau de Viennay, une puissante famille protestante originaire de La Rochelle, reçoivent le château du Grand-Lucé en héritage, mais ce n’est qu’avec Jacques III Pineau de Valenciennes, devenu en 1760 le puissant intendant de l’Alsace du roi Louis XV, que le château connaît une véritable résurrection. Cet amoureux du siècle des lumières souhaite une résidence dans le goût de son époque.

 

Entrée des communs en hémicycle et le portail d'entrée du domaine.

 

En 1763, Jacques III, qui signe simplement "Lucé", confie à l’ingénieur Mathieu de Bayeux la construction d’un nouveau château dans le style néoclassique en vogue à l’époque. L’ensemble architectural comprendra la demeure et sa cour d’honneur fermée par un portique monumental, des communs, une écurie, une orangerie et des jardins à la française. "Lucé", qui dirige les travaux par correspondance, souhaite, une fois libéré de sa charge d’intendant, se retirer dans la Sarthe.

 

En 1781, un incendie détruit complètement le village. Les habitants se réfugient dans les cours et les annexes du château épargné. En 1871, le maire obtient des Prussiens qu'ils n'attaquent pas l'armée de la Loire en retraite et arrêtée au Grand-Lucé. Le combat aura lieu au Tertre Rouge au Mans.

 

L'ensemble est composé de trois parties distinctes : les communs, groupés autour d'une cour de ferme ;

le château construit entre la cour d'honneur (séparée de la Petite-Place du bourg par un mur de plan centré

percé d'un grand portail) et le parc ; une orangerie monumentale à laquelle attiennent les écuries.

Toutes les constructions sont en pierre de taille et coiffées de combles en ardoise.

A l'intérieur du château, subsistent quelques belles cheminées et des boiseries anciennes.

 

Le château fut vendu vers 1939 à un marchand de biens qui morcela la propriété en exploitant le parc forestier. Pendant l'occupation allemande, un officier supérieur qui habitait le château prévint les autorités françaises du désastre. Le préfet intervint pour arrêter les opérations. Puis à la Libération le château fut transformé en hôpital militaire pour les Alliés. L'armée américaine céda le château à la ville pour la création d'un sanatorium, puis la fondation Georges-Coulon s'y installa dès 1955. Le château quelques années plus tard se transforma en maison de cure.

 

Le château, avant 1930 et vers 1970.

Le château du Grand-Lucé se transforme au fil des siècles en une agréable résidence.

 

Cette propriété devenant une charge constante pour la municipalité du Grand-Lucé, fut cédée au conseil général de la Sarthe. Des travaux gigantesques furent entrepris, jardins, toitures, menuiseries. Le conseil général décida, après avoir investi des sommes très importantes, de revendre le château du Grand-Lucé à un riche Américain, grand décorateur d'intérieur, Timothy Corrigan de Los Angeles. Celui-ci le transforma depuis en un véritable écrin « du siècle des Lumières ».

 

Après des mois de travaux, le château du Grand-Lucé a terminé sa transformation pour devenir un hôtel de luxe. Vendu en 2017 par l’architecte d’intérieur américain, Timothy Corrigan à une compatriote Marcy Holthus. À la tête d’un groupe hôtelier, Pilots Hôtels, l’Américaine a pour ambition d’obtenir 5 étoiles. Ce serait le seul à avoir cette distinction en Sarthe.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.patrimoine-religieux.fr/

http://www2.culture.gouv.fr/
https://www.lemainelibre.fr/
http://www.legrandluce.mairie72.fr/
https://www.pointdevue.fr/
Dépliant 8 volets "Le Grand Lucé" Association des Petites

cités de caractère de la Sarthe.

Dictionnaire des églises de France "Normandie"

volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 11 août 2018

 

 

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