LA FLÈCHE  (Sarthe)
Arrondissement et canton de La Flèche.
Région : Pays de la Loire.
 Population : 15.163 Fléchois en 2016.

 

D'une superficie de 7.421 hectares, et d'une altitude de 23 à 103 mètres,

la ville est traversée par la rivière le Loir, affluent de la Sarthe, et plusieurs ruisseaux.

 

Toponymie : le nom viendrait du latin flexus, qui signifie « courbe », comme la situation de la ville dans un méandre du Loir, ou bien encore de la flèche qui surplombe le clocher de l'église Saint-Thomas.

Albert Dauzat fait dériver La Flèche du bas-latin fiscus (« fisc, péage »),

la ville désignant un « lieu de péage » ou un « poste de contrôle, péage »

 

Depuis les berges du Loir, vues sur le château des Carmes et le Pont des Carmes, avant 1970.

 

Le premier seigneur de La Flèche fut Jean de Beaugency mais il n'y vint jamais. 33 autres lui succèderont jusqu'à la Révolution. A leur tête, son fils, Hélie, sera le premier à vivre dans la ville. Ce dernier fit aménager le port et construire la première église : Saint-Thomas.

 

Le Loir, l'hôtel de ville et la tourelle du château des Carmes.

 

La Flèche, berceau des Plantagenêts : Hélie de La Flèche, seigneur et comte du Maine aura une seule fille, Eremburge. De par son mariage avec Foulques d'Anjou, le Maine et l'Anjou sont réunis. Eremburge aura un fils, Geoffroy dit Plantagenêt, comte du Maine et d'Anjou, et un petit-fils Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre. Celui ci, également duc de Normandie et comte du Maine et d'Anjou, se maria en 1152 avec Aliénor d'Aquitaine. Par ce mariage, il réunit à son royaume, l'Aquitaine. C'est ainsi que la seigneurie de La Flèche vint à la puissante dynastie des Plantagenêts.

 

 

Le château des Carmes, actuel hôtel de ville
 

 

Le vieux château des Carmes fut le premier château de La Flèche. Situé au milieu du Loir,

ce château n'était qu'un simple donjon avec un pont-levis qui permettait de contrôler le passage des bateaux

sur la rivière. De cette époque, il ne reste qu'un pignon du pont-levis, sur l'aile droite du château.

 

Le château des Carmes est implanté dans un méandre sur la rive Nord du Loir.

Il occupe deux îlots séparés par des canaux.

Vers l'an 1000, il existait à cet endroit trois îles : la chapelle/le moulin, le cloître et le château.

 

Cette forteresse bâtie au milieu du XI° siècle, est transformée par les religieux des Carmes au XVII°

qui y établissent leur couvent.  Après la Révolution elle devient une habitation particulière,

et enfin, au XX° siècle, elle est reconvertie en hôtel de ville.

 

De l'ancien château médiéval, il ne reste que l'ancien donjon, édifié par René d'Alençon à partir de 1476, qui domine encore le Loir. Il ne subsiste plus aujourd'hui qu'environ le tiers de cette tour, cantonnée à la fin du XIX° siècle sur sa face sud par deux tourelles en surplomb de style néo-gothique. Sur les îles et îlots qui encombraient le lit de la rivière, se développait une basse-cour renfermant les communs et la chapelle Notre-Dame de Chef-du-Pont, lieu d'un important pèlerinage.

 

L'ancienne forteresse et à droite, le nouvel hôtel de ville, construit en 1994 par l'architecte Adrien Fainsilber,

associé à Philippe Bodinier et Roland Korenbaum, en surplomb sur le Loir.

L'ensemble s'intègre dans un site encaissé entre le château, le Loir et le parc des Carmes.

 

L'ancien château fort est reconstruit dans la deuxième moitié du XV° siècle par René d'Alençon, seigneur de La Flèche. Mais en dépit de ces aménagements, la forteresse ne répond plus aux exigences de luxe et de confort de la Renaissance et est très vite délaissée. Françoise d'Alençon, la fille de René, fait construire une nouvelle demeure, le "Château-Neuf", à l'emplacement du futur collège militaire.

 

Le pont des Carmes, traversant le Loir : l’actuel pont des Carmes n’est pas le pont originel

qui aurait été construit vers 1067 sous la direction de Jean de Beaugency,

premier seigneur de La Flèche, pour percevoir des taxes au pied de son château.

 

En 1580, un effondrement de ce pont entraîne son abandon. Un autre est construit à côté vers 1595-1610, plus à l’ouest, qui s’effondre à son tour en 1660, avant d’être reconstruit vingt ans après, puis amputé en 1793 de sa première arche pour interdire l’accès aux troupes royalistes. Le pont est finalement détruit en 1854, après avoir été remplacé entre-temps par une passerelle en bois, et reconstruit entre 1855 et 1857. Il s’agit du pont qui existe encore aujourd’hui.

 

En 1620, Louis XIII donne les bâtiments en ruine de l'ancien château aux religieux des Carmes.

Ceux-ci édifient un corps de logis et un cloître.

 

 

Le corps principal de logis, construit à l'époque des pères Carmes,

se compose d'un étage carré et d'un étage de comble.

 La cour d'honneur est clôturée par une grille et un portail monumental dont les piliers sont surmontés de lions.

Les nouveaux bâtiments sont implantés à l'angle sud-est du château.

 

La façade Est du château des Carmes.

 

Vestiges de l'ancien cloître.

 

Les Carmes restent propriétaire du château jusqu'à la Révolution. Il est vendu comme bien national en 1794 à un commerçant originaire de Fougeré, François Bertron. La famille Bertron conserve les bâtiments conventuels, à l'exception du cloître et de la chapelle transformés en orangerie.

 

Sur l'îlot nord se situe l'ancienne chapelle, séparée du reste des bâtiments par un cloître d'eau,

espace déambulatoire.

 

Le château des Carmes est acheté par la ville en 1909, qui y installe l'hôtel de ville, le musée municipal et la bibliothèque. En 1919, un incendie détruit une partie des bâtiments anciens, ainsi que la bibliothèque et le musée. Reconstruit en 1928, il accueille aujourd'hui des expositions et aussi les mariages, certaines réunions et réceptions.

 

Jérôme Le Royer de La Dauversière.

 

Buste de Jérôme Le Royer, à l'entrée du parc des Carmes de La Flèche.

 

Né à La Flèche, le 18 mars 1597, il est le fils de Jérôme Le Royer, premier seigneur de La Dauversière et receveur des tailles. Il avait épousé, en 1621, Jeanne de Baugé, et il décède à La Flèche, le 6 novembre 1659.
 

Vers l'âge de 10 ans, Le Royer de La Dauversière amorce ses études classiques au Collège des Jésuites de La Flèche. Il songe à entrer dans les ordres, mais la mort de son père, en 1619, l'amène à lui succéder comme receveur des tailles.

 

Son travail ne diminue pas son attachement pour l'Église. En 1630, Le Royer de La Dauversière se consacre, avec sa femme et ses enfants, à la Saint-Famille. Il élabore également le projet de fonder une congrégation de filles hospitalières à La Flèche, pour aider les malades pauvres. Après une grave maladie en 1633, il décide de concrétiser son projet et, en 1636, jette les bases de la confrérie de Saint-Joseph, à l'origine de l'Institut des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. Il rénove l'aumônerie de Sainte-Marguerite, à La Flèche, et la transforme en Hôtel-Dieu.

¬ Huile sur toile de soeur Adèle-Joséphine Grosjean, Archives et collection des hospitalières de Saint-Joseph de Montréal.

 

Le Royer de La Dauversière souhaite également établir une mission en Nouvelle-France pour évangéliser les Amérindiens. En 1639, il se rend à Paris et présente son projet au père Charles Lalemant, procureur des missions des jésuites au Canada. Il demande ensuite une audience auprès de Pierre Séguier, chancelier de France, et le rencontre en compagnie de Jean-Jacques Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice, qui partage son rêve d'établir une mission dans la colonie. Ensemble, ils fondent une société missionnaire qui prend le nom de société Notre-Dame de Montréal.

En 1640, la société acquiert l'île de Montréal avec l'aide de Pierre Chevrier, baron de Fancamp. Le Royer de La Dauversière s'occupe du ravitaillement et du recrutement des colons pour réaliser le projet. Il choisit notamment Paul de Chomedey de Maisonneuve pour gouverner la nouvelle mission de Ville-Marie et Jeanne Mance pour fonder un hôpital, l'Hôtel-Dieu de Montréal. Les premiers colons partent de La Rochelle le 9 mai 1641 et fondent Ville-Marie en 1642. Malgré les revers, Le Royer de la Dauversière, resté en France, travaille avec acharnement pour réunir les fonds nécessaires au fonctionnement de la mission et recruter les colons qui partent par petits groupes chaque année. En 1659, il conduit au port de La Rochelle, trois religieuses hospitalières de La Flèche pour prêter main forte à Jeanne Mance à l'Hôtel-Dieu de Montréal.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.ville-lafleche.fr/

Dictionnaire des églises de France, 'Normandie",

Volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

Panneaux explicatifs présentés sur les sites

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 8 août 2018

 

 

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