LA FLÈCHE  (Sarthe)
Arrondissement et canton de La Flèche.
Région : Pays de la Loire.
 Population : 15.163 Fléchois en 2016.

 

D'une superficie de 7.421 hectares, et d'une altitude de 23 à 103 mètres,

la ville est traversée par la rivière le Loir, affluent de la Sarthe, et plusieurs ruisseaux.

 

 

Le Prytanée national militaire
 

 

En 1603, Henri IV fonda à la Flèche le collège qu'il confia aux Jésuites.

La première pierre fut posée par Henri de Beaumanoir de Lavardin en 1607.

 

De nombreux élèves du Collège, puis du Prytanée sont devenus célèbres :

Descartes, Mersenne, La Tour d'Auvergne, Dupetit-Thouars, Davout, Bourbaki, Catroux.

 

Metezeau qui travaillait encore à la Flèche en 1607 a pu dresser les plans des bâtiments. En 1612 la chapelle n'était pas encore terminée pour accueillir le coeur d'Henri IV et c'est Marie de Médicis qui demanda au Père Jésuite Martellange de terminer la construction.

 

Vues aériennes du site, avant 1950 et 1970.

Dès la réception du château construit par la grand-mère d'Henri IV, les jésuites lancent un exceptionnel

programme architectural qui s'articule autour de cinq cours s'alignant entre l'enceinte urbaine et la rue du collège.

Rapidement après l'ouverture du collège, le nombre des élèves dépasse 1200. Soumis à de nombreuses attaques,

les jésuites sont chassés en1762 et le collège devient une école militaire.

De 1776 à 1793, le collège est dirigé par les Pères de la Doctrine chrétienne.

 

Devenue veuve en 1537, Françoise d'Alençon décide de se retirer en sa seigneurie de La Flèche, qu'elle avait reçue en douaire de son mari Charles de Bourbon. Le vieux château féodal de la ville, actuel château des Carmes, étant trop vétuste et sans confort, Françoise d'Alençon fait construire un nouvel édifice. Le "Château-Neuf" est alors érigé entre 1539 et 1541 en dehors des remparts de la ville, à l'emplacement du Prytanée militaire, en suivant les plans de l'architecte Jean Delespine.

 

Dans l'axe de la rue Henri IV se dresse le majestueux portail de l'ancien collège des Jésuites,

occupé aujourd'hui par le Prytanée national militaire.

 

Pendant la période révolutionnaire, le collège est transformé en Ecole Centrale. En 1808, Napoléon décide d'y installer le Prytanée militaire. Durant le XX° siècle, cet établissement qui compte environ 400 élèves et qui est à plusieurs reprises menacé de fermeture porte plusieurs noms : Ecole royale militaire, Collège royal militaire, Prytanée impérial militaire, Prytanée national militaire. En 1921 est créé une annexe dans une caserne située à la sortie de la ville, qui porte le nom de quartier Gallieni. Aujourd'hui le Prytanée compte environ 900 élèves en lycée (quartier Gallieni) et en classes préparatoires aux grandes écoles militaires (quartier Henri IV, ancien Collège royal).

 

Ce portail, construit en 1653, vient clore un chantier qui aura duré un demi-siècle.

Sa composition soignée est caractéristique de l'architecture française de l'époque :

recherche de symétrie, accent sur l'élan vertical, emploi des éléments de l'architecture antique

(pilastres, entablement, frontons...).

Le décor fait une large place aux références du fondateur du collège, le roi Henri IV :

buste du monarque, armes et blason royal aux fleurs de lys.

 

Vue aérienne des jardins avant 1970. Vue de l'église Saint-Louis depuis la Cour d'Austerlitz.

Le Prytanée dispose de plus de treize hectares de parcs et jardins. Au XVIII° siècle, un jardin à la française

est venu remplacer le jardin de style Renaissance dessiné en 1542.

Au centre du jardin se trouve une fontaine, qui était à l’origine le lave-mains des pères Jésuites.

 

En entrant dans la Cour d'Austerlitz, ancienne Cour royale, on constate le contraste entre l'extérieur et cet espace carré. Dans la galerie, ouverte par douze arcades sur la cour, des plaques de marbre portent les noms de plus de 1.300 élèves tués au combat depuis 1914. Au-dessus de cette galerie, sur une longueur de 47 m se trouve la bibliothèque.

 

La chapelle Saint Louis.

 

La chapelle Saint-Louis, œuvre du père Ange-Étienne Martellange, est construite dans son gros œuvre

de 1607 à 1621. En 1616, Guillaume Fouquet de La Varenne, est inhumé dans la crypte,

et un monument funéraire lui est érigé en 1653.

 

La première campagne voit la construction du bâtiment de la salle des Actes et de l'église Saint Louis,

l'un et l'autre achevés en 1621. Progressivement, tout au long de la première moitié du XVII° siècle,

sont édifiées la cour des Pensionnaires et sa cour des communs, puis la cour des Pères,

elle-même accompagnée par une cour de communs, et derrière laquelle, de l'autre côté du fossé de l'enceinte,

se développe un grand parc occupant les anciens jardins du château.

 

D'allure sobre, le Prytanée est dominé par le clocher en bois de la chapelle Saint Louis, haut de 50 m,

et par une tour octogonale en pierre, achevée au XVIII° siècle et située au chevet de la chapelle.

 

L'intérieur de l'église avant 1970, et après la dernière restauration.

 

 Le grand retable du maître-autel est exécuté en 1633 par Pierre Corbineau. L’orgue et sa tribune sont des œuvres réalisées entre 1638 et 1640 par le facteur d'orgue Ambroise Le Vasseur et l’architecte Jacques Nadreau, en remplacement de l’orgue primitif, installé vraisemblablement en 1622, et dont on ignore presque tout. En 1648, des niches sont aménagées dans la partie haute des bras du transept pour accueillir, à leur mort, les cœurs du roi Henri IV et de la reine Marie de Médicis. Les chapelles latérales sont achevées en 1655, tandis que la décoration intérieure, de style baroque n’est quant à elle achevée qu’en 1693.

En 1722, Jean Dangeville procède au relèvement de l’orgue, lui ajoute un quatrième clavier, et en augmente la puissance selon l’esthétique française de l’époque. En 1793, dans le contexte de la Révolution française, les cénotaphes royaux contenant les cœurs d’Henri IV et de Marie de Médicis sont retirés de l’église et brûlés sur la place publique. Les cendres sont alors recueillies par un Fléchois, et placées en 1814 dans un reliquaire en forme de cœur dans une niche du bras nord du transept.

 

La bibliothèque. (Photo bibliothèque: https://www.prytanee.asso.fr/news/noblesse-oblige-406)

De forme voûtée, tel un long vaisseau, sa décoration intérieure présente deux fresques

des deux muses Calliope et Uranie, allégories des Lettres et des Sciences enseignées.

Dès l’origine du Collège royal, Henri IV attribue aux Jésuites une dotation perpétuelle de mille écus pour l’achat de livres, si bien qu’en 1776, la bibliothèque compte déjà pas moins de 4.869 ouvrages.

 

La bibliothèque du Prytanée offre trois fonds documentaires distincts.

▪ Un fonds historique ancien de 30.000 ouvrages environ, constitué sur quatre siècles de fonctionnement, depuis la bibliothèque des Jésuites jusqu'à la fin du XIX° siècle.
▪ Un fonds local de 2.000 documents concernant l'histoire du Prytanée national militaire, des brutions, et la ville de La Flèche.
▪ Un fonds moderne de 11.000 livres à l'usage des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles, des enseignants et du personnel du Prytanée.

 

Les Brutions.

 

C'est le terme qui désigne les élèves du Prytanée, dans l'argot de l'établissement.


Au début du XIX° siècle, les Prytanéens entrés à l'école n'en sortaient qu'à la fin de leurs études, sans aucune sortie et donc sans contact avec le monde extérieur. Ceux qui entrèrent ensuite à Saint Cyr découvraient là des élèves issus d'un univers policé qu'ils ignoraient, celui des fils de grande famille. Les Prytanéens furent mis à l'écart, considérés comme rustres et farouches. Pour s'imposer ils se battirent comme des lions. Or, dans l'Italie antique, les habitants de la province du Brutium étaient connus pour leurs moeurs farouches. Les élèves de Saint Cyr les baptisèrent lions de Brutium. Progressivement ce terme se transforma en Brution.

 

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.ville-lafleche.fr/

http://www.bibliotheque-du-prytanee.fr/
Dictionnaire des églises de France, 'Normandie",

Volume IVb, Editions Robert Laffont, 1968

Brochure 18 pages "Parcours La Flèche", Ville d'Art et d'Histoire

Panneau explicatif présenté à l'entre de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 8 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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