LA-FERTE-SAINT-BERNARD  (Sarthe)
Arrondissement de Mamers - Canton de La-Ferté-Saint-Bernard.
Région Pays de la Loire
 Population : 8.848 Fertois en 2016.

 

D'une superficie de 1.496 ha, et d'une altitude de 79 à 146 mètres,

la ville, surnommée "La Venise de l'Ouest, est traversée par la rivière l'Huisne

et le cours d'eau de la Même, un affluent de l'Huisne.

 

Etymologie : mentionnée pour la première fois au XI° siècle, la ville doit son nom de La Ferté

à un château bâti à cette époque sur les bords de l'Huisne alors fort marécageuse,

et celui de Bernard à la famille seigneuriale qui le posséda jusqu'au XIV° siècle.

 
 

Les anciennes halles

et la ville d'Art et Histoire
 

 

Entre Maine et Perche, le site est constitué de prairies grasses

et l'Huisne qui y batifole en plusieurs bras et une multitude de canaux.

 

Vues aériennes avant 1970 : la ville, la porte Saint Julien et l'église gothique Notre-Dame des Marais.

 

Les rois de France et d'Angleterre y eurent, dans le cours du XII° siècle, plusieurs entrevues. En 1424, le comte de Salisbury s'empare, après 4 mois de siège, de La Ferté que reprend peu de temps après un gentilhomme manceau Ambroise de Loré. Partagée par Louis XI entre le duc de Nemours et René de Lorraine, la seigneurie de La Ferté échut au 5° fils de ce dernier, Claude de Lorraine, ancêtre de la maison de Guise. Ceux-ci firent beaucoup pour le développement de la ville.

 

Les anciennes halles et la Place des Lices,

architecture civile des XV° et XVI° siècles, reflet de prospérité.

 

Les premières halles furent édifiées en 1486 mais, sur ordre d'Antoinette de Bourbon, duchesse de Guise,

un nouveau bâtiment fut construit avec un auditoire de justice au premier étage.

Dans ces solides halles, s'échangeaient le grain et les toiles de chanvre produites ici,

comme dans toutes les petites villes de la région, jusqu'au siècle dernier.

 

Les halles et la place, avant 1950.

Haute de 20 m, la façade principale, à deux niveaux, est structurée en trois travées coïncidant

avec la division intérieure en trois espaces séparés par des piliers en chêne,

soutenant depuis la base de l'édifice une impressionnante charpente visible depuis l'étage.

 

Dès la fin du Moyen Age, les halles assurent une double fonction, commerciale et judiciaire. Le rez-de-chaussée est dévolu à la vente des toiles, des grains et des viandes et l'étage sert de salle d'audience pour l'exercice de la justice seigneuriale et les assemblées du conseil des habitants.

 

Le bâtiment est soutenu par 14 piliers de bois octogonaux de 12 m de hauteur et 1,63 m de circonférence.

Equipement fonctionnel, les halles ont pour seuls éléments de décor quatre sculptures agrémentant le pignon.

La principale est celle dominant de grandes baies. Le pignon est encadré de crossettes ornementées

de deux lions portant autrefois les armoiries de la famille de Lorraine. Au-dessus du portail,

statue de Saint Louis, patron des marchands et l'extrémité du faîtage est couronnée d'un aigle.

 

Restées propriété de la famille Richelieu sous la Révolution, les halles sont rachetées par la commune en 1810. Si l'étage sert partiellement à l'exercice de la justice de proximité jusqu'en 1976, le rez-de-chaussée n'est plus utilisé pour le marché, d'où le projet d'y établir une salle des fêtes en 1899, usage conservé actuellement.

 

La ville, labellisée Ville d'Art et d'Histoire.

 

Construite entre les bras de l'Huisne, l'eau dans la ville est omniprésente...

La légende évoque 365 ponts et passerelles...

En saison touristique, à bords de bateaux électriques, une promenade est proposée pour les découvrir.

 

Vestiges de l'ancien château.

 

La structure générale du Castellum fondé du XI° siècle par Avesgaud est conservée.

La forteresse qui comprend à l'origine une motte, portant la tour maîtresse, dite tour du Trésor est placée

au centre d'une enceinte totalement entourée d'eau, sur laquelle s'appuient les principaux bâtiments.

 

Entrée du vieux château au début du XX° siècle,

d'après une gravure ancienne (monument disparu) et le château avant 1915.

Au 1° plan, la tour-Porche, à gauche la chapelle St Lyphard, à droite, la tour du Trésor.

La tour-porche met en communication par l'intermédiaire des lices, dont la place actuelle conserve le nom,

le château et la ville située dans l'ancienne basse-cour.

 

Partiellement détruit en 1392 sur ordre du roi Charles VI, suite à la tentative d'assassinat d'Olivier de Clisson, connétable de France par Pierre de Craon, seigneur de La Ferté, le château est alors confié à Louis 1er d'Orléans, frère du roi. Les reconstructions partielles du logis lui sont attribuées. La tour porche et la tour du Trésor sont détruites lors des travaux d'urbanisme vers 1830-1850 pour permettre le percement d'une rue. Aux XIX°-XX° siècles, l'édifice est amputé de son aile en retour le long du canal.

 

La porte Saint Julien.

 

Cette porte marque aujourd'hui la limite entre le centre historique

et les extensions des XIX° et XX° siècles de la ville.

 

Conçue pour l'artillerie, cette porte a été bâtie au XV° siècle, sous le règne de Louis XI.

Baignée par un bras de l'Huisne, elle s'ouvre dans un bâtiment carré flanqué de deux tours à mâchicoulis trilobés

et d'une poterne qui s'ouvraient en avant de la herse.

Plusieurs ouvertures de tirs marquant l'adaptation de la défense à l'artillerie sont visibles.

 

A partir de 1703, elle servit d'hôtel communal,

ce qui explique les modifications de niveaux et la fenêtre du premier étage.

 

Ouvrage militaire, la Porte Saint Julien possède aussi une fonction ostentatoire et juridique, comme lieu de perception de l'octroi : sa monumentalité et son décor expriment l'importance que se donne alors la cité. Ce rôle se trouve renforcé par l'abandon de sa vocation militaire après le siège de la ville en 1590 et son affectation comme hôtel de ville de 1703 à 1907.

 

Dans les années 1870, pour faciliter l'accès à l'étage, une tourelle d'escalier est ajoutée par l'architecte Darcy.

Aujourd'hui, la porte sert de cadre à des expositions sur la région.

 

L'hôtel de ville.

 

Le 13 octobre 1907, Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères, et Caillaux, député de la Sarthe

et ministre des Finances, inauguraient le nouvel hôtel de ville.

 

La mairie avant 1910 et en 2018.

C'est un ancien presbytère, construit pour abriter le curé et ses vicaires, en 1869.

Il changera de destination en 1906, date de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

 

La grande rue commerçante, menant de la Porte Saint Julien à l'église Notre-Dame des Marais.

La ville s'est beaucoup développée au cours des dernières années et le tissu urbain

a été profondément bouleversé. Dotée de quelques industries, elle est avant tout,

un centre de service et de commerce pour la campagne alentour.

 

L'ancien couvent des Filles de Notre-Dame.

 

Après une période de croissance urbaine,

le XVII° siècle est marqué par le confinement de la ville a l'intérieur de ses murs.

Toutefois, des ordres religieux, privilégiant une implantation urbaine,

s'installent dans les Faubourgs, dont les Récollets en 1602, à l'Est.

A l'Ouest, en 1631-1636, ce sont les Filles de Notre Dame qui occupent le faubourg des Guillotières.

 

Les bâtiments des Filles de Notre-Dame, partiellement conservés,

ne sont cependant édifiés qu'à la fin du XVII° siècle.

 

Le poète et dramaturge français : Robert Garnier.

 

Ce poète du XVI° siècle, admirateur et ami de Ronsard, est né dans une maison aujourd'hui disparue,

mais dont la façade porte une plaque commémorative.

Il fut l'un des meilleurs artisans de la versification. Ses vers vigoureux font pressentir le vers cornélien.

 

Robert Garnier est né à La Ferté-Bernard vers 1545, et mort au Mans le 20 septembre 1590.

 

Il naît dans une famille bourgeoise du Maine, relativement aisée et alliée à la noblesse locale. Dès 1563, on le trouve à Toulouse où il fait ses études de droit et où il obtient deux prix artistiques, la violette (2° prix), puis l'églantine (1er prix) aux Jeux floraux en 1564 et 1566. Ces prix récompensent deux chants royaux qui ont pour sujet le retour de la paix en France. Il compose également trois inscriptions et trois sonnets pour l'entrée de la Cour dans la ville (février 1565). Le recueil de poèmes amoureux Les Plaintes amoureuses est perdu. Les deux facettes du personnage émergent durant cette période, il sera juriste de profession et poète de cœur.

 

¬ Portrait de Robert Garnier.

 

En 1567, le dramaturge devient avocat général du roi au parlement de Paris. Parallèlement, il publie "L' Hymne de la monarchie", dédié à Guy du Faur de Pibrac. Le poète est l'auteur de pièces à sujets romains comme "Porcie", "Cornélie" et "Marc Antoine", mais aussi d'une tragédie à sujet biblique, "Les Juives", en 1583, et d'une tragi-comédie, "Bradamante" en 1582, inspirée du "Roland furieux" de l'Arioste. Il s'intéresse aussi aux sujets grecs avec "Hippolyte", "La Troade" et "Antigone".

 

Même si la cour n'a jamais réellement apprécié le talent de Robert Garnier, il a toujours jouit de l’estime des poètes et des lecteurs lettrés qui voyaient en lui le plus grand dramaturge français après Étienne Jodelle. Sa notoriété atteignit même l'Outre-Manche puisqu'il apparaît que deux de ses tragédies, Cornélie et Marc Antoine, furent traduites et exercèrent une influence certaine sur la tragédie élisabéthaine.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Gravure Robert Garnier : https://commons.wikimedia.org/

"La Ferte-Bernard et ses Environs", de Léopold Charles

Monographie des villes et villages, Le Livre d'Histoire, 2004

"Parcours-découverte" du Centre historique, 24 pages

Ville d'Art et d'Histoire du Perche Sarthois, 1999

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 13 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville