BESSÉ-SUR-BRAYE (Sarthe)
Arrondissement de Mamers -  Canton de Saint Calais.

Région Pays-de-la-Loire.
 Population : 2.222 Besséens en 2016.

 

D'une superficie de 2.060 hectares, et d'une altitude de 64 à 154 mètres,

la ville est baignée par la rivière la Braye, un affluent du Loir,

et située dans la région naturelle du Perche.

 

  Dès le XVIII° siècle, la ville est un centre industriel,

avec l'ancienne société de filature et tissage de Bessé-sur-Braye, créée en 1840 :

 tissage mécanique de coton, teinture et apprêts, et la papèterie de Bessé-sur-Braye de 1824,

qui appartient aujourd'hui au groupe ArjoWiggins et emploie 568 personnes.

 

Vues aériennes avant 1970 : le centre ville

et l'église Notre-Dame de l'Assomption de la fin du XIX° siècle, de style néo-gothique.

La 2° église sera détruite à partir du 10 février 1895,

après que sa remplaçante, la troisième, eut été achevée en août 1894.

 

Construite au XVI° siècle, la 2° église bâtie eut la particularité d’être séparée de son clocher et de la tour de ce dernier. Elle fut consacrée le 10 octobre 1529 par Jean Ronsard, curé de la Paroisse. A l’extérieur elle avait, à l’Ouest un portail de style Renaissance et son fameux clocher à dôme posé sur une tour carrée séparée du corps de bâtiment principal.

A l’intérieur, à gauche du chœur, se trouvait la chapelle de Sainte Catherine construite en 1454 par Jehan II Le Tort. C’est en cet endroit que fut inhumé Gilles de Souvré en 1626, dans le mausolée familial qui fut détruit par la Révolution pour récupérer le plomb des cercueils de son père et le sien. A droite du chœur, se trouvait celle de La Croix qui fut élevée en 1821, par les Montesquiou.

 

 

Château de Courtanvaux,

du XV° siècle.

 

 

Le château n'a jamais été vendu jusqu'à son rachat par la commune en 1978.

Il s'est transmis par héritages ou par mariages

et trois familles se sont succédées, aménageant sans cesse le domaine.

 

Vue aérienne du château, avant 1970.

 

L'allée menant au château, et le pigeonnier du XV° siècle.

Il se situe à l'écart des habitations pour limiter les dégradations causées par les volatiles.

Un bandeau saillant est épaulé au niveau du toit pour barrer l'accès aux rongeurs et protéger les boulins.

La tour maçonnée adopte une forme ronde classique.

Son toit conique dispose d'une lucarne servant de passerelle d'envol pour les oiseaux.

 

La possession d'un pigeonnier constituait un privilège jusqu'en 1789. C'était une source de puissance et de richesse au Moyen Age. La consommation de viande fraîche et d'oeufs était appréciée et permettait de diversifier l'alimentation. De plus, la fiente constituait un engrais très prisé et représentait une source de revenus complémentaires pour les propriétaires. Les plumes pouvaient également être utilisées pour confectionner couettes et lits.

 

La porte d'entrée. La construction de ce château, l'un des plus importants de la région,

est sans doute due à Jacques de Berziau, contrôleur des finances sous Charles VIII.

 

Son petit-neveu, Gilles de Souvré (1540-1626), compagnon d'Henri III et gouverneur de Touraine, obtint l'érection de Courtanvaux en marquisat en 1609. Il devint gouverneur de Louis XIII enfant, et maréchal de France. Son arrière petite fille Anne de Souvré, épousa François-Michel Le Tellier, le marquis de Louvois, célèbre ministre de Louis XIV.

 

La porte d'entrée Renaissance date de 1582. Elle est  flanquée de deux tourelles rondes,

sculptées avec arabesques et entrelacs, que surmontent des dômes à lanternons.

Douves sèches, échauguettes ou mâchicoulis :

ce procédé est typique des nouveaux nobles pour affirmer leur pouvoir, tel les seigneurs médiévaux.

 

Sous l'Empire, Louise Le Tellier, épouse du comte de Montesquiou, fut gouvernante du roi de Rome, "sa maman Quiou". Courtanvaux est restée dans la famille de Montesquiou jusqu'à ce que la ville de Bessé en fait l'acquisition. Elle en a fait un centre culturel.

 

La porte est surmontée de trois niches et d'un grand motif sculpté destiné à recevoir les armoiries,

puis d'une frise qui court même sur les tours rondes.

Ces tours sont coiffées de deux calottes d'ardoises à lanternon dans lesquelles prennent place deux lucarnes

à la décoration luxuriante. Cette porte, qui date de la seconde Renaissance,

est la partie la plus intéressante du château.

 

Depuis la cour d'honneur, vue sur la porte, et au fond, le pigeonnier.

 

Le grand logis, édifié au XV° siècle,

est considéré comme un exemple de la fin de la période gothique.

 

La façade est percée de fenêtres à meneaux et ornée de décors néogothiques,

preuve des restaurations subies au XIX° siècle.

 

Le château conserve les traces de l'ancien manoir médiéval : ouvertures pour le pont-levis.

 

 

Avec ses tourelles d'escalier saillantes, la façade Ouest est très plaisante.

Elle donne sur le jardin avec massifs de buis formant des arabesques.

 

 

Le grand hall d'entrée et la salle des gardes.

Statue d'Anatole de Montesquiou-Fezensac (Paris 1788 / Bessé 1878), fils d'Elisabeth Pierre de Montesquiou.

Aide de camp de Napoléon 1er, musicien, écrivain et poète.

 

Buste d'Elisabeth de Montesquiou-Fezensac (Paris 1765 / Bessé 1834),

Premier des Montesquiou à être propriétaire du château de Courtanvaux

par son mariage avec Louise-Charlotte Le Tellier en 1781.

Nommé grand chambellan de France en 1809 par Napoléon 1er pour remplacer Talleyrand,

et comte de l'Empire la même année.

Il se retire en exil à Courtanvaux, après 1815 (chute de l'Empire).

 

 

 

Au XIX° siècle, l'intérieur du château a été aménagé en galerie

et salons successifs ornés de cheminées dans l'esprit du XV° siècle.

 

L'intérieur du château, a été restauré au XIX° siècle et comporte des portes à galandage,

croisées d'ogives en Y, et des miroirs incrustés dans les volets.

 

 

Le grand salon.

 

La grande cheminé d'esprit du XV° siècle de la salle à manger.

 

Les cuisines.

 

Le petit logis date de l'époque Louis XII, de même que l'essentiel du grand logis.

 

Anatole Marie Odon de Montesquiou-Fézensac (1836-1882), a épousé la princesse roumaine Marie Bibesco (ro) (1845-1929) en 1867. À la mort de son mari, celle-ci hérite du château et à la charnière des XIX° et XX° siècles, le modifie, refait la décoration et le modernise complètement : chauffage à air pulsé, téléphone d'intérieur, cuisines, éclairage au gaz...

 

 

Façade, côté haute cour, très remaniée au XIX° siècle.

Cette restauration, en uniformisant fenêtres et lucarnes, lui a fait perdre toute sa fantaisie.

 

La chapelle seigneuriale,

construite en 1454 en l'honneur de Notre-Dame de Lorette.

 

L'enceinte et ses deux échauguettes, la chapelle et le grand logis,

et en arrière plan sur la gauche, le petit logis.

 

 Fondée en 1454, la chapelle castrale est dédiée à Notre-Dame-de-Lorette,

et dotée d'un portail néogothique. La porte d'origine, aujourd'hui murée, faisait face au grand château.

Le portail d'accès néo-gothique fut aménagé par la famille Montesquiou-Fézensac

dont le blason surmonte la porte.

 

 

Le vitrail principal date de 1883, oeuvre d'un maître verrier du Mans.

Les blasons représentés dans la sacristie et sur les clefs de voûtes

sont celles des familles Le Tellier / Montesquiou-Fézensac.

 

Les jardins.

 

Vue aérienne sur la cour d'honneur, avant 1970,  le parc et les bois.

 

Dans la cour d’honneur, les parterres de rosiers, cernés de chèvrefeuilles arbustifs et ponctués d’ifs d’Irlande

taillés en cylindre court, entretiennent l’illusion d’un jardin dans le goût de la Renaissance.

 

Le mur d'enceinte et ses échauguettes.

 

 

L'échauguette désignait aux XIV° et XV° siècles, la sentinelle par extension,

la tourelle destinée à abriter le veilleur surveillant l'horizon.

Ces constructions caractérisaient le système défensif des fortifications médiévales.

 

A l'origine les échauguettes étaient de simples tourelles en bois. Par la suite, elles furent construites en pierre,

fermées et couvertes pour faire partie intégrante des fortifications.  Le plus souvent,

elles ornaient les angles des constructions défensives ou étaient aménagées à proximité des portes.

 

L'orangerie a été bâtie dans le courant du XIX° siècle.

 

Les écuries du XIX° siècle. Tout au long du XIX° siècle, le lieu va revivre,

sous l'égide du comte Anatole de Montesquiou-Fezensac (1788-1878) qui y adjoint une orangerie et les écuries.

 

Le parc à l'anglaise, et entrée du bois.

Le parc à l'anglaise fait face au grand château alors que la cour intérieure abrite un élégant jardin à la française.

Courtanvaux représente aujourd'hui un domaine de près de 68 ha, avec, autour du château, chemins de

randonnées pédestres et cyclistes à travers bois, plan d'eau, jeux pour enfants ou encore aires de pique-nique.

 

L'été, les communs du château (orangerie, écuries, salle des calèches) sont ouverts dans le cadre d'un festival d'arts plastiques permettant aux amateurs ou aux simples promeneurs de découvrir peintures, sculptures, photographies, poteries... et de rencontrer les artistes présents.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.besse-sur-braye.fr/

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 10 août 2018

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville