LA BOULAYE  (Saône-et-Loire)
Arrondissement d'Autun - Canton d'Autun.
Région Bourgogne-Franche-Comté.
 Population : 106 Boulayains ou Boulayois en 2014.

 

D'une superficie de 1.386 hectares, et d'une altitude de 256 à 481 mètres,

le temple est situé sur le domaine du château de la Plaige.

 

 

Temple bouddhiste des 1000 Bouddhas

 

 

Le Temple des mille Bouddhas, de style bhoutanais est à trois niveaux.

Il  comporte des statues de Bouddhas de différentes tailles,

de nombreuses peintures (thangka), des fresques murales et des frises.

 

Ce centre a été fondé en 1974 par un couple de disciples français de Kalou Rinpoché Didier Garanger, dit Didier de Plaige et son épouse, et le nouveau Temple des mille Bouddhas a été inauguré officiellement le 22 août 1987. Il est le premier temple himalayen d'Europe, et est construit sur le modèle du premier temple édifié au Tibet, le Temple de Samyé.

 

 

Entrée du Temple, inauguré en 1987.

 

C'est au cours de son second voyage en occident en 1974 que Kyabjé Kalou Rinpoché créa le centre Dashang Kagyu Ling, premier lieu en occident permettant d'accomplir la retraite traditionnelle de 3 ans. Kalu Rinpoché, le second, lui succède aujourd'hui, comme détenteur de la lignée Shangpa. Cette lignée spirituelle du bouddhisme tibétain qui remonte au XI° siècle fut importée au Tibet par Kyungpo Neljor, et traversa le temps grâce à de nombreux maîtres qui surent la préserver.

 

Vue d'ensemble sur le temple depuis le stupa.

 

Le stupa.

 

A l'origine, monument reliquaire indien, le stupa est devenu dans le contexte bouddhique,

une représentation de l'esprit du Bouddha.

 

Son architecture symbolise les différentes étapes pour atteindre l'Eveil.

Ses formes rappellent les 5 éléments (terre, eau, feu, air et espace).

Au sommet de sa flèche, le soleil et le croissant de lune évoquent

deux qualités primordiales à développer : la sagesse associée à la compassion.

 

 

Grand escalier d'accès au parvis du temple.

 

 

Vue sur le parvis depuis le grand Temple.

 

Les petits temples.

 

Un moulin à prière : faire tourner le grand cylindre qui contient des millions

de mantras, c'est rendre agissantes ces prières.

 

Il est bien clair que seule une réelle motivation peut avoir un tel effet. Il en est de même lorsqu'on regarde le vent emporter au loin les prières imprimées sur les drapeaux colorés qui flottent un peu partout : les "chevaux de vent".

 

 

Le temple des lumières est accessible à tous ceux qui désirent allumer une votive,

la vocation de celle-ci étant identique à celle d'un cierge d'église,

(souhait pour autrui ou nous même).

 

Le temple.

 

Temple des lumières, et le temple.

L'esplanade du Temple est entourée de 35 petits stupas.

 

La structure du temple à 3 étages évoque le corps, la parole et l'esprit de Bouddha.

 

Ces 35 stupas répondent au grand stupa érigé en 1980. Ces monuments typiques du bouddhisme célèbrent sept importants moments de la vie du Bouddha. Ils renferment notamment des reliques, des textes sacrés et les dons divers des fidèles. En faire le tour dans le sens des aiguilles d'une montre (circumambulation) permet de purifier les voiles de son esprit et d'accumuler des mérites.

 

Le temple mesure 26 m de long, 22 m de large et 20 m de haut.

Le gros oeuvre a été réalisé par une entreprise et ce sont des artistes venus du Bhoutan

et de nombreux bénévoles qui, sous la direction des Lamas,

ont assuré les finitions et la décoration.

Le financement a été, et continue à être assuré par des dons, souvent modestes.

 

Tous les bas reliefs sont des évocations symboliques propres à la tradition.

Les quatre piliers de la façade renvoient aux Quatre Nobles Vérités.

En haut du grand escalier, quatre grandes figures courroucées

qui protègent symboliquement le temple

des mauvaises influences pouvant survenir des quatre directions.

 

La roue du Dharma et les 2 biches.

Le pinacle doré correspond à l'union de l'ouverture du coeur et de la sagesse.

Les quatre makaras figurant aux angles du toit,

sont des décorations qui rappellent nos gargouilles.

 

Cet ensemble illustre la mise en mouvement des enseignements donnés par le Bouddha. Ses huit rayons évoquent le Noble sentier octuple. Les deux biches disposées de façon symétrique de chaque côté rappellent le lieu où le Bouddha dispensa son  premier enseignement : le parc des gazelles.

 

 

Portail d'accès à la salle des prières.

 

La galerie extérieure du temple.

 

Cette galerie permet d'admirer les statues monumentales du Temple,

les fresques murales, le mandala de sable et quelques objets de rituels,

ainsi que des expositions temporaires proposées régulièrement.

 

La roue du cycle des existences, et l'autre, le monde selon la cosmogonie bouddhique

avec au centre le Mont Mérou représentant le Kailash, la montagne sacrée du Tibet.

 

Cette roue synthétise le conditionnement de tous les êtres. Les trois animaux qui figurent en son centre représentent les trois passions principales à dompter : l'ignorance, l'attachement et la haine ou l'agressivité.

 

La galerie intérieure du Temple (partie ouverte à la visite).

 

 

Devant le mur du fond, se dressent trois statues monumentales représentant :

au centre le bouddha sakyamouni (7 mètres de haut),

à droite, Tara Verte, la mère des Bouddhas, et à gauche Gourou Rinpoché.

 

▪ Au centre, le Bouddha historique.

▪ A gauche, Gourou Rinpoché (le Précieux Maître) qui introduisit le bouddhisme au Tibet au Ville siècle de notre ère. Il tient dans sa main droite le dordjé qui symbolise la compassion immuable et dans sa main gauche, un kapala qui constitue le réceptacle du nectar de sagesse.

▪ A droite, la jeune fille de couleur verte : Tara, la déité au féminin qui représente la compassion agissante. Elle tient un lotus symbole de pureté (née dans la vase, sa fleur traverse l'eau pour venir s'épanouir au soleil).

 

La galerie de circulation et en-dessous, la grande salle du rez-de-chaussée.

 

Le plafond est orné de six grands mandalas peints et de nombreuses peintures murales

illustrant la vie du Bouddha et les différentes lignées qui lui ont succédé.

 

Dans la travée de droite, une statue blanche plus petite représente Tchenrézi

qui incarne la compassion de tous les Bouddhas. Il est la divinité la plus populaire

du Tibet où chacun égrène son mala (chapelet) en récitant son mantra (invocation).

 

Le mandala de sable. Un mandala est à la fois extérieur, intérieur et secret.

Au fond , rangés dans une bibliothèque les textes sacrés (Soutras et tantras).

 

Le mandala extérieur désigne l'univers en sou entier. Le mandala intérieur correspond au corps, et le mandala secret à l'esprit. A ces trois niveaux, on retrouve les 5 éléments : terre, eau, feu, air, espace. Quand ces 5 éléments sont en déséquilibre, il se produit dans l'univers des catastrophes naturelles et des conflits : dans le corps, ce sont des maladies et des souffrances; dans l'esprit, des maladies mentales, des vues erronées, des émotions... Fabriquer un mandala a pour fonction de rééquilibrer les éléments, et ainsi de contribuer à apaiser les conflits, à guérir les malades, à harmoniser les relations avec les autres et avec soi-même.

 

Les pratiques méditatives de divinités dans le Véhicule de diamant (le Vajrayana), impliquent les trois niveaux du corps (gestes, moudras), de la parole (récitation de la liturgie et des mantras) et de l'esprit (visualisation, méditation sans sujet et sans objet). Elles suivent deux phases :

▪ La 1° phase est la phase de visualisation progressive de la divinité, de son entourage et de son  palais. C'est la phase de développement.

▪ La 2° phase consiste en une résorption de ces différents éléments dans la sphère de la réalisé ultime unique, la vacuité félicité. C'est la phase de dissolution.

 

Un mandala éphémère suit ces deux mêmes phases. Après un rituel dédié à la divinité dont on fabrique le mandala, les lamas déposent les premiers sables au coeur de la divinité et ils progressent dans toutes les directions, du centre vers l'extérieur. C'est la phase de développement.

 

Le mandala une fois terminé est conservé pour que les visiteurs puissent le contempler. La seconde phase, la phase de dissolution, commence par un rituel, puis les sables sont rassemblés dans une urne et répandus dans la rivière voisine d'où ils gagneront lentement tous les océans, porteurs de souhaits de paix et d'harmonie pour les êtres, du monde entier.

 

Dans la composition des sables, il entre des substances sacrées : le sable du mandala de Chakrasambara réalisé par le Bouddha Sakyamouni, la roche blanche du Mont Kailash (Tibet) les sables des 5 couleurs du lac Tso Mé Pam... Le sable de base est le produit d'un concassage industriel de roches de la France. Les couleurs sont données par des pigments naturels secs mélangés aux sables.

 

Les murs de la galerie sont ornés de nombreuses peintures murales,

dont un grand portait de Kalou Rinpoché en méditation devant la chaîne de l'Himalaya.

 

 

Les 5 familles de Bouddhas.

Dans le Vajrayana (le Véhicule de diamant), tous les phénomènes extérieures et intérieurs,

dans leur aspect pur, sont regroupés en 5 familles : Ratna (Joyau), Péma (Lotus),

Karma (Action), Bouddha, Vajra (Diamant),

qui sont représentés par 5 Bouddhas de méditation en union avec leur parèdres.

Ces 5 familles sont liées aux 5 émotions principales, aux 5 éléments, aux 5 skandhas

(agrégats constitutifs de l'être humain) et aux 5 couleurs de base.

 

▪ Le Bouddha Vairocana est l'agrégat de la forme purifié. Il correspond à l'émotion et l'ignorance transformée en sagesse de la nature en soi, à l'élément espace. Il est donc de couleur blanche. Il est uni à Dhatisvari, essence pure de l'espace.

 

▪ Le Bouddha Ratnasambhava est l'agrégat de la sensation purifié. Il est en correspondance avec l'émotion de l'orgueil transformée en sagesse de l'équanimité, avec l'élément terre, avec la couleur jaune. Il est uni à Mamaki, essence pure de l'eau.

 

▪ Le Bouddha Amitabha est l'agrégat de la perception purifiée. Il correspond à l'émotion du désir-attachement transformée en sagesse du discernement, et à l'élément feu. Sa couleur est rouge. Il est uni à Pandaravasini, essence pure du feu.

 

▪ Le Bouddha Amoghasiddhi est l'agrégat des facteurs mentaux purifié. Il correspond à l'émotion de la jalousie transformée en la sagesse qui accomplit tout. Son élément est l'air et sa couleur le vert. Il est uni à Samayatara, essence pure de l'air.

 

▪ Le Bouddha Aksobhya est l'agrégat de la conscience purifié. Il correspond à l'émotion de la colère transformée en sagesse semblable au miroir. Son élément est la terre. Sa couleur le bleu. Il est uni à Locana, essence pure de la terre.

 

 

 

Il y a 2500 ans le prince indien Siddharta Gautama, à l'issue d'une retraite de sept années, consacrée à une méditation profonde sur l'esprit, atteignit l'Eveil, c'est-à-dire avec la sérénité, la connaissance de toutes les choses. Il enseigna ensuite pendant 45 ans à d'innombrables disciples, se refusant toutefois à imposer un dogme.

 

 

Exposition de différents objets, et peintures sacrées, les tangkas.

 

Dans son premier enseignement sur les "Quatre Nobles Vérités", Siddharta Gautama constate que l'existence des êtres est dominée ou imprégnée par de nombreuses souffrances. Il explique ensuite que l'origine de ces souffrances est en nous, en particulier dans notre ego. Il montre enfin comment les faire cesser et parvenir au bonheur immuable par la sagesse.

 

La grande salle du temple (photos prises depuis la galerie supérieure).

 

La grande salle est consacrée aux enseignements et aux pratiques.

 

Cette grande salle est ouverte au moment des offices (puja)

le matin à 9 heures et le soir à 18 heures.

 

Dans l'allée du milieu devant le Bouddha

se trouve l'autel où chaque jour sont renouvelées les offrandes :

eau pour se désaltérer, se laver, fleurs, encens, lumière, parfum, nourriture, musique.

Du plafond pendent les bannières de victoire contre les émotions : orgueil, désir, haine...

 

Derrière le temple, ce grand édifice comporte une boutique et un bureau d'accueil.

Il renseigne  les Bouddhistes et transmet les stages non bouddhistes.

 

Dans l'enceinte du monastère, le château de Plaige.

Deux centres abritent les retraites de longues durée (hommes et femmes),

où se déroulent des retraites de trois ans, trois mois et trois jours.

 

Palden Shangpa La Boulaye.

Centre du bouddhisme Vajrayana : le véhicule de diamant.

 

L'architecture, le décor sont en rapport avec les trois chemins du bouddhisme, appelés véhicules.

 

▪ Le 1° véhicule (hinayana). Il mène à la purification de l'esprit par la pratique des actes positifs et l'abandon des actes négatifs.

 

▪ Le grand véhicule (mahayana) où l'on développe la compassion pour les autres et la compréhension de la nature ultime.

 

▪ Le véhicule de diamant (Vajrayana) qui met l'accent sur la relation maître-disciple et englobe les méditations les plus profondes.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dépliant 8 volets "Temple bouddhiste La Boulaye, remis à l'accueil

Feuillet remis en prêt aux visiteurs

C.P.A. collection privée, en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, 13 juin 2017 

 

 

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