VIMY  (Pas-de-Calais)

Région des Hauts-de-France.

Arrondissement de Lens - Canton Liévin.
 Population : 4.265 Vimynois en 2016.

 

D'une superficie de 1.133 hectares, et d'une altitude de 49 à 146 mètres.

Le plateau de Vimy domine le bassin minier de Lens, tandis que la partie basse de la ville

est située dans la plaine de la Gohelle, qui s'étend au pied de la crête de Vimy.

 

Vues aériennes du centre ville, avant 1970.

Dans le fond, les houillères de Lens et ses terrils.

 

 

Mémorial National du Canada
 

 

 Vimy fut à plusieurs reprises le théâtre de sanglants combats entre Français, Britanniques,

Canadiens d'une part, et Allemands d'autre part :

en octobre 1914, de mai à septembre 1915, 130.000 morts Français et le 9 avril 1917,

date à laquelle les Canadiens du Général Byng s'illustrèrent courageusement.

 

Vue aérienne, avant 1970.

La crête, dominant  la plaine de 61 mètres, était la position Allemande la plus puissante

de tout le nord-ouest de la France et avait résisté trois ans aux attaques des Alliés.

 

Elevé à la mémoire des 66.655 Canadiens morts pendant la Première Guerre mondiale,

c'est le plus prestigieux des monuments canadiens en Europe.

Cette construction, oeuvre de Walter S. Allward, sculpteur de Toronto a été édifiée sur le terrain

cédé au Canada en 1922 et inaugurée par le roi d'Angleterre Edouard VIII le 26 juillet 1936.

La construction a nécessité 5.500 tonnes de pierre venue de Yougoslavie

Il a fallu 11 ans pour ériger ce majestueux monument qui se dresse sur un socle

de 11.000 tonnes de béton, armé de centaines de tonnes d'acier.

 

Les deux tours quadrangulaires blanches, une d'elles présentant des feuilles d'érable du Canada

et l'autre la fleur de lys de la France, symbolisent les sacrifices des deux pays.

 

Au haut, on peut voir des statues représentant la Paix et la Justice. Au-dessous, sur le dos des tours, on retrouve les statues de la Vérité et du Savoir. Autour de ces statues figurent les blasons du Canada, de la Grande-Bretagne et de la France. A la base des tours, un jeune soldat mourant, l'Esprit du sacrifice, et le Porteur du flambeau. De chaque côté de l'escalier, une statue d'un homme et une statue d'une femme représentant les endeuillés.

 

La majeure partie des 100 hectares du site sont interdits au public. Le terrain accidenté

et les grandes zones boisées, en plus des nombreuses munitions qui n'ont pas été déterrées,

qui n'ont pas explosé, et qui jonchent toujours l'ancien champ de bataille,

rendent impossible et beaucoup trop dangereuse la tonte du gazon.

Ainsi, un troupeau de moutons broute sur le site afin que le gazon soit "coupé".

 

Ses deux tours quadrangulaires et ses statues sont faites de près de 6000 tonnes de pierre calcaire

provenant d'une carrière abandonnée, située près de la mer Adriatique (aujourd'hui en Croatie).

Les statues ont été sculptées à l'endroit où elles se trouvent aujourd'hui.

 

Une statue avec une mante a été sculptée à même un bloc de pierre de 30 tonnes et elle se trouve devant le monument qui surplombe la plaine de Douai. Cette statue d'une femme représente le Canada : un jeune pays qui pleure ses morts.

 

De chaque côté des murs avant, à la base des marches, se trouvent les Défendeurs,

deux groupes de statues appelées Rupture de l'épée et Compassion des Canadiens pour les faibles.

Au-dessus de chaque groupe figure un canon drapé de laurier et de branches d'olivier.

 

Tombe drapée de branches de laurier, où l'on peut voir un casque et une épée.

 

Gravé sur les parois du monument se trouve les 11.285 soldats canadiens qui ont péri en France et dont le lieu d'inhumation était alors inconnu. Depuis le vaste terre-plein en pierre qui surplombe les vastes champs et le paysage onduleux du nord de la France, on peut voir d'autres endroits où les Canadiens combattirent et périrent durant la guerre. Plus de 7000 d'entre eux sont inhumés dans 30 cimetières militaires situés dans un rayon de 20 kilomètres autour du Mémorial.

 

Entrée du bâtiment des visiteurs.

 

Le Centre des visiteurs, inauguré le 9 novembre 1997.

 

Le Centre présente des informations sur les évènements qui se sont déroulés à la crête de Vimy durant la Première Guerre Mondiale et sur le rôle du Corps Canadien dans la prise de cet important terrain surélevé dans le cadre de la bataille de la crête de Vimy, qui a eu lieu du 9 au 12 avril 1917.

 

On y trouve des cartes, des tableaux de présentation, des photos, des objets militaires

et des artéfacts personnels. Un film présente des séquences documentaires.

 

Les cimetières.

 

Plus de 3.000 soldats de la Première Guerre mondiale sont honorés dans ce cimetière,

y compris plus de 370 Canadiens qui ont perdu la vie durant la bataille de la crête de Vimy.

 

Cimetière Canadien n° 2.

Ce cimetière a été mis en place par le Corps canadien après les combats à la crête de Vimy.

La majeure partie des soldats tombés au combat ont été enterrés ici

durant les années qui ont suivi la fin de la guerre.

 

 

 

Les soldats provenaient de champs de bataille des environs et de tombes isolées situées à proximité.

 

 

29 soldats canadiens inhumés à l'époque dans le cimetière de la 11° Brigade de l'Infanterie Canadienne

et dans le cimetière Canadien situé près du cratère Artilleur, mais dont les sépultures sont aujourd'hui perdues,

y sont commémorés, grâce à des monuments commémoratifs spéciaux

sur lesquels est gravée la citation suivante : "Jamais leur gloire ne sera effacée).

 

Cimetière canadien du Chemin de Givenchy.

 

Dans ce cimetière appelé au départ CD.1, se trouvent les tombes des soldats

qui sont tombés au combat du 9 au 13 avril 1917. Plus de 100 Canadiens qui ont combattu

et qui sont morts durant la bataille de la Crête de Vimy sont enterrés ici.

 

Vues aériennes du site avant 1970.

Les nombreux cratères sont le résultat du tir d'artilleries lourdes et des explosions

de mines souterraines puissantes qui ont transformé ce terrain durant la Première Guerre Mondiale.

 

Les cratères offraient une certaine protection contre le tir ennemi pendant une attaque

et on attribuait parfois des noms aux plus grands cratères, qui rappelaient le pays des soldats.

 

Entrée des tranchées libres d'accès.

 

Le front de la Première Guerre mondiale comprenait un énorme réseau de tranchées,

de tunnels souterrains et d'abris.

 

En préparation à la bataille de la crête, cinq compagnies britanniques de tunneliers ont creusé 14 "passages souterrains" dans le secteur du Corps canadien ; le plus long de ces tunnels était de 1700 mètres. Ces tunnels particuliers reliaient les lignes de la réserve aux lignes du front et, ainsi les soldats pouvaient se rendre rapidement au front sans être repérés par l'ennemi. Les principaux passages souterrains étaient en général d'une hauteur de deux mètres et d'une largeur d'un mètre et ils se trouvaient de 7 à 10 m sous la surface, afin d'assurer une protection contre le tir d'artillerie lourde.

 

 

Les tranchées à l'air libre des deux ennemis n'étaient distantes que d'une quinzaine de mètres.

On peut les parcourir entre les cratères formés par les tirs de mines souterraines des points stratégiques de premier ordre pour la protection des houillères de Lens que l'on voit très bien du terreplein du mémorial.

 

Ces importants réseaux comprenaient des voies ferrées légères, des postes de secours, des postes de commandement, des réservoirs d'eau, des entrepôts de munitions, des postes de mortier et de mitrailleuse et des centres de communication. Une partie du passage souterrain Grange, qui était au départ d'une longueur de 1230 mètres est désormais accessible au public, (mais malheureusement fermé lors de mon passage).

 

 

Dans les tranchées souterraines, on comprend facilement l'épreuve des soldats :  chambrées et infirmeries

minuscules ne permettant pas même l'usage de brancards, techniques rudimentaires de creusement.

 

Les tranchées que l'on peut voir ont été reconstruites de 1925 à 1927. Elles se trouvent aux mêmes positions que les avant-postes originaux canadiens et allemands de 1917. A un moment les tranchées des forces qui s'opposaient n'étaient qu'à 25 mètres les unes des autres. La longueur de ce réseau était de sept kilomètres.

 

Un petit cadre champêtre verdoyant sépare les tranchées du bâtiment des visiteurs.

 

Pendant la majeure partie de la Première Guerre mondiale, le front ouest était une impasse où avaient lieu des combats de tranchées. Les soldats faisaient face à l'ennemi de l'autre côté d'une étroite bande de terrain, qui séparait les forces des deux camps : une "zone neutre" rude où s'y trouvait de la boue, des fils barbelés, et des cratères d'obus. Cette zone était balayée par des tirs meurtriers de carabine, de mitrailleuse et d'artillerie. Les soldats devaient traverser ce terrain pour sortir des tranchées et lancer une attaque. Malheureusement, dans bien des cas, les soldats qui étaient tués ou blessés dans cette zone neutre ne pouvaient pas être récupérés, car le danger était trop grand.

 

"Plaque cadeau de la France". Ce cairn et cette plaque rendent hommage à la générosité du peuple français

qui a rendu possible la création du Mémorial. En 1922, la Nation française reconnaissante

concéda pour toujours l'utilisation de cette terre au peuple Canadien,

qui est devenue le parc du champ de bataille.

 

Monument commémoratif en l'honneur de la Division Marocaine.

 

Edifié entre 1919 et 1925, il rend hommage aux soldats de la Division Marocaine de l'Armée Française

qui ont perdu la vie durant un assaut féroce qui a eu lieu ici en mai 1915.

 

Les membres de la division ont réussi à se rendre au sommet de la crête de Vimy mais, en raison des contre-attaques des Allemands, ils n'ont pas pu tenir leur position et ils ont été forcés de se retirer, après avoir subi de lourdes pertes.

 

LA BATAILLE DE LA CRÊTE DE VIMY, 9-12 AVRIL 1917.


Bon nombre d’historiens et d’auteurs considèrent la victoire canadienne à Vimy comme un moment

déterminant pour le Canada, celui où le pays sortit de l’ombre de la Grande-Bretagne

et se sentit capable de grandeur. C’est à ce moment que les soldats canadiens se sont mérités

la réputation de troupes redoutables et efficaces.

Mais cette victoire a eu un coût élevé avec plus de 10.500 morts et blessés du côté canadien.

 

Le Corps d’armée canadien reçut l’ordre de s’emparer de la crête de Vimy en avril 1917. Cette crête de sept kilomètres de long, solidement fortifiée, dans le Nord de la France, dominait les lignes alliées. Les Canadiens donneraient l’assaut sur ce qui était considéré comme un véritable cimetière car les précédentes attaques françaises avaient échoué, leur infligeant plus de 100.000 pertes.

Les Canadiens devaient planifier et répéter avec soin leur attaque afin de s’emparer de cette position. Pour accroître la souplesse et la puissance de feu au combat, l’infanterie se vit confier des rôles spécialisés de mitrailleurs, de carabiniers et de grenadiers. Ces mêmes soldats s’entraînèrent durant des semaines derrière leurs lignes avec des maquettes du champ de bataille et de nouvelles cartes établies à l’aide de photos aériennes pour guider leur avancée. Pour amener les hommes jusqu’au lieu de l’assaut en toute sécurité, les ingénieurs creusèrent de longs tunnels depuis l’arrière du front. L’élément clé de la victoire devait être un barrage d’artillerie roulant qui isolerait non seulement les tranchées ennemies mais formerait aussi un mur d’explosifs et d’obus qui forcerait les Allemands à rester terrés dans leurs abris, loin de leurs mitrailleuses. « Les gars, vous allez progresser comme un train, à l’heure, sinon vous serez anéantis », déclara sir Julian Byng, commandant du Corps d’armée canadien.

Les quatre divisions canadiennes, qui attaquaient ensemble pour la première fois, prirent la crête d’assaut le 9 avril 1917 à 5 h 30. Plus de 15.000 fantassins canadiens se lancèrent à l’assaut des positions allemandes. Leur courage et leur discipline leur permirent de continuer à avancer sous un feu nourri, même quand leurs officiers furent tués. Plusieurs Canadiens ont bravement sacrifié leur vie, en attaquant des nids de mitrailleuses ou en forçant la reddition de soldats allemands dans leurs abris. La colline numéro 145, la plus élevée et la plus importante de la crête, là où se trouve aujourd’hui le mémorial de Vimy, fut capturée lors d’une charge frontale à la baïonnette contre des postes de mitrailleuses. Trois autres journées de combats acharnés concrétisèrent la victoire finale. L’opération canadienne fut un grand succès, même si l’offensive franco-britannique dont elle faisait partie avait échoué. Cependant, cette victoire eut un coût élevé : 3598 Canadiens furent tués et 7000 autres blessés.

La prise de la crête de Vimy fut plus qu’une simple victoire sur le champ de bataille. Pour la première fois, les quatre divisions canadiennes, composées d’hommes de partout au Canada, attaquèrent ensemble. Le brigadier-général A.E. Ross déclara après la guerre : « Au cours de ces quelques minutes, j’ai été témoin de la naissance d’une nation. »

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.museedelaguerre.ca/la-bataille-de-la-crete-de-vimy/

Dépliant 10 volets "Guide du visiteur", remis à l'accueil

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 19 août 2019 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville