MONTREUIL-SUR-MER  (Pas-de-Calais)

Région des Hauts-de-France.

Arrondissement de Montreuil - Canton de Berck.
 Population : 2014 Montreuillois en 2017.

 

D'une superficie de 285 hectares, et d'une altitude de 2 à 43 mètres,

Située sur la Côte d'Opale, la ville est installée sur un promontoire dominant le fleuve la Canche.

 

Appartenant historiquement à la région Picardie, Montreuil depuis le 1° janvier 2016,

est rattachée au département du Pas-de-Calais, puis à la région Nord-Pas-de-Calais, en Hauts-de-France.

 

Etymologie : les origines de Montreuil, dont le nom dérive du latin "monasteriolum" (petit monastère),

sont intimement liées à l’histoire religieuse.

En 1467, une catastrophe naturelle provoque l’effondrement d’au moins six édifices religieux,

dont l’Hôtel-Dieu et l’église Saint-Saulve, qui sera entièrement reconstruite au tout début du XVI° siècle.

Le répit est de courte durée : en 1537, les armées de Charles Quint incendient l’église lors de la prise de la ville.

Face à l’ampleur des dépenses, elle ne sera que partiellement reconstruite.

 

    Vues aériennes avant 1970 : le centre ville et l'abbatiale Saint Saulve.

 

A 15 km de la mer, Montreuil fut néanmoins, pendant longtemps, un port maritime. Les bateaux naviguaient sur le fleuve la Canche jusqu'au port, qui ne permet plus aujourd'hui que la navigation de barques de pêche. Le port fut en 987, lors de l'ascension au trône de France de Hugues Capet, le seul port de mer du domaine royal.

 

 

L'hôtel de ville, des XVIII° et XIX° siècles, occupe le site des anciens bâtiments monastiques.

 

Une rue pavée en forte pente, bordées de maisons basses en torchis peintes de couleurs gaies, était autrefois la voie normale de la route Calais-Paris. Ce fut un des lieux de tournage en 1925 du film "Les misérables" : Victor Hugo, qui s'était arrêté quelques heures dans la ville, y a situé quelques scènes de son célèbre roman.

 

Maison à pans de bois du Pot-d-Étain, du XVI° siècle.

Le théâtre, la fontaine et la statue de Douglas Haig (1861-1928), commandant-en-chef

du grand quartier général britannique pendant la Première Guerre mondiale.

Sa statue équestre, sculptée par Paul Landowski, orne la place du Général-de-Gaulle depuis 1931,

et fondue en bronze par Rudier.

 

 

Eglise abbatiale Saint Saulve,

du XII° siècle
 

 

L'abbaye n'a laissé aucune trace des bâtiments claustraux, démolis probablement lors du sac de 1537.

 

L'abbatiale au XIX° siècle, (gravure d'après Baugeau), et en 2019.

 

En 926, les moines de Landévennec (Finistère) fuient les invasions normandes et trouvent refuge à Montreuil, où ils fondent l’abbaye Saint-Walloy (déformation locale du nom de saint Guénolé). En 1111, cette abbaye change de nom lorsque les restes de Saint Saulve y sont amenés. Au Moyen Âge, les nombreuses reliques attirent à Montreuil les pèlerins, et confèrent à la ville un caractère de sainteté. Elle est alors surnommée "La nécropole du Ponthieu".

 

La tour et son portail.

L’entrée dans l’église s’effectue par la tour porche dans laquelle s’ouvre un profond portail. La base de la tour,

en grès, ainsi que son mur septentrional sont peut-être les dernières traces de la construction du XII° siècle.

Les supports de niches sont sculptés de scènes de vie de la Vierge.

 

En 1467, l’abbaye Saint-Saulve, l’hôtel-Dieu et les édifices religieux de la ville s’effondrent sous l’effet d’un curieux phénomène naturel. La reconstruction de l’abbatiale est menée par l’abbé Dom Lobain et presque achevée avant sa mort survenue en 1480. Elle est terminée par son successeur Guillaume de La Pasture au tout début du XVI° siècle.

 

Tympan du portail.

Le portail est creusé de quatre voussures dont les 42 bas-reliefs sculptés à la fin du XV° siècle

évoquent des épisodes de la vie de la Vierge et des patriarches.

 

Les statues qui ornaient le tympan et les piédroits avant la Révolution Française ont été remplacées en 1874. Elles sont issues de l’hagiographie locale. On y trouve notamment saint Walloy, reconnaissable aux deux poissons qui sortent de l’eau à l’appel de sa clochette pour l’écouter. Tous les cul-de-lampe, à une exception près, datent en revanche du XV° siècle. Le portail a été profondément modifié en 1771 par l’architecte Hesdinois Brunion. Les deux tourelles d’escalier qui l’encadraient sont supprimées et la tour centrale rehaussée et coiffée d’un lanternon. Le décor de la tour et l’horloge datent du XIX° siècle.

 

 

Sur le côté nord de l’église, un portail secondaire, contemporain de l’entrée principale,

est orné d’une statue de saint Wulphy.

Une chaire extérieure fermée par une balustrade flamboyante ajourée le surmonte.

 

À peine relevée, l’église est incendiée par les armées de Charles Quint qui prennent la ville en 1537. Les dégâts sont conséquents. L’ampleur des dépenses contraint les moines de Saint-Saulve à sacrifier le chœur, le transept et l’étage des fenêtres hautes. La voûte de la nef est reconstruite à un niveau plus bas que l’ancienne.

 

Chevet de l'abbatiale.

 

Au début du XVII° siècle, l’abbaye tombe en commende et n’est donc plus gérée que par un prieur, l’abbé se contentant d’encaisser les revenus de sa charge sans y résider. Les moines sont de moins en moins nombreux et sont contraints de vendre leur grosse tour à la commune de Montreuil-sur-Mer en 1642.

 

Le porche (1477), reconstruit après l'effondrement de l'abbaye, est légèrement décalé par rapport à la nef.

 

La nef actuelle comporte sept travées limitées par six massifs piliers octogones de grès

dont les chapiteaux sont des frises de feuillage sous une moulure.

 

Les orgues du XVIII° siècle proviennent de l’église Notre-Dame en Darnétal détruite à la Révolution.

Au-dessus des arcades court une frise dont la décoration, selon un procédé familier au XV° siècle,

mélange les animaux et les oiseaux à des feuillages.

La chaire à prêcher est du  XVII° siècle.

 

A l'étage supérieur, un triforium qui, dans la dernière travée Nord est du XIII° siècle,

alors que dans le reste de la nef, remontant à 1470-1480,

 les remplages flamboyants n'ont pas été rétablis depuis le sac de 1537.

 

Les fonts baptismaux sont en pierre de Marquise, cuve sur cinq supports, probablement du XIII° siècle.

 

Deux gisants du XIII° siècle encadrent l’entrée de l’église :

un seigneur de la Porte à gauche et un abbé de Saint-Saulve à droite.

 

La chaire à prêcher, de style Louis XIV a été mutilée par les révolutionnaires

qui ont affublé les évangélistes représentés de têtes d’angelots.

 

 

La chapelle de la Vierge possède un tableau "La prise de voile de Sainte Austreberthe", de Restout.

 

 

Chapelle latérale et maître autel du XVII° siècle.

 

Le bas-côté Nord, flamboyant, date de 1470-1480, alors que le bas-côté Sud,

ne fut rétabli qu'au début du XVII° siècle. La sacristie est une ancienne chapelle du XIII° siècle.

 

Une grille en fer forgé séparait le sanctuaire en deux parties.

 

 

Stalles des religieuses provenant de l'abbaye d'Epagne (Somme).

 

 

Au-dessus du maitre autel tableau de Jouvenet, "Vision  de Saint Dominique".

 

Un Christ gisant en craie provenant d’une mise au tombeau du XV° siècle

et le monument funéraire de l’abbé Guillaume de la Pasture, mort en 1504

sont conservés derrière la chapelle Notre-Dame.

 

Le trésor d’art sacré est entièrement détruit en 1793. Après la Révolution,

l’abbatiale reçoit les reliques de Sainte-Austreberthe, parmi lesquelles une crosse pastorale richement ornée. D’autres reliques s’ajouteront à ce trésor au XIX° siècle,

faisant de ce dernier l’un des plus riches trésors d’art sacré du Nord de la France.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.ville-montreuil-sur-mer.fr/

Dictionnaire des églises de France "Champagne, Artois, Flandres, Picardie"

Volume Vb, Editions Robert Laffont, 1969

Panneaux explicatifs présentés à l'entrée de l'abbatiale

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 28 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville