MONT-SAINT-ELOI (Pas-de-Calais)
Arrondissement et canton d'Arras.
Région des Hauts-de-France
 1.028 Montéligéens en 2016.

 

D'une superficie de 1.585 hectares et d'une altitude de 67 à 145 mètres,

Mont-Saint-Éloi a fusionné avec la commune d'Écoivres en 1820.


Le village de Mont Saint Eloi est installé sur les flancs d’une colline pour son centre-bourg

et s’étend le long de la Scarpe sur deux Hameaux, celui de Bray, et celui d’Ecoivres.

 

Mont Saint Eloi par sa position privilégiée sur la voie romaine qui reliait Thérouanne à la cité des Atrébates

et l'altitude de son mont qui culmine à plus de 150 mètres au dessus des vastes plaines de l'Artois,

l'ont destiné à être de tout temps chargée d'histoire.

 

Vue aérienne avant 1970 : le bourg et les vestiges de l'ancienne abbatiale.

Le bourg s'est développé autour de l'abbaye.

Ses nombreuses fermes et belles maisons ont été en partie bâties avec les pierres provenant de l'abbaye.

 

Depuis l'occupation romaine, où il paraît que César lui-même y établit un point stratégique,

à la guerre de 1914-1918 pendant laquelle ce lieu servit de poste d'observation aux Alliés,

le village eut toujours une place de choix tant au point de vue militaire que religieux.

 

Son environnement naturel et géologique fait le charme de ce village. Les hommes s'y sont installés dans la vallée dès 4000 avant J.C. comme en témoignent plusieurs découvertes archéologiques. Son histoire remonte au passage de Saint Eloi au VII° siècle, mais ce n'est qu'en 930 qu'un premier monastère est fondé.

 

 

Ruines de l'ancienne abbaye augustine

 

 

L'abbatiale se développait sur un plan en croix latine, composé d'une nef à quatre travées et trois vaisseaux,

d'un transept à peine saillant, d'un choeur à trois travées droites et déambulatoire et de cinq chapelles rayonnantes.

 

C'est au Moyen Age que l'abbaye connut son apogée matérielle et spirituelle. Le Missel de l'abbaye, (conservé à la médiathèque d'Arras), daté du XIII° siècle donne de nombreux renseignements sur les pratiques liturgiques des chanoines médiévaux. Dotée de moyens financiers modestes, elle traversera sans dommage les périodes critiques grâce à sa gestion saine et à la personnalité de certains abbés.

 

Gravure représentant l'abbaye vers 1600. (http://archeologie.pasdecalais.fr/).

Plusieurs fois reconstruits, ses bâtiments ont été démontés après la Révolution française,

à l'exception des tours de l'église qui jouèrent encore un rôle durant la Première Guerre Mondiale.

 

Les possessions de l'abbaye étaient nombreuses sur le territoire environnant. Elle gagnera un rayonnement spirituel et intellectuel important, avec des chanoines formés à l'Université théologique de Douai, un des hauts-lieux de la Contre Réforme, avec des religieux engagés dans les sociétés savantes au siècle des Lumières, et des clercs attachés à leur idéal de prières jusqu'à la suppression de l'abbaye en 1792.

 

Portail d'entrée de l'abbaye et l'église paroissiale, avant 1920.

 

Cette dernière église abbatiale avait succédé à au moins deux sanctuaires. Le premier, élevé au X° siècle, avait été abattu à la suite d'un ouragan qui l'avait gravement endommagée à la fin du XII° siècle. Le second avait été commencé par le choeur, consacré en 1238, mais était demeuré longtemps inachevé. Remanié et complété au XVI° et au XVII° siècles, il avait lui-même été ruiné par une tempête en 1751, et finalement démoli.

 

L'abbatiale et l'église paroissiale après les bombardements de 1914.

 

En 1789, la Révolution française impose la fermeture de toutes les abbayes. Le dernier abbé du mont Saint-Éloi sera guillotiné deux ans plus tard. Déclaré bien national, conformément à la loi, les bâtiments de l'église sont vendus, démantelés et transformés en carrière de pierre, en 1793.

 

Façade occidentale en 2019, côté face au bourg du village.

Sur la colline dominant Arras, les deux tours mutilées du Mont Saint-Eloi témoignent à la fois de la grandeur

d’une abbaye qui rayonna sur tout l’Artois, et de la violence des combats de la Grande Guerre dans ce secteur.

 

Détruite à la suite de sa vente comme bien national en 1793, l'abbaye abritait une communauté de chanoines réguliers de la Règle de saint Augustin exerçant une importante activité littéraire. Les tours encore présentes sur le site étaient la façade de l'église de l'abbaye reconstruite au XVIII° siècle puis démolie au début du XIX° siècle et lors de la Première Guerre mondiale.

 

Façade en 2019, côté face à la vallée.

Ces tours constituaient la façade de l'abbaye, reconstruite au XVIII° siècle

et démolie lors de la Révolution française et pendant la Première Guerre Mondiale.

 

A partir de 1914, ces tours servent de postes d’observation aux troupes françaises qui surveillent les Allemands installés sur les collines de Lorette et Vimy. Comme l’ennemi déclenche le feu à chaque mouvement des soldats français, ces derniers cherchent l’espion avant de découvrir que les Allemands se fient en réalité à l’envol des oiseaux qui nichent sur l’édifice.

 

Ces tours encadraient la façade de l'abbatiale reconstruite entre 1751 et 1775, et détruite par les révolutionnaires.

Si les deux premiers étages sont construits en grès,

les deux suivants sont en « pierre blanche », c'est-à-dire en craie, abondante dans la région.

 

En 1836, afin d'éviter la destruction des derniers vestiges de l'abbaye, l'État et le département rachètent les deux tours de la façade occidentale. Pendant la Première Guerre mondiale, des tirs d'artilleries prennent pour cible les tours, utilisées comme poste d'observation. Ces tirs détruisent en 1915 le dernier étage. Les cinq étages d'origine atteignaient une hauteur de 53 mètres, la hauteur actuelle a été ramenée à 44 mètres.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.montsainteloi.fr/

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée, en prêt
Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville