ARRAS  (Pas-de-Calais)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement et canton d'Arras.
 Population : 40.883 Arrageois en 2016.

 

D'une superficie de 1.163 hectares, et d'une altitude de 52 à 99 mètres,

la ville, ancienne capitale de la province d'Artois sous l'Ancien Régime,

est située au confluent du Crinchon (enterré dans sa traversée de la ville, et la rivière la Scarpe.

 

 

Maximilien de Robespierre
 

 

Né le 6 mai 1758 à Arras et mort guillotiné le 28 juillet 1794 à Paris,

c'est le plus influent des chefs révolutionnaires français en 1793-1794.
Il était surnommé "l'Incorruptible" (car peu sensible aux pressions des autres).

 

Bien que les thermidoriens présentent Robespierre comme l'âme de la "dictature jacobine"

 celui-ci n'a jamais poussé à la surenchère dans les dérives de la Terreur.

Son rôle au sein du Comité de salut public

et son influence réelle sur le gouvernement révolutionnaire font débat parmi les historiens.

 

Maison natale de Maximilien Robespierre. Il habita cette maison construite en 1731.

Ainsi dénommée parce qu'il l’occupa de 1787, avec sa sœur Charlotte,

jusqu’à son départ pour les États-Généraux à Versailles en avril 1789.

 

Avocat, juge au tribunal épiscopal, passionné par l'oeuvre de Jean-Jacques Rousseau, il fut élu en 1789 représentant du tiers état de l'Artois aux États Généraux. Sa maison accueille aujourd'hui un musée du Compagnonnage, qui abrite des chefs d'oeuvre (charpente, ébénisterie...) des compagnons du Tour de France.

 

Robespierre quitta cette maison en avril 1789, mais on peut supposer qu’elle resta durant trois ans occupée par sa sœur Charlotte et son frère cadet Augustin. Celui-ci, élu départemental et membre actif de la société des Jacobins, ne quitta Arras (avec sa sœur) que le 25 septembre 1792 après son élection à la Convention. On peut aussi supposer que Maximilien Robespierre y séjourna lors de son bref retour à Arras en octobre 1791.

 

 

Aîné d'une fratrie de cinq enfants, il perd sa mère à l'âge de six ans. Son père abandonne le foyer et dès lors, Maximilien est pris en charge par son grand-père maternel. Après d'excellentes études au collège d'Arras et au collège Louis-le-Grand de Paris, licencié en droit, il devient avocat et s'inscrit en 1781 au Conseil provincial d'Artois.

 

Par son père, il descendait d'une famille de gens de robe artésiens : son grand-père Maximilien (1694-1762) était également avocat au Conseil supérieur d'Artois, son bisaïeul Martin (1664-1720) procureur à Carvin, son trisaïeul Robert (1627-1707) notaire à Carvin et bailli d'Oignies.

¬ Robespierre, peint à Arras par Louis Léopold Boilly en 1783 (Palais des beaux-arts de Lille).

 

Ce n'est que dans les années 1960 qu'on osa baptiser à Arras, un collège à son nom.

Le souvenir de l'inauguration de sa statue en 1936 était encore dans tous les esprits :

au petit matin, la ville s'était réveillée avec des mannequins d'aristocrates pendus aux réverbères

et des caniveaux remplis de peinture rouge sang.

Avant la Révolution, Robespierre était un avocat assez décrié qui avait osé défendre des causes perdues.

 

Élu député du Tiers état aux États généraux de 1789, il devient bientôt l'une des principales figures des "démocrates" à l'Assemblée constituante, défendant l'abolition de la peine de mort et de l'esclavage, le droit de vote des gens de couleur, des juifs ou des comédiens, ainsi que le suffrage universel et l'égalité des droits contre le suffrage censitaire. Membre du club des Jacobins dès ses origines, il en devient progressivement l'une des figures de proue. Après la scission des Feuillants, il contribue à sa réorganisation et lui permet grandement de conserver le soutien de la plupart des sociétés affiliées de province.

Opposé à la guerre contre l'Autriche en 1792, il s'oppose à La Fayette et soutient la chute de la royauté. Membre de la Commune insurrectionnelle de Paris, il est élu à la Convention nationale, où il siège sur les bancs de la Montagne et s'oppose à la Gironde. Après les journées du 31 mai et du 2 juin 1793, il entre le 27 juillet 1793 au Comité de salut public, où il participe à l'instauration d'un gouvernement révolutionnaire et de la Terreur, dans un contexte de guerre extérieure contre les monarchies coalisées et de guerre civile (insurrections fédéralistes, guerre de Vendée…).

 

Robespierre, Danton, et Marat, peinture d'Alfred Loudet (1882).

(Musée de la Révolution Française, Vizille, dépôt du Musée des Beaux-arts de Marseille).

(Robespierre est représenté avec son chien danois (dogue allemand) « Brount », qu'il avait ramené de son voyage

en Artois en 1791. Marat ayant une conversation animée avec Danton (debout) et Robespierre (assis).

 

Au printemps 1794, Robespierre et ses collègues du Comité de salut public font arrêter successivement les Hébertistes, meneurs du club des Cordeliers, puis Danton et les Indulgents, mesures suivies de la condamnation et de l'exécution des dirigeants des deux « factions ». Il contribue ensuite à faire cesser la politique de déchristianisation et fait voter, en qualité de rapporteur, le décret du 18 floréal an II, par lequel « le peuple français reconnaît l’existence de l’être suprême, et l’immortalité de l’âme », et la loi de Prairial, dite de « Grande Terreur ».

Le 8 thermidor an II (26 juillet 1794), il est attaqué et isolé au sein de la Convention par une coalition hétéroclite de Montagnards, composée pour la circonstance d'anciens dantonistes, de représentants en mission rappelés et, au sein du gouvernement révolutionnaire, par le Comité de sûreté générale et certains collègues du Comité de salut public. Robespierre prend l'Assemblée à témoin de ces dissensions mais ne parvient pas à imposer ses vues. Le 9 Thermidor, empêché de parler par ses adversaires, il est arrêté avec son frère Augustin et ses amis Couthon, Saint-Just et Le Bas. La Commune entre alors en insurrection et le fait libérer, pendant que la Convention le déclare hors-la-loi. Dans la nuit, une colonne armée s'empare de l'hôtel de ville, où Robespierre se trouve avec ses partisans. Il est blessé à la mâchoire dans des circonstances incertaines. Après vérification de son identité devant le Tribunal révolutionnaire, il est guillotiné dans l'après-midi du 10 thermidor avec vingt-et-un de ses partisans. Sa mort entraîne, dans les mois qui suivent, une « réaction thermidorienne », qui voit le démantèlement du gouvernement révolutionnaire et de la Terreur.

Robespierre est sans doute le personnage le plus controversé de la Révolution française. Ses détracteurs (les Thermidoriens, les fondateurs de la III° République et les historiens de « l'école libérale » dont le chef de file fut François Furet) soulignent son rôle dans l'instauration de la Terreur et la nature autoritaire du Comité de salut public. Pour d'autres, Robespierre tenta de limiter les excès de la Terreur, et fut avant tout un défenseur de la paix, un champion de la démocratie directe et de la justice sociale, un porte-parole des pauvres, et l'un des acteurs de la première abolition de l'esclavage en France. Ces historiens font remarquer que la chute de Robespierre, le 9 Thermidor, coïncide avec l'arrêt des mesures sociales qu'il avait prises en faveur des pauvres (la loi du maximum général par exemple, qui contrôlait le prix du pain et du grain), et le triomphe du libéralisme économique.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.arras.fr/

Encyclopédie d'Histoire, Editions Bordas
C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 20 août 2019

 

 

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