ARRAS  (Pas-de-Calais)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement et canton d'Arras.
 Population : 40.883 Arrageois en 2016.

 

D'une superficie de 1.163 hectares, et d'une altitude de 52 à 99 mètres,

la ville, ancienne capitale de la province d'Artois sous l'Ancien Régime,

est située au confluent du Crinchon (enterré dans sa traversée de la ville), et la rivière la Scarpe.

 

 

La ville et les célèbres places baroques
 

 

Depuis le beffroi, un splendide point de vue est offert sur Arras et sa campagne environnante.

 

Base arrière stratégique de Jules César et de l'Empereur Auguste à l'aube de notre ère, cité gallo-romaine prospère au Bas-Empire, capitale artistique et financière d'envergure européenne au Moyen Age, berceau des libertés civiles et communales à l'âge gothique, pied-à-terre espagnol en pleine période baroque, Place forte du Roi Soleil à l'heure française, ville lumière au XVIII° siècle, refuge romantique au siècle de Verlaine, champ de bataille mondialisé et ville martyre de la Grande Guerre, petite fille modèle de la grande reconstruction... L'épopée arrageoise est un véritable condensé d'histoire européenne.

 

La  vaste cathédrale Saint Vaast devint siège épiscopal en 1092 et fut érigée à la fin du XI° siècle.

Remaniée à partir de 1160, elle était considérée comme un chef d'oeuvre de l'art gothique.

Napoléon 1er ordonna de détruire les murs dégradés par un abandon de près de vingt ans.

Elle est encore intégrée dans les bâtiments abbatiaux du XVIII° siècle.

 

L'abbaye Saint Vaast et la cathédrale constituent l'ensemble monastique le plus important du XVIII° siècle.

Fondée au VII° siècle, l'abbaye marque la naissance de la ville médiévale.

L'abbaye abrite aujourd'hui le musée des Beaux-arts et une médiathèque contemporaine.

(héritière de la grande bibliothèque de Saint Vaast).

 

Les Places.

 

Arras est célèbre dans le monde entier pour ses deux grandes places,

ensemble architectural unique en Europe.

 

Leur style est uniforme mais sans monotonie : 155 demeures rythment de leurs 345 colonnes cet ensemble de 17.000 m². Les maisons datent pour la plupart des XVII et XVIII° siècles, mais beaucoup d'entre elles ont été remontées pierre par pierre grâce aux photographies anciennes, après la Première Guerre mondiale.

 

Le style de ces places est caractéristique de celui des villes du Nord de l'Europe,

avec des pignons à enroulements divers tels qu'on les trouve en Belgique, en Hollande et en Allemagne.

Leur apparence était à peu près la même au Moyen Age : les galeries existaient sans doute déjà,

mais elles étaient surmontées de murs à pans de bois.

 

La Grande Place.

 

La plus grande des places servait aux joutes et tournois entre valeureux chevaliers.

On la dépavait alors, on y dressait des palissades et une haute tribune.

Des toiles entouraient la lice réservée aux jouteurs : celles-ci étaient offertes après le combat

aux hérauts d'armes, les combattants recevant les planches.

 

Les arcades permettaient de protéger petits commerçants et chalands de la pluie et du vent

et protègent les entrées des caves dont bon nombre sont encore visibles.

 

Celles-ci abritaient autrefois des celliers, des tavernes ou des écuries, où les chevaux descendaient par des pentes et non des escaliers. De longues galeries, les "boves" relient ces caves, souvent sur plusieurs étages. Les plus anciennes dateraient de l'occupation romaine. Elles ont souvent servi de refuges : des infirmeries y furent même rapidement aménagées pendant la Première Guerre mondiale.

 

La plus ancienne, actuel hôtel des Trois-Luppars n'a pas de pignons à volutes

mais des pas de moineau de brique encadrant une échauguette (1467).

Les chapiteaux sur lesquels repose l'ensemble sont décorés de feuilles de chêne.

 

Les maisons de la Grand'Place étaient surtout propriété de grainetiers,

ce qui peut expliquer le décor de gerbes de blé dont nombre d'entre elles sont ornées.

 

Détail de pignon à enroulement de la Grand'Place.

 

C'est aussi sur cette place que se déroula en 1790 la fête de la Fédération.

Conçue par le maire d'Arras, Ferdinand Dubois de Fosseux, elle fut la première de France

et préluda à la manifestation parisienne

où se retrouvèrent quelques jours plus tard les gardes nationaux de tous les départements.

 

La place des Héros.

 

 

Cette place est célèbre pour son beffroi. Elle porte le nom de place des Héros

en hommage aux résistants fusillés pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

 

Autrefois appelée le Petit Marché, elle perpétue sa fonction première

en accueillant depuis le XII° siècle, les marchés du mercredi et du samedi matin.

 

Un marquage au sol conserve le souvenir de l'emplacement de la chapelle de la Sainte Chandelle

au coeur de la Place des Héros. Elevée en 1200, sur la Place du marché,

la chapelle avec sa pyramide, tour haute de 28 m,

abritait le reliquaire de la Sainte Chandelle d'Arras. Cette chapelle est démolie en 1791.

 

Aux XVII° et XVIII° siècles, les maisons de la Place des Héros et de la Grand'Place

sont rebâties en briques et pierres avec un pignon à volutes.

 

La force des règlements d'urbanisme a donné naissance à cet ensemble architectural de 155 façades baroques réparties sur les deux places. Après les destructions de la Première Guerre mondiale, l'architecte Pierre Paquet engage une reconstruction à l'identique et restitue ce paysage urbain unique en Europe.

 

Monument à la mémoire du Maréchal Foch.

 

Cet édifice fut inauguré le 22 novembre 1931, en présence du maréchal Pétain.

C'est le marbrier Félix-Alexandre Desruelles qui, après avoir remporté le concours,

fut chargé de la conception et de la réalisation de l'ensemble.

 

Installé face à la gare, sur la place Foch, le monument aux Morts d'Arras commémore les soldats morts

pendant la Première Guerre mondiale. Des plaques honorant les victimes

des conflits de la Seconde Guerre mondiale, y furent également apposées.

 

Jules Charles de L'Écluse ou de L'Escluse,

est un médecin et un botaniste flamand de langue française, l'un des plus célèbres du XVI° siècle.

 

Quel est le point commun entre la pomme de terre, la tulipe ou le marronnier des Indes ?
Ils ont tous trois été introduits en Europe par le même homme : Charles de l'Écluse,

grand voyageur et botaniste du XVI° siècle.

 

Il est le créateur de l'un des premiers jardins botaniques d’Europe à Leyde, et peut être considéré comme

le premier mycologue au monde et le fondateur de l'horticulture, notamment de la culture de la tulipe.

Il est également le premier à fournir des descriptions réellement scientifiques des végétaux.

 

Charles de L'Écluse naît le 19 février 1526 à Arras, qui est à l'époque une possession espagnole. Son père, prénommé Michel, est seigneur de Watènes et membre du Conseil provincial d’Artois. Son oncle maternel est grand-prieur de l’abbaye Saint-Vaast (près d'Arras) dont Charles fréquente l’école de 1540 à 1542.

 

¬ Portrait de Charles de L’Écluse attribué à Jacob de Monte. Réalisé lors de son séjour à Vienne, en 1585, il s’agit du seul portrait peint connu de lui. Son blason apparait à gauche.

 

Non, ce n'est pas à Parmentier que l'on doit l'introduction de la pomme de terre en France,

mais à un enfant d'Arras, Charles de l'Ecluse.

 

Après avoir fait des études aux universités de Louvain, Marbourg et Montpellier, il est vraiment un esprit européen. Il traduit plusieurs ouvrages scientifiques flamands et italiens. Il obtient une chaire de botanique à l'université de Leyde (Pays-Bas) en 1593 et meurt dans cette ville en 1609, au terme d'une vie difficile, sans foyer, sans fortune, sans emploi stable. Un de ses plus grands mérites est d'avoir introduit la pomme de terre en Europe. Ayant reçu deux tubercules du gouverneur de Mons, Philippe de Sivry, qui les tenait d'un proche d'un légat du pape, il en fit la première représentation sous le nom de taratuffi (le dessin est conservé au musée Plantin-Morefus à Anvers).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.arras.fr/
Dépliant 16 volets "Arras, les essentiels" O.T. Arras

Guide 2019, O.T. Arras

"Histoire d'Arras", Pierre Bougard, Editions des beffrois, 1988

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 20 août 2019

 

 

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