AIRE-SUR-LA-LYS   (Pas-de-Calais)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement de Saint Omer - Canton d'Aire-sur-La-Lys.
 Population : 9.859 Airois en 2016.

 

D'une superficie de 3.338 hectares, et d'une altitude de 16 à 48 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Lys

et correspond à la limite de deux sections de l'axe fluvial Dunkerque-Valenciennes :

le canal de Neufossé ouvert en 1779 (au nord), et le canal d'Aire à la Bassée ouvert en 1880 (à l'est).
 

Cette commune fortifiée a successivement fait partie du comté de Flandre, du comté d'Artois,

du duché de Bourgogne puis des Pays-Bas espagnols.

Elle a été définitivement rattachée à la France par le traité d'Utrecht en 1713.
 

Etymologie : Aire signifie "lieu plat bâti dans les marécages".

En 1982, la commune d'Aire est devenue par décret la commune d'Aire-sur-la-Lys.

Au toponyme initial Aire a été adjoint celui de la principale rivière qui traverse la ville,

qui est également celui de la plaine dont elle parcourt l'extrémité occidentale.

 

Vue aérienne, avant 1970.

Dotée de certaines libertés communales dès 1188, Aire connut la prospérité grâce au commerce du drap.

Les bourgeois de la ville ne voulaient pas faire partie du royaume de France et opposèrent une forte résistance

qui ne fut brisée qu'en 1667, lorsque La Meilleraye s'empara de la place.

 

Située sur une zone de rencontre entre l'Artois et la Flandre, propice aux échanges économiques par la vallée de la Lys, Aire est avec Saint Omer la ville qui resta le plus longtemps sous domination espagnole. Après le rattachement à la France, elle devint une des places fortes du Pré carré de Vauban, et ses immenses casernes témoignent de son passé de ville de garnison.

 

 

Le beffroi et la ville
 

 

La Grande Place.

 

Son harmonie architecturale est due au fruit d'un règlement d'urbanisme du début du XVIII° siècle.

En 1722, les échevins établirent très précisément la façon dont les façades des maisons

devaient être érigées, selon deux modèles : à pilastres sur la Grand'Place

et à tramé dans le reste de la ville (ordonnance privilégiant autant les lignes horizontales que verticales).

 

La Grande Place avant 1910 et en 2019.

 

Trois cents façades furent refaites sur le modèle municipal de 1722 à 1745. Il subsiste aux archives municipales des plans et dossiers de demandes de construction qui sont la trace écrite de ce décor. Toutefois, dans certaines cours, on remarque qu'à l'arrière, de nombreux éléments architecturaux plus anciens ont subsisté. D'ailleurs certains seigneurs obtinrent aussi des dérogations au règlement.

 

La Grande Place un jour de fête avant 1910.

 

Les maisons sont pour la plupart à deux étages et l'élévation est soulignée par des pilastres surmontés de chapiteaux corinthiens tous du même modèle. Leurs dates sont gravées sous les retombées des toits dont certains sont encore couverts de pannes flamandes (sorte de tuiles plates) d'origine : les plus nombreuses sont de 1745, 1746 et 1747. Les plus anciennes, vers 1722-1723 présentent la même structure d'ensemble, mais sont beaucoup plus travaillées.

 

Le beffroi et l'hôtel de ville.

 

Le 15 juillet 2005, le beffroi a été classé au patrimoine mondial de l'humanité par l’UNESCO

(ainsi que les 22 autres beffrois de la région).

 

Le beffroi, de style baroque repose sur quatre gros piliers en brique et pierre de deux mètres d'épaisseur

délimitant un espace intérieur carré de six mètres de côté.

Il s'élève à 45 mètres de hauteur et il est situé à l'arrière de l'hôtel de ville.

Il est constitué de deux parties à peu près égales : la partie inférieure en brique, la moitié supérieure s'élevant

au-dessus des toitures de l'hôtel de ville entièrement en pierre. Surplombant le beffroi, le campanile octogonal

est totalement vitré et coiffé d'un dôme d'ardoises, surmonté d'une petite flèche ajourée.

L'intérieur du beffroi comporte sept étages :

 

▪ Au rez-de-chaussée se trouvent une bibliothèque et une garderie pour enfants.

▪ Au premier, la Salle au loup a gardé son plancher et sa salle voûtée d'origine, où une grande partie des archives municipales est entreposée.

▪ Les deux niveaux suivants sont desservis par un escalier en vis de 102 marches.

▪ Au quatrième, on remarque les deux grosses cloches qui ont remplacé en 1925 et 1926 "la Bancloque" et le "Vigneron".
▪ Au cinquième étage se découvre le râtelier des quatorze cloches du carillon, pour un poids total de 2500 kilos ;

▪ Au sixième les quatre bras de fer qui commandent les aiguilles dorées des cadrans de l'horloge.

▪ Au dernier niveau on accède à l'intérieur du campanile, vaste pièce octogonale, éclairée de huit grandes fenêtres.

 

L'hôtel de ville a été conçu dans le même programme que la Grand'Place

et en a été un des premiers éléments, à partir de 1730.

Sa façade comme celle des autres maisons, est rythmée de pilastres coiffés de chapiteaux corinthiens.

Il est surmonté de vertus, de trophées de guerriers et de pots à feu.

 

Le bailliage.

 

Contrastant avec le reste de la Grand'Place,

le bailliage a été construit dans un style Renaissance tardif (1600), typique des pays flamands.

 

Destiné à servir de corps de garde, il fut transformé par la suite en bailliage.  Au début du XVII° siècle, Aire était déjà fortifiée mais n'avait pas encore de caserne. C'est un impôt sur la bière levé en 1597 qui permit d'en édifier un premier élément, ce corps de garde.

 

Le bailliage est édifié en brique et pierre sur une galerie à arcades, avec bretèche.

 

Son plan et son architecture sont inspirés de l'hôtel de ville d'Amsterdam aujourd'hui disparu. Cet édifice, presque somptuaire en regard de sa destination, témoigne de la prospérité de la ville. Modeste dans ses dimensions, il symbolise par son décor la puissance du magistrat : figures symboliques, trophées, guerriers, sirènes, centaures. Au-dessus des baies du premier étage, les vertus cardinales du côté de la place (Courage, Justice, Prudence et Tempérance), du côté de la Rue d'Arras (Charité, Espérance Foi).

 

L'ancien collège des Jésuites.

 

 

Le collège, avec son alignement de petites fenêtres sur de nombreux niveaux, est d'une très grande austérité.

 

Collège des Jésuites de 1614 à la Révolution française, il fut ensuite transformé en caserne avant d'être converti à l'enseignement. C'est là que le jeune Georges Bernanos, qui a été élève de 1904 à 1906, prit goût à la littérature et découvrit son chemin spirituel.

 

La chapelle Beaudelle, datant de 1877.

 

Un Airois alors méconnu Jean-Baptiste Beaudelle fait don, à sa mort, de sa fortune pour qu’un hospice

soit construit dans sa ville natale. Bien-sûr une chapelle sera érigée pour servir de lieu de culte.

 

Aujourd’hui la chapelle est réhabilitée en Centre d’Interprétation Touristique devenant ainsi la porte d’entrée

pour découvrir le patrimoine airois. Ce lieu est équipé de deux tables tactiles

avec un système de cartes sur lesquelles ont été placée une cinquantaine de points d’intérêt

classé par thème et faisant chacun l’objet d’une description détaillée.

 

Les bords de la Lys.

 

La vallée de la Lys est une terre humide où dominent, ça et là,

de petites fermes, de petits châteaux et des moulins. C'est une terre d'élection des pêcheurs.

 

La Lys est un affluent en rive gauche de l'Escaut qu'elle rejoint à Gand. L'essentiel de son cours est aujourd'hui canalisé. La rivière donne son nom aux durs combats qui opposèrent, du 23 au 28 mai 1940, les armées belge et allemande : la bataille de la Lys.

 

Vues sur la Lys, depuis la chapelle Beaudelle.

Voie de pénétration vers l'Artois, la Lys fut dès l'époque romaine un axe de circulation fluviale d'Hazebrouck

et Aire-sur-La-Lys en amont vers Armentières en aval, avant de confluer sur le territoire belge avec l'Escaut.

 

Canalisée sur presque tout son parcours, elle a provoqué à travers les siècles

de fréquentes inondations particulièrement redoutées.

 

Le long du cours d'eau raccordant la Lys à la Lacquette, les murs d'un moulin de brique témoignent des activités de la ville autrefois, animée par la présence de bateliers, savonniers, meuniers et faïenciers. Accessible aux péniches de 400 tonnes à la fin du XIX° siècle, elle connut une certaine industrialisation autour des chantiers de construction et de réparation de bateaux, des tissages et du blanchiment de la toile, activités aujourd'hui disparues.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

ttps://www.beffrois.com/
https://www.tourisme-saintomer.com/

"Architecture et Industrie à Aire-sur-la-Lys"

Collection Images du Patrimoine, 1990

Panneaux explicatifs présentés près du site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 août 2019

 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville