AIRE-SUR-LA-LYS   (Pas-de-Calais)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement de Saint Omer - Canton d'Aire-sur-la-Lys.
 Population : 9.859 Airois en 2016.

 

D'une superficie de 3.338 hectares, et d'une altitude de 16 à 48 mètres,

la ville est traversée par la rivière la Lys,

et correspond à la limite de deux sections de l'axe fluvial Dunkerque-Valenciennes :

le canal de Neufossé ouvert en 1779 (au nord), et le canal d'Aire à la Bassée ouvert en 1880 (à l'est).
 

Cette commune fortifiée a successivement fait partie du comté de Flandre, du comté d'Artois,

du duché de Bourgogne puis des Pays-Bas espagnols.

Elle a été définitivement rattachée à la France par le traité d'Utrecht en 1713.

 

 

L'ancienne collégiale Saint Pierre,

devenue église paroissiale depuis 1803.
 

 

La collégiale est sans doute la plus belle et la plus grande église de style flamboyant et de la Renaissance

dans les Pays-Bas méridionaux. Construite pour l'essentiel au XVI° siècle, elle fut achevée en 1634.

 

La collégiale s'élève à l'emplacement d'un premier édifice roman, consacré en 1166,

dont on peut voir encore quelques vestiges sous une dalle de verre du choeur.

La nef n'est pas dépourvue de charme grâce à la couleur des briques se mariant aux pierres blanches.

 

Ses dimensions sont impressionnantes :

110 m de long, 40 m de large, 20 m de hauteur sous voûtes et 65 m pour le clocher.

 

La collégiale fut à l'origine l'église du chapitre de Saint Pierre. Ce chapitre de chanoines avait été fondé en 1059, par le comte de Flandre Baudouin V et le Pape Calixte II en avait confirmé l'institution par une bulle de 1119. L'église actuelle a été confirmée en 1166 par l'évêque de Thérouanne, Milon 1°, et elle succomba de vétusté à la fin du XV° siècle.

 

Restauré et enchâssé dans de nouvelles chapelles absidiales depuis les années 1950,

le choeur avait été endommagé dans la nuit du 4 août 1944, en recevant 2.600 bombes.

 

Les travaux de construction de la nouvelle église durèrent pendant tout le XVI° siècle. Terminée en 1624, la tour s'écroula aussitôt. Ce ne fut qu'en 1634, que la collégiale fut complètement achevée, mais depuis un siècle déjà, les chanoines y célébraient l'office.

 

La tour occidentale se trouve englobée à sa base par le prolongement des bas-côtés

et des chapelles attenantes, le transept n'étant pas saillant.

Le rez-de-chaussée est encore gothique archaïsant, par contre les étages supérieurs de la nef et du choeur,

le transept exclu, ont été refaites dans les années 1730 dans les formes de l'âge classique.

 

 La nef et le buffet d'orgues daté 1633. Le buffet richement sculpté est un des plus beaux de France.

Construit pour l'abbaye cistercienne de Clairmarais, près de Saint Omer,

il fut vendu comme bien national à la Révolution.

 

 

Les voûtes de la nef et du choeur, reconstruites en anse de panier,

s'appuient sur une 2° série de chapiteaux placés au-dessus des anciens.

Leur décor exprime l'époque et le caractère baroque des édifices du Nord de la France.

 

L'originalité consistent en une sorte de faux triforium entre les arcades et les fenêtres hautes.

Ces loges aveugles et sans communication entre elles,

possèdent une balustrade flamboyante et une archivolte à crochets.

 

L'église possède dans le fond de la nef, et chapelles latérales, de très belles pierres tombales sculptées.

Statue de Saint Pierre, en plâtre, assis en majesté et tenant les clefs du Paradis.

(Reproduction de la statue en bronze située dans la basilique St Pierre de Rome).

 

Les fonts baptismaux (Ex chapelle Saint Adrien) : elle possède une belle grille en fer forgé.

 

Porte d'entrée de la collégiale et l'espace situé sous le buffet d'orgues.

 

Toutes les voûtes hautes pour lesquelles, en plein milieu du XVIII° siècle,

on a conservé la structure gothique de la croisée d'ogives, seul le décor exprime l'époque et le caractère baroque.

 

 

La chaire à prêcher date de 1845 et est l'œuvre de Boileau. Son abat-voix surmontait précédemment le jubé

où il a été remplacé par un calvaire. Quatre ogives trilobées font encadrement aux statues

des quatre évangélistes de grandeur nature. Au sommet du Dôme, statue du Christ.

 

Le jubé a été installé en 1842. Il est en bois sculpté et comporte un double escalier replié,

trois arcades surbaissées munies de contractures trilobées.

 

Statue de la Vierge à l'enfant de facture flamande de la fin du XV° siècle,

restaurée en 1963 par Léon Lamotte, dans la chapelle du Saint Sacrement.

Les boiseries et grilles des chapelles.
(La grille qui entourait le chœur a également été détruite le 8 août 1944. Elle avait été installée en 1842).

 

 

Chapelle du Sacré Coeur.

 

Dans la chapelle Sud, reste des peintures du XVI° siècle : fresque de Saint Jacques, restaurée en 1955,

mesurant 14 m de haut et 5 m de large.

 

Dans cette chapelle, une très jolie pietà.

 

Les Beaux-arts ont rétabli la Croix en 1978. Elle porte un Christ réhabilité par Lamotte.

Les statues de la Vierge et de Saint Jean n'ont pas été rétablies.

 

Statues en plâtre, de Saints évêques Eloi et Augustin,  du XIX° siècle.

La statue de Notre-Dame-Panetière, en marbre, est placée à la croisée Nord du transept, date de 1510.

Elle a été restituée en 1948 après sa destruction du bombardement de 1944.

 

 

Chapelle Sainte Philomène : au-dessus de l'hôtel, statue de Sainte Philomène,

à gauche, Sainte Clotilde et à droite, Sainte Isbergue.

Derrière l'autel, la fenêtre est formée de cinq lancettes vitrées, la seule de ce genre dans l'édifice.

 

 

Chapelle Nord : le tableau au-dessus de l'autel, représente le Sacrement de Saint Viatique, conféré à un malade.

 

Chapelle de Notre-Dame de Lourdes.

 

Une partie  des vitraux du choeur sont de Gruber,

les autres ont été réalisés à sa manière par d'autres maîtres verriers.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France "Champagne/Artois/Flandres/Picardie/

Volume Vb, Editions Robert Laffont, 1969

"L'église collégiale", Louis Maillard, 2004

"Architecture et Industrie à Aire-sur-la-Lys"

Collection Images du Patrimoine, 1990

Panneaux explicatifs présentés près du site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 23 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville