ABLAIN-SAINT-NAZAIRE   (Pas-de-Calais)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement de Lens - Canton de Bully-les-Mines.
 Population : 1.784 Ablainois 2016.

 

D'une superficie de 985 hectares, et d'une altitude de 77 à 188 mètres,

la ville est située dans la vallée du ruisseau le Saint-Nazaire, en amont de la Deûle qui traverse la ville.

 

Etymologie : Ablain-Saint-Nazaire viendrait d'Aplinius, notable romain, selon le cartulaire Saint Vaast.

 

Avant la Grande Guerre, la colline de Notre-Dame-de-Lorette doit son nom à un oratoire bâti au XVIII° siècle. Sur le mont Coquaine, fut édifiée, en 1727, une petite chapelle dédiée à Notre-Dame de Lorette. Ce fut à l'initiative du peintre Florent Guilbert, originaire d'Ablain-Saint-Nazaire qu'il fut construit, en remerciement de sa guérison lors d'un pèlerinage à Loreto, en Italie, dans la région des Marches. L'oratoire devint un lieu de pèlerinage fréquenté par les habitants des environs et au nom originel se substitua celui de Notre-Dame de Lorette.

 

Vue panoramique d'Ablain-Saint-Nazaire et du plateau

(prise du plateau de Carency, avant et après la guerre 1914-1918).

 

L'ancienne église paroissiale gothique Notre-Dame-de-Lorette.

 

Le portail sud de style gothique flamboyant était l'un des chefs d'oeuvre de l'Artois.

 

En 1270, avait été édifié ici un hospice dédié à Saint Nazaire, pour les "guérisons de l'esprit". En remerciement de la guérison de sa fille devenue folle à la suite d'un chagrin d'amour, le prince de Bourbon, seigneur de Carency, fit élever cette église en 1505, par Jacques Le Caron, architecte du beffroi d'Arras.

 

Ruines de l'église en 1915 et en 2019.

Les ruines de l'église ont été maintenues en l'état après la guerre pour témoigner de la violence des combats.

 

 

La nécropole nationale Notre-Dame-de-Lorette
 

 

Inaugurée en 1925, la nécropole commémore les milliers de combattants morts sur la colline de Lorette

entre octobre 1914 et septembre 1915.

En une année, 188 000 soldats, dont 100 000 français, sont morts pour défendre

ou prendre "l'éperon de Notre-Dame-de-Lorette".

 

Ablain-Saint Nazaire occupe une position stratégique, au pied du plateau de Notre-Dame de Lorette.

En octobre 1914, les Allemands s’en emparent. Les troupes françaises n’auront de cesse de reconquérir l’éperon

de Notre-Dame de Lorette qui, avec Vimy, domine d’un côté Arras et de l’autre Lens et ses charbonnages.

 

Entrée du cimetière depuis la terrasse de la tour-lanterne - La chapelle et la tour lanterne.

 

La chapelle Notre-Dame-de-Lorette.

 

La chapelle est de type romano-byzantin, d'une hauteur de 46 m de longueur et large de 14 m.

L'édifice adopte un plan en croix latine,  mais le transept est peu saillant

avec 30 m de large contre 14 m pour la nef.

 

Une Vierge à l'enfant dans une mandorle domine le fronton triangulaire de la façade principale.

 

Chevet de la chapelle.

 

 

Au chevet de la chapelle, deux sacristies son réparties de part et d'autre de l'abside

et sont reliées par un couloir desservi par une petite entrée.

 

 

Le portail principal est précédé d'un large parvis qui comporte un autel protégé pour les cérémonies de plein air.

 

Depuis le choeur, vue sur la nef et le portail occidental.

 

Longue de 46 m, la nef est dotée d'une abside en cul-de-four,

tandis que chaque bras du transept dispose d'une absidiole.

 

 

Bénie le 26 mai 1927, les vitraux sont de Lorin et Payne.

L'ensemble de la chapelle est éclairé par un seul niveau de fenêtres en plein cintre.

 

Plaque à la mémoire de Louis Mercier (1856-1927), Directeur de la Cie des Mines de Béthune.

Les murs sont couverts de plaques rappelant le souvenir de tel soldat, de tel régiment,

ainsi que celle de François Faber, vainqueur du Tour de France en 1909, mort à Carency en mai 1915.

 

Un triptyque dédié à Notre Dame de Częstochowa, patronne vénérée des Polonais a été déposé dans la chapelle.

Tombeau de Monseigneur Julien. A la croisée du transept,

un tambour percé de petites baies géminées supporte une coupole octogonale culminant à 34 m de hauteur.

 

 

Statue de Notre-Dame-de-Lorette - Les mosaïques sont l'oeuvre de Jean Gaudin.

Les motifs des mosaïques qui tapissent les murs des parties hautes de la nef et des absidioles

sont géométriques ou stylisées.

 

 

Le choeur est décoré d'un Christ en majesté surgissant de nuées aux tons bleutés

et entourés de quatre anges aux ailes déployées.

 

La lanterne des morts.

 

La tour lanterne est l'ossuaire principal (6.000 corps inconnus des deux guerres mondiales

(dont ceux trouvés sur les collines) et de celle d'Indochine.

Chacune des quatre faces de la lanterne comporte un cartouche avec un texte gravé.

 

L'endroit est veillé par des bénévoles, toujours très nombreux.

Le sommet de la tour contient une lanterne qui tourne à raison de cinq tours par minute et dont la lumière

est visible à plusieurs kilomètres à la ronde.

 

La tour-lanterne est haute de 52 mètres et repose sur une base carrée de 12 m de côté.

Celle-ci, qui est éclairée la nuit, servirait à guider les âmes des morts vers l'au-delà, vers le paradis.
La première pierre de la tour-lanterne est posée le 19 juin 1921 par le maréchal Pétain.
Son inauguration, présidée par le président du Conseil Paul Painlevé,

a lieu le 2 août 1925 en présence de 50 000 personnes.

 

Au premier niveau de la tour, quelques souvenirs sont rassemblés, en particulier trois volumes de photographies et de lettres de soldats morts sur le champ de Lorette et envoyées par les familles. 193 marches permettent d'atteindre la plate-forme d'où l'on domine la nécropole et les collines d'Artois.

 

Le cimetière militaire.

 

La basilique et la tour lanterne sont l'oeuvre de l'architecte lillois Louis-Stanislas Cordonnier.

Le cimetière militaire entoure ces deux monuments.

 

Le cimetière militaire compte 40.058 corps qui reposent dans des tombes individuelles et dans huit ossuaires.

 

Les tombes individuelles surmontées dans un premier temps de croix en bois, comme dans tous les cimetières militaires français, puis par une croix en ciment à partir de mars 1933, sous la direction de M. Aulery. Les croix de bois retirées ont été par la suite repeintes en noir et utilisées dans les cimetières allemands que la France entretenait alors.

 

Le cimetière est un vaste espace de recueillement de près de 13 ha (mesurant 645 m d'ouest en est,

sur 200 m du sud au nord). C'est le plus grand cimetière militaire français.

(Le carré musulman de la nécropole, qui héberge les tombes de 576 soldats, 11 musulmans de l'Armée française

morts pour la France durant la Première Guerre mondiale, a été profané à trois reprises depuis 2007).

 

L'ossuaire.

 

Répartis aux extrémités du vaste cimetière, sept autres ossuaires ornés de tables de marbre gravées,

abritent les soldats inconnus exhumés des cimetières et fosses des environs d'Arras et le Lens.

22.970 corps de jeunes inconnus reposent ainsi parmi les croix de Lorette.

 

La nécropole comporte huit ossuaires : l’ossuaire principal, situé sous la tour-lanterne,

recueille des ossements ramassés sur la colline de Notre-Dame-de-Lorette elle-même.

 

La colline de Lorette fut l'objet de nombreux communiqués durant la Guerre 14-18. Donjon de la plaine minière, sa possession permettait l'observation et le retranchement des armées. Les Allemands l'occupèrent sans un coup de feu lors de l'invasion et le défendirent férocement. Les Alliés n'eurent de cesse de l'avoir reconquise. Des milliers d'hommes laissèrent leur jeunesse et leur vie dans cette "guerre d'usure" afin qu'au 10 mai 1915, le drapeau français puisse de nouveau flotter sur l'oratoire en ruines.

 

Face à l'entrée du site, cette sculpture commémorative.

 

L'anneau de la mémoire.

 

Le 11 novembre 2014, à l'occasion du centenaire de la Grande Guerre, est inauguré le Mémorial international de Notre-Dame de Lorette sur lequel sont gravés les noms de 600.000 soldats de toutes les nationalités

morts en Flandre française et en Artois entre 1914 et 1918.

Le mémorial est établi sur la colline, au sud-est de la nécropole, sur un terrain de 2,2 ha cédé à la région

Nord-Pas-de-Calais par le ministère de la Défense, dans le cadre d’une convention signée le 13 avril 2011.

 

 

Le mémorial, dessiné par l'architecte Philippe Prost, consiste en un anneau d'un périmètre de 345 mètres,

sur lequel sont inscrits les noms des soldats.

 

Composé de 125 voussoirs en béton de couleur sombre qui contraste avec la lumière dorée

des 500 plaques d'acier inoxydable sur lesquels sont gravés les noms des soldats.

 

580.000 soldats issus du monde entier tombés sur le sol du Nord-Pas-de-Calais durant le conflit,

 sont présentés par ordre alphabétique, sans distinction de nationalité, de grade ou de religion.

 

L'ensemble de ces noms souligne les notions de paix, de fraternité et de liberté entre les peuples.

 

Le monument aux morts.

 

Ce monument représente le général Maistre et ses hommes à l’assaut de Lorette.

 

Initialement installé dans la nécropole de Notre-Dame de Lorette, le monument a été déplacé de 400 mètres, à l’emplacement supposé du poste de commandement du général, en mai 1915. Et il est dédié conjointement « à la gloire du général Maistre et du 21e corps d’Armée ».

 

Après la guerre, l’État français entreprend l’aménagement de vastes nécropoles où chaque visiteur doit pouvoir prendre la mesure du sacrifice consenti par la Nation. À Ablain-Saint-Nazaire, sur le plateau où se trouvait avant-guerre une chapelle consacrée à Notre-Dame-de-Lorette, le petit cimetière créé après la bataille de mai 1915 par les soldats français sera choisi comme site pour l'aménagement d'une vaste nécropole, où seront accueillies les dépouilles en provenance de plus de 150 cimetières des fronts de l’Artois, de Flandre, de l’Yser et du littoral belge. 20.000 corps identifiés y recevront une sépulture individuelle et les restes de près de 22.000 inconnus seront regroupés dans 8 ossuaires. Lorette devient ainsi la plus grande nécropole nationale française.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.ablain-st-nazaire.com/

http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr/

Brochure "Laissez vous conter la nécropole nationale de Notre-dame-de-Lorette"

41 pages, Ville d'Art et d'Histoire, Arras

Panneau explicatif présenté près du site

Remerciements à M. Albert Squartz rencontré sur le site

pour l'envoi de C.P.A. scannées de l'église, avant sa destruction

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 19 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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