THIESCOURT  (Oise)
Arrondissement de Compiègne - Canton de Thourotte
Région des Hauts de France
 Population : 745 Thiescourtois en 2015.

 

D'une altitude de 47 à 183 mètres, et d'une superficie de 1.303 hectares.

Le village, occupé par les troupes allemandes durant la Première Guerre, a été rasé dans sa quasi-totalité

par l’artillerie alliée. Dès lors, l’habitat traditionnel se caractérise

par des constructions en briques rouges datant des années vingt, période de reconstruction.

 

Etymologie : le nom vient du bas latin Cortis ou Curtis qui a donné en roman Cort (XI° siècle) et Curt. Cortis désigne à l’origine la cour de la ferme, puis, par extension du sens « ferme » = domaine rural = village, soit : Thiescourt, la ferme (ou le domaine) de Thierry.

 

La nécropole Nationale française et le cimetière allemand sont établis en 1920 sur un terrain

sur lequel se trouvait une fosse commune franco-allemande de 50 corps environ.

À la découverte de cette fosse,

il est décidé de faire perdurer en ce lieu une sépulture commune aux Allemands et Français.

 

 

Le cimetière Allemand

 

 

Les soldats allemands inhumés à Thiescourt ont été tués au cours de l'année 1918 en particulier

lors de la Bataille de Noyon en juin, puis lors des batailles dans le secteur du Matz en août.

 

Le cimetière allemand, situé à côté de la nécropole française sans aucune séparation entre les deux espaces, contient 1.095 corps, dont 707 dans des tombes individuelles (dont 4 inconnus)

et 388 en deux ossuaires, dont 90 seulement ont été identifiés.

 

Les stèles sont en pierre et portent chacune le nom de quatre soldats, deux sur chaque face.

Les soldats de confession juive sont inhumés sous des stèles rectangulaires à sommet arrondi.

 

À l'image des autres cimetières militaires allemands conçus dans l'entre-deux-guerres par l'architecte munichois

Robert Tischler, la disposition du cimetière s'établit autour de deux grands principes :

le deuil et la vie universelle. La croissance de la végétation est libre,

la vingtaine d'arbres sont plantés au hasard.

Ce choix renvoie à la mythologie germanique qui est fondée sur la communion de l’Homme et de la Nature.

 

Le monument aux morts (denkmal für die geffallenen des Landwehr Regiments, n° 53).

 

Un cimetière est créé par les Allemands pendant le conflit, vraisemblablement dès les premiers combats de septembre 1914, près de l’église, devenue ambulance avant sa destruction. D’octobre 1914 à mars 1917, Thiescourt se trouve en zone occupée, dans un secteur relativement calme et un peu en retrait par rapport au front. Un an après le retrait stratégique des troupes allemandes (mars 1917), le massif de Thiescourt est de nouveau inscrit dans le champ de bataille suite aux offensives allemandes du printemps et de l’été 1918.

 

 

La nécropole nationale Française, de la Première Guerre Mondiale.

 

 

Elle est dédiée aux soldats français et allemands morts lors des combats, au printemps et à l'été 1918.

D'octobre 1914 à mars 1917, Thiescourt est en zone occupée dans un secteur assez calme et un peu en retrait

par rapport au front. L'église du village sert d'hôpital militaire pour les blessés des deux camps, jusqu'en 1916,

puisque l'édifice est endommagé en 1916-1917, puis gravement en 1918 avec l'intense offensive allemande

au printemps (Bataille du Kaiser) et les combats à l'été (Offensive des Cent-Jours) 1918.

 

La nécropole française est une nécropole de regroupement qui a reçu les corps de 16 cimetières provisoires

dont ceux de l’Ecouvillon, Mareuil-la-Motte, Saint-Claude, Roye-sur-Matz et Plessis-de-Roye.

 

La nécropole nationale accueille 710 tombes de militaires français de la guerre de 1914-18,

2 tombes de militaires français de la guerre 1919-1945 et 4 tombes de militaires anglais de la guerre 1914-18.

Deux ossuaires contiennent respectivement 313 et 234 corps de militaires français inconnus.

 

Aujourd'hui, cette nécropole contient 1.095 corps (croix en pierre) : 707 dans des tombes individuelles

(dont 4 n'ont pu être identifiés) et 388 dans deux ossuaires (dont 90 ont pu être identifiés).

 

Autour du puits, plaque commémorative :

"8 septembre 2012, souvenir des 50 ans du pacte d'amitié Franco/Allemand (1962-2012)

Général de Gaulle/Chancelier Adenauer/Rimbach/Thiescourt".

 

Les offensives allemandes, mars-juillet 1918.

 

 

Le massif de la petite Suisse forme avec ses vallons et collines boisées un véritable obstacle aux déplacements des armées. Un officier français de la 77ème DI notera à propos du massif en avril 1918 : « Le massif de la Petite suisse, en effet, est bien le dernier obstacle naturel qui, sur la rive droite de l'Oise couvre Compiègne et Paris. C'est là qu’il fallait arrêter l’ennemi. »

 

 

Dès la fin du mois d'août 1914, l'armée allemande envahit le département de l'Oise. La bataille de la Marne, du 5 au 10 septembre 1914, permet de stopper la progression de l’envahisseur et l’oblige à se replier. A la mi-septembre 1914, le front se fixe dans le Noyonnais pour une durée de 30 mois. Dans la région de Thiescourt, la guerre de position se caractérise principalement par des bombardements et des duels d’artillerie, tandis qu’épisodiquement le front est animé par des patrouilles et quelques coups de main ayant pour but de ramener des prisonniers.

A la mi-mars 1917, l'armée allemande se replie sur la ligne Hindenburg qui est établie quelques dizaines de kilomètres plus au nord. Au moment de leur recul, les Allemands appliquent la tactique de la « terre brûlée ». Les villages de la région subissent de nombreuses destructions volontaires. Peu à peu, les habitants, malgré les restrictions et les difficultés matérielles, tentent de reprendre possession des villages et des terres dévastées.

Un an après leur départ, les Allemands sont de retour. Le 21 mars 1918, leur première grande offensive, baptisée "Michael", lancée à la jonction des fronts français et britannique, leur permet de progresser très rapidement. Les renforts français, intervenant souvent dans des conditions très difficiles, parviennent à ralentir puis à stopper la progression adverse. Fin mars 1918, le front se stabilise sur des positions assez proches de celles occupées par les deux armées avant mars 1917.

En juin 1918, une nouvelle offensive permet aux Allemands de s’emparer de la totalité du massif de la Petite Suisse et de s’approcher dangereusement de Compiègne, désormais à 10 km du front. Mais finalement les Français parviennent à les bloquer dans la vallée du Matz.

A partir du 10 août 1918, les Français passent à leur tour à l’offensive. Après une quinzaine de jours d’âpres combats, la région est définitivement libérée.

 

Eglise Notre-Dame de l'Assomption de Thiescourt.

 

Ruines de l'église après les bombardements.

 

A l’emplacement de l’église actuelle était un oppidum (lieu fortifié) nom donné par les romains aux refuges fortifiés gaulois. Ces derniers s’en servaient aussi comme entrepôts, comme marchés, mais n’y résidaient pas habituellement. Ils leur permettaient de surveiller les alentours qui recèlent encore les vestiges d’un camp romain.

 

La nouvelle église en 2017.

 

L’église, de style gothique, était une des plus belles du canton. L’abside était du XIII° siècle (style gothique). A l’intérieur, une corniche soutenue par des modillons à têtes d’animaux et figures grimaçantes dont une, au centre, à tête couronnée, représenterait, paraît-il le roi Saint Louis. Le clocher qui occupait le centre de l’édifice s’est écroulé en 1745. Les bas-côtés ont été ajoutés au XVI° siècle sous la Renaissance. L’ancien portail roman, détruit en 1917, a été reconstruit de 1925 à 1934. Le maître-autel en marbre, pris à la Chartreuse du Mont-Renaud en 1792, a été détruit pendant la guerre de 1914-1918.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://thiescourt.fr/

http://www.musee-territoire-1418.fr/

Panneaux explicatifs présentés à travers la ville

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 septembre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville