NOYON   (Oise)
Arrondissement de Compiègne - Canton de Noyon.
Région des Hauts-de-France.
 Population : 13.883 Noyonnais en 2015.

 

 

Noyon : ville d'Art et d'Histoire

 

 

Ville de sacres, cité natale de Jean Calvin, cette commune a conservé un patrimoine exceptionnel

et bénéficie de l’appellation "Ville d’Art et d’Histoire".

 

Située sur les routes commerciales des foires de Flandre et de Champagne,

Noyon voit l’émergence d’une bourgeoisie issue de l’artisanat et du commerce.

L’évêque Baudry accepte de céder certains privilèges et rédige en 1108 une charte de libertés communales

faisant de Noyon une des premières communes de Picardie,

après Saint-Quentin (1080), mais avant Laon (1128) et Compiègne (1153).

 

C’est à l’époque mérovingienne, en 531, que Noyon s’affirme comme cité de premier plan, lorsque saint Médard transfère l’évêché de Saint-Quentin à Noyon. Unie à Tournai pendant six  siècles, Noyon devient alors le siège d’un diocèse important. Après la mort du roi Dagobert 1er, son conseiller saint Eloi devient en 640 évêque de Noyon. La notoriété des reliques du saint attire les pèlerins. L’importance de la cité est confirmée par le couronnement de Charlemagne en 768 (roi de Neustrie) et le sacre d’Hugues Capet en 987.

 

Vues aériennes avant 1970, sur la ville et l'ancienne cathédrale Notre-Dame.

 

L’évêque de Noyon n’a pas seulement un rôle spirituel. En tant que comte et pair de France, il est le représentant du roi et détient les pouvoirs civils, judiciaires et militaires. Après l’incendie de la cathédrale romane en 1131, l’évêque Simon de Vermandois, cousin du roi Louis VI, est à l’origine d’une des premières cathédrales gothiques du Nord de la France, symbole du pouvoir capétien autant que de la puissance de l’Eglise. L’évêque est assisté d’un chapitre de soixante chanoines, un des plus importants du royaume.

 

L'hôtel de ville, bâti entre 1485 et 1523.

 

Le corps de logis principal présente un style gothique flamboyant du XVI° siècle

au luxuriant décor végétal et animalier.

 

Le niveau supérieur est reconstruit au XVII° siècle dans le style classique.

Très restauré après les destructions de 1918, il borde la place du marché.

 

 

Façades de l'édifice depuis la cour intérieure.

 

En 1918, il ne restait plus que les murs de l'édifice. Lors de la restauration, on a ajouté, en remplacement des bâtiments annexes du XVII° siècle, deux ailes, un avant corps en saillie au nord, une construction en retrait qui englobe une maison du XVIII° siècle au sud. Sa décoration intérieure est très sobre, complétée en 1937 par un don de quatre bas-reliefs d'Emile Pinchon exécutés pour l'exposition coloniale en 1931 et en 1942. Le salon d'honneur abrite l'Evangéliaire de Morienval, un précieux manuscrit carolingien.

 

Le jardin de l'hôtel de ville.

 

Sous l'occupation, l'hôtel de ville est le centre administratif  de la Kommandantur exercée par les Allemands. La signalétique urbaine et certaines enseignes commerciales sont personnalisées, notamment sur la place de l'hôtel de ville. Après la destruction d'une partie des bâtiments, les archives sont également détruites.

 

La fontaine du XVIII° siècle.

 

la Fontaine du Dauphin et l’Hôtel de Ville édifié au XVI° siècle dans un style gothique flamboyant.

La fontaine commémore le mariage, en 1770, du Dauphin, futur Louis XVI, et de Marie Antoinette.

 

La fontaine, édifiée en 1770-1771 par le sculpteur François Masson, a remplacé plusieurs édifices antérieurs. Chaque angle du piédestal est décoré d'une des quatre vertus cardinales (Force, Justice, Tempérance, Prudence). L'ornementation de l'obélisque symbolise l'alliance franco-autrichienne scellée par le mariage.

 

L'ancien hôtel Arnette de la Charlonny,

un des plus élégant hôtel particulier de la ville.

 

Construit à la fin du XVIII° siècle, de disposition classique, entre cour et jardin,

il conserve une grande partie de la distribution et du décor intérieur d'origine.

 L’hôtel est racheté par la municipalité en 1983 pour y abriter le Conservatoire de musique Pascal de l’Estocart.

 

En août 1914, le bâtiment est le quartier général du Maréchal French, puis il devient le siège

de l'état major allemand et centre de dépouillage au cours de l'occupation.

 

La rue Saint Eloi.

 

Le centre et les vieux quartiers, restaurés à la suite des destructions des deux guerres mondiales,

ont conservé une atmosphère traditionnelle, en harmonie avec l'ensemble monumental du patrimoine religieux.

 

Le musée Jean Calvin.

 

La maison natale de Jean Calvin, détruite par la Ligue à la fin du XVI° siècle.

Elle a été reconstruite de 1927 à 1930, par l'architecte Charles Letrosne,

grâce à une souscription internationale pour devenir le musée Calvin.

 

Bâti à l'initiative de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français sur l'emplacement présumé de la maison natale de Jean Calvin. De rares imprimés du XVI° siècle (Placard contre la messe de 1534, Bible d'Olivétan de 1535, édition originale de l'Institution chrétienne de 1536), des gravures et peintures (portraits et scènes de vie de Jean Calvin) évoquent l'Histoire du Protestantisme aux XVI° et XVII° siècles autour de la personnalité du réformateur.

 

Jean CALVIN.

 

Troisième enfant de Gérard Cauvin, notaire de l'évêque de Noyon, Jean est né à Noyon, en 1509. Destiné à la carrière ecclésiastique, le jeune protégé de l'évêque entre d'abord au collège des Capettes de Noyon et poursuivit ses études de droit à Paris, à Orléans, puis à Bourges où il fréquente des réformateurs et des humanistes de son temps.

 

Jean Calvin veut se rendre à Strasbourg. Il est obligé de s’arrêter à Genève, du fait des guerres. Il y rencontre Guillaume Farel, qui est le pasteur de la ville, passée à la Réforme protestante. Farel demande à Calvin de rester à Genève pour l’aider à instaurer l’Église protestante, et Calvin y reste de 1536 à 1538. Puis, s’étant opposé au gouvernement de la ville, il est expulsé avec Farel et s’installe à Strasbourg, ville protestante, où il est pasteur de 1538 à 1541. C’est là qu’il se marie, en 1540, avec Idelette de Bure, veuve et mère de deux enfants. Un enfant naît en 1541 mais meurt en bas âge. En 1540, les Genevois demandent à Calvin de revenir.

 

Calvin est à Paris, en 1534, quand éclate l’affaire des placards. Des affiches (appelées placards) contre la messe, le pape et les prêtres, sont posées à Paris, à Orléans, à Amboise et à Blois, jusque devant la porte de la chambre du roi. La répression est sévère. C’est un peu avant l’affaire que Calvin a rompu avec l’Église catholique. Il part se réfugier à Bâle.

 

Converti à la Réforme par un jeune luthérien allemand, Jean s'intéresse à l'Ecriture sainte et à la théologie. En 1532, il publia sa première oeuvre, un commentaire de De Clementia de Sénèque sous le nom latinisé en Calvinus. Dès lors, il sera appelé Calvin. Obligé de s'enfuir à cause de ses idées, il se réfugie d'abord à Nérac auprès de Marguerite de Navarre, puis à Bâle en 1536. Il publie son Institutio Religionis Christianae, qu'il devait traduire lui-même un peu plus tard en français. Cette même année, il se fixe à Genève, qui venait d'adopter la Réforme. Il y impose jusqu'à sa mort en 1564, sa doctrine et sa morale avec beaucoup de rigueur. Calvin transforma véritablement Genève en centre de la Réforme, d'où le calvinisme se répandit en France et en Europe.

 

Le théâtre du Chevalet.

 

Situé en centre ville, le théâtre a été inauguré le 3 décembre 1999.

 

Le monument aux morts.

 

Ce monument a été conçu par les architectes Chifflot et Lefèvre et fut inauguré le 22 mars 1925.

Noyon possède deux cimetières militaires créés en 1925 : un cimetière français et un cimetière britannique.

Parmi les morts de toutes confessions, plusieurs soldats sont tombés au Mont-Renaud,

théâtre des opérations militaires les plus stratégiques et dévastatrices du Noyonnais.

 

En partie basse, la crypte abrite les noms de 214 Noyonnais "morts pour la France" sur lesquels veille la personnification de la ville de Noyon. Elle tient les palmes de la victoire et du martyre de la cité. La base de l'obélisque en forme d'obus, est ornée de bas-reliefs d'Emile Pinchon, représentant quatre temps forts de la Grande Guerre à Noyon.

 

Noyon et la Grande Guerre.

 

Ville occupée, ville libérée, puis ville détruite.

Après la Libération, près de 80 % du bâti est détruit ou endommagé.

Noyon devient une ville sacrifiée, une ville martyre.

 

L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo le 28 juin 1914 annonce les prémices d'une guerre entre la France et l'Allemagne. Le jeu des alliances s'enclenche et le président de la République Raymond Poincaré décrète la mobilisation générale le 2 août 1914. Le lendemain, l'Empire allemand déclare la guerre à la France. A Noyon, le 21° régiment de dragons quitte la ville, suivi le 3 août par les Noyonnais mobilisés.

 

Pour parvenir aux frontières françaises, l'Allemagne envahit des territoires neutres, tels que le Luxembourg et la Belgique. Selon le plan d'évacuation de 1890, les villes de l'Oise deviennent des centres hospitaliers destinés à accueillir les réfugiés de l'Est et de Belgique. A Noyon, ils arrivent et sont logés au collège et à l'école. La progression allemande sur le territoire français pousse la population de l'Oise à l'exode. Le 30 août 1914 vers midi, l'armée allemande prend Noyon. Après 30 mois d'occupation, les troupes ennemies procèdent à un repli sur la ligne Hindenburg et quittent Noyon le 17 mars 1917.

 

La rue Saint Eloi, après les bombardements.

 

Si l'occupation allemande est un phénomène régulièrement associé à la Seconde Guerre mondiale, de nombreux territoires furent occupés par l'armée allemande au cours de la Grande Guerre. Noyon était de ceux-là. Pendant plus de 30 mois, du 30 août 1914 au 17 mars 1917, la cité vit au rythme de la présence militaire allemande. Les conditions imposées par l'occupant sont rudes, mais néanmoins ponctuées de périodes plus apaisées.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.museeprotestant.org/
"Laissez-nous conter Noyon, au fil des rues" dépliant de 12 pages

Ville d'Art et d'Histoire, O.T. de Noyon

"Parcours Noyon", brochure de 28 pages, Villes et Pays d'Art et d'Histoire, Noyon

"Laissez-vous conter la Grande Guerre à Noyon"

dépliant de 12 volets, Ville et Pays d'Art et Histoire, O.T. Noyon

Panneaux explicatifs présentés sur les différents sites

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 septembre 2017 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville