NOYON   (Oise)
Arrondissement de Compiègne - Canton de Noyon.
Région des Hauts-de-France.
 Population : 13.883 Noyonnais en 2015.

 

 

L'ensemble canonial et épiscopal

 

 

Il existe très peu de quartiers cathédraux complets à l'image de celui qu'offre Noyon, datant des XII° et XIII° siècles.

 

L'ancienne  cathédrale Notre-Dame, située en son centre, est un chef d'oeuvre du premier art gothique primitif.

Elle a été ceinturée au cours de sa construction d'un ensemble canonial et épiscopal,

aujourd'hui le mieux conservé du Nord de la France.

Les chanoines de Noyon vécurent en communauté jusqu'au XII° siècle.

 

Le quartier canonial.

 

Les bâtiments sont situés au nord de la cathédrale

et constitués de la salle capitulaire, du cloître et de la bibliothèque.

 

Le cloître.

 

La nef était à peine achevée que le chapitre entreprit la construction d'un nouveau cloître, entre 1230 et 1240,

dont les dimensions et le parti architectural traduisent une ambition manifeste.

 

Le cloître était au centre de la vie spirituelle.

 

Large de 4,4 m environ, la galerie occidentale est la seule qui nous soit parvenue.

Elle se compose de sept travées voûtées d'ogives quadripartites.

La claire-voie s'ouvre sur le préau par l'intermédiaire de cinq baies à remplages.

Les réseaux, posés sur un mur bahut, se composent de deux lancettes en arc brisé couronnées d'un grand oculus.

Chaque lancette est elle-même divisée par une colonnette monolithique et surmontée d'une rose polylobée.

 

Tout le long du mur sont présentées des dalles funéraires.

 

Le vieux puits.

 

 

L'enclos est conçu autour de trois galeries.

Celle à l'est ouvrant sur la neuvième travée du bas-côté nord de la cathédrale, celle à l'ouest sur la seconde.

 

La salle capitulaire, ancien réfectoire des chanoines.

 

L'aile occidentale abrite l'entrée du réfectoire, dont la fonction polyvalente :

chartrier, salle du chapitre, impose la confusion.

Elle n'est devenue salle capitulaire qu'à la fin du XVIII° siècle.

 

Aile occidentale du cloître et ses baies à remplages rayonnants.

 

Portail d'accès depuis la galerie du cloître, doté de statues colonnes.

 

Statues d'une Vierge à l'enfant et de Saint Joseph.

 

 

Longue de 24 m sur 12 m de large, la salle est située au-dessus d'un cellier du XIII° siècle, de même dimension.

De plan identique, la salle du rez-de-chaussée, réédifiée en 1293 et fortement restaurée au XIX° siècle,

a gardé une grande cheminée de son affectation primitive (cuisine au nord).

 

Statue de Saint Eloi.

 

Le raffinement esthétique rappelle la fonction initiale de cet espace dévolu aux réunions du chapitre.

 

La bibliothèque.

 

En 1506 le chapitre entreprend la construction d'une librairie à pans de bois le long de l'aile orientale du cloître,

dans le prolongement de la salle du Trésor.

Marque par excellence de son pouvoir intellectuel, cette librairie monumentale est unique en France.

 

Cet édifice rectangulaire de 23 m sur 5 m est soutenu par une double rangée de piliers de bois,

qui prennent appui sur un socle de pierre. Au centre, le mur de soutien en pierre qui coupe la perspective

a été placé là au XVIII° siècle pour soutenir les entraits de l'étage.

 

A l'étage, la librairie comprend deux salles. La première, avec ses boiseries du XVIII° siècle et des armoiries grillagées, était appelée Enfer : elle enfermait des ouvrages mis à l'index, notamment une importante collection d'ouvrages sur Calvin et le Jansénisme. La seconde, plus vaste, est encore meublée de rayonnages muraux du XVII° siècle : il y avait sept mille volumes et deux cents manuscrits au moment de la Révolution, dont le fameux Evangéliaire de Morienval du IX° siècle, aujourd'hui conservé à l'hôtel de ville.

 

La porte Corbault.

Consolidée au XVII° siècle par un mur de soutènement en pierre,

le premier niveau conserve encore son usage de bibliothèque.

 

La bibliothèque est encadrée de belles sablières sculptées.

 

La bibliothèque conserve un fonds d'imprimés du XVI° au XIX° siècles.

Des tablettes installées au niveau de l'appui des fenêtres

permettaient la consultation des ouvrages à la lumière du jour.

 

Saint Eloi.

 

Saint Eloi est né à Chaptelat (Haute-Vienne), fondateur de l'abbaye de Solignac

où il développa l'orfèvrerie émaillée. Il fut précurseur des émaux limousins.

Il mourut le 30 novembre 660, âgé de 72 ans et fut inhumé à Noyon.

Sa sépulture devint un lieu de pèlerinage et fut le siège de nombreux miracles.

 

Doué d'une grande adresse pour le travail des métaux précieux, Saint Eloi fut envoyé à Paris pour s'y perfectionner, et le trésorier du roi Clotaire II le prit sous sa protection.

 

Selon l'anecdote qui le rendit célèbre : chargé d'exécuter un fauteuil en or massif rehaussé de pierreries pour le roi, il fut capable de faire deux fauteuils identiques avec la même quantité de métal précieux qui lui avait été fournie. Dès lors, le roi le chargea de la fonction de maître de la Monnaie Royale.

 

Ü Ordination de Saint Eloi à l'évêché de Noyon, XV° siècle.

 

A la mort d'Achaire en 639, le clergé choisit Eloi pour évêque de Noyon.

Ordonné prête à 52 ans, en 640, il fut élevé l'année suivante, à la dignité épiscopale,

en même temps que son ami Saint Ouen.

Eloigné des affaires de l'Etat, il est encore conseiller écouté du nouveau roi Clovis II, puis de la reine Bathilde.

 

Familier de la cour, il exerça une profonde influence par son authentique ferveur chrétienne. Son rayonnement spirituel s'exerça sur ceux qui furent les saints et les grands évêques de son époque : Saint Ouen à Rouen, Saint Sulpice à Bourges, Saint Didier à Cahors. Le jeune Dagobert appelé à succéder à Clotaire II fit de lui son conseiller et son ministre. Financier du royaume, Eloi fut un diplomate avisé et un excellent homme d'Etat.

 

Les maisons canoniales des XVII° et XVIII° siècles.

 

Situées sur le parvis de la cathédrale,

une série de huit maisons canoniales d'époque classique à grands porches décorés.

 

Depuis les grilles de la cathédrale, vue sur les maisons canoniales.

 

 

Lors de la reconstruction du quartier cathédral, les chanoines bâtirent des demeures individuelles

le long de l'ancien rempart gallo-romain, souvent issu de grandes familles du royaume.

On compte parmi ses illustres prélats saint Médard et saint Eloi.

 

L'ensemble épiscopal.

 

Noyon est une ville épiscopale du VI° siècle à la Révolution.

L'évêque y est comte et pair de France.

Situé au sud de la cathédrale, cet ensemble est constitué de la chapelle de l'évêque

et du Palais épiscopal transformé aujourd'hui en musée.

 

La chapelle de l'évêque.

 

La chapelle permettait de relier le palais de l'évêque et la cathédrale.

La chapelle qui subsiste aujourd'hui a été construite en parallèle de la troisième campagne de travaux de la cathédrale, qui voit l'achèvement du chevet et la construction des transepts, et semble avoir été achevé en 1183.

 

Située à l'est du palais épiscopal, la chapelle de l'évêché est du XII° siècle.

Comme le choeur de la cathédrale, elle a été construite à l'extérieur de l'ancien mur gallo-romain.

 

En 1728, la chapelle, qui n'avait pas été transformée depuis le XII° siècle, est ravagée par un incendie qui détruit les voûtes. Elle traverse ensuite la Révolution française, mais elle est victime des restaurations très lourdes de la cathédrale à la fin du XIX° siècle.

 

 

Pour dégager en 1895 le flanc sud de la chapelle, l'architecte Selmersheim en détruisit

les deux premières travées ainsi que son accès au bras méridional du transept.

L'ensemble a été volontairement laissé à l'état de ruines.

 

Le bâtiment est à l'origine une chapelle double, sur deux niveaux. La chapelle basse, très obscure en l'absence de fenêtres, perd ses fonctions liturgiques dès la fin du Moyen Âge. La chapelle haute présente des caractéristiques qui la rapprochent de la construction contemporaine du bras sud du transept de la cathédrale, en particulier les contreforts très épais. Les baies sont un élément important dans le développement des fenêtres gothiques : c'est le premier exemple d'association de deux lancettes surmontées par un oculus. Ces baies novatrices n'ont pas été employées dans le transept, mais les chapiteaux et les colonnettes qui les décorent sont proches de ceux du transept de la cathédrale.

 

Le palais épiscopal.

 

Lors du transfert de l'évêché à Noyon, l'évêque Médard obtient du roi Clotaire une partie de son palais, dit Château Corbault, pour s'y établir en communauté avec ses chanoines. Cependant, au VIII° siècle, son successeur s'installe de l'autre côté de la cathédrale, au sud, le long de la muraille gallo-romaine qui sert encore d'enceinte à la ville.

 

Les bâtiments comprennent une construction carrée en pierre du XII° siècle, dite la vieille tour,

un logis Renaissance de deux étages, édifié en brique et pierre entre 1501 et 1526,

par l'évêque Charles de Hangest,

une aile du XVII° siècle perpendiculaire au logis qui a été reconstruite entièrement en 1926.

 

De la grande salle du palais, il n'en subsiste plus qu'une grande arcature entourant deux baies divisées chacune par une colonnette. À l'extérieur, les deux baies étaient surmontées de voussures à tores et boudins, retombant sur des colonnettes. Les chapiteaux et les bases de ces colonnettes indiquent que la construction a eu lieu dans les années 1170. En 1095, une cour est ajoutée par l'évêque Étienne Ier de Nemours au bâtiment.

 

Un nouveau palais est construit dans la deuxième moitié du XII° siècle. Il comprenait une construction rectangulaire à trois niveaux, la Tour Roland : l'évêque résidait au niveau le plus haut.

Entre cette tour et la cathédrale, un autre bâtiment abritait la grande salle du palais.

Les baies sont très nombreuses, surmontées d'un fronton de style Renaissance, sauf la lucarne du second étage,

surmontée d'une dentelle de pierre typique du gothique flamboyant. La frise de feuilles de lierre, d'animaux

et de fleurs qui court entre les étages est également sculptée dans une dentelle de pierre de style flamboyant.

 

En 1790, l'évêque Louis-André de Grimaldi fait construire un bâtiment nouveau, pour la conservation des archives. Cependant, il quitte rapidement la France et l'administration du district de Noyon s'installe dans le palais épiscopal. Il a été racheté par la ville de Noyon en 1863 pour y installer un musée, une bibliothèque, un jardin botanique et le logement du commissaire de police. La subvention concédée par le ministre des Beaux-arts n'est accordée qu'à la condition de dégager le bras sud du transept, ce qui exige la destruction d'une galerie du palais épiscopal et le démantèlement de la chapelle. Les travaux sont effectués sous la direction de l'architecte Selmersheim en 1895.

Le palais est incendié en 1918, comme une partie de la ville de Noyon. Il n'en reste alors qu'une façade du bâtiment Renaissance, la tour médiévale en ruines et les soubassements du bâtiment du XVII° siècle. En 1921, la municipalité décide de reconstruire le bâtiment à l'identique en prévision de l'installation d'un musée qui ouvre ses portes en 1948. En 1959 cependant, les collections sont déménagées au profit d'un usage scolaire des bâtiments. Après diverses phases de travaux et plusieurs déménagements, le musée s'installe définitivement dans le bâtiment en 1982.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, Île de France, Volume IVd

Editions Robert Laffont, 1968

"Laissez-nous conter Noyon, au fil des rues" dépliant de 12 pages

Ville d'Art et d'Histoire, O.T. de Noyon

Panneaux explicatifs présentés sur les différents sites

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 12 septembre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville