MORIENVAL   (Oise)
Arrondissement de Senlis - Canton de Crépy-en-Valois
Région des Hauts-de-France.
 Population : 1.063 Morienvalois en 2015.

 

D'une superficie de 2.584 hectares, et d'une altitude de 52 à 171 mètres,

le village est situé sur la rive droite de la vallée de l'Automne et au sud de la forêt de Compiègne.

Il est traversé par la rivière l'Automne et les rus Saint Nicolas et du Grand Saint Nicolas.

 

Etymologie : Le nom de Morienval pourrait provenir de Morini Vallis. Morini est le nom d'une peuplade celte du Nord-Ouest de la Gaule que César évoquait souvent. Les Morinis sont passés par le Valois et la vallée de l'Automne, au cours de leur retraite vers le Nord de la Gaule, après leur défaite devant les troupes romaines. S'ils ont semé des statères dans leur hâte, ce nom pourrait évoquer le lieu où quelques Morinis se seraient établis.

 

Vue aérienne avant 1970.

 

 

Ancienne abbatiale bénédictine Notre-Dame,

des XI° et XII° siècles,

devenue l'église paroissiale Saint Denis.

 

 

Cet édifice est le dernier vestige d'une abbaye de moniales bénédictines,

fondée à la fin du XI° siècle, et supprimée en 1745.

 

Avant 1970, vues générales.

Haut de près de 35 mètres, les clochers du choeur roman du XI° siècle

sont à quatre étages, couronnés de pyramides de pierre.

 

Une croix nimbée considérée comme l'ancienne croix de cimetière a été scellée

dans le mur de l'ancien cimetière de l'église Saint-Denis lors de la restauration de l'abbatiale.

Elle est couverte d'inscriptions gravées non encore déchiffrées.

 

Le clocher-porche est formé de trois étages. La base date du XI° siècle,

les deux autres étages du XII° siècle.

L'abbesse Anne II de Foucault (1625) fit englober la base du clocher occidental d'un faux narthex,

prolongeant ainsi les bas-côtés d'une travée.

 

 

Plus haut que la nef et le transept très restaurés de l'extérieur, c'est le chevet qui produit une forte impression,

avec étagement de ses masses architecturales, typique de l'art roman.

 

L'abside arrondie du XII° siècle est confortée par le déambulatoire.

Au nord, une tourelle d'escalier ronde est accolée au collatéral

et permet l'accès à ses combles, et de là, au clocher.

 

Suivant la tradition, l'abbatiale aurait au VII° siècle été fondée par Dagobert, mais il semble plutôt que son origine soit carolingienne (IX° siècle). En 1122, les chanoine de Sées (Orne) déposent les reliques de Saint Annobert, qui attirent de nombreux pèlerins.

 

La façade occidentale et le clocher-porche de trois étages.

L'église se dresse sur une petite place plantée de tilleuls.

 

L'église abbatiale est reconstruite à partir du milieu du XI° et au XII° siècles. A la fin du XII° siècle, une chapelle consacrée à Saint Annobert est ajoutée au croisillon nord et le choeur est voûté d'ogives. Au XVII° siècle, l'abbesse Anne II de Foucault entreprend de grands travaux. Le déclin de l'abbaye, ses démêlés avec le curé de Morienval, aboutissent à sa suppression par Louis XV en 1745. L'église devenue paroissiale, est restaurée à la fin du XIX° siècle, par Selmersheim.

 

Le rez-de-chaussée du clocher porte a gardé son aspect d'origine avec sa voûte d'arêtes.

Le premier étage forme une tribune qui s'ouvre par une vaste baie sur le vaisseau central.

 

Le portail bâti sous Anne II Foucault en 1608, dans le style de la Renaissance finissante.

Deux paires de colonnes toscanes soutiennent les restes d'un entablement décoré d'une frise de triglyphes,

et les vestiges d'un fronton brisé orné d'enroulements.

Au-dessus du portail, une statue bûchée trône toujours dans sa niche, et entre les colonnes,

deux autres statues sont logées, dont une Vierge à l'Enfant.

 

Depuis le choeur, vue sur le portail occidental.

Le vaisseau central, couvert d'une charpente à l'origine, a été voûté d'ogives en 1625 par Anne de Foucault.

Les bas-côtés couverts d'une voûte d'arêtes ont été remaniés.

 

La nef comporte trois travées et communique avec les bas-côtés. Les arcs en plein cintre,

à double rouleau, retombent sur des piliers carrés cantonnés de quatre colonnes engagées.

 

Statue de Saint Christophe, du XVI° siècle.

 

Le carré du transept comporte un arc en plein cintre surmonté d'une arcature, formée de cinq ouvertures.

 

La voûte du déambulatoire.

 

Les piliers sont surmontés de chapiteaux à volutes. Les chapiteaux de l'abside et du déambulatoire

sont très proches de ceux de la nef, bien que légèrement postérieurs.

 

De nombreuses dalles funéraires dont certaines sont bien conservées et ont été redressées contre les murs,

La plus ancienne est celle de l'abbesse Agnès de Viry morte en 1204.

Toutes ces dalles funéraires sont exécutées en belle pierre de liais.

 

Statue de Saint Annobert, en pierre polychrome de la fin du XVI° siècle,

évêque de Séez (Orne) au VII° siècle dont les reliques sont en la possession de l'abbaye dès 1103.

 

Arcade vers le croisillon, et dalles funéraires.

 

Statues du XVI° siècle : Saint Leu (?) - Saint Clément, pape et une Vierge de l'Annonciation.

 

 

Calvaire polychrome de la fin du XVI° siècle : Christ en croix,

Marie et Jean, en bois polychrome du XVI° siècle.

Ces sculptures se trouvaient sur une poutre de gloire, à l'entrée du carré du transept,

poutre supprimée lors de la restauration de l'église.

 

Le choeur de l'abbatiale.

Les stalles sont du XVI° siècle, et les prie-Dieu, du XVIII° siècle.

 

Les croisillons du transept sont couverts d'un berceau en bois, daté de 1614,

tandis que le carré est voûté d'ogives avec liernes et tiercerons, datés 1625,

comme on peut le lire à la clef de voûte, avec les lettres A.F. (Anne II de Foucault).

 

Le choeur comporte une partie droite, vestige de l'époque romane, mais voûtée d'ogives au XII° siècle.

L'abside qui communique avec le déambulatoire par trois grandes arcades est éclairée par cinq étroites fenêtres

et surmontée d'une voûte en cul-de-four nervé.

 

Statue d'une Vierge à l'enfant, en pierre calcaire polychrome, du XVI° siècle.

 

Autel avec statue de Saint Joseph et l'enfant Jésus - Statue du Christ Sauveur.

 

Gisant du chevalier Florent de Hangest, fin XII°, début XIII° siècle.

Il partit en Terre Sainte en 1190 et mourut au siège de Saint Jean d'Acre en 1191 (3° croisade).

 

Les anciens bâtiments conventuels.

 

Le Monastère de Morienval était autrefois un des plus puissants du Valois, il possédait plusieurs moulins,

des bois et avait des droits en forêt de Compiègne.

L'établissement avait à sa tête une abbesse nommée par le roi : c'était un monastère royal.

 

 

Le côté sud de la place qui précède l'église est bordé d'un bâtiment

provenant de l'ancienne abbaye du XVI° siècle, avec une porte Renaissance.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www.morienval.reseaudescommunes.fr/

Dictionnaire des églises de France, Île de France, Volume IVd

Editions Robert Laffont, 1968

Panneaux explicatifs présentés dans l'église

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 septembre 2017 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
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