GERBEROY   (Oise)
Arrondissement de Beauvais  - Canton de Grandvilliers.
Région des Hauts de France
 Population : 92 Gerboréens en 2015.

 

D'une superficie de 451 hectares, et d'une altitude de 111 à 201 mètres,

le village est situé dans le Pays de Bray Picard.

 

 L’origine de Gerberoy viendrait du latin Garbarium, tas de gerbes, qui a donné le vieux français Gerber,

moissonneur, et explicite les armes de la ville formée de trois Gerbes de blé d’argent sur un champ de gueules.

En 1793, pendant la Révolution, la ville est, pendant un temps, renommée « Gerbe-la-Montagne.

 

 

Le village, classé depuis 1982,

est l'un des plus beaux villages de France.

 

 

Gerberoy fut l’une des sentinelles de la frontière française.

De l’autre côté de l’Epte commençait la Normandie anglaise et longtemps ennemie.

Le titre de plus "petite ville de France", fût octroyé à Gerberoy par Philippe Auguste en 1202.

 

Depuis le traité de St-Clair-sur-Epte, en 912, le roi Charles le Simple, afin d’arrêter les ravages des aventuriers de Northmans en les fixant au sol, a concédé en fief la Normandie à leur Duc Rollon. Jusqu’à la fin de la guerre de Cent ans, la France et la Normandie ont été ennemies et se sont combattues avec acharnement. Lorsque Guillaume-le-Bâtard, duc de Normandie a conquis l’Angleterre en 1066, il devint plus puissant que son suzerain et obligea les rois de France à se défendre âprement contre lui et essayer de reprendre son territoire.

 

Vue aérienne avant 1970 - Depuis la salle du chapitre de la collégiale, vue sur les toits, en 2017.

 

En 1078, Robert Courteheuse, fils de Guillaume, s'impatiente et se plaint auprès du Roi Philippe 1er, pour bénéficier de la Normandie, que Guillaume le Conquérant devait lui remettre depuis 1066. Robert réunit à Gerberoy une puissante armée, Guillaume débarque à Dieppe et, en deux jours entreprend le siège de Gerberoy. Après trois semaines de batailles Guillaume doit abandonner la lutte, son second fils Guillaume le Roux, blessé, devant se réfugier au monastère de Saint-Germer. À la mort de Guillaume le Conquérant, le 9 septembre 1087, Robert reçoit la Normandie et Guillaume le Roux l'Angleterre. En 1204, Philippe Auguste reprend possession de Gerberoy, ainsi que de tout ce que Jean-sans-Terre lui avait enlevé.

 

La Place.

 

En 1418, les Bourguignons s‘emparent de la petite ville, brûlent la collégiale et plusieurs maisons. Occupée ensuite par les Anglais, elle est reprise en 1432 par le comte de Clermont qui « ruine la place, dont les habitants ont fui, afin d’ôter tout moyen aux ennemis de la France d’y venir faire retraite ».

 

Anciennes maisons entourant la place.

 

En 1436, Beauvais se plaint que les garnisons anglaises (ceux que l’on appelle les « Faux Visages ») de Gerberoy et de Clermont, détroussent les marchands qui leur apportent des vivres. L’année suivante, la place est reprise, mais prête d’être assiégée et Geoffroy de Belun, neveu de la Hire, qui la commande, écrit « aux maires et pairs de la ville de Beauvais que pour tenir les Anglais, on lui induit 4 arbalètes, 2 couleuvrines, du trait, de la poudre et une somme de sel » ; mais Beauvais est si peu fournie elle-même d’engin pour se défendre, qu’on ne peut lui envoyer que du sel.

 

La place et le vieux puits.

 

Le village de Gerberoy se déploie autour de deux ruelles pavées.

Le vieux puits et la mairie-halle.

 

La rue du Logis du Roy, et anciennes maisons.

 

La maison Henri IV.

Henri IV fût accueilli et soigné en 1592 dans une maison de la rue du Logis-du-Roy.

Il fit détruire la forteresse, à l'endroit où se trouve la roseraie des jardins Henri Le Sidaner.

 

 

Ruelles pavées, maisons en torchis et à pans de bois colorés,

roses trémières et glycines agrémentent les murs des vieilles pierres.

 

La tour-porte, ancienne porte du château.

 

La tour-porte et l'escalier d'accès à la collégiale Saint Pierre.

 

Le 27 mai 1641, Richelieu fait halte à Gerberoy et y séjourna.

Ministre de Louis XIII en 1634, Armand Jean du Plessis, Cardinal de Richelieu le restera jusqu'à sa mort,

exerçant ainsi dix-huit années d'un ministère d'une exceptionnelle longévité.

 

Louis XIII le Juste (1601-1643), séjourna à Gerberoy en 1639.
Roi de France et de Navarre (1610-1643), personnage sévère et ombrageux,

dont la personnalité tranchait avec celle de son père, le roi Henri IV.

 

Louis XIII eut l'intelligence de s'adjoindre un collaborateur d'exception, le cardinal de Richelieu, avec lequel il poursuivit durant plus de vingt ans une politique visant à limiter les privilèges dont jouissaient les protestants depuis l'édit de Nantes, à affirmer l'autorité royale contre les Grands et à faire barrage à l'expansionnisme des Habsbourg en Europe.

 

L'ancien hôtel de ville, halle, et musée communal.

 

L’hôtel de ville (halles / musée communal) du XVII° siècle en brique, abrite au rez-de-chaussée des halles, et à l’étage l’ancienne Salle de Justice aujourd’hui aménagée en musée. Le musée abrite des colletions hétéroclites : on y trouve les archives communales, des poteries du Beauvaisis, des objets anciens, des tableaux d’artistes et une évocation du Peintre Henri Le Sidaner.

 

Datée de 1690, la maison bleue.

 

Dans ce petit village, il n'y a plus d'école, plus de paroisse, très peu d'artisans et de commerçants, et Gerberoy compte 50 % de résidences secondaires. C'est devenu une oasis de paix, une sorte d'enclave du passé : les rues pavées sont bordées de maisons des XVI°, XVII° et XVIII° siècles en bois et torchis ou brique et silex. Les fossés des remparts plantés d'arbres offrent d'agréables promenades. Les vestiges du château cernés de jardins, et la collégiale (du XI° siècle, mais a été reconstruite au XV° siècle) témoignent des vicissitudes d'une histoire faite de sièges et de batailles.

 

Le peintre Henri Le Sidaner (1862-1939)

 

La sauvegarde du village est due à ce peintre

qui vint y peindre chaque été et lança l'idée d'y planter des rosiers décoratifs.

Le Sidaner a contribué à la restauration de Gerberoy, où il réalisa plus de deux cents tableaux

et de multiples dessins. De nos jours il reste un peintre très côté aux Etats-Unis.

 

Henri Le Sidaner devant sa maison de Gerberoy (Collection Jardins Henri de Sidaner).

 

Originaire de l'île Maurice, où il passa son enfance, Henri Le Sidaner, formé à l'école des Beaux-arts dans les années 1880 (à Bruges, à Etaples). En 1900, à l'âge de 38 ans, il conçoit le projet de créer un jardin, où il pourra peindre les effets de la lumière.  Sur les conseils de son ami, le potier Auguste Delaherche, il achète à Gerberoy, une propriété, où il séjournera régulièrement l'été, jusqu'à sa mort en 1939.

 

Il aménage dans les ruines de l'ancien château un magnifique jardin à l'italienne, à trois étages, qui constitue l'une de ses sources d'émotion esthétique dont sa palette s'efforce de percer les secrets. Sa technique, proche des derniers impressionnistes, crée une atmosphère de brume enveloppée de lumière qu'on retrouve dans ses paysages, où fleurs et jardins sont presque constamment présents.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.gerberoy.info/

Livret "Histoire de la commune", édité par la mairie

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 16 septembre 2017 

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville