CREPY-EN-VALOIS   (Oise)
Arrondissement de Senlis - Canton de Crépy-en-Valois.
Région des Hauts-de-France.
 Population : 15.049 Crépynois en 2014.

 

D'une superficie de 1.628 hectares, et d'une altitude de 62 à 150 mètres,

la ville est située au cœur de la Vallée de l'Automne.

 

Vue aérienne avant 1970 : de gauche à droite, collégiale St Thomas,

église St Denis et le prieuré Saint Arnoul.

 

De son promontoire, la vieille cité de Crépy, ceinte en partie de murailles, domine aujourd'hui la ville basse qui l'a largement dépassée, depuis le développement des zones industrielles. Fief d'une dynastie qui régna sur la France pendant deux siècles et demi, l'ancienne capitale du Valois ne conserve de son ancien château féodal qu'un bâtiment gothique, l'auditoire, où l'on découvre la technique du tir à l'arc, un sport encore très répandu dans le Valois.

 

 

Prieuré Saint Arnoul
 

 

L'abbaye fut fondée au début du XI° siècle par Gauthier le Blanc, comte de Valois,

pour y abriter les reliques du Saint évêque de Tours, rapportées à Crépy au milieu du X° siècle.

En 1077, elle devint un prieuré dépendant de Cluny.

 

Structure au Sud, vue sur le Nord-Est.

L'église abbatiale et les bâtiments conventuels,

transformés ou restaurés à plusieurs reprises, remontent au XI° siècle.

 

A l’origine, il y avait une collégiale fondée par Raoul II entre 935 et 943 pour accueillir une partie des reliques de saint Arnoul, dérobées à Saint-Arnoul-en-Yvelines (78). L’établissement deviendra abbaye bénédictine à la faveur d’une reconstruction à partir de 1008 par Gautier II, puis sera rattaché à Cluny, dont il deviendra un important prieuré. Saint-Arnoul comptera jusqu’à 34 moines en 1318 mais la Guerre de Cent Ans lui sera fatal, notamment lors du sac de Crépy par les Anglais, en 1434, où le choeur de l’église sera détruit suite à un violent incendie.

 

 

Mur du bas-côté Nord.

De la grande église abbatiale, longue de 70 m, large de 18 m, sans transept,

ne subsistent que quelques vestiges : soubassements, murs, piles,

au chevet de magnifiques chapiteaux sculptés de la fin du XI° siècle.

 

De très importants travaux, documentés par les textes, ont été réalisés entre 1335 et 1357 et c’est à cette époque qu’il faut attribuer le mur du bas-côté nord ainsi que la pile d’entrée du choeur qui, reprise en sous-oeuvre, supportait l’angle sud-est du clocher nord. Les chapiteaux au décor de petites feuilles se développant à la manière d’une frise continue et la baguette appliquée sur les colonnettes appartiennent bien à la manière de ce temps.

 

En face l'abbaye, se dresse l'église Saint Denis dont la nef remonte au XII° siècle.

 

Emplacement de la crypte.

Les colonnettes et les chapiteaux de la crypte sont du XI° siècle, protégés derrière des grilles épaisses.

 

De l’église, qui servit de nécropole aux puissants comtes de Valois, il ne reste que le mur occidental de la crypte et celui du bas-côté nord de la nef. C’est au dernier quart du XI° siècle qu’il faut attribuer le mur occidental de la crypte et les deux tours de chevet visibles sur les gravures anciennes. La crypte, qui était l’une des plus vastes d’Ile-de-France, mesurait 16,50 m de largeur sur 25 m de longueur. L’implantation des piles engagées dans le mur occidental suggère que cette crypte comportait des bas-côtés et que la partie centrale était divisée en trois vaisseaux. Caractérisés par une hauteur très importante comparée à celle du support à pans coupés qu’ils surmontent, les chapiteaux adoptent un décor à base d’acanthe et de volutes, un seul, avec des basilics affrontés à l’angle, est historié. Les supports à pans coupés montrent, comme la présence de tours jumelles au chevet, la persistance de traditions carolingiennes.

 

Remarquablement mis en valeur par l’Association Saint-Arnoul à partir de 1964, les restes des anciens bâtiments

monastiques, qui s’étagent sur plusieurs niveaux, montrent encore le chauffoir du dernier quart du XII° siècle et,

bâties au début du siècle suivant, la superbe salle capitulaire et la galerie orientale du cloître (1996).

 

Le cloître.

 

Chapiteaux romans sculptés et piscine liturgique.

 

La galerie du cloître, et la salle capitulaire.

 

Le rez-de-chaussée de l'aile qui a été conservée comprend un côté du cloître, la salle capitulaire (début XIII° siècle), le chauffoir, une salle de travail (fin XII° siècle). Ont été également dégagées et remises en état les parties basses en sous-sol consacrées à la vie domestique du monastère (salle du four, puits, caves).

 

Supprimé en 1790, le monastère fut vendu comme bien national :

une partie du prieuré (l'aile Est) devint en 1797 un pensionnat de garçons. L'église abbatiale

et le reste des bâtiments conventuels furent démolis sous l'Empire pour servir de carrière de pierre.

 

A proximité des remparts subsistent encore les "tours de Valois", bâties vers 1170,

qui constituaient la porterie du château fort. Celui-ci surplombait la vallée

d'où passait la grande route des Flandres à la Champagne.

 

Portail extérieur de la cour du nouveau logis du prieur.

 

 

 

Le vieux Crépy est constitué de ruelles étroites où subsistent encore malgré les destructions

de nombreuses maisons caractéristiques du XIII° siècle au XVIII° siècle.

 

Le couvent des Ursulines, construit à l'emplacement de la "basse cour" du château.

Fondé en 1620 sur l’emplacement du château de Crépy pour accueillir une école de filles,

le couvent fut démoli à la fin de la Guerre de Cent Ans. Le portail d’entrée date du XVII° siècle,

et c'est tout ce qui reste du couvent. Le cloître et l'ensemble des bâtiments ont été entièrement démolis.

 

En 1620, le roi Louis XIII donne l'emplacement de l'ancien château fortifié à la Congrégation des Demoiselles de Crécy, qui venait de se fonder pour instruire les jeunes filles de la ville. Ces demoiselles se feront religieuses ursulines et bâtiront un couvent. En 1695, la communauté comptait 63 religieuses. Elle perdurera jusqu'en 1791. Le couvent des ursulines, vendu comme bien national à la Révolution devint, sous le Premier Empire une fabrique de calicots (tissus de coton) pour laquelle on utilisera de nombreuses caves et souterrains de l'ancien château.

 

Le vieux château, devenu auditoire à la fin du XVI° siècle,

et aujourd'hui, musée du Valois. Le rez-de-chaussée est consacré au musée de l'archerie.

Marguerite de Valois et Henri IV firent des restaurations dont la porte d’entrée

(les clous des vantaux portent leurs initiales).

Dans la grande salle du haut, on peut admirer la remarquable charpente du XIV° siècle.

 

C'est le reste le plus important de l'ensemble édifié probablement par les seigneurs de Crépy-Nanteuil. Entouré par une partie de son enceinte, avec deux tours engagées, il formait l'hôtel du donjon, profondément remanié par la suite, notamment aux XIV° et XV° siècles. On y installa vers 1560, les services administratifs du duché de Valois, le rez-de-chaussée étant transformé en auditoire de justice, le premier étage servant à entreposer les grains du domaine. A la fin du XVIII° siècle, on y transféra les prisons. Vendu comme bien national, le vieux château fut finalement racheté en 1828 par la municipalité. Après avoir connu de multiples attributions, il devint en 1939, Musée du Valois.

 

Jouxtant l'auditoire, la chapelle Saint Aubin, construite à la fin du XII° siècle, comprenait une chapelle basse dédiée à St Aubin, moine du VI° siècle, devenu évêque d'Angers. Comme le donjon, elle a été transformée en musée.

 

Le monument aux morts est l'oeuvre d'Albert Bartholomé (1848-1928).

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.eglisesdeloise.com/

Dictionnaire des églises de France, Île de France, Volume IVd

Editions Robert Laffont, 1968

Dépliant 3 volets "collégiale St Thomas", O.T. de Crépy-en-Valois

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 septembre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville