CREPY-EN-VALOIS   (Oise)
Arrondissement de Senlis - Canton de Crépy-en-Valois.
Région des Hauts-de-France.
 Population : 15.049 Crépynois en 2014.

 

D'une superficie de 1.628 hectares, et d'une altitude de 62 à 150 mètres,

la ville est située au cœur de la Vallée de l'Automne.

 

 

Ancienne collégiale gothique Saint Thomas

 

 

Commencée en 1182 par Philippe d'Alsace, comte de Crépy pour honorer la mémoire de Thomas Becket.

Abandonnée par les habitants de Crépy, elle sera vendue en 1804

à un entrepreneur de Compiègne qui la transformera en carrière de pierres.

 

Vue aérienne : la collégiale et son quartier, avant 1970.

L'édifice était de soixante mètres de long sur vingt sept de large,

avec une nef à cinq travées sur croisés d’ogives de vingt six mètres sur treize de large.

 

▪ La tour de droite dont le sommet fut rasé par les Anglais est agrémentée, sur ses deux faces, d’arcatures aveugles retombant sur des colonnettes, surmontées de roses ornées de fleurs et de feuilles.

On peut y voir entre les deux contreforts angulaires un encorbellement de têtes et un grotesque.

▪ La tour de gauche, qui présente deux fenêtres superposées dont l’une est ornée à sa partie supérieure

d’un cordon de fleurs, est coiffée d’une flèche polygonale garnie d’écailles et de crochets.

Elle repose sur un clocher montrant sur quatre faces des baies en ogives agrémentées d’une colonnette centrale.

Un petit clocheton à toit pyramidal couvre l’escalier donnant accès à la terrasse ceinte d’une balustre.

 

Philippe d’Alsace était venu rendre visite à Raoul V (frère de son épouse Elisabeth) qui occupait alors le château de Crépy, projeta de fonder dans cette ville une collégiale de chanoines séculiers sous l’invocation de St Etienne, premier martyr, ainsi qu’un Hôtel Dieu, hôpital pour accueillir les malades, les voyageurs et enseigner aux enfants. Cette tradition était très répandue chez les comtes de Flandres qui érigeaient des collégiales en espérant que les prières des chanoines leur assureraient le salut éternel.

 

Dans le jardin aménagé à l’emplacement de la collégiale,

se trouve le monument aux morts dû au sculpteur Albert Bartholomé.

 

Quelques années plus tard, à la mort de Raoul V, Philippe d’Alsace hérite du comté de Valois et du comté de Flandres à la mort de son père, le comte Thierry. Il vient alors s’installer à Crépy. Philippe d’Alsace reçoit dans son château, en 1169 Thomas Becket, archevêque de Canterbury, exilé en France suite à des démêlés avec le roi Henri II Plantagenêt. Thomas Becket passa plusieurs jours au château de Crépy.

 

En 1790, avec la suppression des ordres religieux, le culte révolutionnaire succède au culte catholique.

On peut encore lire sur le tympan du portail d’entrée une inscription de 1793 :

« Le peuple français reconnaît l’existence de l’être suprême et l’immortalité de l’âme ».

 Les églises Saint-Denis et Sainte-Agathe sont vendues comme biens nationaux,

et Saint-Thomas reste alors la seule église paroissiale.

 

Réconcilié avec le roi, après six années passées en France, Thomas Becket retourne en Angleterre mais il est assassiné dans sa cathédrale, en 1170, par quatre chevaliers d’Henri II. Il est canonisé trois ans plus tard et ses reliques sont alors largement diffusées. De nombreuses églises et chapelles lui seront dédiées. C’est ainsi que Philippe d’Alsace, se remémorant les paroles de Thomas Becket, lui consacra sa collégiale.

 

Sur l’arrière de la façade, on découvre l’entrée de la nef voûtée en ogive à trois niveaux (grandes arcades,

triforium et fenêtres hautes). Dans l’angle de la tour sud, il ne reste qu’une partie des cinq voussures

qui encadraient le portail principal, ouvert sur la seconde travée du bas-côté

et séparé en deux par un trumeau où reposait une statue de Thomas Becket.

 

Le  clocher à flèche octogonale.

Les collatéraux surmontés d’une galerie de circulation (triforium) menaient au transept

qui donnait accès au chœur en hémicycle.

 

La façade ouest du XII° siècle est flanquée de deux tours et de la première travée de la nef.

La grande rose percée dans le pignon, les sculptures qui ornent les piedroits du portail

et la flèche à imbrications du XIV° siècle permettent seules de juger de la valeur artistique de cet édifice.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Dictionnaire des églises de France, Île de France, Volume IVd

Editions Robert Laffont, 1968

Dépliant 3 volets "collégiale St Thomas", O.T. de Crépy-en-Valois

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 10 septembre 2017

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville