COMPIÈGNE   (Oise)
Arrondissement de Compiègne - Canton de Compiègne.
Région des Hauts de France
 Population : 40.200 Compiégnois en 2014.

 

D'une superficie de 5.310 hectares, et d'une altitude de 31 à 134 mètres,

la ville se situe à la limite du Valois et du Soissonnais,

à la jonction de la Picardie, Champagne et Île-de-France, et arrosée par les rivières l'Aisne et l'Oise.

 

 

Église gothique Saint Jacques

 

 

La fondation de l'église fut décidée par une bulle du pape Innocent III du 24 janvier 1207.

Les travaux commencèrent vers 1235 sous le règne de Saint Louis.

 

Vue aérienne avant 1970 : la ville et l'église Saint Jacques.

Paroisse royale, l'église fut édifiée en plusieurs étapes  :

Choeur et transept datent du 2° tiers du XIII° siècle, la nef du 3° quart de ce siècle,

mais elle ne fut voûtée qu'au XV° siècle.

 

Au XV° siècle, la guerre de Cent Ans et les sièges ralentirent les travaux. Sous les règnes de Charles VI et Charles VII la ville fut prise et reprise huit fois en seize ans. Le 17 mai 1430, Jeanne d'Arc communia à Saint Jacques. La paix revenue, un clocher est accolé au monument. Il était terminé et orné de plusieurs statues de saints en 1520. Une tradition locale prétend que Louis XI ordonna en 1476 ou 1477 le remplacement du toit de chaume par un toit d'ardoise. Sous Henri IV, un pavillon coiffé d'un dôme couronne la flèche du clocher qui avait été atteinte par la foudre.

 

La façade occidentale achevée au début du XIV° siècle.

A l'angle nord-ouest, la tour réalisée à la fin du XV° siècle a été coiffée au XVII° siècle,

d'une lanterne des morts.

 

Le portail occidental date du XVI° siècle : c'est une large ogive à quatre voussures portées par des dais sous lesquels devaient autrefois se trouver des statues. Dans la gorge entourant le tympan se trouvent huit séraphins ailés vêtus de longues robes et tenant des phylactères.

 

Tout au long de la nef, au-dessus des grandes fenêtres, court une balustrade ajourée, de la fin du XV°,

début XVI° siècle. Elle est composée du côté de la place de coeurs, alternés et opposés,

et de l'autre, de losanges barrés par le milieu.

 

 

Le chevet de l'église.

 

La nef.

 

Modifié au XVIII° siècle, grâce aux libéralités de Louis XV,

l'intérieur fut doté d'un décor fastueux, quelque peu théâtral, véritable gaine de boiseries et de marbres.

 

La voûte de la nef date du XV° siècle.

Les grandes orgues installées dans l'église au XV° siècle furent rénovées. Elles ont pour origine les orgues offertes par Constantin Copronyme, empereur de Byzance à Pépin, père de Charlemagne, prétend une tradition.

 

Bénitier du XVIII° siècle.

Sous la tribune des orgues, se trouvent deux statues en pierre, Saint Pierre et Saint Paul,

oeuvres du sculpteur François Dumont.

 

Derrière cette boiserie du XVII° siècle existe la trace de la petite porte par laquelle Jeanne d'Arc

entra dans l'église pour y communier le matin de sa prise le 23 mai 1470.

 

Chapelles collatérales sud de la nef.

 

Chapelle des fonts baptismaux, du XVIII° siècle.

 

▪ Les fonts de forme ovale sont en marbre rouge et recouverts de 2 volets de bronze, ciselés de petites roses et de coquilles. Ils datent de février 1733 d'après une inscription portée sur le couvercle, et faite par Jacques Robbe, maître fondeur à Paris.

▪ Tableau sur la boiserie de fond, de l'école française du XVIII° siècle, qui représente le baptême du Seigneur.

 

La chapelle Saint Vincent.

 

▪ Vitrail réalisé en 1893 par la maison Vernonnet et Pommery à Reims. Il représente l'arrivée à Compiègne, vers 875, des reliques de Saint Signe et de Saints Corneille et Cyprien.

▪ Tableau au-dessus de l'autel, de l'école française du XVIII° siècle. Il représente la Délivrance de St Pierre. Au-dessus de la boiserie, une pierre tombale d'Adrien Faroul, conseiller du roi, marguillier et mort en 1697.

 

Les deux saints envoyés par Rome au III° siècle par le Pape pour évangéliser la Gaule au nord.

 

Ils se fixèrent dans le diocèse de Soissons, exercèrent le métier de cordonnier et furent martyrisés en 288. Cette chapelle était le centre de la confrérie des cordonniers, bourreliers et ouvriers du cuir dont les deux saints sont les patrons.

▪ Le tableau au-dessus de l'autel, de l'école française du XVIII° siècle, représente le couronnement de la Vierge au ciel.

▪ Le vitrail, installé en 1891, représente Saint Louis transportant des malades à l'hospice de Compiègne, avec son gendre, le roi de Navarre.

 

Chapelle Saint Eloi.

Vitrail représentant Saint Louis visitant les malades de l'hospice de Compiègne,

des ateliers de Metz et offert en 1886. Statue de Saint Eloi avec ses attributs.

 

Chapelle Sainte Jeanne d'Arc : vitrail d'Olivier Merson, 1883, représentant Jeanne d'Arc communiant.

Tableau de l'école française du XVIII° siècle, représentant St Roch en costume de pèlerin, montrant les plaies

de ses jambes. Statue en marbre blanc. Elle est le chef d'oeuvre de la princesse Marie d'Orléans (1813-1839),

fille du roi Louis Philippe et élève de Pradier. (C'est une copie, l'original se trouve au château de Versailles).

 

Jeanne d'Arc est venue au moins trois fois à Compiègne :

▪ Le 18 août 1429 où elle arrive avec le roi Charles VII au retour du sacre, et reste jusqu'au 23 août;

▪ Le 13 mai 1430, pour réconforter les habitants;

▪ Le 23 mai 1430 pour secourir ses bons amis de Compiègne. Arrivée le matin, elle est capturée le soir.

 

 

Chapelle du Sacrarium (ancienne chapelle Sainte Marguerite).

Depuis 1933, plus de 150 reliques, dont certaines apportées par Charles le Chauve, au monastère Saint Corneille.

La porte principale, à deux battants, est en bois sculpté d'époque Renaissance.

 

La chaire à prêcher, datée 1777.

 

L'abat-son d'origine est détruit à la Révolution et remplacé en 1852 par une oeuvre du sculpteur Collet, auteur aussi de la chapelle de la Vierge. Sur les panneaux entourés de guirlandes sont représentés les quatre évangélistes, avec leurs symboles.

 

Le transept sud.

 

Autel du Sacré Coeur (1881) avec une statue du Sacré Coeur. C'est l'ancien autel Saint Pierre que le tableau

représente montrant à Saint Paul le rouleau des Evangiles posé sur ses genoux (Brenet, XVIII° siècle).

Au-dessus, comme dans le transept nord,

une gloire en bois doré surmontée de la couronne royale et entourée d'anges (1774).

 

Le transept nord.

 

Les chapelles des bas-côtés de la nef sont du début du XIV° siècle.

 

Autel Saint Joseph, qui était anciennement l'autel de la Vierge.

La Vierge au pied d'argent ou Vierge du treillis, offerte par Saint Louis à l'abbaye Saint Corneille.

La tradition rappelle qu'un pied de la statue était protégé par une sandale d'argent.

Elle est du style des ateliers parisiens du XIII° siècle.

Tableau "Jeanne d'Arc vouant ses armes à la Vierge", offert en 1869 par Napoléon III au Musée Vivenel,

oeuvre de Zoé Laure de Châtillon, peintre d'histoire et portraitiste et épouse du sous-préfet de ce nom.

 

Chapelles des collatéraux nord.

 

Chapelle Saint Claude, avec au-dessus, un tableau représentant Saint Claude, école française du XVIII° siècle.

Statue de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, oeuvre du sculpteur Barsanti de Pise, en marbre de Carrare (1926).

 

Chapelles de la Sainte Trinité et de Sainte Anne.

Au-dessus de l'autel, tableau de la Sainte Trinité (école française du XVIII° siècle).

Statue de Notre-Dame de Fatima, installée et bénite en 2008.

Personnage de l'ancienne poutre de gloire :

Saint Jean et la Vierge, en bois polychromé, sculpté à la fin du XV° siècle.

La poutre placée vers 1499 fut détruite vers 1750.

 

Chapelle Saint Marcoul. Au-dessus de l'autel, tableau de l'école française du XVIII° siècle,

représentant le roi Louis XVII vénérant Saint Marcoul.

Statue de la Vierge-mère, face à l'autel, du XVI° siècle, en bois doré et placée en 2006.

 

Chapelle de la Sainte Famille.

Tableau représentant la Sainte Famille, école française du XVIII° siècle.

 

Le choeur.

 

Le choeur est orné de marbres et de grilles. Les piliers sont habillés de boiseries.

 

L'abside ou déambulatoire date du XVI° siècle (environ vers 1525).

La table de communion est l'ancienne balustrade de la chambre de Louis XVI du château.

 

Les baies géminées de style ogival flamboyant sont séparées par des niches de pierres avec dais

dépourvues de statues : les contreforts sont ici à l'intérieur.

 

Les chapelles du déambulatoire.

 

Le voile de la Vierge.

Enroulé dans une chasse en émaux champlevés, il est placé sous le tabernacle de l'autel consacré à la Vierge..

 

Chapelle Sainte Catherine d''Alexandrie. Sainte Catherine, vierge martyre était la fille du roi Costis.

Elle naquit à Alexandrie et y mourut au début du IV° siècle.

Jadis patronne de la faculté de théologie, elle est toujours celle des étudiants, des philosophes.

 

Chapelle Saint Michel : tableau attribué à la reine Marie Leczinska.

Sur la boiserie, ancienne porte du tabernacle de la chapelle Saint Jean Baptiste.

Autel en marbre gris édifié en 1820, provenant de la chapelle du Saint Sépulcre.

Statue de Notre-Dame de Lourdes, en bois polychrome.

 

 

Chapelle Saint Grégoire-le-Grand.

Buste d'évêque retrouvé en 1912 dans les combles de l'église. Il s'agirait de Saint Germain.

 

Grégoire est né en 540 et mort en 604. Il fut magistrat romain avant d'être moine bénédictin. Elu pape en 590 par acclamation du peuple et du clergé romains, il redonna confiance à la population soumise à des difficultés de toutes sortes : crue du Tibre, peste et menace des Lombards.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

Panneaux explicatifs présentés à l'intérieur de l'édifice

Dictionnaire des églises de France, Île-de-France, Volume IVd

Editions Robert Laffont, 1967

Dépliant 4 pages "Eglise St Jacques de Compiègne", disponible à l'entrée de l'église

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 15 septembre 2017

 

 

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