TRELON   (Nord)

Région des Hauts-de-France.

Arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe  - Canton de Fourmies.
 Population : 2.915 Trelonais en 2016.

 

D'une superficie de 3.915 hectares, et d'une altitude de 170 à 251 mètres,

la ville est traversée par les ruisseaux  du Voyon, des Dardennes, et des Viviers.

Elle est située dans le Parc naturel de l'Avesnois.

 

Vues aériennes avant 1970 : le village et l'église Saint Léger, construite en 1578.

 

L'histoire du village de Trélon est liée à l'histoire tourmentée de son château. Trélon appartient dès le XI° siècle à la famille d'Avesnes. Le château fut construit par Nicolas d'Avesnes. Des dates se succèdent, long inventaire de sièges, de destructions, de reconstructions, tour à tour français, bourguignon, espagnol, le château et les environs sont malmenés. Les habitants qui survivent aux destructions, aux pillages doivent faire face aux famines et à la peste.

 

 

Château de Merode, des XVII° et XIX° siècles
 

 

Mérode, une des plus grandes familles liée à la plupart des cours européennes au fil de l'histoire.

 

Les membres de la maison de Merode ont porté depuis le XV° siècle les titres de comte, de baron du Saint-Empire et de prince. Ils sont cousins ou aïeux des familles de Monaco, d’Arenberg, de la famille royale espagnole ou de la famille royale italienne… Le domaine est la propriété de la famille depuis au moins 1580.

 

Situé probablement à l’emplacement de l’ancienne forteresse du XV° siècle, le château de Trélon

a bénéficié au fil des générations d’importantes transformations, soignant sans cesse l’architecture.

Les siècles ont légué cette demeure de style Louis XIII, à la riche ornementation

et aux collections de mobilier, tapisseries, porcelaine de Sèvres et d’œuvres d’art superbes.

 

Façade côté cour d'honneur.

 

Nicolas, dit Plukel, seigneur d'Avesnes, y bâtit, en 1150, une forteresse entourée de remparts flanqués de grosses tours, avec pont-levis et larges fossés, dans laquelle Hugues 1er de Châtillon, l'un de ses successeurs, fonda une chapelle, en 1298.

 

Armoiries de maison princière de Merode : Plus d'Honneur que d'Honneurs.

 

En 1478, ce château fut assiégé par Jean de Luxembourg, le comte de Roremond et Philippe de Raveinstein, officiers de Marie de Bourgogne. Le seigneur de Merode était alors capitaine au service de Louis XI, et se trouvait dans la place; ne pouvant résister aux forces supérieures de l'ennemi, il fut contraint de se rendre avec sa garnison, qui fut conduite à Mons comme prisonnière de guerre. Trélon fut pris sous François 1er en 1543, ainsi que Glageon et Etrœungt, par les troupes du sire de Bonneval, opérant contre celles de Charles-Quint.

 

Statue en terre cuite de la Vierge installée en 1878 par Werner de Merode.

 

Le château de Trélon servait, en 1552, de retraite à des brigands qui désolaient le pays. Henri II sortit de Sedan et vint assiéger cette place, ainsi que celle de Glageon; toutes deux furent emportées d'assaut et la garnison passée au fil de l'épée.

 

Façade côté jardin.

 

En 1554, le connétable de Montmorency s'avança avec le duc de Vendôme, par Estrées-au-Pont, se saisit de plusieurs petites places que les habitants avaient abandonnées, et entre autres de celle de Trélon, qui fut brûlée. Les fortifications, alors furent abattues et complètement détruites. Cependant, elles furent rétablies, car, en 1637, le même château fut encore assiégé et pris par le vicomte de Turenne, après une faible résistance.

 

Le grand salon.

Une chronologie de huit siècles d’histoire de la peinture.

Des primitifs italiens, en passant par la Renaissance et les XVII° et XVIII° siècles jusqu’au romantisme.

 

Démolie vers la fin du XVII° siècle, elle fut remplacée par d'autres constructions élevées en 1699, 1701 et 1751, qui en ont fait une des habitations les plus agréables du pays. Les troupes du maréchal de Bouillon passèrent, en 1595, par Trélon pour aller assiéger Chimai.

 

La grande galerie et l'escalier.

(Collections de mobilier, tapisseries, porcelaine de Sèvres et diverses oeuvres d'art).

 

Le village de Trélon fut ravagé le 6 février 1651, par le général Roose, chef des troupes allemandes au service de France, pendant les guerres de la Fronde. Après le siège de Rethel, en juillet 1653, Turenne, ayant appris qu'une partie des troupes espagnoles se trouvait à Trélon, Chimay, etc. partit de Noircour et s'avança jusqu'à Anor, où il apprit que l'ennemi s'était retiré.

 

Des destins romanesques


L’histoire plus récente retient trois hommes. Félix de Merode (1791-1857), qui participa à la révolution, l’indépendance et la constitution Belge, allant jusqu’à refuser la possibilité de devenir roi.

 

Il eut deux fils : Monseigneur Xavier de Merode, d’abord officier militaire puis archevêque, camérier du pape Pie IX et pro-ministre aux armées des États pontificaux. Mort à Rome, il poussa son dernier soupir dans les bras du Très-Saint-Père, «Personne ne l’a mieux connu que Pie IX, et il est probable que personne ne l’a autant aimé». La chapelle et le château de Trélon conservent de nombreux souvenirs de cet homme d’exception. L’autre fils, Werner de Merode est à l’origine de la «monumentalisation» du château avec le rehaussement des toitures, la construction du perron puis l’édification de la tour abritant la chapelle.

 

 

Les dépendances.

 

La ville de Trelon devient française au traité de Nimègue en 1678 après avoir été espagnole, durant un siècle et demi. Le château médiéval situé sans doute à l'emplacement de l'actuel château a été remplacé sous l'impulsion de Jean-Philippe de Merode en 1704 par une gentilhommière. Un troisième château est construit vers 1731 et remanié vers 1830 pour Félix de Merode.

 

Les jardins.

Le parc du château de Trélon est doté de deux gigantesques séquoias venus des États-Unis

et plantés au milieu du XIX° siècle.

 

▪ 1918 : Le Kaiser Guillaume II s’installe au château jusque fin mars après qu’une Kommandantur s’est installée en 1914. Un abri avait été creusé le long de la voie de garage, débouchant dans le chemin qui conduit à la Sèche-Cense.

▪ C'est en 1945 que le prince et la princesse reviennent sur leur terre après un séjour en Algérie française. Ils retrouvent les lieux dans une pagaille incroyable se souvient la princesse, des livres de la bibliothèque avaient été dispersés dans tout le village. La princesse Micheline de Merode a du tout remettre en état avant d'accueillir ensuite 7 familles de harkis devenus au fil du temps des amis. Il est aujourd'hui occupé par son fils et son petit fils.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.chateaudetrelon.com/
"Histoire de la terre et du château de Trelon", livret de 24 pages

(Association historique du château de Trelon)

Photos intérieures scannées à partir de C.P.A

(Photos interdites à l'intérieur du château)

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 29 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville