NEUVILLE-EN-AVESNOIS   (Nord)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement et canton d'Avesnes-sur-Helpe
Population : 305 Neuvillois en 2016.

 

D'une superficie de 317 hectares, et d'une altitude de 87 à 134 mètres,

le village est traversé par les ruisseaux des Harpies et de Saint-Georges.

 

La mairie - La grotte, située à l'entrée du cimetière, et le calvaire.

Le patrimoine bâti de la commune est encore aujourd'hui constitué essentiellement de fermes,

de la fin du XVIII°, début XIX° siècle.

 

 

Eglise fortifiée Sainte Elisabeth de Hongrie,

bâtie au XVI° siècle.
 

 

L’église est dédiée à sainte Élisabeth de Hongrie. Elle a été édifiée dans la deuxième moitié du XVI° siècle

sur l’emplacement d’une église plus ancienne détruite en 1552 lors des campagnes de Henri II

contre Charles Quint. Reconstruite durant la période troublée des guerres de Religion,

elle a été dotée de quelques éléments défensifs.

 

Le plan de l’église est analogue à celui des autres églises situées en Thiérache : nef unique et choeur carré.

La fortification des églises remonte aux XVI° et XVII° siècles.
L’église était donc un refuge idéal pour servir d’abri aux populations menacées.

 

Située à l’angle Nord-Ouest, l'échauguette est maçonnée en briques sur console en grès,

et coiffée d’une poivrière.

La façade occidentale est protégée dans l'oeuvre par une flèche couverte d'ardoises.

 

Le portail en plein cintre est surmonté d’un œil-de-bœuf.

Les lits alternés de briques et de grès offrent un effet décoratif unique dans la commune.

C’est certainement l’église fortifiée la plus caractéristique de l’Avesnois actuel : deux échauguettes sont

construites sur la diagonale de l’édifice, ce qui permettait aux défenseurs de surveiller les quatre façades.

 

Ces éléments de fortification sont plus dissuasifs que défensifs. Les échauguettes en encorbellement, les contreforts encadrant le portail d'entrée, la plate-forme d'observation de la tour du clocher, étaient néanmoins renforcés, jusqu'au XIX° siècle, par une muraille flanquée d'une tourelle d'angle qui ceinturait le cimetière.

 

La seconde échauguette est flanquée à l’angle Sud-Est - Christ situé au chevet de l'église.

 

 

La nef unique est couverte d'une voûte en bardeaux.

 

Chaire à prêcher de la fin du XIX° siècle.

 

L'ensemble des vitraux et le chemin de croix sont modernes.

 

Les deux chapelles latérales et le choeur. Seul le mur diaphragme percé d'une ouverture en arc brisé

sépare le choeur liturgique de l'espace réservé aux fidèles.

 

 

L'église possède d'intéressantes statues datées pour certaines, du XVII° siècle.

Confessionnal et deux chasubles du début du XX° siècle.

 

Vue sur le choeur à chevet plat.

Statues : Sainte Elisabeth de Hongrie faisant l'aumône à un pauvre, du XVII° siècle et Saint Roch.

 

Statues de Sainte Anne et d'une Vierge à l'enfant.

 

Descente de la croix réalisée par le sculpteur local François Dufour.

Maître autel du XVIII° siècle.


L’Avesnois est une terre d’histoire qui fut le théâtre de nombreuses guerres.

 

Après avoir été sous l’autorité du Comté du Hainaut, la région sous domination du duché de Bourgogne devint un champ de bataille opposant les hennuyers et les troupes françaises de Louis XI. En effet dès 1470 celles-ci envahirent les marches septentrionales du Hainaut, commettant de nombreuses exactions dans les villages et dévastant notamment en 1477 les villes de Landrecies et d’Avesnes-sur-Helpe, avant de se retirer.

La région ensuite aux mains des Habsbourg d’Autriche, puis des Habsbourg d’Espagne fut régulièrement attaquée par la France qui rêvait se l’approprier. Elle fut témoin de ces cycles de bataille composés de campagnes militaires, de passages de troupes irrégulières, d’invasions françaises, de sièges, de villages occupés, brulés voire abandonnés.

Ces années furent des années de dénuement pour ce territoire, notamment celles entre 1521 et 1548, marquées par les conflits ouverts entre l’empereur Charles Quint et le roi François Ier, auquel succéda son fils Henri II en 1547. Une seconde vague de saccages et de massacres s’étendit de 1636 à 1655 suite à la volonté de Richelieu puis de Louis XIV de conquérir cette région stratégique.

Les habitants de la région envisagèrent de renforcer les forteresses et les châteaux, voire d’en construire d’autres. Ils commencèrent à cette période c’est-à-dire aux XVI° et XVII° siècles à ériger certaines de leurs églises en églises fortifiées lorsque le village ne disposait pas d’autre défense. Elles apparaissaient souvent comme le dernier lieu de retranchement pour les paysans pauvres et les habitants laissés à la merci des soldats et des pillards. Elles étaient donc conçues comme un système défensif à part entière, permettant alors à la communauté villageoise menacée de s’y réfugier.

En vertu du droit canonique resté en vigueur jusqu’en 1789, le clergé assurait l’édification et l’entretien du chœur de l’église tandis que les villageois et éventuellement le seigneur local prenaient en charge la construction et l’entretien de la nef. C’est également ces communautés d’habitants qui spontanément fortifièrent leur église. Ces communautés rurales accrurent en effet au XVI° siècle leur importance en même temps que l’autorité des seigneurs et des abbés s’amoindrissait. Dès cette époque, les paysans prirent soin de distinguer l’assemblée paroissiale, tenue à l’intérieur de l’église et présidée par le curé, et l’assemblée des habitants qui se tenait devant le porche.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://villesetvillagesdelavesnois.org/

http://patrimoine-avesnois.fr/

Panneaux explicatifs présentés dans le choeur de l'édifice

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 29 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville