LE QUESNOY  (Nord)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement et canton d'Avesnes-sur-Helpe.
 Population : 5.014 Quercitains en 2016.

 

D'une superficie de 1.423 hectares, et d'une altitude de 82 à 138 mètres, la ville,

avec ses façades en brique et pierre des XVII° et XVIII° siècles, ses fortifications environnées d'espaces verts

et d'étangs, en fait une des stations de villégiatures les plus appréciées du Nord-Pas-de-Calais.

 

Etymologie : vient du mot latin Quercitum, qui signifie : endroit couvert de chênes.

 

Avant 1970, vues aériennes : la ville et l'église paroissiale Notre-Dame de l'Assomption,

de style néo-classique, du XIX° siècle.

 

 

La citadelle et ses fortifications
 

 

Huit bastions, quatre portes, escarpes et contrescarpes, constituent les éléments principaux des remparts.

Les douves sont séparées en plusieurs sections grâce à des bâtards d'eau,

afin de pouvoir mieux contrôler leur mise en eaux.

Deux étangs sont conçus, réserves d'eau pour la mise en eau des remparts.

 

Les étangs constituèrent longtemps le principal revenu des Gouverneurs du Quesnoy, puis de la ville. Comme ils ne reçoivent que des eaux de sources ne renfermant aucun poisson, le Gouverneur devait les peupler à ses frais. De temps à autre on vidait les étangs pour en vendre les poissons, comme cela se pratique encore dans certaines régions de la France.

 

Les vestiges du château de Marguerite de Bourgogne.

 

Au XV° siècle, l'alliance des comtes de Flandre, devenu ducs de Bourgogne, et des comtes du Hainaut,

souverains de Hollande, attira une cour brillante, en particulier Marguerite de Bourgogne,

qui couvrit la ville de ses faveurs jusqu'à sa mort en 1441.

Au XVI° siècle, Le Quesnoy devint un des enjeux permanents

de la rivalité entre la France et l'empire des Habsbourg.

 

De l'édifice bâti au XII° siècle ne subsiste que la porte d'entrée fortement remaniée

et des caves de grès romanes situées à l'emplacement du centre Cernay (1681).

Réparties sur deux étages, leurs voûtes reposent sur des piliers sans chapiteau ni piédroit.

 

Construit au XII° siècle par Baudouin IV de Hainaut, le château fut la demeure des Comtes de Hainaut, également comtes de Hollande et de Zélande. Son dernier souverain fut une femme qui est née au château en 1401 (Jacqueline comtesse d'Ostrevent, fille de Marguerite de Bourgogne). Charles le Téméraire puis sa fille furent les derniers souverains à y résider. Il fut ensuite délaissé et quasi abandonné à partir du XVI° siècle.

 

Les portes de la ville.

 

Contrairement à d’autres citadelles en France, les fortifications du Quesnoy ne sont originellement pas l’œuvre

de Vauban mais de Charles Quint, qui décida à partir de 1534 de remplacer l’enceinte médiévale

par une nouvelle muraille. C’est à lui que la ville doit les 4 portes encore visibles de nos jours

(Fauroeulx, St-Martin, Valenciennes, Flamengrie) et les bastions Vert, St-Martin, Soyez, César...

 

Entrée dans la ville par la porte de Valenciennes.

 

En 1536, Charles Quint décida de moderniser les fortifications existantes, ce qui n'empêcha pas Guillaume d'Orange d'assiéger la ville en 1568. Après la victoire de Turenne, le 6 septembre 1654 et le rattachement définitif du Quesnoy au royaume de France par le traité des Pyrénées en 1659, Vauban entreprit de remanier de fond en comble l'enceinte aménagée au siècle précédent.

 

 

Stèle FFI élevée à la mémoire de Roger Robert et Léon Malard

tombés Porte de Valenciennes le 2 septembre 1944.

 

En 1712, le prince Eugène et le maréchal de Villars se disputèrent la ville. Celle-ci passa aux mains des Autrichiens en 1793 jusqu'à, la victoire du général Scherer en 1794, la première qui fut annoncée par télégraphe. En novembre 1918, les troupes néo-zélandaises se couvrirent de gloire en escaladant les murailles du Quesnoy pour les libérer de l'occupation allemande. Du 17 au 21 mai 1940, le 27° régiment de tirailleurs algériens tenta de s'opposer courageusement à l'arrivée des divisions nazies.

 

La porte Valenciennes.

 

 

En arrivant à la porte Valenciennes, à gauche, le bastion César, et à droite, le baston Soyez.

 

Depuis la porte, vue sur la ville.

 

 

La porte Faurœulx et les fortifications.

 C'est la seule porte du Quesnoy qui n'ait pas souffert de la Seconde Guerre mondiale.

Elle met en communication la ville avec l'ouvrage à cornes Faurœulx.

(Un pont de brique franchit le fossé dit étang de Vauban et mène à l'ouvrage à cornes Fauroeulx,

unique en son genre, bâti entre 1739 et la Révolution.

 

La porte Landrecies.

 

La porte Saint Martin.

 

 

La porte de la Flamengrie.

Cette porte, murée sous Charles Quint, fut rouverte pour donner accès à la station de chemin de fer.

 

Les fortifications.

 

Sur un ovale long de 800 mètres et large de 1100 mètres,

Le Quesnoy présente un ensemble fortifié des XVII° et XVIII° siècles, préservé dans sa quasi-totalité.

 

Vue aérienne : la ville et ses fortifications.

Cet ensemble relève d'un système de défense à la Vauban dit "de plaine, rasant et bastionné".

Le corps de place compte en effet huit bastions et dix-sept dehors implantés dans les fossés :

demi-lunes, contregardes, flèche et tenaille.

 

Le développement de l'artillerie, l'amélioration de ses effets, vont progressivement contraindre les ingénieurs militaires à réviser leur conception des enceintes fortifiées. Vauban reprend et synthétise de manière harmonieuse et raisonnée les idées et les travaux antérieurs, notamment ceux de Pagan (1604-1657). Son schéma élémentaire évoluera progressivement en trois systèmes successifs, pour donner naissance à un dispositif stratégique complet.

 

La plupart des fossés sont à manœuvre d'eau dont le jeu de vannes fonctionne toujours.

 

Les villes du Nord-Pas-de-Calais, constituent une excellente illustration du "Premier système" dit de Vauban. Il est caractérisé par les principes suivants :

▪ une enceinte rasante adaptée aux données géographiques, utilisant rationnellement les possibilités naturelles du site,

▪ un front bastionné comprenant des bastions flanquant la courtine et des ouvrages extérieurs dont les feux s'épaulent mutuellement,

▪ un étalement en hauteur et en profondeur de la défense, avec la nécessité pour le corps de place de dominer les dehors.

 

Le bastion impérial, érigé  à partir d'un ouvrage construit par Charles Quint,

se distingue par son orillon, sorte d'éperon protecteur qui permettait de masquer à l'ennemi

le nombre de tireurs, et la contre-garde, ouvrage en V en avant du bastion.

 

L'enceinte se compose de bastions, éléments constitutifs majeurs et saillants dont les vastes structures, parfois surmontées d'un cavalier, permettent de disposer et de manœuvrer des canons en nombre. Les flancs des bastions, soit droits, soit retirés derrière un orillon, combinent des tirs croisés devant la courtine qui les joint.

 

L'étang du Pont Rouge.
Destiné à remplir les fossés des remparts au temps où Le Quesnoy était une place forte,

l'étang du Pont Rouge est arrosé par un petit affluent de la Rhonelle et s'étend sur près de 13 hectares.

 

Le bastion vert est proche de la porte Fauroeulx et du lac Vauban.

(A son pied se trouve un élevage de poissons et un embarcadère).

 

Le bastion vert est le plus petit, mais aussi le plus intéressant. Ses parties les plus anciennes, dues à Charles Quint, datent de 1540. En 1759, les flancs hauts furent supprimés ce qui permit l'aménagement d'un hôpital de siège constitué de quatre salles souterraines accessibles par une galerie et s'ouvrant sur une cour intérieure. La structure du bastion, remaniée à partir de 1882, fut endommagée en 1944.

 

L'ensemble des bastions et des courtines constitue ce que l'on appelle le corps de place, qui ceinture la ville de façon continue. Une poterne, ouverture dérobée, permet une communication rapide et discrète avec les ouvrages situés dans les fossés et le chemin couvert.

 

 

Les murs sont fait de remblais couverts de briques, et la base est en grès. Ils sont ponctués de "boutisse"

sorte de poutres de pierre pénétrant dans le remblais afin de solidifier le mur,

et mieux propager les ondes de choc en cas d'attaques.

 

Le tracé bastionné est complété par un ensemble d'ouvrages isolés extérieurs à l'enceinte,

bâtis dans le fossé, on trouve ainsi :

la demi-lune, la contre-garde, la tenaille. Placés de manière logique, ils ont pour objet de protéger

le corps de place et de gêner l'approche de l'enceinte et le franchissement du fossé.

 

De nombreux tunnels sont aménagés dans les remparts,

ils permettaient une circulation plus rapide, mais aussi servaient de contremine.

 

La poudrière, une solide construction du XVII° siècle, renferme une voûte elliptique en brique.

 

Le jardin du souvenir.

 

Le bastion du Gard a été érigé selon les directives de Vauban.

Dans l'épaisseur de la muraille, au niveau du fossé, se distingue une galerie de contremine.

 

Mémorial des Néo-Zélandais.

 

Le 24 novembre 1918, la division Néo-Zélandaise attaqua et contourna la ville fortifiée, consolidant les positions au-delà de la ville sur environ 10 km. Suite à ce succès, ils se concentrèrent sur la ville elle-même, qui avait été envahie par les Allemands en 1914 et occupée depuis lors.

 

La 3° Brigade des fusiliers de Nouvelle Zélande s'infiltra par les remparts extérieurs de la ville. Toutefois, lorsqu'une section du 4° Bataillon atteignit les remparts intérieurs, ceux-ci se révélèrent trop hauts pour leurs échelles. Ils placèrent alors une échelle sur l'étroit rebord d'une vanne d'écluse et grimpèrent un par un. Après des échanges de tirs avec plusieurs défenseurs allemands, ils pénétrèrent plus avant. Lorsque les autres Allemands dans la ville apprirent qu'une brèche était percée dans les murs d'enceinte, ils baissèrent leurs armes et se rendirent rapidement.

 

La ville est parcourue de sous-terrain possédant de nombreuses salles à l'intérieur même des remparts.

 

Le chemin couvert, installé sur le bord extérieur du fossé ou contrescarpe forme une large bande de 12 mètres protégée par la crête d'un talus qui descend en pente douce vers la campagne : le glacis.

Le chemin couvert est jalonné de traverses qui protègent les assiégés des tirs en enfilage.

Des places d'armes sont aménagées dans les angles saillants et rentrants.

L'ensemble des ouvrages donne cette configuration en étoile

caractéristiques des villes fortifiées de cette époque.

 

 

Un réseau de 15 km de sentiers, praticables en toute saison, permet de découvrir l'enceinte.

Le parcours est jalonné de panneaux pédagogiques qui expliquent le système de défense.

 

La place du Quesnoy fut déclassée le 26 juin 1867 ; elle n’eut pas à servir en 1870-1871, ses murs étaient restés intacts et l’on avait seulement procédé à la réouverture de l’ancienne Porte de la Flamengrie pour donner un passage direct avec la gare qui venait d’être construite. Le travail avait nécessité la suppression de la demi-lune qui se trouvait devant la porte. Après la guerre de 1870-1871, les études faites pour la défense du pays par le Général Séré de Rivières avaient prévu la défense de la Forêt de Mormal et la formation d’un camp retranché à Valenciennes.

 

Déclassés définitivement en 1901 et propriété de la commune, ils sont régulièrement entretenus. Pour les défenses hydrauliques, deux des trois bassins existent encore et sont entretenus par un curage périodique. La place de Le Quesnoy illustre le génie d’adaptation de Vauban à des ouvrages existants et ses connaissances en matière hydraulique, faisant de l’eau un élément à part entière de son système de défense.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

https://www.lequesnoy.fr/
"Le Quesnoy", Jean-Marie Deudon, Suttons Editions, 2006

"Vauban & la fortification du Quesnoy au XVII° siècle"

Bernard Debrabant, Éditions Invenit, 2007

Panneaux explicatifs présentés sur le site

C.P.A. collection privée en prêt

Visite et photos, Chantal Guyon, le 27 août 2019

 

 

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