ESNES  (Nord)

Région des Hauts-de-France

Arrondissement de Cambrai - Canton de Le Cateau-Cambrésis.
 Population : 681 Esnois en 2016.

 

D'une superficie de 1.444 hectares, et d'une altitude de 71 à 139 mètres.

le village est raversé par le ruisseau le Sargrenon.

 

Etymologie : le nom vient de racines (roman aigne, celte aen ou aon, ayen ou ayon))

qui désignent un cours d'eau.

 

Avant 1970 : le bourg et l'église paroissiale Saint Pierre, et en 2019.

 

 

Le château médiéval,

du XIV° siècle, et reconstruit au XVII° siècle.
 

 

Esnes se situait jusqu'en 1678 sur le tracé de la frontière entre la France et l'Empire Germanique,

ce qui justifie la construction de ce château fort.

 

Le château vers 1910 et 1950 - Façade arrière du château avant 1970.

Le château est situé à l'entrée du village, en contrebas de la route,

dont les parties anciennes sont situées à gauche de la porte-châtelet, et datent du XIV° siècle.

 

Le château fut édifié en 1007 par Alard d'Esnes, le premier des 12 pairs du Cambrésis. Quatre générations plus tard, Alard II (1105) aura comme héritière une fille qui épousera Eustache de Landas, seigneur d'Eyne en Flandre, quatrième fils d'Amaury VI et d'Ermentrude de Béthune.

 

La porte-châtelet et les tours.

 

La porte principale et la partie supérieure des deux grosses tours qui l'encadrent

ont été reconstruites au XVII° siècle.

L'ouverture se présente sous la forme d'une voûte en plein cintre.

 

Vers 1260, Alix de Beauvoir, épouse de Gérard de Landas d'Esnes, accouche d'une unique fille (Alix). Elle épousera Alard de Croisille. Il fera passer la maison des Landas-Esnes dans sa famille, et n'étant pas l'aîné, il décidera de reprendre le nom d'Esnes.

 

Au-dessus de l'ouverture, les rainures pour le passage des bras, du pont-levis, ont été conservées et encastrées de pilastres à bagues. Entre elles, un grand tableau de pierre, dont la base est ornée de cannelures et de fleurs de lys (en parties détruites à la Révolution), est couronné d'un fronton courbe sommé de 3 boules ou acrotères.

 

La forteresse médiévale.

 

La forteresse médiévale, la grande grange et le châtelet d'entrée.

 

La grosse tour avec ses mâchicoulis, fut sans doute la pièce maîtresse du système de défense.

 

Le diamètre de la tour est de 8 mètres et les murs une épaisseur de 1,50 au niveau du rez-de-chaussée. La base est en grès, assurant la protection contre l'humidité. Les parements sont en pierres et l'intérieur est constitué d'un blocage de moellons et d'argile.

A l'entrée de la tour, un palier à l'aplomb d'un assommoir permet d'accéder au rez-de-chaussée.

 

Le sommet de la tourelle qui jouxte la grosse tour a été remanié au XVII° siècle avec la construction de l'horloge mécanique. Extérieurement, deux cadrans sont ciselés dans la pierre : l'un est dirigé vers la cour du château, l'autre vers le village.  (Du mécanisme ne subsiste aujourd'hui qu'une roue dentée).

 

 

Dans la tourelle, un escalier en colimaçon donne accès aux différents étages.

Le palier du premier étage permettait d'accéder au sommet du mur d'enceinte.

 

Eclairée par quatre hautes archères, cette salle est couverte,

comme les salles des autres niveaux, par une voûte hémisphérique en pierre.

 

Dans la salle du 2° étage, les trois ouvertures ne comportent qu'un banc de pierre.

Deux poissons décorent la clef de voûte, et la salle possède une cheminée.

 

Les seigneurs d'Esnes rendront pour la plupart hommage au comte de Hainaut et feront partie de cette armée dans les différentes campagnes contre le duché de Brabant, de Limbourg, de Flandre etc. Pourtant Jean Ier au début de la guerre de Cent Ans renverra son hommage au comte de Hainaut, allié aux Anglais, pour servir le roi de France. Il sera tué à la bataille de Poitiers en 1358.

 

La demeure seigneuriale.

 

Dans la cour se dresse la demeure seigneuriale des comtes de Beaufremez (XVII° siècle)

dont il ne subsiste que le corps de logis principal, en brique et pierre, sommé de blasons.

Il prend appui sur la tour d'un côté et sur un mur médiéval de l'autre.

 

Construite au XVII° siècle, la façade est structurée :

 

▪ par des chaînes de pierres harpées régulières qui font sailli sur le nu du mur et encadrent les baies,

▪ par des chaînes horizontales,

▪ par des chaînes verticales entre les baies du rez-de-chaussée.

La porte principale est surmontée d'un fronton courbe dont les rampants sont décorés de guirlandes, de fruits et de fleurs. Un blason surmonté d'une couronne de marquisat et entouré de feuilles et volutes, devait porter les armes  de la famille de Beaufremez.

 

La ferme et les dépendances.

 

Le château est utilisé, depuis le début du XVIII° siècle comme bâtiment agricole.

Il a subi certaines transformations (fenêtres bouchées, portes percées dans la façade,

cloisons abattues, construction du quai).

 

La grande grange.

 

Erigée près du château, ses murs étayés par de puissants contreforts sont construits en "rouges barres". Cette alternance de lits de briques et de pierres est caractéristique des pays de craie et d'argile. La brique, d'un coût élevé à cette époque, permet de renforcer la pierre locale très fragile.

 

Intérieur de la grange utilisé pour la présentation d'expositions.

 

Plusieurs seigneurs d'Esnes seront baillis du Cambrésis et d'Amiens. Robert d'Esnes dit Mansart en 1411, homme du duc d'Orléans, seigneur d'Esnes, de Grécourt, Wavrechin, Vire, Bétancourt et Beauvoir sera gouverneur du château de Coucy qu'il défendra pendant 3 mois, assiégé par le comte de Saint-Pol. Il se rendra après bien des combats faute de vivres.

 

Photo de gauche, le pigeonnier, contemporain de la grosse tour est du XIV° siècle.

Cette tour comporte une salle basse, voûtée, qui a servi de prison jusqu'au XVIII° siècle,

ainsi que deux étages dont la séparation a disparu lors de la transformation en pigeonnier.

 

Sur la façade du corps de ferme, bien que plus modeste, se manifeste par : des chaînes de pierres horizontales, un blason représentant un buste au-dessus de l'une des portes, des pierres taillées en pointe de diamant réparties régulièrement sur toute la façade. (Les pointes de diamant sont caractéristique du style Louis XIII français).

 

Dans la cour du château, cette porte est surmontée d'un cadran solaire et d'un fronton cintré,

au-dessus duquel s'élève un pignon à volutes.

L'oeil de boeuf sert à donner de l'air ou de la lumière, et surmonte une porte.

 

Une autre porte s'ouvrait de l'autre côté de la cour présentant des éléments de décoration identiques.  Autrefois la route Cambrai-Guise traversait le château. Un péage y fut perçu jusqu'en 1741. Ce n'est que plus tard qu'une nouvelle route contourna la château.

 

Bâtiments agricoles.

 

Le château fut cédé en 1603, par un descendant de Jeanne d'Esnes, à Jean de Beauffremez. Adrien Beauffremez eut aussi une fille, Jeanne qui épousa le Marquis d'Assignies, arrière petit fils de Marguerite d'Esnes. Les d'Estutt d'Assay, leurs descendants, issus donc à la fois des Esnes et des Beauffremez, n'habitèrent pas la demeure, qui devint depuis le siècle dernier un château ferme.

 

La grange dîmière du XVII° siècle.

 

Sources :

http://fr.wikipedia.org/

http://www2.culture.gouv.fr/
Brochure "Château d'Esnes", 72 pages

éditée par l'Association des Amis du château, 1983

C.P.A. collection privée en prêt

Visite guidée et photos, Chantal Guyon, le 25 août 2019

 

 

Chantony - Patrimoine et Histoire  
50660 - Lingreville